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Poésie classique
dream : Dans le Grand Nord
 Publié le 27/10/20  -  11 commentaires  -  1498 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

Non loin de la banquise.


Dans le Grand Nord



Lacérés par le vent, d’obscurs rochers composent
Un décor noir et blanc, juste l’essentiel ;
Sur cette terre hostile, au soufre froid du ciel,
De grands linceuls de neige aux crêtes se déposent.

Dans leurs niches, tapis, les chiens silencieux,
Pour prévenir l’intrus, grommellent dans leur rêve ;
Attendent, patients, la fin de cette trêve :
La longue nuit d’hiver en des jours radieux.

La vie existe là, dépouillée à l’extrême,
Dans la simplicité, puis le détachement ;
Et quand le corps n’est plus qu’immense tremblement,
On s’endort tout transi, par une lune blême.

Sous sa paupière tendre au regard apeuré,
Le phoque gris craintif, timide et solitaire,
Se déplace à tâtons sur la banquise austère ;
Ses longs cils rebattant l’air à peine effleuré.

Dans une aube éphémère, à la beauté sublime,
Une mouette ivoire, à coups de cris glacés,
Plane sur les brisants, par les embruns drossés,
Et dans son grand piqué, s’enfonce dans l’abîme.

Au pied du monstre blanc, la mer d’un noir profond
Tord ses lames de cire en écheveaux livides ;
Des milliers d’emplumés, de leurs gorges avides,
S’abattent sur la grève, en ratissent le fond.

À la belle saison, le bœuf musqué vient paître,
Quand le regain s’annonce en son habit d’éclat.
Des verts panachés d’or, des rouilles, du grenat,
Embraseront la terre, avant de disparaître.


 
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   Lebarde   
5/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème naturaliste, bien documenté sur le « Grand Nord », sa faune habituée au froid glacial, ses paysages immenses et ses eaux glacées qui font grelotter.
Bien rendu, bien écrit dans un style fluide, propre, parfaitement maîtrisé par un(e) auteur(e) qui connaît son affaire.

La forme classique est presque assurée avec des alexandrins correctement césurés et des rimes sans reproches.

Tout se jouera sur une bataille entre synérèses et diérèses dont le choix autorisé pour bon nombre de mots sera du ressort des spécialistes et de Mr Littré.

Beau sujet, beau texte, belle écriture.
Bravo
J’ai bien aimé ce poème que certains trouveront trop descriptif, mais c’est ce que j’apprécie, alors pourquoi bouder mon plaisir.

En EL
Lebarde

   socque   
27/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Lacérés, obscurs, noir, blanc, hostile, froid, grands, tapis, silencieux, patients, longue, radieux, dépouillée, immense, transi, blême, tendre, apeuré, craintif, timide, solitaire, austère, longs, éphémère, sublime, ivoire, glacés, grand, blanc, profond, livides, avides, belle : trente-trois qualificatifs, adjectifs, participes passés employés comme adjectifs ; le tout pour vingt-huit vers. Telle est à mes yeux la faiblesse principale de votre poème. Immédiatement je vous soupçonne d'avoir parfois eu du mal à "remplir" vos alexandrins et d'avoir recouru à cette facilité de la surabondance de qualificatifs qui pour moi affaiblit l'expression.

Dommage, parce que par ailleurs vous avez choisi un sujet qui me passionne et que par moments vos vers me paraissent avoir de l'ampleur... Beau dernier quatrain, je trouve. Les rimes me semblent assez faciles ; composent/déposent, vraiment ?

EDIT : Texte commenté en Espace Lecture, commentaire repris ce jour pour rectifier une erreur de langue.

   Myo   
27/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une bouffée d'air frais dans ce long plaidoyer pour une région de la planète où la nature sauvage bien que menacée exprime encore toute sa force.

Certains quatrains sont à mes yeux plus réussis que d'autres, notamment les 2 derniers. Le 4e et 5e sont moins porteurs.

Mais un décor planté avec beaucoup de justesse.

Merci du partage

   papipoete   
27/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour dream
comment ne pas rêver face " au Grand Nord ", avec ses paysages dépouillés à l'extrême, comme s'il n'y avait là rien à saccager ! On peut se demander " y-a-t-il de la vie ici par ces froids intenses, près de ces monstres blancs qui, venant à se détacher feront route vers celle des paquebots ? " Oui, l'on vit ici de l'oiseau au phoque, jusqu'à l'homme que ces conditions de survie n'effraient pas !
NB l'auteur parle des vivants, mais aborde sobrement l'ultime instant, quand " tout transi l'on s'endort par une lune blême "
l'avant-dernière strophe est ma préférée, quand la dernière peut surprendre, le temps que le " regain s'annonce en son habit d'éclat "
vos alexandrins sans reproche, me font penser à une foule de " manchots empereurs ", qui se mettant en marche, exécutent une fameuse chorégraphie !

   Davide   
27/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour dream,

Belle composition classique nous immergeant dans la froideur glacée du "Grand Nord" et dans la quiétude des quelques créatures - hommes et animaux - y prospérant.

Les vers longs, alexandrins, épousent la monotonie de cette vie au ralenti, de cette nuit s'étirant à l'infini, à peine contrariée par les "aubes éphémères", mais le silence blanc et ouaté ne mourra qu'à l'arrivée de la belle saison...

Tiens, je m'interroge sur l'accord de "drossés" (v19), car cette forme est un participe passé ("drossé" ne s'emploie jamais comme adjectif verbal). Au lieu des "embruns drossés", il me semble que ce serait la "mouette" qui serait "drossée" par les embruns, c'est-à-dire que les embruns l'inviteraient à rejoindre la côte. Cette idée me plaît bien. Mais bon, c'est vraiment pour pinailler !

En somme, un poème que je trouve trop descriptif, et trop long, mais qui respire une douce quiétude, celle d'une vie "dépouillée à l'extrême". Belle peinture de ces "paradis blancs" étreints par les ténèbres d'une nuit interminable...

   Hananke   
27/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un bon poème classique sur l'immobilisme du Grand Nord.

Beaucoup d'adjectifs, certes mais beaucoup de beaux vers, également
et cela suffit à ma lecture.
Quelques virgules intempestives auraient pu être effacées
sans dommage.
Peut-être que l'emploi de participe présent à certains endroits
auraient aussi amélioré le texte.

Mais bon, ne faisons pas trop la fine bouche, ce poème descriptif
est bien joli dans son ensemble.

   Lulu   
27/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Dream,

J'aime beaucoup ce poème que j'ai adoré dès ma première lecture.

Le Grand Nord, en majuscules, comme vous l'avez mis dans le texte et au fil de chacun de ces vers... Une merveille de blancheur et de noirceur, telles des lettres minuscules que l'on parcourt tranquillement, sans heurts, et en toute quiétude, à l'image de ces phoques qui peuvent ressembler à celui de la quatrième strophe de votre poème.

J'ai ressenti - non le froid - des lieux, mais leur beauté. Certains vers portent plus que d'autres, comme celui-ci "Plane sur les brisants, par les embruns drossés," offrant, par sa rime dans le quatrain une impression parfaitement classique qui rehausse une précédente impression peut-être moins subtile "beauté sublime", car sans doute trop commune...

J'ai vu "les chiens silencieux" et les entends encore ! Un régal de silence et ce vers... "Attendent, patients, la fin de cette trêve :"... Magnifique ! Le rythme relève d'un chant doux et tranquille que rien n'ennuie.

J'ai aussi beaucoup aimé ces vers : "La vie existe là, dépouillée à l'extrême, / Dans la simplicité, puis le détachement ;"... Ils se lisent comme un bel idéal touchant.

Le noir et blanc sont là... Mais aussi quelle merveille que ces couleurs qui reviennent à la belle saison, au coeur de ce dernier quatrain qui n'invente rien, mais donne à voir autre chose ; une vie qui se poursuit différemment...

Merci du partage et bonne continuation !

PS : Je mets Beaucoup et flèche vers le haut, mais imaginez +++
L'expression "beauté sublime" m'empêche de mettre Passionnément.

   Cristale   
28/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une jolie fresque ou nature et animaux emplissent le paysage en adoucissant la morsure des éléments.
Des vers descriptifs accentuent les reliefs d'un lieu qui n'est pas que froid, eaux glacées, banquise mais également un immense espace de vie.

Quelques jolis vers, entre-autres :

"Au pied du monstre blanc, la mer d’un noir profond
Tord ses lames de cire en écheveaux livides ;
Des milliers d’emplumés, de leurs gorges avides,
S’abattent sur la grève, en ratissent le fond."

Merci Dream pour cette invitation au voyage.
Cristale

   Luz   
28/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour dream,

C'est un très beau poème sur les paysages et la vie au Grand Nord.
On ressent bien la beauté et la rudesse de la vie, la terre forte et fragile à la fois.
J'aime beaucoup en particulier la dernière strophe : je vois le paysage.
Merci.

Luz

   Eclaircie   
6/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Dream,

Je suis admirative du travail et du rendu de ce poème sur un sujet pas évident à traiter : La description précise d'un coin de Grand Nord.

Présenté en classique, dont je ne suis pas spécialiste, j'ai trouvé assez de fluidité à l'ensemble et l'intérêt pour le fond a primé, pour moi, sur la forme.
Si des adjectifs assez "humains" sont associés à des animaux, ils ne sont pas systématiques, et la description minutieuse et "objective" tient la plus grande place.

Merci du partage,
Éclaircie

   Lariviere   
6/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte fort en évocation qui ne tombe pas dans le cliché de carte postale, c'est à dire qu'il trouve le bon angle pour décrire de façon originale sans redire ce que l'on voit déjà, avec la simplicité de la rétine et peut être du langage tout fait.

Sur la forme, j'ai trouvé la ponctuation osée mais bien réalisée... il faut jusqte aimer toute ces coupures dans le rythme, mais pour moi elles sont bien mené et se justifient sur fond et forme.

Merci pour ce voyage dans le grand nord.


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