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Poésie contemporaine
Edgard : On roule
 Publié le 14/02/15  -  9 commentaires  -  1417 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur

« Nous autres poètes, disait Frédéric Dard, quand nous avons de la peine, nous lui cherchons un titre… » Sur le boulevard périphérique, on roule, on rêve… Les anciennes chansons populaires sont un catalyseur pour l’imaginaire, elles ont tellement de sens différents… naïf, érotique, politique ! Et soudain, l’info sur le massacre de Charlie… Un très modeste hommage.


On roule



Paris allume sa bergère !
elle a sniffé ses blancs moutons ;
sous le périph y a des misères,
dans le ciel noir y a des avions…
On roule…

On s’enlise dans les lumières,
y en a qui foutent à fond la zique
dans les poisons des mécaniques ;
la nuit dégueule dans les gouttières…
On ring…

La Montparnasse part en sucette
quand les techniciennes de surface,
à l’intérieur, lui font la fête
en astiquant ses jolies glaces…
On rêve…

C’est l’moment d’filer dans les îles !
entre deux changements de files,
j’ai entendu qu’ils ont tiré
pour dégommer la liberté…
On rage…

Y a l’GPS qui vous engueule,
le sang gicle sur les glaïeuls
ça, je le crois bien, j’ai chialé
à la hauteur d’Aubervilliers…
On rush…

Pierrots, ne lâchez pas vos plumes !
la douleur s’est faite trop vive
sur le périph entre deux rives
aux grains garderons-nous la lume* ?…
On reste…

Mais peut-on rouler sans amour ?
meunier, ton moulin se déglingue,
les abrutis deviennent dingues,
il faudrait garder son humour…
On vit…


______________________________________
* Dans la chanson populaire « Mon ami Pierrot » l’expression « prête-moi ta plume » était vraisemblablement à l’origine « prête-moi ta lume » qui signifiait lumière…


 
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   David   
19/1/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Il y a un joli rythme mais qui s'épuise sur la fin à mon goût, c'est pas très homogène et surtout pas croissant, tout est dit dès le début, le préambule par exemple ( Nous autres poètes, disait Frédéric Dard... ) raconte l'histoire comme les mauvaises préfaces. Le thème emprisonne le poème sur une actualité qui sera sans doute remplacée par d'autres prochainement, j'ai pensé aux poèmes que j'ai pu lire après le Tsunami en Asie du sud-est par exemple, je préfère des écrits plus intemporels.

   Francis   
26/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un matin comme tous les autres avec son mouvement pendulaire et la fourmilière qui s"éveille. Un matin pas comme les autres quand l'autoradio brise la bulle et que le pare brise semble voilé. La pluie ou les larmes ?

   Pimpette   
14/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe!
Exactement la poésie que j'aime!
Tres simple et très fort!
De l'émotion à chaque vers
A foison...

"C’est l’moment d’filer dans les îles !
entre deux changements de files,
j’ai entendu qu’ils ont tiré
pour dégommer la liberté…
On rage…"

Discret comme il faut. Parfois on aime un poete pour son teste...ici c'est l'auteur que j'aime derrière le poème. Je note très haut.

   Anonyme   
14/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un bel hommage à un évènement des plus tragiques.

Je trouve ce poème d'une grande intelligence, tant par les images décrites que par la scène en elle-même.

"On roule/On ring/On rêve/On rage/On rush/On reste/On vit". Chaque strophe est un bijou ("elle a sniffé ses blancs moutons" ; "la nuit dégueule dans les gouttières" ; "La Montparnasse part en sucette" ; "pour dégommer la liberté" ; "le sang gicle sur les glaïeuls" ; "sur le périph entre deux rives" ; "Mais peut-on rouler sans amour ?"

A cette question je répondrai : "oui, malheureusement !"

Un grand moment de lecture...

   papipoete   
14/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Edgard; Un poème tout en saccades comme le dirait un extra-terrestre venant d'un pays où le mot "guerre" n'existe pas?
On avance sur le périph' à la va comme j'te pousse, coincé dans la voiture, à supporter les décibels de la sono de la voiture d'à côté, à sniffer l'échappement de celle de devant. Parfois on rêve en voyant s'illuminer cette tour désertée de son personnel, que des besogneuses de la nuit font reluire sous leur chiffon.
A hauteur d'Aubervilliers, un flash hurle dans le poste! des barbares ont envahi Pari!s! Kalash' contre crayons, ils ont tué des faiseurs de rires, des rois de la caricature! leurs plumes là-bas trempent dans le sang!
La voiture d'avant redémarre, on gagne quelques mètres, et l'esprit gamberge; on veut bannir l'humour comme sous ce drapeau noir?
Ce genre de versification collerait bien à la musique rap, et bien qu'elle ne soit pas mon genre préféré, je la chanterais avec Vous!
L'avant-dernière strophe est ma préférée

   leni   
14/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Edgard
Un flash sur le periph superbement construit
on roule on ring...on rage...belle idée


et mon quatrain préféré

ierrots, ne lâchez pas vos plumes !
la douleur s’est faite trop vive
sur le périph entre deux rives
aux grains garderons-nous la lume* ?…
On reste…


grand bravo salut à vous Leni

   Hananke   
15/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

J'aurais mieux vu ce texte dans la rubrique chansons ou slams.
Mais j'aime bien chaque petit tableau de la vie parisienne qui
me remémore un peu la chanson de Dutronc.
Avec son verbe qui change à chaque fois en fin de strophe
comme une réflexion de l'esprit, cet écrit n'est pas sans charme.

   Michel64   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D'accord avec Hananke, j'ai lu sans faire attention au genre et j'ai cru être dans une chanson. J'aurais très bien vu ça avec un break musical roulant bien au bout de chaque strophe, bien rock et servant de refrain. Peut être quelqu'un d'inspiré vous demandera la permission d'en faire une chanson. Je l'espère car le texte en serait magnifié.

"Mais peut-on rouler sans amour ?
meunier, ton moulin se déglingue,
les abrutis deviennent dingues,
il faudrait garder son humour…"

   Robot   
22/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Oui, un texte dont le style se prête bien à une diction et une rythmique en slam. Beaucoup d'expressivité, de force, et des propos imagés qui soutiennent l'ensemble.


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