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Poésie libre
Concours : Flamme au foyer [concours]
 Publié le 02/10/20  -  9 commentaires  -  1573 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur

Demande à la poussière

ou compte les moutons.


Flamme au foyer [concours]



Ce texte est une participation au concours n°29 : Histoire de tombes et poésie de poussière...
(informations sur ce concours).





Elle polit le silence
implore la poussière
balayant le bonheur
sous le tapis du jour
soigner les apparences
pour panser l'invisible
en éclats de souffrir
la noirceur se lasse

Elle découpe le soleil
petit citron trop mûr
sur la planche bleuie
des souvenirs hagards
morceler d'un regard
les sentiments salis
par la crasse du temps
mascara quotidien

Elle repasse le col
de l'horizon froissé
lissant du bout des rides
les plis de l'avenir
désincruster la peur
mais face au sang se taire
un tremblement de cœur
aux couleurs de la terre

Elle lessive les draps
de l'aube ensevelie
astique d'un crachat
le cadenas des années
recueillir l'orage
en perles d'insomnie
quand l'éveil soulage
ce qui ne peut rêver

Elle aiguise la haine
sur une pierre de lave
anticipant les pas
qui précèdent les cris
les injures se figent
lorsqu'elle plonge l'acier
dans cette masse adipeuse
à l'âme rachitique


...............................



Il répand du violet
sur le parquet lustré

Elle le fixe un instant
et sort

sans nettoyer


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Myo   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Le triste constat d'une vie de couple où l'autre n'est plus que le rappel d'une erreur ou pire d'une menace qui ne laisse aucun espoir d'avenir.
La fin macabre tombe comme un couperet...

Cette poussière est celle du silence noir de l'incompréhension et du désenchantement dans un huit clos où très probablement la violence est partie prenante.

Une belle idée que celle d'associer les travaux quotidien de la femme au foyer à l'expression de sa tristesse et de son désamour ( pour ne pas dire haine )

Ce n'est qu'un détail, mais pourquoi du sang violet ? Pour faire plus original ?

Un texte qui secoue.

   Angieblue   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mais quelle subtile idée de soulever les tapis et de dévoiler au grand jour la poussière qui s'y cache parfois insidieusement!

L'intrigue est poétiquement bien menée avec un sens aigu de l'image et de la mise en scène.

Superbement amenée cette scène finale avec "la haine" que la victime "aiguise" sur "une pierre de lave" jusqu'au coup de poignard fatal qui vient la libérer de ces années de soumission et d'humiliation.

"les injures se figent
lorsqu'elle plonge l'acier
dans cette masse adipeuse
à l'âme rachitique"

Très bien vue "l'âme rachitique" pour symboliser l'absence d'âme et le côté morbide.
Très bien vu aussi "les injures se figent"pour symboliser qu'elle fait taire à jamais la violence. Elle tue le mal qui la détruit et non un être humain et c'est la seule issue possible pour que ça s'arrête.

Et puissant l'épilogue, son rythme, le silence, le suspense. Le fantasme de dire enfin NON et de partir. Une métaphore du meurtre libérateur, ou bien une autre fin, mais hélas souvent impossible, illusoire tellement l'emprise est puissante.

J'ai également aimé la structure des strophes commençant par une action domestique et le jeu sur les métaphores pour dénoncer le sordide quotidien:

"Elle polit le silence"

"balayant le bonheur
sous le tapis du jour
soigner les apparences
pour panser l'invisible"

"Elle découpe le soleil
petit citron trop mûr
sur la planche bleuie
des souvenirs hagards"

"les sentiments salis
par la crasse du temps
mascara quotidien"

"Elle repasse le col
de l'horizon froissé
lissant du bout des rides
les plis de l'avenir"

"Elle lessive les draps
de l'aube ensevelie
astique d'un crachat
le cadenas des années"

C'est excellent! Quelle plume! Quelle puissance poétique!

Bravo! Vous avez du talent et vous avez gagné mon admiration!

   papipoete   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour
La vie passe sous ce toit, où l'on ne s'aime pas, plus... et cet homme qui put pour elle décrocher la Lune, n'est plus qu'un ignoble personnage... Et tel un volcan se réveillant peu à peu, Elle accumule la pression qui bientôt va exploser ! et l'enfer se terminer par une lame de fer...
NB la poussière s'entasse dans son coeur, mais Elle pousse devant elle ce fardeau de plus en plus lourd ; elle fait le ménage, la lessive, à manger et aiguise l'arme qui la délivrera...
tout en image de femme au foyer modèle, Elle obéit aux codes moraux ( de quelle époque ? ) et se soumet sûrement aux " envies " de cet être malfaisant.
Chaque " tâche ménagère " s'illustre à merveille avec son lot de souffrance.
La dernière strophe qui fait couler le sang, est très forte ! on pense à Jacqueline Sauvage...

   dream   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ici, les sentiments prennent les couleurs de la négation, de la contrariété, de la solitude, du vide et enfin, de la mort ; et l’on comprend d’emblée, que dans ce couple, où l’amour n’existe plus et où le désir s’est épuisé, tout devient douloureux à supporter.

. Le noir : « la noirceur se lasse » pour faire face à l’angoisse, le vide, la solitude et faire fi des apparences ;

. Le jaune : « elle découpe le soleil » synonyme de joie et d’allégresse, mais quand celui-ci devient un « jaune trop mûr », il reflète une grande amertume ;

. « sur la planche bleuie » ou quand les sentiments prennent une couleur glacée ;

. » de l’horizon froissé » ou quand les rêves d’évasion, de changement, d’infini, d’espoir, ont disparu.

. » mais face au sang se taire...un tremblement de cœur… aux couleurs de la terre ». On sent bien que cette femme qui se trouve dans une impasse tragique pense à l’inéluctable acte de désespoir qu’elle devra commettre., et elle en frémit d’avance.

« astique d’un crachat/le cadenas des années », c’est bien là, pour moi, la plus belle et la plus forte des évocations.

« elle aiguise la haine/sur une pierre de lave » : ici, la lave, à l’état de magma (ici, l’évier) va bientôt se transformer en volcan en éruption ;

. Enfin, le violet est une couleur à connotation religieuse, puisque portée par les évêques. Il représente la mélancolie, la solitude mais surtout la mort.

.Et puis, et puis, il y a aussi « sur le paquet lustré/sans nettoyer, montrant par là son détachement pour les choses ménagères car elle, qui sa vie durant n’avait fait que repasser, laver, cirer, mis de l’ordre partout, n’a plus que faire de ces choses futiles et devenues désormais inutiles.

SUPERBE ! CHAPEAU à l’auteur pour cette belle prestation. Quant au titre de son œuvre, il est vraiment bien trouvé : "flamme au foyer" pour "femme au foyer". L'enfer existe...
dream

   Luz   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

C'est magnifique, du début à la fin. J'aurais bien aimé écrire un tel poème. Aucun passage à citer en particulier ; tout se tient dans la force poétique.
En plus, j'adore l'incipit.
Bravo !

Luz

   Lebarde   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Très beau sujet au scénario original magnifiquement traité jusqu'à la chute tellement bien amenée.
Très belles images illustrant subtilement le propos.
Superbe écriture, délicate, fluide, vivante, poétiquement remarquable que l'absence de ponctuation, totalement assumée et maitrisée, n'arrive pas à me gêner le moins du monde.

Bravo pour la qualité de ce texte, introduit par un titre bien choisi, qui m'a séduit dans sa globalité.
Belle trouvaille dans le jeu de mot de l'exergue!
Je suis admiratif.

Je soupçonne derrière ce poème libre exceptionnel, la maitrise et l'excellence d'une fine plume classique voulant brouiller les cartes.

On le saura bientôt.

Chapeau bas, je m'incline et j'envie l'auteur(e) qui écrit si joliment.

Lebarde

   Cristale   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Manquerait plus que ça...qu'elle nettoie...
Un récit des plus gores dont j'apprécie le rythme court et rapide, le vocabulaire, et la mise en scène qui se tient d'un bout à l'autre.
Assez peu adroite en matière de poésie libre, je ne saurais qu'apprécier l'ensemble de ce récit écrit d'une plume assurée.
Un beau texte qui a retenu mon attention que de nombreuses plumes vont certainement couronner, et ce sera mérité..

Bravo et bonne chance pour le concours.
Cristale

   Mokhtar   
3/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
C’est l'antithèse de « la chanson des vieux amants » avec la distribution de « chez ces gens-là ». On peut y voir un violent réquisitoire contre le mariage qui enchaine.

La lente dilution de l’amour est illustrée de superbe façon par l’utilisation métaphorique de tâches ménagères qui décrit la fin des illusions et la montée de la rancœur. La besogne domestique et routinière n’occupe que les mains ; dans le cerveau les désillusions et les blessures s’entassent.

Vie sans amour et sans flamme ( pour reprendre le joli jeu de mots du titre) qui piège pour mener du désenchantement à la détresse. A défaut du courage de fuir vient celui d’en finir. Trop c’est trop, et elle n’a vraiment rien à perdre.

Je suis très impressionné par la qualité de l’écriture. Pas un mot inutile, rien qui n’ait un sens précis, imagé, signifiant. « Masse adipeuse, âme rachitique » : tout est dit sur lui. « Horizon froissé, souvenirs hagards, perles d’insomnie… », tout ce qui peint le désespoir.

Rien à rejeter dans ce texte, pas l’ombre d’une imperfection. Pour moi un des sommets de ce que j’ai pu lire ici. Du très haut niveau. Bravo et merci

   Lulu   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Ce poème ne m'a pas touchée.

Je l'ai d'abord trouvé très prosaïque, ayant eu l'impression de lire, sous forme versifiée, une nouvelle. Je crois que c'est lié à l'intrigue et au rythme peut-être trop régulier. Ca ne manque pas de fluidité, mais c'est sans doute là que j'ai trouvé que c'était dommage. En somme, le poème me semble manquer de reliefs.

Au vu du fond raconté, je trouve le titre très pertinent.

Cela dit, j'ai bien aimé la comparaison du soleil avec le citron : "Elle découpe le soleil / petit citron trop mûr"... J'ai aussi bien aimé, même si elle n'était pas recherchée, la rime entre "bleuie" et "salis". Cette rime inattendue m'a agréablement surprise, comme si tout ne coulait pas d'un seul tenant.

Après, bon "astique d'un crachat" m'a définitivement détournée de ce que j'ai recherché, peut-être, dans ce poème.

Désolée.

EDIT : L'exergue avait attiré mon attention "ou compte les moutons".


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