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Poésie contemporaine
Celine_Hay : Le souffleur de verre
 Publié le 20/02/22  -  8 commentaires  -  1087 caractères  -  250 lectures    Autres textes du même auteur

La visite d'un atelier de souffleur de verre m'a inspiré ce poème. Je débute dans l'exercice et j'aimerais avoir un avis éclairé.


Le souffleur de verre



Les joues se gonflent, immenses, et insufflent la vie.
Le ballon se fait soleil dans l’aube nouvelle,
Éclatant et fier, tandis qu’à son front rougi
Et luisant s’accrochent quelques mèches rebelles.

Le colosse ordonne et la matière palpite,
Enfle et se tend, ballet de lumière hypnotique.
Ses gestes sont experts, la bulle tourne si vite
Qu’apparaît l’antre d’un monstre mythologique.

Tour à tour pâtissier, tailleur ou jardinier,
Il tisse fils et rubans de caramel blond,
Compose un bouquet de lave et de feu guerrier,
Tire les queues, coupe les pétales trop longs.

Ses mains puissantes empoignent les pinces, les cisailles,
Cherchent et trouvent l’angle idéal, et d’un coup sec
Font naître des ailes, dessinent des plumes, un bec.
Les deux pattes s’affinent, s’ancrent sous le poitrail.

Mais l’oiseau se fige, jamais ne s’envolera.
L’homme pose ses outils, sa mission sacrée
Est accomplie. Le chef-d’œuvre en perd son éclat,
Il restera de glace pour l’éternité.


 
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   Anonyme   
7/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le premier quatrain me plaît bien car y est mise en scène une confusion que je trouve intéressante, porteuse d'épaisseur sémantique : j'ai l'impression qu'on me fait assister au gonflage des joues du ballon de verre, au rougissement et à la luisance de son « front » ; même les « mèches rebelles », je me les représente comme des barbes de verre accrochées à la sphère, telles celles que l'artisan sculptera au quatrième quatrain.
J'ai bien aimé aussi le devenir de glace d'un être né dans le feu, être que je peux sans trop de peine imaginer animé. J'apprécie ce carambolage d'éléments dans lequel, avec un petit effort, je peux projeter le destin final de tout ce qui existe. Mais j'ai aussi l'impression que c'est bien moi qui projette, au-delà de vos intentions d'auteur ou d'autrice.

Par ailleurs, je trouve peu dynamique le rythme de votre poème, je me dis qu'il mériterait plus de recherche dans l'expression, quelque chose de plus ramassé. Le vers
Ses mains puissantes empoignent les pinces, les cisailles
me semble carrément amorphe de ce point de vue, sans envolée.

Une impression mitigée au final : je me dis qu'il faudrait creuser la manière de dire, l'apurer pour lui donner plus d'impact. Une piste possible, freiner sur les qualificatifs ; d'emblée, les joues immenses, pour moi ça le fait pas car ça ne correspond pas à grand-chose. « Immense » m'apparaît comme un terme passe-partout, susceptible de s'appliquer aussi bien à une montagne qu'à un bouleau, et je ne vois pas ce qu'il apporte sinon une sorte d'inflation langagière. Simple avis de lectrice bien sûr.

   Anje   
12/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Contemporain.

J'ai l'impression de voir ici deux artistes : le souffleur et le sculpteur. Et je me dis que chacun aurait mérité son poème dédié. Celui-ci pourrait ainsi subir quelque élagage comme le portrait du souffleur qui n'ajoute rien à son art. Le narrateur pourrait, à la place, se souvenir de la chaleur extrême des creusets, de la souplesse du verre en fusion au bout de la canne (instrument emblématique invisible dans ces vers).
Sur le fond, j'ajouterai un sourire. Tous les souffleurs ne sont pas des colosses aux mains puissantes. Mais leurs joues rivalisent avec celles des sonneurs de cor !

On trouve quelques irrégularités de rythme avec des vers de 12 ou 13 syllabes et le dernier de 11. Mais cela peut facilement être repris pour obtenir une lecture mieux rythmée, plus régulière.

Si c'est un premier, ce poème est une bonne base pour l'avenir. Il faut aussi souffler et re-souffler pour réussir le verre dans lequel on pourra boire plus tard.

En EL Anje avec tous les encouragements.

   Miguel   
13/2/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il ya de fort belles choses, des images fortes, cette idée de voir plusieurs corps de métiers à l'oeuvre dans cette création, de beaux vers. Il est seulement dommage que la dernière strophe, belle en soi, mais en rupture avec le reste, vienne mettre fin à cette magie. Il aurait mieux valu, à mon sens, montrer l'oiseau comme prêt à s'envoler.
Je vous renvoie, pour l'exemple, à un sonnet de Heredia, "Le coureur", où il décrit une statuette de bronze antique :

"Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant,
Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
Tel Ladas court encore sur le socle qu'il foule
D'un pied de bronze svelte et plus vif que le vent."

Le talent de l'artisan (on peut dire de l'artiste) est mieux mis en valeur si l'on peint son oeuvre comme vivante.
Mais ce texte n'en est pas moins très agréable à lire, car il est plein d'une authentique poésie.

Miguel, en EL

   Donaldo75   
13/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis mitigé sur ce poème mais l’exergue m’a indiqué que l’auteur débute dans le genre et je ne peux que prendre cette information en compte ; en effet, il y a beaucoup de narration, comme si la scène était décrite de manière documentaire, ce qui peut parfois inhiber la poésie. La rime est là pour nous rappeler que c’est un poème, la construction métrique également mais ce n’est pas toujours suffisant pour développer de la poésie. Pourtant, il y a dans ces vers une tonalité poétique, une manière d’exposer le travail du souffleur de verre qui n’est ni documentaire, ni forcée et c’est ce qui m’a plu finalement.

   papipoete   
20/2/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Celine_Hay
Ses joues se gonflent et alors le souffleur joue avec sa canne une fameuse partition.
Il est au four et au moulin, ordonnant qu'on le serve en pâte de verre, ou trempant lui-même son instrument au coeur du magma ; et il tourne, coupe, souffle jusqu'à ce que son oeuvre achevée, se pose et ne bouge plus.
NB un univers bien recréé, que celui des maîtres-verriers, où rien n'a changé depuis qu'existe cet art de fabriquer une merveille, à partir d'un boule magmatique !
et vos images font mouche, et l'on ressent même la chaleur terrible qui règne dans cet atelier !
la 3e strophe spectaculaire ( où le colosse semble découper du caramel blond ) est mon passage préféré !
la conclusion me semble tristounette, quand vous dîtes que " le chef-d'oeuvre en perd son éclat " ; en effet, il faut avoir vu travailler cet artiste pour attribuer la valeur exacte du produit... inestimable !
j'ai une pensée pour ces travailleurs en ce moment, qui se voient contraints d'éteindre leurs fours, le gaz étant devenu hors de prix !
techniquement, ce texte est résolument " contemporain ", avec sa métrique inégale, ses rimes non accordées... mais cela n'enlève rien à la qualité du texte, passionnant !

   Anonyme   
20/2/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Celine,

Bordel... Ca m'a rappelé une visite scolaire à la cristallerie de Baccarat dans l'est de la France. À l'époque, je me disais : on va grave se barber... (il faut dire que le choix de nos enseignants n'était pas toujours en adéquation avec nos aspirations d'ados) Eh bien, j'ai pris une sacrée claque, ce jour-là... J'ai même été littéralement subjuguée en regardant le souffleur de verre façonner une carafe de cristal à partir d'une sorte de pâte orange qu'il sortait du four, et plus encore j'ai réalisé dans ma petite caboche, combien c'était de l'art, la précision des gestes, il faut savoir que le maître d'œuvre - pour ceux qui n'ont jamais assisté à pareil féérie - est toujours en mouvement comme un astre autour de son soleil/fourneau, à l'instar de la dame qui faisait des sucre d'orge sur la plage de mes huit ans avec sa pâte de sucre. C'est juste magique.

Je voudrais avoir plus de mots et plus de talent pour savoir dire davantage, mais j'aime à penser que vous avez assisté à pareil prodige que moi pour l'avoir aussi magistralement poétisé.

Vous avez illuminé ma journée

Anna

   Mintaka   
20/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, je ne rentrerai pas dans les aspects de la versification car c'est un poème contemporain et qu'à ce titre il a droit à quelques licences supplementaires.
Toutefois c'est un bon début qui montre de jolies tournures poétiques où l'on sent un vrai plaisir de composer de votre part.
On peut lui reprocher quelques vers parfois un peu narratifs (il m'est arrivé que l'on me le fasse remarquer à moi aussi) ou encore une fin davantage imaginative. Mais c'est bien sûr un point de vue.
Merci et au plaisir de vous lire bientôt.

   Lebarde   
21/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Belle mise en scène, belle description de l'atelier de ce souffleur de verre à la fois artisan, artiste, "colosse", maitre du feu, magicien de la matière et des volumes, dont tout visiteur admire la dextérité, le métier, la connaissance de son art.
Belle tentative, presque réussie, pour créer l'atmosphère de ces lieux et activités magiques et irréels qui m'ont toujours fascinés.

Bien sûr on peut regretter quelques grandiloquences (" insufflent la vie." "la matière palpite, Enfle et se tend, ballet de lumière hypnotique") qui font un peu maladresses,
mais aussi aimer de belles images ("Il tisse fils et rubans de caramel blond" ou
" Mais l’oiseau se fige, jamais ne s’envolera.
L’homme pose ses outils, sa mission sacrée
Est accomplie. Le chef-d’œuvre en perd son éclat,
Il restera de glace pour l’éternité."

A la lecture j'ai ressenti quelques hésitations, quelques timidités dans l'écriture mais une réelle volonté de faire.
Et si vous essayiez d'apporter une plus grande attention à la versification ( longueur des vers, césures et rythme, rimes)?
Vous en avez à coup sûr les moyens et même l'envie.

Sans être totalement convaincu, j'ai bien apprécié.
Merci et à bientôt.

Lebarde


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