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Sentimental/Romanesque
Sylvaine : Jamais plus
 Publié le 21/01/19  -  17 commentaires  -  5834 caractères  -  130 lectures    Autres textes du même auteur

Bilan après diagnostic.


Jamais plus


« Trois mois tout au plus », avait dit le docteur Noël. Avant le verdict, Olivier croyait s’attendre au pire ; il mesurait à présent combien peu il y avait cru. Il n’ignorait pas la malignité vorace des mélanomes, mais il avait espéré des analyses rassurantes. Pitoyables balivernes. Il n’y avait plus moyen d’esquiver le face à face avec la mort embusquée sur son chemin, le tranchant de son sourire d’ivoire, son haleine de cave moisie. Dans la longue avenue plantée de marronniers où il promenait son chien, les arbres roussis par l’automne vibraient sous la brise contre le ciel cristallin. Il aimait ces arrière-saisons limpides, lavées par la fraîcheur du vent. Aujourd’hui, cette beauté le poignait d’une piqûre mortelle. Diamant, en toute inconscience, promenait dans le caniveau une truffe sagace pour mûrir sa décision avant de lever la patte. La robe du petit épagneul qui furetait dans les feuilles mortes s’accordait à leurs couleurs, et, comme souvent, Olivier songea à un tableau qui restituerait cette harmonie. Il se promit cette fois de profiter du sursis pour le peindre enfin, pour fixer sur la toile la grâce de l’animal et la richesse flamboyante des feuilles. C’était l’ultime automne où il les contemplait.

Il avait depuis longtemps atteint l’âge du jamais plus. Jamais plus de femmes, détachement facile car ses besoins s’étaient émoussés avant son aptitude à séduire. Jamais plus de voyages, car le tourisme de masse lui avait ôté le goût des espaces vierges que la foule défigurait. Quand il repensait à la sauvagerie intacte du Spitzberg, il avait honte d’avoir entamé par sa présence ces sites de roc et de glace peuplés de phoques et d’oiseaux marins où débarquaient aujourd’hui des hordes de croisiéristes. S’il était encore parfois tenté par l’Antarctique, il y renonçait très vite, autant par crainte d’en violer les paysages que parce que l’appétit lui manquait.

Il s’arrêta pour attendre Diamant, qui, frétillant de la queue, saluait museau contre museau une petite chienne pékinoise de sa connaissance qui lui ressemblait un peu : mêmes yeux saillants et tendres, mêmes oreilles en écheveau de soie. Il le laissa profiter de la rencontre. Il ne voulait plus le priver d’aucun plaisir. Pendant que les deux chiens se flairaient en faisant des mines, il échangea quelques mots avec la maîtresse du pékinois, qu’il croisait souvent et à qui le liait une familiarité superficielle. Paroles anodines, paroles d’avant le verdict. Paroles irréelles. Aujourd’hui, le bavardage de cette femme agréable l’exaspérait. Il eut envie de lui dire la vérité, rien que pour fissurer son sourire. Il imaginait le désarroi sur son visage, un mélange de compassion et d’embarras. Mais non. C’était lui qui serait le plus gêné, en fin de compte. Mieux valait rester à l’abri de la paroi de verre qui les séparait.

Il prit congé, s’efforçant de respirer à fond pour dénouer sa poitrine oppressée. L’odeur humide des feuilles pénétra ses poumons, lui rappelant celle des forêts montagnardes. Il n’y aurait jamais plus de randonnées entre prairies et glaciers pour s’emparer du paysage par la marche – torrents dévalant les pentes à fleur d’alpage, versants d’herbe rase veinés de coulées d’argent qui ruisselaient des névés, cirques sonores comme des conques où l’eau se précipitait avec fracas pour mourir dans un lac pur. Il y avait beau temps qu’il ne marchait plus dix heures par jour : il se fatiguait plus vite, il avait le pied moins sûr. Peu à peu, il avait renoncé à la montagne. Il ne se rappelait pas sans nostalgie ces courses solitaires qu’illuminait encore l’allégresse inépuisable de son husky – Diamant, lui, n’aurait jamais pu le suivre. Il n’ignorait pas, sans les regretter, les risques qu’il avait pris en partant sans autre compagnon. Il leur devait une joie plus parfaite, dure et coupante comme le gel.

À cause de l’énergie et de la dépense physique qu’ils exigeaient, il avait dû renoncer aussi à ces chiens presque loups qu’il aimait tant, pour aborder l’âge des épagneuls nains et des promenades tranquilles. Ce temps-là aussi était désormais compté. Il ne verrait plus Diamant bondir gaiement devant lui sur le sable des allées entre les pelouses vert tendre du printemps.

De retour chez lui, il caressa longuement le chien qui était encore le sien pour quelques mois et sortit d’un placard un sachet de friandises. « Debout », ordonna-t-il doucement. Docile, Diamant se dressa sur ses pattes arrière et saisit le biscuit avec délicatesse. Olivier n’avait plus beaucoup de temps pour le choyer. Restaient les tableaux, les livres, la musique… Serait-ce suffisant pour masquer le ricanement d’ivoire et l’haleine de cave moisie ? Une pensée lui vint, qui lui arracha une grimace ironique : si lucide qu’il s’était cru, c’était d’aujourd’hui seulement qu’il se sentait mortel.

L’épagneul s’était endormi dans sa corbeille. Olivier prit du papier et tenta plusieurs croquis, Diamant jouant à la balle, Diamant poursuivant un tourbillon de feuilles, les oreilles soulevées par le vent. Quand il crut avoir saisi sa grâce avec exactitude, il laissa là son travail et se pencha sur le chien, qui, percevant sa présence, roula sur le dos et lui présenta son ventre où le poil s’éclaircissait. Du bout des ongles, il esquissa une caresse savante. Au moins Diamant ne souffrirait pas. Dans trois mois, peut-être moins, le docteur Noël l’endormirait. Sur ce point, les bêtes avaient un avantage. Le moment venu, le sort d’Olivier ne serait peut-être pas si doux.

Dans trois mois, peut-être moins, un souffle glacial le frôlerait de son aile noire. Il vivrait peut-être encore plusieurs années, mais il se savait trop vieux pour adopter un animal qu’il pourrait laisser orphelin. Entre la mort et lui, il n’y aurait jamais plus de présence chaude et vivante. Jamais plus d’autre chien.


 
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   plumette   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Regarder la mort en face, faire la liste de ses renoncements, se souvenir et capter, avec la conscience de la perte, des instants de vie: ce texte est très bien écrit, sans pathos et c'est peut-être ce qui en fait la force sombre.
Mais je ne comprends pas la mort programmée du chien!
La lectrice que je suis s'interroge sur ce qui fait que cet homme est si seul.

Plumette

relecture après parution: je réalise à la lecture des autres commentaires que j'ai été prise dans la confusion voulue par l'auteure bien au delà des deux derniers paragraphes qui éclairent rétrospectivement le texte.J'ai cru à la mort de l'homme avec l'hypothèse qu'il ne voulait pas laisser son chien "orphelin"!!

   Neojamin   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
J'aime bien l'idée, la mise en parallèle entre la mort imminente du chien et la mortalité de l'homme. Le développement en revanche me paraît un peu précipité. De belles tournures, des images intéressantes, quoique parfois trop nombreuses à mon goût.J'aime la parcimonie dans ce domaine (question de goûts je l'entend bien). Ça ma paru un peu forcé par moment.
De manière générale, je pense qu'il faut reprendre ce texte, bien le relire, réfléchir à l'intrigue (s'il y en a une?), est-ce que c'est juste une réflexion sur la mort ou une nouvelle?
Si c'est un début de nouvelle qu'il y a ici, j'ai besoin de voir Olivier et Diamant exister pour de vrai, ne pas se contenter d'être des marionnettes au service du propos.
Des promesses dans l'écriture et le style en tout cas, continuez!

   veldar   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sylvaine.
Joli. Bien joué. J'y ai cru jusqu'au bout et le twist final m'a fait l'effet d'un coup à l'estomac du fait des pensées qui m'ont traversé le long de ma lecture.
Je pensais que le rendez-vous avec la faucheuse était pour le maître et je me disais qu'effectivement, c'est vrai : ce que je regretterai le plus en la quittant c'est probablement la beauté de cette Terre que je n'aurais pas eu le temps de parcourir. Bref, j'étais en "fusion" avec le maître de Diamant et ne m'attendais pas du tout à la fin. Comme quoi, le déroulé d'un récit ne tient parfois qu'à un mot et à un poil de tricherie. Enfin, cela si mon interprétation est la bonne… L'écriture est au top, comme d'habitude.
Merci

   Corto   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici un texte parfaitement écrit et structuré. On se met vite dans la peau du personnage, malade et vieillissant qui veut capturer les derniers moments de sa vie.
Le chien Diamant apparaît comme un faire-valoir pour des sentiments plus profonds sur le thème "Jamais plus".
C'est un peu cela qui paraît gênant: pourquoi attendre cette étape finale pour développer ce qui a fait la richesse d'Olivier ? Les "randonnées entre prairies et glaciers pour s’emparer du paysage par la marche – torrents dévalant les pentes à fleur d’alpage". On sent qu'il y a eu une vie active et pleine, mais on n'a droit qu'à une évocation nostalgique. Ne passe-t-on pas du "jamais plus" au "trop tard ?" plutôt frustrant.
Mais ceci est sans doute une autre histoire...
Bravo pour ce beau texte.

   papipoete   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Sylvaine
Je pars encore sur ce chemin, avec mon chien, mais je sais que bientôt son sablier ne coulera plus ; mon compagnon se sera endormi sous la main du Docteur Noël...
Je le regarde encore, et me dis " verrai-je moi aussi un docteur Noël " ?
NB tendresse et mélancolie dans ce récit, au cours d'une promenade bocagère, une des dernières avec Diamant...
C'est comme une caresse qui dure, dure dans la fraîcheur humide d'un sous-bois .
Mais l'ultime ligne est si froide, avec cette triste certitude " après Diamant, plus jamais de chaude présence pour Olivier"

   stony   
21/1/2019
L’idée repose sur la transition entre la mort future du héros à laquelle l’auteur veut d’abord nous faire croire et celle du chien. Pourquoi pas ? J’ai trouvé que c’était un peu long pour en arriver là.

L’écriture, correcte, est extrêmement convenue. Pour moi (désolé), elle en est terriblement ennuyeuse, ce qui ajoute à la sensation de longueur d’un texte pourtant court.

Petit détail sans grande importance : le Spitzberg n’est pas situé en Antarctique, mais en Arctique.

   FrenchKiss   
26/1/2019
Bonjour Sylvaine,

Ce texte est une escroquerie :)
Remplacez dans la première phrase le mot « docteur » par « vétérinaire » et il tombe à l’eau. Pour moi il n’y a jamais eu vraiment de suspense, car dès la troisième ligne je n’ai pas trouvé d’autre explication à « son haleine de cave moisie » que la déchéance du chien.

A partir de là l’escroquerie s’amplifie au fil des lignes. Vous insistez lourdement sur les prouesses physiques d’Olivier dans les glaciers d’un passé révolu, ou sa rencontre avec la dame au pékinois, pour mieux nous égarer sur l’identité du vrai malade, son chien Diamant.

Le procédé et la révélation finale me semblent d’autant plus maladroits, que d’ordinaire, ce genre de nouvelles qui repose essentiellement sur la chute, à la manière d’une blague de comptoir, ne s’embarrasse pas vraiment d’une recherche de style. Or on voit bien ici que vous êtes soucieuse de vos effets, la plupart du temps un peu surchargés, adjectivés à outrance, que vous avez envie de nous garder avec vous comme si la chute n’allait pas suffire à satisfaire le chaland.

Et bien moi, c’est le cumul des deux qui m’a fait lâcher prise. Que reste-t-il au final ? Une narration un tantinet ennuyeuse et narcissique du personnage d’Olivier au regard de ce qui se joue, la mort du chien, et un brouillage fictif et un peu déloyal vis-à-vis du lecteur, même si vous semez quelques petits cailloux le long du chemin. On avait assez reproché à Agatha Christie dans Le meurtre de Roger Ackroyd de choisir pour narrateur le meurtrier. Malheureusement, le manque d’intérêt de l’intrigue ne permet pas ici de vous pardonner cette usurpation.

Je ne peux pas nier que ça respire une dose de « professionnalisme » littéraire, qu’il y a sans doute derrière cette déception un brin de respect, mais pas d’enthousiasme. Je ne suis pas dans votre zone de chalandise, c’est certain, mais j’ai jugé vos aptitudes en phase avec l’art des romans « touffus » :))

Cordialement

FrenchKiss
Malade comme un chien

   Jean-Claude   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sylvaine,
Même si l'illusion tient au fait que la clientèle du docteur n'est pas précisée, quand Olivier ressasse on pense spontanément à sa fin. Et on se laisse guider. J'ai toutefois fini par sentir le vent venir car il y a un peu d'insistance sur le chien (non, je n'ai pas de truffe).
Au plaisir
JC

   hersen   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En fin de lecture, il me vient une idée d'antinomie. En effet, je ne marche pas vraiment dans l'idée de présenter l'histoire comme s'il s'agissait de l'état de santé de l'homme. C'est à dire que je n'en vois pas vraiment l'intérêt et quand arrive la chute, ou en tout cas dès lors que l'on comprend qu'il s'agit du chien, j'ai le sentiment d'avoir perdu deux histoires : celle de l'homme et celle du chien.
l'idée était-elle de montrer à quel point ces deux étaient liés ? Cela n'a pas fonctionné pour moi.
Et après coup, quand j'ai terminé ma lecture, je me dis qu'il manque aussi un peu d'enthousiasme à l'évocation des souvenirs de montagne et des autres chiens. le ton est trop uni. Etait-ce pour faire croire au lecteur que c'est l'homme qui va mourir ? Je n'en ai pas vu l'intérêt.

Merci de cette lecture.

   emju   
26/1/2019
Commentaire modéré

   in-flight   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Sylvaine continue son œuvre de contemplation. Qu'il s'agisse de la Nature ou des animaux, elle nous donne toujours à admirer les choses simples de la vie en les magnifiant et en prenant pour contrepoint la rudesse de l'espèce humaine (ici les réflexions sur le tourisme de masse).
Personnellement je me suis "fait avoir", je n'ai pas tout de suite réalisé que c'était de la mort du chien dont on parlait.

Un exercice difficile à tenir sur la longueur mais qui, en l'état, constitue un bel hommage pour un animal de compagnie.

   Malitorne   
23/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Au niveau du style c'est très agréable à lire même si parfois, je trouve, vous frôlez la grandiloquence : « versants d’herbe rase veinés de coulées d’argent ». En ramenant un peu plus de simplicité vous exprimerez davantage les émotions que trop de mots pompeux dénaturent.
Le scénario est bien trouvé et j'avoue que vous m'avez bluffé, persuadé d'abord d'une maladie du narrateur. Jolie pirouette finale !

   jfmoods   
25/1/2019
Au fil du récit, la nouvelliste ménage habilement l'horizon d'attente du lecteur, même si, à la relecture, quelques indices permettent de lever le voile ("son haleine de cave moisie" x 2, "Il ne voulait plus le priver d’aucun plaisir", "Il se promit cette fois de profiter du sursis pour le peindre enfin, pour fixer sur la toile la grâce de l’animal et la richesse flamboyante des feuilles. C’était l’ultime automne où il les contemplait.").

Impossible de lire ce texte sans le mettre en perspective avec une autre nouvelle de Sylvaine intitulée "Anima vagula blandula".

Un étrange écho résonne entre la femme encore jeune et l'homme âgé qui voit s'approcher la fin du chemin, entre l'enseignante qui s'est préparée au choc de la perte, qui a tout fait pour anesthésier en amont la terrible douleur... et le peintre qui a rêvé jusqu'au bout à une impossible rémission et s'efforce d'exorciser par le dessin la mort prochaine de son compagnon à quatre pattes ("Olivier prit du papier et tenta plusieurs croquis, Diamant jouant à la balle, Diamant poursuivant un tourbillon de feuilles, les oreilles soulevées par le vent.").

Ces deux personnages vivent seuls et le chien comble un vide, occupe en quelque sorte la place du partenaire absent. Dès lors, quand l'animal disparaît, la douleur qui vous submerge est d'une particulière intensité.

Sylvaine possède (mais est-ce là une découverte ?) un sens aigu de la narration et son talent de coloriste fait le reste. Elle offre ainsi au lecteur une toile... lumineuse.

Merci pour ce partage !

   FANTIN   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette nouvelle met en scène un problème universel et inéluctable, comme un écueil obligé sur lequel tout se fracasse, qu'il s'agisse d'êtres humains ou de leurs compagnons à quatre pattes.
La maladie et la proximité de la mort mettent à nu l'essentiel. Le quiproquo, savamment exploité jusqu'à la fin, de cette mort annoncée qu'on croit être pour le maître, fait l'originalité de ce texte plein d'émotion, de nostalgie, de tendresse et de poésie (attention cependant à un autre écueil: l'emphase.)
Un bon moment de lecture quoi qu'il en soit. Merci.

   Anje   
27/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien le parallèle entre ce compagnon qui partira trop vite et la fatigue, l'usure de son maître
qui, juste à ce moment et seulement maintenant, prend conscience de la mort après tous les risques qu'il a pris. Il sera trop vieux avoir un autre chien. Pour ne pas laisser un orphelin..
La nouvelle est à mon sens très bien menée, laissant planer le doute sur le malade. Maître ou chien ? En tout cas, la lecture est facile et quelques images m'ont bien plu. Et comme Olivier, je tourne la page. Pour en lire une autre !

   senglar   
30/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sylvaine,

Curieux texte !

Cruellement j'ai envie de dire : c'est la revanche du chien. Nous qui en enterrons tant au cours d'une vie.

Mas celui-là sera euthanasié.

Ce qui revient à dire que le canidé est toujours perdant.

CAVE HOMINEM


La mort qui frappe un écolo, cruelle nature. Et pourtant ce n'est pas elle qui va tuer le chien, marâtre loi !



Edition : Bon, ben j'ai lu les autres commentaires, trop forte pour moi la Sylvaine, trop subtile. Ai-je si si peu confiance dans la nature humaine. Me v'là bien benêt. Pardon ! Pardon ! Pardon !


Senglar

   Donaldo75   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Sylvaine,

Je vais tout de suite donner le résultat des courses, tuer l'insupportable suspense du commentaire: j'ai adoré cette courte nouvelle.

Voilà, c'est dit. Ouf ! Je suis soulagé.

Parce que je l'ai lue comme un texte littéraire, cette nouvelle, et non comme une histoire où A et B doivent obligatoirement expliquer C sans passer par D. Je ne sais pas si je me suis fait comprendre sur ce coup. Essayons encore. Je ne me suis pas contenté de lire l'histoire pour me dire à la fin que c'était Diamant et non Olivier qui souffrait d'un cancer, que l'issue fatale concernait le chien et non l'homme. Sinon, je serais passé à côté de la beauté de ce texte dont l'écriture est magnifique, la tonalité douce et triste comme du Beethoven. J'admire ton courage de livrer à des yeux et des neurones étrangers ta vision de ce qui nous attend tous, la mort, une fin physique - du moins, dans l'état actuel de nos connaissances - devenue un absolu philosophique voire religieux.

Bravo !
Merci pour l'instant de grace.

Don

   Vincente   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai marché dans la mélancolie ingénieuse du récit comme un gentil compagnon qui a adopté son maître. Eh oui, j'ai été mené par le bout du nez jusqu'à ce que je découvre dans les derniers moments de Diamant (nom bien à propos) que c'était d'abord lui le condamné. Olivier, le suivrait, mais fort de sa conscience que la fin de l'être aimé est douloureuse pour celui qui reste, il se sacrifierait... en n'adoptant pas un "remplaçant".

Le style est fluide, agréable dans ses propositions imagées, et pertinent... puisque que l'on comprend tout, on l'apprécie, mais pour autant, on reste pris... au piège et l'on ne le comprend qu'à la fin. Bravo !


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