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Poésie néo-classique
colibam : L'homme sans nom [concours]
 Publié le 30/08/09  -  16 commentaires  -  2397 caractères  -  141 lectures    Autres textes du même auteur

« Sedibus ut saltem placidis in morte quiescam » - Qu’au moins dans la mort je repose en une demeure paisible - VIRGILE, Éneide, Livre VI.


L'homme sans nom [concours]



Ce texte est une participation au concours n°9 : Le personnage (informations sur ce concours).




Douze anciens rois déchus de la lignée maudite,
Nous attendions prostrés dans une adoration étrange.
Dans la cité perdue, la psalmodie antique
Sautait des minarets aux grands dômes cuivrés.

Il arriva enfin dans la brume poisseuse,
Ricanant dans sa barbe aux effluves fétides.
Sur son passage fangeux, les Fellahs se courbaient
En détournant la tête et les chiens apeurés
Léchaient ses pieds cloqués aux reflets flavescents.

Son nez busqué huma les odeurs insensées
Qui s’élevaient en vain de la fosse putride,
Accompagnés de cris qu’aucune oreille humaine
Ne serait jamais plus capable de supporter.

Ses oreilles félines bordées de mousse humide
Frémirent de plaisir, contaminant la peau
Croûtée d’écailles pourpres et de sillons carmin.

Sous le regard craintif de l’astre vénéneux,
Il fit le signe Ancien de son moignon pulpeux.

Alors, du bord des sombres trous au contenu terrible,
Les choses survivantes qui s’étaient accouplées
S’envolèrent en couinant dans un remugle marin.

Son regard batracien flamboyant comme la braise
Transperça ma conscience consumée par l’effroi ;
Sa bouche de saurien s’ouvrit sur le néant
Et m’appela d’un nom que j’avais oublié.

Je m’approchai de lui, adossé aux ténèbres
De l’effroyable culte et basculai soudain
Dans la nuit sans étoiles.

Je revenais à moi, les yeux exorbités
Sur le marbre glacé de l’antique mastaba
Bordé de collines mortes percées de froids terriers.

L’étrange feu de camp répandait sa lueur
Sur le bord des choses et les brumes du levant.
Le jour pointait enfin, embrasant de son or
Les remparts sans âge de la cité impie.

Frigorifié d’effroi, j’avançai mon visage
Vers celui de l’homme sombre qui sondait ma conscience.
Il tenait dans sa main un oiseau sans plumage
Au bec mou suspendu dans un cri silencieux.

Ma bouche frissonnante dans un ultime effort
Balbutia sourdement dans une langue inconnue :

« Qui étiez-vous avant cela ? »


 
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   jaimme   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une atmosphère à la Lovecraft. J'aime. De remugles en horreurs fondatrices de notre enfer chrétien, le contexte est particulièrement bien rendu.
J'ai juste accroché sur le "frigorifié" d'effroi que j'ai trouvé un peu simple dans cet ensemble.
Quant à deviner... puisque ce ne peut être un nom précis de dieu égyptien, je m'hasarde à proposer: un psychopompe.

   FIACRE   
30/8/2009
Très " peplum " comme on peut aimer si d'aventure l'épopée nous séduit encore, j'avoue préférer le tulle plutôt que le fracas des avatars.

   Bidis   
7/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aurais beau relire pendant 107 ans, je ne comprendrais pas mieux de qui, de quoi il s'agit. Et que chercher dans Google ? Bon, d'accord, je suis une ignare...
C'est très beau et une image se forme d'un personnage terrifiant et splendide à la fois.
Mais je suis, pour ma part, trop sensible au rythme pour ne pas relever que dans ces vers, qui sont pour la plupart des alexandrins ou bien de treize pieds, ce qui pour l'oreille revient un peu au même, quelques vers ressortent de quatorze, quinze, seize pieds et, pour moi, cela rompt l'harmonie... et le charme.
Et, dans cette incompréhension que j'ai envers l'ensemble, je me demande particulièrement de quoi il s'agit pour :
"le regard craintif de l’astre vénéneux"

   Anonyme   
30/8/2009
Bonjour colibam
Et avant toute chose, j'avoue mon inculture.
Je l'ai lu plusieurs fois, sans chercher à savoir de qui il s'agissait, parce que je ne trouverai pas. J'attendrai les explications ou les lumières de plus cultivé, c'est pas ce qui manque ici.
Première chose
"Nous attendions prostrés..." j'ai lu et relu dans l'espoir de savoir qui était ce "Nous". j'ai pas trouvé.
Je ne comprends pas ce vers :
"Ses oreilles félines bordées de mousse humide
Frémirent de plaisir, contaminant la peau"
C'est le plaisir contaminant qui me gène, j'attends vraiment que d'autres lisent et m'éclairent.
"Sous le regard craintif de l'astre vénéneux" regard craintif... d'un astre ? Vénéneux qui plus est... duquel s'agit-il ?
Hormis cela, si je me contente de lire sans chercher à comprendre, sans chercher qui ici est représenté - ce qui ôte pas mal au plaisir de lire - je garde de belles images, de belles couleurs, une horreur bien distillée... A lire et relire ainsi c'est beau. Une belle peinture.
Mais pour la note, je sais pas du tout. Je reviendrai.
Au plaisir, colibam

   Anonyme   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cela fait quatre fois que je reviens à ce poème sans oser mettre un commentaire. Peur d'avoir l'air stupide.

On dirait pas un poème, on dirait du Michael Moorcock et le personnage mystère me fait penser à Sauron, le grand méchant du seigneur des anneaux. Je sais que ce n'est pas ça, mais l'ambiance est telle que je ne peux pas m'empêcher de le penser.

Particulièrement réussi, je trouve.

   Anonyme   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Eh bien nous serons plusieurs à avoir l'air stupide, alors :-)

Colibam, tu auras déjà le mérite de m'avoir fait creuser les méninges et d'avoir fait chauffer google, histoire que je m'y retrouve un peu dans tous ces éléments que tu nous livres.

Des références à une très lointaine antiquité bien sûr, à des rituels d'un autre âge, une espèce de plongée dans un passé très reculé, une réincarnation... d'une créature/un dieu aux oreilles de chat, à la peau d'écailles rouges et à la tête de crapaud ? Mais qu'est-ce donc ?
Et une fosse avec... quoi ? Des animaux/des humains sacrifiés en train de pourrir ? Non, puisqu'après, on nous parle d'accouplement, et de machins qui s'envolent et qui sentent le poisson (lol, je caricature là), et qui apparemment poussent des cris à vous glacer les sangs.
Et puis ce "signe antique" et cet astre vénéneux (la lune ? Mais elle est pas vénéneuse la lune !)
Et cette "cité impie" ?
J'ai pensé à Baal à un certain moment... mais non.
Mon dieu, que de questions ! J'espère que tu satisferas ma curiosité, sinon je t'envoie dans la fosse avec les autres créatures :-)

Bref, pour le fond, ma langue au chat (mais pas à ton monstres aux oreilles félines, là, pas question !)

Pour la forme.
L'ambiance : fabuleux !
J'adore les images, j'adore l'atmosphère, j'adore le glauque et la mise en scène... je m'y croirais (brrrr).

Par contre, effectivement, quelques accroches rythmiques et sonores que je trouve vraiment dommages. D'abord c'est vrai, tu es trop proche d'alexandrins réguliers pour que tout ce qui "dépasse" n'ait pas l'air d'une faute de goût. Je préfère des vers carrément destructurés, à des alexandrins imparfaits. Parce qu'automatiquement, l'oreille attend le rythme parfait, et inévitablement, elle est écorchée quand le rythme est rompu.

Ensuite, des sonorités comme "sur son passage fangeux", je n'aime pas trop. On pourrait penser que tu as voulu faire une allitération, je ne sais pas, mais si c'est le cas, elle n'est pas réussie.
"capable de supporter" aussi, ou bien "remugle marin" --> il est impossible d'élider le "e", sinon c'est imprononçable.

Conclusion : bel essai camarade, j'espère que tu recommenceras vite ! Un peu plus de travail sur la forme, et je pense que tu aurais pu arriver à un résultat encore bien meilleur.
Par contre, pour camper une atmosphère, chapeau. C'est presque comme si tu t'étais baladé avec une caméra, j'ai adoré.

Ma note sera donc un mix des plus et des moins.

   Anonyme   
31/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Colibam. J'ai relu plusieurs fois le poème...difficile. J'ai pensé aux peintures de Giusseppe Arcimboldo aux têtes anthropomorphes. Votre créature mi-homme, mi-poisson ou autre batracien, j'ai aussi pensé bêtement à l'Atlantide ! Un vieux rescapé...Je cherche encore... Superbement horrible !

   Melenea   
1/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sombre comme description... moi j'y ai vu un lépreux, un mage sans doute, un devin, mais le tout dans une ambiance glauque, comme si l'on changeait de dimension. A faire froid dans le dos de rencontrer un tel personnage, dans nos cauchemars peut être ?

   Meaban   
1/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
quand je vois le mot flavescent dans un poème, je commence à me gratter la tête, je me dis que je vais surement trouver astre, antique, impie...

il manque un soupcon de ô et de céruléen peut être..

l'exercice est néanmoins bien mené..

   Anonyme   
1/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai adoré l'ambiance...
Glauque à souhaits sans tomber dans le pathos... le vocabulaire varié et adapté à l'époque narrative ou en tout cas cohérent avec la narration...

J'avais jamais lue de poésie Colibamienne et j'avoue en ressortir agréablement surprise. C'est poétique, recherché (je parle ici de l'ambiance, des mots/époque/chronisme...), les images claires et puis moi j'y sens encore du King (dans le côté sombre et putride hmmm), un peu, et ça me parle...

Je déplore la répétition d'oreille...

Donc, chapeau, pour unr première c'est une belle première... et à la limite, on se moque de savoir qui ça décrit. C'est tellement bien écrit qu'on s'en fait sa propre idée (noire, l'idée...) et que c'est bien, le but étant une compréhension universelle, un truc qui parle à tous... moi ça me parle!

Merciiiii

   David   
10/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Colibam,

Un dieu fou et maudit des origines insondables de l'humanité, un homme san nom comme la terreur qu'il inspire... un poème d'atmosphère en tout cas, assez sobre vu le thème, il n'y a pas d'abus dans les descriptions, l'horreur se distille au fil des vers sans se laisser capturer par une image particulière, pas de tape à l'oeil.

   Anonyme   
12/9/2009
Épique et donc terriblement pas ma tasse. Rien à reprocher, belle ouvrage, juste pas mon truc (Houellebecq non plus c'est pas trop mon truc, c'est pour dire combien le goût c'est relatif).
Je me garderai bien de noter. Je ne saurai être juste.

:)

   Selenim   
15/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comme disait l'autre, chacun voit midi à sa porte.
J'aime voir dans ces vers le portrait de Triton ou d'un Grand Ancien.
J'ai trouvé ce texte fortement inspiré par Lovecraft, les images évoquées m'ont rappelé avec plaisir Cthulhu et sa bande de joyeux camarades putrides.

J'ai été absorbé par les mots au point de ne pas faire attention à la forme, ce qui est plutôt bon signe.

J'ai particulièrement été charmé par ces vers :

Son regard batracien flamboyant comme la braise

Il tenait dans sa main un oiseau sans plumage
Au bec mou suspendu dans un cri silencieux.


Délectable.

Selenim

   Ariumette   
17/9/2009
Bonjour Colibam

Bon je dois avouer que à la base déjà le poème épique me parle qu’a moitie… Néanmoins, celui-ci ne m’a pas vraiment déplu, j’ai presque même apprécié ! Donc félicitation ! (me faire changer d’avis n’est pas simple je suis une bête têtue !)
Quelques remarques cependant sur la fluidité du texte :
« Nous attendions prostrés dans une adoration étrange. » ici le « dans accroche l’oreille.
« S’envolèrent en couinant dans un remugle marin. » ici « remugle marin », je trouve, fais perdre le rythme
Et enfin quelques associations qui ne me paraissent pas très heureuses (ce n’est que mon avis):
« les odeurs insensées
Qui s’élevaient en vain »
« moignon pulpeux »
« flamboyant comme la braise »
« Frigorifié d’effroi

Au plaisir de te lire à nouveau
Pas d’appréciation cause concours.

   Anonyme   
17/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte qui m'a interpellée, intriguée, au point de le lire et relire plusieurs fois ces derniers jours ...
J'apprécie l'atmosphère créée par ces descriptions détaillées, et l'emploi de mots forts, comme "insensées", "jamais plus", "terrible", "exorbités" ... Et l'étrangeté du récit teinté de fantastique ... Juste un bémol pour "frigorifié d'effroi", pas très heureux à mon sens.

   Maëlle   
21/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Là, c'est l'originalité qui prime: en général, on décrit la beauté (ou du moins, la vertu). Ici, c'est l'horreur présenté au lecteur.

Je pense que j'aurais apprécié un traitement plus classique (rimé) du sujet. Affaire de goût personnel. Et puis, j'ai jamais réussi à lire Lovecraft... du coup je manque un peu de référence en la matière.


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