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Poésie en prose
esperluette : Mots magiques
 Publié le 07/08/14  -  8 commentaires  -  1717 caractères  -  183 lectures    Autres textes du même auteur

« Seul m'importe l’essentiel. »
Alain Fournier


Mots magiques



Je sais des mots jolis, dansant en ribambelle, colorés, irisés.
Je sais des mots précis, fusant en flèches vives, lumineux et pointus.
Je sais des mots profonds, s’irradiant en veines et en sources, essentiels et vitaux.
Est-ce d’avoir croisé des regards un peu ternes, d’avoir un peu trop regardé la « télé », vu la violence, perçu des manques et des peurs, mais j’ai voulu parler avec l’un de ces mots.
Et il m’est apparu, comme égal à lui-même : un cœur aux lobes généreux se rejoignant dans l’élan de sa pointe. Il était coloré et il était tout rond.
Comme j’allais m’éloigner, rassurée par sa mine, une goutte de rosée cheminant sur ses joues laissa une traînée.
Je lui dis : « Mais tu es maquillé ! »
Il eut comme un sursaut et je vis combien il avait perdu de poids.
« Il est vrai, me dit-il, qu’il m’arrive parfois d’avoir quelques nausées et quelques haut-le-cœur. Mais ne t’inquiète pas ! J’ai la santé robuste ! »
Il y avait dans sa voix une telle chaleur, une telle conviction si profonde, que je n’osais lui dire : « Mais enfin, tu es malade ! »
Mais il avait compris. Il me fit un clin d’œil.
« Je sais bien, me dit-il, que tu connais des mots jolis, dansant en ribambelle, colorés, irisés, des mots précis, fusant en flèches vives, lumineux et pointus, mais pour les mots profonds… tu me sembles nager ! Et moi qui suis l’amour, un peu leur roi en somme, je peux bien t’enseigner que nous sommes magiques. Qu’il est des mots si essentiels qu’ils resteront debout tant qu’il y aura la Vie.
Des mots qui abolissent la distance et le temps. »

Et il m’est apparu, comme égal à lui-même, vibrant de battements tenaces et continus.


 
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   RB   
23/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'essentiel se dissimule souvent dans la complicité. Et la complicité dans l'amour, dans l'amitié, dans la tendresse, dans l'attention à l'autre.

C'est ce que j'ai perçu comme message de ce texte ma foi assez maladroit au niveau stylistique mais qui tente de partager une très belle idée... la magie des mots choisis lorsque l'on fait attention à ce que l'on dit, par respect.

   Anonyme   
24/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Salut c'est TOTO qui lui non plus ne trouve pas toujours les mots qu'il faut au bon moment.Les mots blessent et tuent parfois lorsque la tête est fragile.
TOTO n'aime pas tellement la répétition de ce je sais en début de poème.Pas toujours facile à comprendre mais TOTO pense que ce poème veut dire qu'on peut faire énormément de mal avec des mots simples, pourtant.

   David   
26/7/2014
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

L'amour, en voilà un "Grand Mot", je m'attendais à le voir ponctuer la fin du poème et il vient presque en catimini, à moins que je ne me trompe sur le sens du texte, un peu avant la fin, dans un bout de dialogue imaginaire avec le "mot".

Il m'a peu emporté ce dialogue d'ailleurs, cette anthropomorphisme du mot à qui on s'adresse comme à une essence de quelque chose, de ce qu'il nomme sans doute. Le poème prend des airs de prêche avec sa "Vie" à majuscule aussi, mais il n'y en a pas à "amour" au moins, enfin je préfère pour ma part, une majuscule ne fait pas tant "particule", "noblesse", à mon goût. Il y a aussi une sorte de contradiction dans le ton, entre un vocabulaire assez recherché (comme avec des expressions telles que "tu me sembles nager !", "Il eut comme un sursaut", "Je sais des mots profonds") et une mise en scène assez brute : "Et il m’est apparu-Il était coloré-Comme j’allais m’éloigner-Je lui dis-Il est vrai, me dit -il", je veux dire que en caricaturant, ça fait comme un brouillon de scénario du genre "il fait ci, il dit ça, puis l'autre à son tour fait et dit..." c'est très découpé. Ça peut aider à rendre un texte oral plus vivant sans doute mais à l'écrit, c'est une certaine lourdeur.

   margueritec   
26/7/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Belle idée mais je n’accroche pas malgré un début qui m'a attirée.
Dès la quatrième ligne, j'ai décroché.
Peut-être parce qu'à mes yeux l'image du cœur est trop galvaudée et que les réflexions philosophiques ne le sont pas assez en raison d'un langage insuffisamment imagé.

   Robot   
26/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un poème difficile à aborder dans un premier temps, mais je n'ai pas voulu le commenter avant de l'avoir lu jusqu'au bout afin de bien m'imprégner de ce qu'il a bien voulu me dire.
Nous sommes à une époque ou l'amour est malade, l'amour du prochain, l'amour de l'être aimé, l'amour de soi.
Mais même malade, l'amour reste l'amour et le narrateur croit qu'il restera le plus fort parce que l'amour ce ne sont pas seulement des mots, mais un verbe magique plus fort que nos pauvres expressions.
Finalement je n'ai pas regretté d'avoir poursuivi ma lecture car j'ai bien aimé cette vision et sa présentation.

   Anonyme   
7/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Esperluette,

J'aime beaucoup ces vers-là:

"Je sais des mots profonds, s’irradiant en veines et en sources, essentiels et vitaux."

car ils sont dans la chair, ces beaux vers me font de l'effet.

Bien sûr "les mots jolis, dansant en ribambelle" ainsi que "les mots précis fusant en flèches vives" valsent sous nos yeux et nous éblouissent. Ils sont pleine de vie.

En revanche:

"Est-ce d’avoir croisé des regards un peu ternes, d’avoir un peu trop regardé la « télé », vu la violence, perçu des manques et des peurs, MAIS j’ai voulu parler avec l’un de ces mots."

je trouve que le "MAIS" j'ai voulu parler...n'a pas sa place dans la phrase, ça ne colle pas.

soit le remplacer par "QUE"

"Est-ce d’avoir croisé des regards un peu ternes, d’avoir un peu trop regardé la « télé », vu la violence, perçu des manques et des peurs, QUE j’ai voulu parler avec l’un de ces mots"

soit supprimer "MAIS" et placer un point entre "et des peurs" et "j'ai voulu parler..." exemple:

"Est-ce d’avoir croisé des regards un peu ternes, d’avoir un peu trop regardé la « télé », vu la violence, perçu des manques et des peurs.
J’ai voulu parler avec l’un de ces mots."

Autre phrase qui me gêne car pas poétique:

"Et moi qui suis l’amour, un peu leur roi en somme"

Je pense que le "en somme" n'est pas nécessaire et ne serait-il pas mieux d'écrire "l'Amour" avec un A majuscule? dans le contexte c'est THE MOT comme même.

L'histoire m'a fait pensé à un conte pour enfant, c'est très jolie et j'entre dans un univers qui m'emporte dans une vague d'innocence mais pas naïve. Et les dialogues apportent une chaleur qui respire le bonheur, ces mots jolis tournoient les cheveux aux vents et en même temps forts, il y aura des larmes mais ne s'avouent pas vaincus, "ils resteront debout tant qu’il y aura la Vie."

   Lulu   
8/8/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Esperluette,

J'aime assez l'idée de départ qui est celle de mettre en oeuvre un dialogue avec un mot. Je trouve en cela quelque chose de poétique.

En revanche, je trouve dommage que votre style ne se soit pas libéré poétiquement d'expressions toutes faites que l'on peut retrouver partout ailleurs, notamment à l'oral, comme :
- "d'avoir un peu trop regardé la télé"
- "une telle conviction si profonde" (de plus, "telle" et "si" dans la même expression, c'est un peu lourd).
- "tu me sembles nager"

J'ai trouvé cela très joli :
"Comme j’allais m’éloigner, rassurée par sa mine, une goutte de rosée cheminant sur ses joues laissa une traînée.
Je lui dis : « Mais tu es maquillé ! »
Il eut comme un sursaut et je vis combien il avait perdu de poids."

Au plaisir de vous lire une autre fois.

   Bidis   
15/11/2014
J'étais curieuse de connaître le mot choisi par l'auteur pour mériter le joli texte qui l'amène tout en distillant un certain suspense à son endroit. Et puis voilà qu'il s'agit du mot le plus banal, le plus inattendu dans son évidence, le mot le plus galvaudé même pour avoir été mis à toutes le sauces. De sorte que j'aurais trouvé plus judicieux de le présenter comme un mot malade, un peu perdu et parfois même souillé, un mot qui n'a plus de force pour représenter ce qu'il signifie. A cet égard, il y avait tant à dire ! J'ai donc autant détesté la chute que j'ai aimé le texte et ne puis dire que j'aime, ni que je n'aime pas.


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