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Poésie contemporaine
czerny31 : Les hauts de chez Marbœuf
 Publié le 11/04/16  -  8 commentaires  -  1758 caractères  -  117 lectures    Autres textes du même auteur

Quelques instants sur les traces d'ancêtres en terre de Saintonge.


Les hauts de chez Marbœuf



Je ne me souviens plus le comment le pourquoi
Les hasards du chemin auront dévié nos pas
Ou quelque sortilège nous y aura menés
En guise d’épilogue de ses dernières années
Sur ses terres natales juste mon père et moi.

Au milieu de ces vignes qu’enfant il a plantées
En terres de Saintonge en cette fin d’été
Dans son regard revit foule de souvenirs
Tant de baisers volés au pied du vieux menhir
Tant de sueur et de rage de rêves envolés.

Des rires étouffés d’une enfance trop brève
D’une époque trop rude bercée de marche-ou-crève
Où l’horizon se borne aux prochaines vendanges
À l’ombre de son père au prénom de l’archange
Il perçoit Gabriel et l’éclat de son glaive.

Il le revoit en nage à l’heure de l’angélus
Qui implore le ciel de quelques cumulus
Pour le grain couronner de noble pourriture
En solde du labeur envers dame nature.
Que se grisent en orgies Dionysos et Bacchus !

Puis reprenant son geste il me fait l’héritier
De l’antre de ses mains jointes en bénitier
Débordant de terre noire pour me la faire humer
Inspire chaque arôme devine le fumet
Souviens-toi d’où tu viens, apprends à la choyer.

Son sourire s’assombrit en croisant le vieux chai
Quand ce matin d’hiver l’ancêtre s’est traîné
Appliquer à lui-même sa sentence de vie
Alors même qu’ici-bas sa force l’a trahi
De la poutre et du chanvre il a fait ses alliés.

Mais son petit royaume ne connaît de chaos
Et dans la cheminée sous l’antique trumeau
Mijote la marmite de soupe de porée
Jusqu’au jour du retour de son maître de chai
Quand sur la table attend son assiette à chabrot.


 
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   StayinOliv   
16/3/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Poème sur l'enfance et poème difficile à lire et à apprécier du fait de ses répétitions des mots de liaisons à l'intérieur des vers, heurtant mon oreille et ma lecture. Dommage vous êtes plus doué pour raconter des sentiments mais vous devriez retravailler vos vers, les tourner différemment et également y ajouter de la ponctuation pour rendre le tout plus fluide.

   lala   
24/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'aime beaucoup ce thème de partage initiatique entre un père et son fils, adulte, sur les terres des anciens, de la famille, des métiers, de la nature, des petits riens qui font la diversité et l'identité de chaque village. "il me fait l'héritier", on sent toute la symbolique de cette passation, un peu solennelle, fière aussi, d'un passé qui surgit et qui reste essentiel et heureux malgré une vie qu'on devine dure.
Je suis gênée par la métrique si approximative (13, 14 pieds et même 15 pour "Débordant de terre noire pour me la faire humer"). Il n'y a pas beaucoup d'images, alors je me demande si ce moment n'aurait pas gagné à être partagé en prose.

   Anonyme   
11/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour czerny31... Certains vers, certaines tournures gagneraient sans doute à être retravaillés mais la poésie contemporaine étant plus souple que la classique je ne retiendrai que le thème de ce texte que j'ai beaucoup apprécié.

Ce passage m'a vraiment ému...

Son sourire s’assombrit en croisant le vieux chai
Quand ce matin d’hiver l’ancêtre s’est traîné
Appliquer à lui-même sa sentence de vie
Alors même qu’ici-bas sa force l’a trahi
De la poutre et du chanvre il a fait ses alliés.

J'aime ces histoires de terre, de vignes ou de labours quand les hommes ne ménageaient pas leur peine et ce poème en est une parfaite image...

Merci pour cette balade en Saintonge !

   Vincendix   
11/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis sensible à cette évocation d’un passé où les hommes et la terre étaient intimement liés. Ce « pèlerinage » en compagnie de votre père est émouvant de sincérité et de justesse.
Le vigneron, comme le laboureur ne comptait pas ses heures de travail et il était tributaire de la météo.
Un bel hommage à un ancêtre qui, malheureusement a pris une décision funeste, peut-être avait-il de « bonnes » raisons.
Concernant la forme, je regrette la rareté de la ponctuation, surtout dans un texte aussi dense et en quintil.

   Pimpette   
11/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ecriture belle et vraie!
Moi qui suit une pure fille de la ville, je ressens vivement tout ce qui est ecrit....toute cette mémoire précieuse...

"De l’antre de ses mains jointes en bénitier
Débordant de terre noire pour me la faire humer
Inspire chaque arôme devine le fumet"

Superbe!

Le'chabrot' n'est ce pas ias une goulée de vin rouge dans le fond de l'assiette à soupe?
Ou alors j'invente???

Peut-être que j'aurais fait plus court en donnant la priorité à tout ce qui est plus dense et plus fort?

   CassandreB   
11/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je retrouve là le poète qui me touche le plus. Profondément saintongeais, né de paysans qui lui ont transmis la terre. Elle coule dans tes veines.
Poésie contemporaine donc avec une liberté de versification qui t'appartient. Ma seule parenthèse à ce propos est de remarquer que je lis des alexandrins et que l'écriture sans ponctuation est très appropriée au texte. En effet pour moi, les mots sont porteurs du rythme de cet écrit et je ne conçois pas effectivement que la ponctuation vienne en briser la délicieuse expansion. Ce type de poème a le rythme que lui donne le lecteur en fonction du déchiffrement qu'il en fait. L'absence de ponctuation décidée par le poète l'oblige à une structure des vers tout à fait différente de l'écriture habituelle et c'est pour mon avis un enrichissement réel du point de vue de la syntaxe. (oui, j'avoue ma parenthèse est longue ;) )
Sur le fond, je suis esbaudie par tant de transmission, par cette passation qui d'un geste de mains jointes t'a donné en hérédité l'amour de la terre. (En hérédité car tu as hérité de ce don et tu l'as fait tien, tu aurais pu en hériter sans le retenir, c'eut alors été un héritage approprié ou pas par toi même ).
Quand la vigne donne à ce point des valeurs, allant jusqu'à celles de la vie et du trépas, je ne doute pas que la race paysanne soit immensément présente dans toute sa noblesse. Noblesse de coeur, noblesse de vie et de pensée.
Quand le vigneron donne à ce point l'amour de la terre et du pampre à son fils, la Noblesse se lit derrière chaque mot des vers que ce dernier pose pour nous.
Merci pour le don de poésie que tu viens de me faire, il a rejoint ma terre. Cassandre

   Curwwod   
15/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a dans ce poème une vraie religiosité qui me rappelle dans l'inspiration le Giono de Regain. Tout y est, le respect de la terre, la dureté d'une vie de travail, la noblesse de ceux qui en tirent de quoi nourrir les hommes. Le vocabulaire specifique de la viticulture, bien maîtrisé, donne au texte une sincérité et une force peu commune. Le drame y est présent aussi avec cette strophe sur le suicide de celui qui se sent devenir une charge inutile, sa tâche étant achevée.
Sur la forme, je suis un peu désorienté par ja diversité des mètres.
J'aurai aimé lire ce très beau texte traité sous une forme plus régulière et peut-être densifié encore par un petit élaguage.
Bravo pour votre authenticité.

   Gemini   
14/4/2016
Je me joins aux louanges qu’a suscitées ce poème auxquelles j’aimerais rajouter d’autres sur l’emploi du quintil à l’ancienne qui, à mon sens, donne de la diversité à la rime tout en remettant au goût du jour ces strophes du passé..
Par contre, je regrette la première rime pourquoi / pas. Je veux bien admettre qu’elle puisse passer à l’oreille dans une chanson, mais à l’écrit, elle heurte la (ma) lecture.
J’aimerais, pour finir, remercier l’auteur d’avoir évoqué le ‘chabrot’ pour lequel j’ai appris qu’il nécessitait une assiette spéciale.


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