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Poésie néo-classique
baboo : Naufragé
 Publié le 16/11/07  -  7 commentaires  -  1872 caractères  -  27 lectures    Autres textes du même auteur

Quand la mer se déchaîne...


Naufragé



Bercé par le ressac des vagues sur la plage
L'homme s'est endormi terrassé par la mer,
Ce corps nu, étendu, offre au doux matin clair,
Un visage effrayé sous un ciel sans nuage.

La bouche est pleine d'ombre et d'épouvantement,
Gardant gravée en lui, l'horreur comme une empreinte,
Sur le ventre, les yeux vides, sans une plainte,
Il s'est extrait la nuit, hors du piège écumant.

La lumière du jour ne l'a pas réveillé,
Ni le vacarme sourd des vagues en furie,
Ni le vol sur les flots, d'une mouette qui crie,
Inerte, il gît toujours sur le sable mouillé.

Depuis le fond des temps la mer roule en sanglot
De tous les naufragés, toutes les voix perdues,
Trop de vies condamnées, destinées défendues,
La mer est un linceul, pour plus d'un matelot.

La marée remontant de l'horizon lointain
Mêle au repos de l'homme endormi sur le sable,
Une rumeur confuse et indéfinissable,
Une mélodie pure effaçant le chagrin.

Par la grâce touché, tout à coup le dormeur
Sort des flots du sommeil sa figure hagarde,
Se redresse, s'effraye, réalise et regarde.
"Mon Dieu, je suis en vie, quelle joie, quel bonheur !"

Tous les sens égarés dans un monde incertain,
Il se réveille et bouge. La mer est si noire,
Un bateau, un naufrage affectent sa mémoire
Une senteur de mort, comme un songe indistinct.

Et voici qu'il se sent naître dans le matin
Du souffle de la mer, au milieu des nuées,
"Parmi toutes les vies, que toi, Dieu a créées,
Tu as su épargner celle d'un bon marin.

Car la mer m'a roulé comme un galet, parmi
Les morts gonflés et mous se heurtant à l'épave,
Et je suis tout humide encore de ta bave
Qui colle sur ma peau le sable où j'ai dormi".


 
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   Absolue   
16/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Même si certaines rimes sont boiteuses (certains vers ont 7 pieds), je trouve l'ensemble très réussi. On imagine la marin, le visage dans le sable, qui se réveille, tout étonné d'être encore en vie. J'ai bien aimé le "Et tout humide encore de ta bave"... Encore, encore!

   baboo   
17/11/2007
Sept pieds, où ça ?

   Absolue   
17/11/2007
Je voulais dire 13... Voir en mp le détail:-)
Mais je me répète, c'est un très bon poème!

   bernalot   
18/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Absolue m'ôte les mots de la bouche !

   strega   
25/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je continue ma promenade dans Oniris et tombe sur Naufragé. D'emblée le titre m'interpelle et pour cause, ma subjectivité pour les poèmes maritimes n'est plus à prouver depuis l'Albatros. Mais je me suis laissée rouler, submerger par la vague maritime, mais jamais noyer. Ce poème est très bon (pour ce que vaut mon avis...). Malgré le sujet, maintes fois traité, le poème reste original. Il est très visuel et dans le même temps très aérient, paradoxe non? Je persiste et signe : "E il naufragar m'è dolce in questo mare". Merci beaucoup pour cette évasion (tardive :)]

   clementine   
26/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Et bien, moi, grâce à la lecture des derniers commentaires, me voilà en train de lire un poème que je ne connaissais pas.
On ne peut tout lire hélas!
Et là franchement, c'est un peu l'extase, car j'aime énormement.
Je n'ai pas compté les pieds, car peu m'importe du moment que je suis emporté par la magie des mots et la beauté des images.
J'en ai encore le goût du sel sur mes lèvres et l'odeur de l'océan dans le nez!
Pas un vers ne dénote même légèrement, j'aime particulièrement les premiers . Bravo.

   Anonyme   
10/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
En vous lisant me revient en mémoire un film que j'ai vu la semaine dernière qui s'intitulait "Tempête", c'est effrayant de voir cette étendue d'eau en mouvement, déchaînée, c'est vraiment terrifiant. Votre écrit est d'une grande exactitude, la peur de l'homme face à sa colère mais aussi cette volonté farouche de survivre coût que coût, mais hélas bien peu y parvienne, même les plus expérimentés ne sont pas préservés, comme le dit Renaud, "c'est pas l'homme qui prend la mer, mais la mer qui prend l'homme".

J'ai lu beaucoup d'écrits à ce sujet, ce n'est pas un de plus, car vous avez su me captiver, m'émouvoir avec vos mots très prenants, très réalistes, sans ambages.

J'en retiendrai ces deux strophes :

"Par la grâce touché, tout à coup le dormeur
Sort des flots du sommeil sa figure hagarde,
Se redresse, s'effraye, réalise et regarde.
"Mon Dieu, je suis en vie, quelle joie, quel bonheur !"

"Car la mer m'a roulé comme un galet, parmi
Les morts gonflés et mous se heurtant à l'épave,
Et je suis tout humide encore de ta bave
Qui colle sur ma peau le sable où j'ai dormi".


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