Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Fantastique/Merveilleux
Twinkle : Le Poulpe et la Mort
 Publié le 13/05/08  -  5 commentaires  -  4028 caractères  -  9 lectures    Autres textes du même auteur

Un petit poulpe flottait dans l'Océan. Il lui arriva cinq grandes aventures...


Le Poulpe et la Mort


Il était une fois un poulpe qui flottait dans l'Océan. Il ne savait rien faire d'autre. Manger. Flotter. Manger...


Et pourtant, il lui arriva cinq grandes aventures.


La première : il eut une idée.

La deuxième : cette idée demeura.

La troisième : il voulut la réaliser.

La quatrième : il la réalisa.

La cinquième...


Et cette idée ; il voulut voir la Mort.


Le poulpe ne savait pas où ni comment la chercher. Il ne se le demandait même pas. Il croyait voir son idée briller devant lui et la suivait. Les premiers jours, il ne croisa que des créatures minuscules qui le fuyaient en riant. Les crevettes opossums l'observèrent, abritées derrières leurs fumerolles et il ne put les interroger. Les éponges lampadaires l'ignorèrent superbement. Les danseuses abyssales se moquèrent de lui. En vérité, personne n'avait de temps à perdre avec un petit poulpe flottant dans l'immensité. Seule une lotte de mer épineuse s'intéressa à lui, désireuse de l'engloutir comme il se doit. Le poulpe se défendit vaillamment avec son idée. Au lieu de fuir, il fixa le monstre, et lumière contre lumière demanda :


- Je cherche la Mort, la connais-tu ?


Le mot Mort se fraya un chemin jusque dans le cerveau du poisson. Un mot que d'ordinaire les repas sains n'utilisent pas. Il préféra lâcher l'affaire. Le poulpe se retrouva de nouveau seul dans l'obscurité. L'ombre, le froid, la faim, le danger l'entouraient, mais la Mort ne se montrait pas.


Un calmar bijou qui flottait là, et à qui il demanda d'où venait la Mort lui cria :


- D'en haut !


En montant il croisa des chimères à qui il demanda où trouver la Mort. Elles lui crièrent :


- En bas !


En jaillissant devant lui, les radiofollaires chantèrent :


- Partout !


Le poulpe flottait sans parvenir à rencontrer la Mort, et à chaque échec son idée grandissait. Elle devint bientôt si grande qu'on ne voyait qu'elle dans toutes les abysses. Grande et lumineuse autour du petit poulpe, une chose inconnue que tous fuyaient.

Un jour, une créature étrange s'approcha du poulpe et de son idée. Elle était semblable à un mince serpent en perpétuelle explosion, un feu de Bengale sous-marin.


- Es-tu la mort ? demanda le poulpe.

- Non, mais je suis unique comme toi.

- Toi aussi, tu as une idée alors ?

- Oui, c'est elle qui brille autour de moi. J'ai décidé de trouver un ami.

- Un ami, qu'est-ce que c’est ?

- Je ne sais pas, mais je voudrais en trouver un.

- Moi je cherche la Mort, nous devrions chercher ensemble.


Ainsi, le poulpe et la créature étrange décidèrent de chercher ensemble. Ils parcouraient inlassablement l'obscurité, demandant à toutes choses animées ou inanimées :


- Es-tu la Mort ?

- Es-tu un ami ?


Leur route croisa bientôt celle d'un large cachalot.


- Je suis une mort et je suis l'ami, mais je ne suis pas ce que vous cherchez leur lança-t-il.


À partir de ce jour, les idées changèrent un peu. Le poulpe chercha une mort. La créature chercha l'ami. Le temps passa, et le froid se fit soudain plus intense autour du petit poulpe. Il ne voyait plus la créature étrange près de lui, mais sentait qu'une présence habitait l'obscurité.


- Je suis une mort murmura-t-elle, je suis ce que tu cherchais.


L'idée du poulpe se mit à briller de toutes ses forces. Mais lui pensa soudain à tout autre chose.


- Sais-tu où trouver l’ami ? Une créature le cherche, il faudrait l'aider.

- Il n'est plus temps, répondit la chose de l'ombre.


Et le poulpe disparut. Il n'en resta qu'une petite étincelle, un fragment de lumière qui parcourut à son tour les abysses à la recherche d'une créature unique, serpent de feu en perpétuelle explosion. Quand elle le trouva, la créature demanda à l'étincelle.


- Je cherche un poulpe avec une idée, sais-tu où il est ?

- Il a trouvé ce qu'il cherchait.


Les feux du serpent pâlirent un peu.


- Je suis l'ami, poursuivit l'étincelle.


Alors, les feux du serpent s'éteignirent complètement, et le premier sourire éclaira l'océan.


Voici la cinquième aventure.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   widjet   
13/5/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
Twinkle s'est semble t-il spécialisé dans les contes fantastiques. Celui-ci, court et plaisant, se lit sans encombre même si je l'aurais souhaité plus fouillé.

Widjet

   xuanvincent   
13/5/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Personnellement, j'ai assez aimé ce nouveau conte de Twinkle (même si je garde un faible pour les contes du type "Contes de la lune et des étoiles").

Ce conte me fait penser à ces histoires de quête, où plus l'on est nombreux à participer à cette recherche, plus on est fort.

Sur la forme, le texte me paraît bien écrit (j'ai bien aimé ainsi l'image des "danseuses abyssales"). De plus, les dialogues m'ont plu.

Pour le fond, la quête du petit poulpe (avec son "ombre", son idée) m'a intéressée.

Au moment de la disparition du poulpe, j'ai toutefois dû m'accrocher un peu car j'avais tendance à m'y perdre dans les personnages (bon, comme j'ai un rythme de lecture rapide, lors de la première lecture, cela m'arrive assez facilement !).

J'ai trouvé la fin belle et triste. Pour la forme, j'aurais peut-être préféré que le texte finisse par "Alors, les feux du serpent s'éteignirent complètement, et le premier sourire éclaira l'océan." (cette fin me paraît plus poétique).

   strega   
13/5/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ben moi j'aime bien ces contes là Twinkle, et celui là en particulier.

Point négatif, le même que xuanvincent niveau compréhension à la fin, mais pour les même raisons aussi alors bon, pas vraiment négatif si l'on y réfléchit.

C'est vraiment reposant ce genre d'histoire, moi j'aime bien, c'est vraiment une bulle.

Bravo.

   Anonyme   
15/5/2008
Joli, facile à lire, très Jean de la Fontainien (même dans le titre on a une impression de familiarité, on s'attend presque à une morale à la fin).

Mais j'ai également du relire la fin deux fois pour bien la comprendre.

Celà dit j'ai vraiment apprécié. Merci...

   marogne   
11/11/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Et bien, comment commenter ce texte ? Le fond, la forme, le sens, le style…. ? non. !

Qu’est-ce qu’il reste à la fin de ce voyage ? Simplement une impression de souffle coupé, l’impression d’avoir voyagé dans un autre monde, un peu comme devant un tableau surréaliste.

Délicat, profond, un petit bijou.


Oniris Copyright © 2007-2020