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Poésie libre
Claus : Découverte du frère soudain
 Publié le 05/05/13  -  9 commentaires  -  2677 caractères  -  165 lectures    Autres textes du même auteur

Vous avez sous les yeux un rassurement facile, compulsif et débile.


Découverte du frère soudain



« Découverte du frère soudain.
Blotti sous un tas de cubes. »


Les cubes couleur air, roche, terre,
Gravats, gravier, aluminium,
Roche de sable, vieille pierre,
Argent, quartz, mycélium.

Une épée à la main,
Mon frère taillait un temple dans la montagne,
Centimètre carré par centimètre carré.
J'ai tout de suite pensé au Grand Temple de la Maîtrise de Soi,
Aux anus fistés, écartelés,
Grands ouverts.

Mais le frère, il est plus fort encore que ça.
Il a des cheveux jusque par terre
Et une longue barbe avec un crâne de bouc.
Il ne pense à rien,
Et il s'oublie dans les cubes,
Assis dans les odeurs.
Seul.
Les odeurs de bouleau de baobab, de verre,
De lapis-lazuli, d'or, de brique, de fer,
De pin, de chêne, de marbre, de pierre taillée,
De diamant, d'émeraude, d'enclume et de pavé.


Facile, il s'agit simplement de faire une croix par terre,
Et de s'asseoir dessus.
Ensuite une ligne, une autre, on monte,
Et on finit par le dessus, par le plus difficile.
Il faut échanger des coins, des angles.
Tout connaître par cœur et ne plus rien comprendre,
Mais toujours regarder dans le même sens.

Après tout, tout est toujours pareil.
Choisir une formule et tourner, tourner, tourner, tourner.
On revient toujours au début, comme si de rien n'était.
43 252 003 274 489 856 000 possibilités de se planter.
J'ai gagné un frère en en perdant un autre.

Celui qui crache du sang en veut aux lits et aux bibliothèques,
Aux barrières, au vitrines, aux murets, aux fenêtres,
Aux pots de fleurs, aux crânes, aux yeux, et même aux têtes,
Aux éponges. Et il chie sur les coffres et les boîtes à outils.


« Au four les panneaux, les portes, les échelles !
Au four la neige, la glace, l'argile !
Viens, on fait tout fondre !
Viens, on fait encore plus de bruit !
Viens, ta gueule ? »

Viens on invente un truc ennuyeux genre table, chaise.
Tout passe à la trappe et la liste est trop longue.

J'ai oublié tout ça chez mon frère.
Les lignes, les cubes et les odeurs,
Parmi les déchets de sandwich et de hurlements.


Dans son silence,
A-t-il lu ?
N'est-il rien d'autre pour sa famille que le silence d'un casse-tête chinois ?
A-t-il lu
Ça ?


 
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   troupi   
27/4/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Déjà le titre me semble énigmatique. soudain est-ce le nom du frère ou bien le frère a-t-il été découvert soudainement ? J'aurais tendance à pencher pour la seconde explication, dans le cas contraire soudain aurait eu une majuscule. enfin c'est ma façon de voir.
L'incipit ne me permet pas de rentrer dans le poème avec un élément de compréhension non plus. les trois adjectifs me déroutent tout simplement. Quant au texte lui-même malgré plusieurs lectures il me laisse perplexe, sûrement qu'il me manque des clés pour comprendre mais souvent une poésie emporte son lecteur sans que des sens cachés lui soient accessibles, la poésie sait faire cela. Je regrette mais là vraiment rien ne m'emporte au-delà de la simple lecture et c'est désolant pour un texte qui se voudrait poétique.

   brabant   
5/5/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Claus,


J'ai envie de dire : De la poésie à l'état pur, tellement j'ai eu un coup au coeur ou plutôt tellement j'ai communié, tellement ce fut pour moi une madeleine de Proust. De quoi s'agit-il ? D'un jeu de cubes aux faces collées de papier coloré, d'une pyramide, des voyelles de Rimbaud ? S'agit-il d'un jeu de rôle ? Et ce frère s'agit-il d'un maïtre yogi ? S''agit d'un grand frère castrateur, d'un égal-rival ou d'un cadet colérique ? Il y a de règle et il y a de l'énigme. Il y a du vertige et il y a de la révolte.

Ce texte m'a parlé.

Mais je n'ai pas compris ce qu'il a voulu me dire.

Y a-t-il de l'autisme là-dedans ? Du côté de chez mon frère ?

Les portes de mon subconscient sont bien cadenassées, il faut que je retrouve les cubes pour enfin réussir à les assembler et montrer à mon frère comment cela fonctionne, autrement "qu'un truc ennuyeux genre genre table, chaise", que je lui montre cela MOI !


Des moments très forts, vibrants, mais je ne décortique pas, vive le vol de nuit, je balise la piste d'atterrissage :)


p s : Après lecture du com de Troupi, je suis d'accord avec lui, l'incipit aurait pu se fouler un peu. Lol

   Anonyme   
5/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
En tant qu’ancien champion du monde de Rubik’s Cube, je m’élève formellement contre vos déviances ludiques.

Non content de manier vos strophes comme les allers-retours des faces du Rubik’s, un coup à gauche, un coup à droite, vous vous permettez des attouchements incongrus, considérant mon jeu préféré comme du doigtage de mouche : « Aux anus fistés, écartelés » (décidément, ce week-end, on en prend plein le fion !). Par contre, je suis d’accord avec vous, un sculpteur a toujours un Dildo dans sa poche.

Vous nous proposez votre propre version du jeu où les mots sont aussi dérangés que les faces du cube.
J’ai cru comprendre que le « Temple de la maîtrise de soi » est si difficile à bâtir qu’on en devient chèvre, que « les cheveux jusque par terre » et « la longue barbe » sont les attributs que nous réserve cette quête.

Un bon point pour les 43 252 003 274 489 856 000. Je viens de recompter à la main: c’est bon.
Il me faudra sûrement plus de 9s52 (record personnel au Rubik’s) pour reconstituer votre texte. Et j’ai bien compris que c’est pas votre frère qui va m’aider.
Cela dit, le message ne me paraît pas aussi transcendant que les mots pour le dire. Je sais aussi ce que c’est que la peur du vide.
Je vous offre cet extrait de mon recueil de maximes :
« Le vide ne se sent bien que dans l’obscurité ». (Van Damme est un petit).

   rosebud   
5/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ainsi donc Claus continue son petit chemin cahotique en chevauchant son cheval de bataille (bien que je trouve ici qu'il maîtrise moins bien sa monture qu'à l'accoutumée et qu'il manque se faire désarçonner parfois). On retrouve son "insupportable frère" que j'avais déjà remarqué dans son précédent poème "Studio" qui est à mes yeux un des plus beaux qu'Oniris ait publié.
Je voyais ce frère comme une espèce de punk et je découvre une petite créature désemparée, inadaptée, autiste sans doute, obnubilée par des jeux vénéneux qui l'enferment dans sa prison cubique. Claus qui est muet comme une carpe et ne donne jamais d'explication ne me démentira pas. S'il le faisait, je n'en tiendrais pas compte et je garderais mon idée fausse.
L'important, c'est que Claus a des choses à dire et qu'il le fait avec un entêtement extrême qui est son élégance et sa probité.
Je suis en total désaccord avec les précédents commentateurs à propos du titre: cette manière gauchie d'assembler des mots inconciliables est typique du style de Claus qui ne doit rien à la douceur, ni à l'aménité. Il aurait bien tort de polir son travail.

   Pouet   
6/5/2013
 a aimé ce texte 
Pas ↓
"Aux anus fistés"???
Ah bon... La poésie se loge, si je puis dire, là où l'on ne l'attend pas.


Un hymne au Rubik's Cube... Et à un frère (peut-être handicapé mental) passionné de ce jeu?
Pourquoi pas, au contraire, le sujet pourrait être intéressant mais la forme me désole et me choque car ce sujet à mon sens méritait plus "d'humanité" dans l'expression. Même la présentation et le terme "débile" ne me convient pas. S'il s'agit bien d'une évocation du handicap mental (type autisme), je suis sincèrement attristé. Je pense que certains sujets doivent être maniés avec précaution et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi sous couvert de "poésie"...

Pour moi cela tient plus de la (mauvaise) farce.
A la lisière du pathétique.

Il en faut pour tous les goûts.

   Anonyme   
6/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Claus

Plusieurs lectures et le même malaise à chaque fois.
De bonnes choses, d'autres incompréhensibles. De la provoc, et de la poésie, parfois.
Je reste assez hermétique. Mais touché par la violence et la tristesse qui émanent de cette folie qui relève plus de celui qui l'observe et la raconte.
Je l'ai lu en entier, dans un sens et puis dans l'autre. J'apprécie mieux la lecture quand j'attrape un bloc au hasard.

   Anonyme   
7/5/2013
Bonjour Claus,
A première lecture j'ai mal jugé ce texte qui, avec le recul, me paraît reccéler une grande force évocatrice du malaise qui étreint chacun d'entre nous au spectacle d'une humanité non conforme à l'image qu'on voudrait en avoir. Ce frère soudain et déchu fait mesure de façon pathétique et gênante combien la vie tient à peu de chosé : un peu d'ADN... Cela évidemment n'empêche pas d'aimer.
Mon problème c'est : pourquoi en poésie ?

   Anonyme   
7/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien le caractère borderline et révolté de ce texte.
On peut évidemment imaginer pas mal de choses concernant ce frangin qui semble verrouillé, terré dans sa grotte (mentale).
Je suis pas fan en général des poèmes éparpillés avec une strophe par ci par là mais là je trouve que ce coté disloqué va bien au thème abordé.
J'ai pensé à - The wall - des Pink Floyd en lisant ce texte.

   Anonyme   
4/10/2016
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Je vais commencer par la forme que je trouve fatigante, et déplaisante, elle n'aide et ne facilite en rien la compréhension, là encore de ce texte très hermétique.

Pour moi ce texte, c'est du tout et du m'importe quoi, je n'ai vraiment rien saisi de ce que vouliez exprimer, c'est confus à souhait, je suis allé jusqu'au bout de ma lecture, elle a été laborieuse.

Je n'aime ni la forme, ni le fond de cet écrit, qui d'ailleurs n'a rien de poétique, ce n'est qu'un dialogue de sourd, car l'auteur se parle bien plus à lui-même, qu'au lecteur.


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