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Policier/Noir/Thriller
StanQuetlar : Bad Luck Road
 Publié le 14/06/09  -  7 commentaires  -  9811 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur

Ça suffit maintenant ! On rigole plus ! me dit Paco en approchant la lame d'un couteau de ma gorge.


Bad Luck Road


- Ça suffit maintenant ! On rigole plus ! me dit Paco en approchant la lame d'un couteau de ma gorge.


8 heures avant.


« Bonjour. Il est 7 heures. Bienvenue sur BLT RADIO. Voici les titres. Voici maintenant deux semai…. » Ma main s'écrase sur le radio-réveil. Déjà l'heure de se lever… Les persiennes de la chambre laissent passer quelques rayons de soleil éclairant la chambre du motel où je me suis arrêté hier soir. Il va faire chaud aujourd'hui pensai-je en remarquant que j'ai viré les draps du lit pendant la nuit. Tout ça malgré la clim' et son ronronnement permanent.

Je m'assois sur le lit et décroche le téléphone.


- Oui, allô !

- Bonjour. Vous pouvez m'amener du café ? Chambre 17.

- Dans cinq minutes Monsieur, me répond mon interlocutrice.


Au moins, ce n'est pas l'espèce d'ours taciturne qui était à l'accueil hier soir. Il m'a tendu les clés de la chambre de ses doigts boudinés, pleins d'huile de friture dans laquelle baignaient ses frites.

Je me rends dans le cabinet de toilette jouxtant la chambre. "Pfff ! T'as une sale tête Pete ce matin." me dis-je en pissant dans le lavabo. On frappe à la porte.


- Entrez ! lançai-je.

- Bonjour Monsieur Stenton ! Voilà le café ! me dit une voix mélodieuse.


Je sors de la salle de bain et me retrouve face à une jeune femme brune, qui ne doit pas avoir plus de vingt ans. Charmante plus que belle. Je surprends son regard me balayant de haut en bas et de bas en haut avant de me rendre compte que je suis sorti sans aucune fringue sur moi. Ça n'a pas l'air de la choquer. Elle ne rougit même pas et ne détourne pas le regard. Je vais jusqu'au bureau et sors un billet de cinq dollars.


- Tenez, pour le service à domicile, lui dis-je.

- Merci, me répond-elle.


Avant de sortir, elle ajoute avec un sourire malicieux :


- Même sans pourboire, cela aurait été un excellent début de journée.


« Sacré Pete, » me dis-je « tu fais encore ton petit effet malgré tes trente-sept ans. Black avec une musculature sèche, entretenue quotidiennement, les cheveux rasés, t'es encore pas mal. »

Je prends une douche chaude, limite bouillante au départ puis froide sur la fin. Agréable. Rien de tel pour faire disparaître le moindre reste de fatigue. J'enfile mon jean, ma chemise et mes baskets. C'est parti pour une nouvelle journée sur la route. Avaler le macadam, encore et encore.

Dehors, le ciel est bleu et le soleil déjà éblouissant. Je repère ma Chrysler un peu plus loin sur le parking. « Elle est sale cette caisse », me dis-je. Marquée par la poussière du désert de Mojave. Tant pis, du moment qu'elle roule.

J'ouvre et je monte. Le skaï des sièges est encore frais. Je claque la porte et fais ronronner le moteur. Je m'engage vers la sortie du motel. J'aperçois la minette de tout à l'heure qui me fait un petit signe de la main à mon passage. « T'as un ticket Pete » rigolai-je.

Je m'engage sur la route déserte. Salut Growler Arizona, direction Van Horn au Texas en passant par le Nouveau-Mexique. 600 miles dans la journée, c'est faisable. Surtout avec la clim'.

Je me branche sur la radio. « Il y a treize jours que le prem… ». Saleté de radio. J'enfile un CD dans l'autoradio. i> ZZtop. Los Tres Hombres, c'est parfait pour faire de la route.


1 heure 30 avant.


Je suis à Eagar en limite du Nouveau-Mexique. Ça fait du bien de manger. Steak, pommes frites double dose et bière. Le tout accoudé au comptoir en regardant un résumé du match de foot américain entre les Raiders d'Oakland et les Rams de Los Angeles. Je paie et quitte le resto avant le flash d'infos.


45 minutes avant.


À la sortie de Blenwood, j'aperçois un homme sur le bord de la route, le pouce levé avec une pancarte "N'IMPORTE OÙ VERS L'EST". Je trouve ça original. Ça me plaît. Je freine et me gare sur le bas-côté cent cinquante mètres plus loin non sans me faire klaxonner par le conducteur qui collait à mon parechoc arrière.

Un coup d'œil dans le rétro et je vois l'auto-stoppeur galoper vers ma voiture avec un vieux sac de l'armée élimé. Pantalon treillis à poches multiples, tee-shirt kaki. Sûrement un ancien militaire qui revient d'Irak et qui ne sait plus rien faire d'autre que d'arpenter le pays à la recherche d'une place pour vivre. J'ouvre la portière passager.


- Salut !

- B'jour. Merci de vous arrêter, vous pouvez m'emmener ?

- Où ça ?

- N'importe, vers l'Est. Vous allez où ?

- Texas.

- O.K, ça me va.

- Mets ton sac dans le coffre.

- Je peux le mettre sur la banquette arrière si tu veux. Le sac est vieux mais il est propre.

- Non ! rétorquai-je brutalement, dans le coffre.

- O.K, c'est ouvert ?


J'acquiesce. Le type est un latino. Un peu enrobé. Sûrement à force de manger des tacos à longueur de journée. La portière passager se referme.


- Moi, c'est Paco, me dit-il.

- Pete, répondis-je en redémarrant.

- Merci encore Pete. Il y a peu de voitures sur cette route et c'était un peu la galère depuis ce matin.

- Franchement, tu vas où ?

- Vers la Floride. En tout cas, le plus loin possible de Tucson…

- Des problèmes ? l'interrogeai-je.

- Non… enfin, oui… sûrement. J'ai cassé la gueule à mon patron parce qu'il venait de me foutre dehors. Il pouvait pas me blairer. Je l'ai laissé étendu par terre et je me suis barré.

- Pas de famille ?

- Non, sauf un frangin en Floride que j'ai pas vu depuis neuf ans. C'est pour ça que je veux aller là-bas avec le risque qu'il me foute dehors dès mon arrivée.

- La tuile, quoi…

- Ouais Pete, tu l'as dit.


Sympa ce type. J'avais pas prévu de rouler accompagné aujourd'hui mais bon, je vais faire avec. Le paysage défile. Désertique. La chaleur fait onduler le macadam au loin.


- Et toi Pete, qu'est-ce que tu fous au Nouveau-Mexique avec une plaque du Dakota du Nord ?

- T'es observateur Paco…

- Toujours. J'ai l'œil. Sans déc', tu t'es paumé ?

- Je prospecte.

- Ah ouais ? Tu prospectes quoi ? Minerais, pétrole ?

- Non, loin de là. Dans l'immobilier.


Il éclate de rire soudainement.


- Pourquoi tu te marres ? lui demandai-je.

- T'as pas vraiment la tenue adéquate. Ce serait plutôt costume mocassins que jean basket.

- C'est vrai, t'as pas tort. Mais c'est l'avantage de pas avoir de patron sur le dos. Je recherche tranquille des maisons pour des investisseurs de Bismarck.


Le temps passe et le Texas se rapproche.


- Dis, on peut mettre la radio pour voir s'il ne me recherche pas ? demande Paco.

- Non ! Elle marche pas. Que des CD !

- Ah bon, dit-il en appuyant sur la touche Tuner de l'autoradio. Aussitôt ZZtop fait place à un débat sur le réchauffement climatique.

- Hé, hé ! Paco les doigts d'or t'a réparé la radio on dirait, ricane-t-il.

- J'ai dit, pas de radio ! O.K ? gueulai-je en enfonçant la touche CD.

- O.K, O.K me dit Paco. Reste calme. Pourquoi tu t'emballes Pete ?

- Parce que je te préviens et que tu n'écoutes pas ! Tu tripotes quand même l'autoradio. Je te prends en stop déjà, alors tu fais chier.

- Calme-toi, c'est bon. Tu vas pas péter une durite pour ça.


Je pile et je me range sur le bas-côté.


- Allez, c'est bon Paco, descends ! Casse-toi maintenant !

- Tu rigoles là ?

- J'ai l'air de rigoler ?

- Attends, tu vas pas me laisser là au milieu de nulle part ?

- Descends, je t'ai dit ! Ça vaut mieux pour toi.

- Ça suffit maintenant ! On rigole plus ! me dit Paco en approchant la lame d'un couteau de ma gorge : Maintenant Pete, c'est toi qui vas descendre de voiture et Paco, il ira revendre ta voiture au Mexique.

- Putain ! Voleur de voitures… tu sers toujours le même baratin je suppose Paco.

- Eh ouais Pete, t'as tout pigé. Alors, je mets la radio dans ma nouvelle voiture et toi, tu descends.

- La portière de mon côté est bousillée, je peux pas l'ouvrir.

- C'est ça, prends-moi pour un con !

- J't'assure, regarde ! C'est une bagnole d'occas'. J'actionne la poignée et rien ne se passe.

- O.K. Alors tu vas descendre de mon côté. Doucement. Gentiment. Sinon, t'auras un gros problème.


Il ouvre la portière, sors, tout en continuant de pointer sa lame vers moi.


- Allez ! Grouille-toi ! Descends !


Je fais passer mes jambes par-dessus le levier de vitesse, prends appui pour passer sur le siège passager. Ma main droite passe derrière celui-ci et récupère mon flingue habituellement planqué là. Je sors les deux jambes de la voiture.


- Allez, sors maintenant ! grogne Paco en me filant un coup de pied dans les baskets.


Il n'a pas le temps de comprendre ce qui se passe. Le coup part et la balle lui explose le genou droit. Il s'écroule et hurle.


- Aaaaah ! Hijo de puta ! Ma jambe !

- Tu vois Paco. Je t'avais prévenu. Je te l'avais dit de descendre de ma voiture. Mais là encore, tu n'as pas écouté.

- Appelle les secours ! Madre de Dios, je pisse le sang ! Appelle les secours… s'il te plaît.

- Les secours, ricanai-je, il n'y en a pas besoin Paco, lui dis-je calmement, le regard fixé au sien avant de lui mettre une balle au milieu du front.


Je remonte dans la voiture. La radio est toujours allumée :


« Les titres. Cela fait maintenant treize jours qu'un tueur en série sévit sur les routes du territoire. Pour l'instant, six auto-stoppeurs ont été retrouvés morts avec une balle dans la tête. La police indique que l'arme est la même pour ces six meurtres. Il apparaît aussi que le meurtrier se déplace. En effet, le premier meurtre a eu lieu en Iowa, puis le second au Nebraska, puis dans les états du Wyoming, Montana, Oregon et le dernier hier en Californie. Un meurtre tous les deux jours. Aussi, il est recommandé d'éviter de faire de l'auto-stop demain au Nevada ou en Arizo… »


J'éteins la radio. Dire que je m'étais promis de voyager seul aujourd'hui. J'appuie sur la touche CD de l'autoradio. ZZtop reprend : Gimme all your lovin. All your heart and kisses too.




 
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   Selenim   
14/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai pas été embarqué par cette aventure trop molle et bancale à mon goût.
Le personnage de Pete a des réactions un peu barrées :sautes d'humeur inexpliquées qui tranchent avec son comportement flegmatique. Mêmepour un psychopathe, j'ai trouvé ça curieux.

L'utilisation de la première personne du singulier est justifié mais pourquoi ne pas aller jusqu'au bout du procédé : confier un peu plus les pensées d'un sérial killer, c'est quand même intéressant.
Ici on reste à la surface des choses, le récit est comme une savonnette, il nous glisse perpétuellement entre les doigts.

Quant à la chute, en forme d'arroseur arrosé, elle est trop vite expédiée pour être vraiment efficace.

Le style a sa propre identité, ce qui ne gâche rien et permet de prendre malgré tout du plaisir à la lecture.

Selenim

   Anonyme   
14/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Bon, premier texte de l'auteur, je me présente, Estelle...

Alors, j'ai des incohérences narratives, quelques maladresses, mais dans l'ensemble ça se laisse lire.

Personnellement j'ai moins aimé le déroulement narratif... inspiré de 24h ou un truc comme ça... à rebours... c'est pas trop mon truc.

Celà dit, j'ai lu jusqu'au bout, sans butter vraiment sur autre chose que les clichés... du treillis qui induit l'ancien GI au contresens avec le mexicain qui bouffe des tacos... (incohérence narrative et préjugé...hum ça fait beaucoup en si court, et y en a d'autres hein...)

Dommage.

J'aurais aimé plus de contexte géographique, parce que là tu nous présente juste un road trip où on voit pas la route...et Dieu sait... Dieu c'est qu'y a à raconter sur les paysages des States, zut.

Puis bon les répétitions à court terme de ci-de là.
Voici, lit, chambre sur le premier paragraphe.
Soir plus loin qui revient...etc...

A mon avis, c'est un bon filon, mais je butte sur l'exploitation...
Désolée.
Celà dit je répète que j'aime beaucoup le sujet, l'idée... et voilà quoi.

Au plaisir de te relire, ce que je referai, curiosité piquée.

Edit : je saute sur les sautes d'humeur dont parle Sel, juste pour dire que je les ai trouvé appropriées... mais j'ai trouvé que ça manquait de cohérence avec la narration qui induit en fait un cheminement de pensée du personnage qui ne tient pas la route. voilà. Hum. Enfin moi je le perçois comme ça et ce n'est que mon point de vue... enfin voilà quoi surement qu'en fouillant plus comme tu dis dans l'introspection du personnage, la narration gagnerait effectivement en cohérence. Je crois.

   widjet   
15/6/2009
 a aimé ce texte 
Pas
C’est un HITCHER (le film avec Rudger Hauer pour ceux qui ont vu le film) inversé.

C’est mou du genou quand même…Ah ça se lit, c’est sûr, mais sans passion ni grand intérêt non plus. Pas de vrai rythme. Pas de climax. Les personnages sont stéréotypés et l’écriture est des plus basiques (c'est-à-dire sans nervosité indispensable pourtant compte tenu du thème).

Vite fait. Mal fait.

Widjet

   gollum29   
15/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Pas d'une très grande originalité, mais néanmoins l'ambiance est bien rendue (justement, grâce aux stéréotypes, qui sont utiles dans le genre court qu'est la nouvelle). On se croirait vraiment dans un film de genre.

Le brouillage fonctionne bien, on croit jusqu'à un certain moment que cet individu est normal. C'est justement ce qui donne lieu à un prélude sans grand intérêt dans la chambre d'hôtel... Mais il faut comprendre que c'est nécessaire pour la chute !

Au final, c'est agréable à lire, j'attends d'autres textes un peu plus élaborés maintenant, l'auteur peut certainement les délivrer.

   Maëlle   
20/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai trouvé le texte pas désagréable, efficace, effectivement un peu stéréotypé, mais pas excessivement. La chute ne se devine pas (on sent bien qu'il est pas net et vraisemblablement recherché, mais pas plus).

Un souci relevé à la lecture:
"« tu fais encore ton petit effet malgré tes trente-sept ans. Black avec une musculature sèche, entretenue quotidiennement, les cheveux rasés, t'es encore pas mal. »", c'est mal fichu comme description (même si la façon de l'amener est plutôt bonne).

Si c'était un livre, vraisemblablement j'aurais lu 30 pages, avant de le laisser prendre la poussière sous mon lit. Mais comme je suis peu lectrice du genre, je ne suis pas forcement une référence.

   florilange   
28/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime bien l'ambiance de tel est pris qui croyait prendre. Une nouvelle avec 1 bonne chute. J'aurais aimé + de développements sur sa façon de vivre, ce qu'il aime ou n'aime pas, pourquoi il ne s'occupe pas de la fille alors qu'il semble, au début, avoir le temps. Peut-être aussi son ressenti sur les paysages, on ne le sent pas stressé, à part le fait qu'il n'écoute pas la radio. Il devrait, ne serait-ce que pour savoir si on le recherche? Où il doit ou ne doit pas aller. Mon impression est que cette nouvelle n'a pas été suffisamment travaillée, peaufinée, bien qu'elle se lise facilement. Dommage.
Florilange.

   ANIMAL   
18/7/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien l'idée de base, par contre le traitement à rebours me perturbe un peu.
Néanmoins, un road movie qui se lit tout seul et le thème classique de l'arroseur arrosé est bien amené.
La seule chose qui me manque c'est de savoir s'il tue des auto-stoppeurs parce que ce sont des auto-stoppeurs ou parce qu'à chaque fois ils font ou disent quelque chose qui déclenche le déclic meurtrier.


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