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Poésie libre
hersen : Tant que la Terre tourne
 Publié le 25/01/18  -  18 commentaires  -  787 caractères  -  360 lectures    Autres textes du même auteur


Tant que la Terre tourne



d'un atoll polymère
je vois les poissons-volants
se tordre
et heurter le ciel

puis tomber dans la mer brûlante


je regarde les arbres se racornir
leurs fleurs sous verre
ne pondent que des hybrides

sans usufruit
pour l'abeille groggy

son œil déjà vide


je cherche le noir profond de la nuit
qui dessine les étoiles
elles sont cachées sous les lumières en folie

et le marin terrestre a perdu son chemin


nous mourrons tous
tous nous mourrons

et quoi ?

immuable
la boule pesante tournera
encore
dans ce vide


la boule pesante tournera
nos vies mortes collées à sa croûte




 
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   Mokhtar   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Discret poème qui à petites touches annonce la disparition programmée de l’humain après la catastrophe écologique.

Le réchauffement de la mer, les mutations génétiques des plantes hors milieu naturel, l’empoisonnement des abeilles, la pollution lumineuse…

Et nous disparaîtrons comme les dinosaures (mais par notre faute) sans que la terre cesse de tourner.
En se cherchant de nouveaux hôtes qui la respectent.

Thème fréquent, mais très finement traité. Le poète aussi prend part à la lutte. Et l’élégance n’a jamais nui à l’efficacité.
Mokhtar, en EL.

   Donaldo75   
17/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Voici un poème d'actualité.
J'aime bien sa déclinaison du thème de la catastrophe écologique par des images évocatrices (atoll polymère, poissons qui se tordent, mer brûlante).

"nous mourrons tous
tous nous mourrons"
J'imagine le poète en train de se promener dans les rues de Paris avec son gong, annonçant la fin du monde pour demain, comme le vieux fou dans l'album de Tintin intitulé "l'étoile mystérieuse".

"et quoi ?"
Telle est la question.

"immuable
la boule pesante tournera
encore
dans ce vide "
Nous sommes peu de choses, nous être humains, finalement, à l'échelle cosmique.

"la boule pesante tournera
nos vies mortes collées à sa croûte"
Qui récoltera nos fossiles, ai-je envie de dire ?

C'est bien chargé, idéal avant de revenir chez soi le soir après une journée de travail à s'occuper des petits problèmes du quotidien.
De la belle poésie, en tout cas.

Merci pour le message plombant.
Bravo pour le poème.

   Arielle   
17/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Perdu dans cet enfer artificiel de plastiques et de néons, l'observateur regarde se consumer autour de lui ce qui reste d'un monde qui n'a plus rien commun avec celui qu'il a connu.
Les animaux, les végétaux se tordent dans les affres d'une agonie programmée par ses semblables.
Les étoiles,elles-mêmes semblent avoir disparu et pourtant, lancée sur son orbite et indifférente la Terre poursuit sa course ... A notre échelle, un drame incommensurable, à l'échelle de l'univers une simple varicelle dont ne subsisteront que les cicatrices de quelques croûtes !.
Glaçant mais tellement juste !

   papipoete   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen
on reproche souvent aux poètes de n'écrire que du "triste ", mais la réalité hélas est là, et même s'il nous arrive de faire " la chenille qui re-démarre ", il faut bien avouer que nous voyons la Terre perdre pied !
Entre les atolls en plastique où l'exocet ne sait plus où voler, les abeilles se gaver de " gaucho ", le noir de la nuit éclairé par les réverbères des zones qui ne dorment jamais, nous savons quelle sera notre destinée ; mourir, mourir ah la belle affaire ! mais la planète continuera de tourner " nos vies collées à sa croute " !
Brrrr, votre plume très ébouriffée fait dresser ( très poétiquement ) les poils au garde-à-vous !

   PIZZICATO   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pessimiste, ce texte ? Non pas ! Réaliste, sans nul doute.

" immuable
la boule pesante tournera
encore
dans ce vide " et toujours ; une fois débarrassée de ces humains qui ne l'ont pas respectée.
" Nous mourrons tous " " nos vies mortes collées à sa croûte "

   leni   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
salut Hersen Le desastre écologique en images suggestives

d'un atoll polymère
je vois les poissons-volants
se tordre
et heurter le ciel

puis tomber dans la mer brûlante

et le ton est donné

puis tomber dans la mer brûlante


sans usufruit
pour l'abeille groggy

son œil déjà vide

Nous mourrons tous

la boule pesante tournera
nos vies mortes collées à sa croûte COMME UN PAIN PERDU
Dieu que c'est triste Après une grande flambée notre terre sera calcinée
Puisque c'est pas demain la veille je vais boire un hydromel et en proposer un à l'auteur

Merci et bravo Salut très cordial Leni

   troupi   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir Hersen.

Le dernier vers ferait presque peur, mais en fait non, l'homme est assez imprudent pour attendre de tomber dans le précipice avant de se rendre compte qu'il est trop tard.
L'annonce de cette fin programmée est rendue avec pas mal de distance dans l'écriture. Et après. hein ? on continue à se reproduire avec frénésie pour envoyer notre histoire à l'abattoir. C'est presque comique.
Pauvre abeille groggy qui pompe les hybrides en observant les cadavres collés à la croute terrestre.
Finalement cette image est plutôt marrante.
Bonne soirée.

   Vincendix   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Hersen,
On peut voir les mauvais côtés de la société actuelle, son influence physique sur notre planète mais de là à noircir le trait à ce point, je n’adhère pas. La nature se dégrade, c’est évident à certains endroits, l’air, la terre et l’eau, la faune et la flore sont victimes de la pollution mais dans l’ensemble il y a beaucoup de positif et la régénérescence est étonnement rapide. Je suis moins optimiste en ce qui concerne la santé morale de l’humanité, la déliquescence des valeurs humaines est une triste réalité.
Ceci dit, il n’est pas inutile de rappeler les dangers de la pollution physique.
Vincent

NB Preuve de la vigueur de la nature, le retour rapide des fleurs des champs comme le bleuet, le coquelicot et la marguerite depuis que le traitement fongicide est interdit en bordure des routes.

   Eccar   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,
C'est une vision de notre avenir ?
Les pauvres poissons-volants qui ne peuvent apprécier ni l'eau, ni l'air, tout autant brûlants.
Et pas d'usufruit pour l'abeille groggy.
Images belles, mais angoissantes pour qui voulait encore un chouia d'espoir, ou pour qui s'est crevé les yeux à trop regarder la brillance orgueilleuse de la belle vitrine humaine. " les étoiles cachées sous les lumières en folie".
Belle fin du monde, belle fin de nous plutôt, car la belle fin de ce poème nous donne à réfléchir sur la grandeur de notre vain orgueil, juste des chiures de mouches collées au caillou indifférent qui continue sa course à travers l'infini espace : "la boule pesante tournera
nos vies mortes collées à sa croûte".

Ah ! chère Hersen, vous avez rejoint le fond de ma pensée avec ce poème magnifique et glaçant.

Bravo à vous.

   Pouet   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Un poème d'une gaieté sans pareille qu'on lit tel le pinson sifflotant sur sa branche rose bonbon.

J'ai tout aimé sauf :

"nous mourrons tous
tous nous mourrons"


Un petit plus, pour l'abeille et son usufruit, petit clin d’œil drolatique entraînant un sourire nerveux.

D'une indéniable force, ce poème m'a convaincu.

Au plaisir.

   hersen   
26/1/2018

   Anonyme   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Passionnément, parce que parfois je me fais la réflexion qui conclut ce poème, parce que je trouve balèze de dire des inquiétudes qui peuplent nos pensées – conscientes ou moins conscientes – parce que j’y trouve du courage, du talent aussi, car il n’est pas évident de passer le mot sans être chiant et du coup complètement inaudible, or il importe que ce cri soit entendu, comme ceux des enfants qui pleurent la nuit aux prises avec leurs cauchemars.

Parce qu’il y a urgence à ne plus croire – au Progrès – et en conséquence de quoi, urgence à ralentir (peut-être pour lire de la poésie… allons savoir… ou regarder les paysages (sages)).

Sur la forme : j’ai evoqué le talent, je vais en rester là, ce poème exprime bien – je crois – la tragédie de ces vies qui disparaissent… et tenter de couper le souffle devant l’horreur, avec des mots, n’est pas facile (alerter les gens blasés, menteurs, apeurés, impuissants… que nous sommes (ha bon ! pas vous ?)).

Sur le fond je suis à 100 % d’accord, et encore, je crois que tout cri serait trop faible pour exprimer ce qui se passe de quasiment inexprimable depuis des décennies maintenant à l’échelle de notre planète, et de notre espèce, et des espèces.

C’est pas marrant mais c’est pourtant vrai, comme l’absence d’une entité supérieure (un grand protecteur anonyme) sensée nous sauver les miches à la fin, vers la fin, après la fin… allons savoir !
De toute façon on y va… on saura, peut-être.

Un texte qui rejoint le pessimisme qui m’habite… et si ce n’est pas gai au moins l’auteure ne se résigne pas, déjà puisqu’elle écrit ce cri, et moi non plus, vaguement, je résiste au désespoir que devrait impliquer cette prise de conscience là (et puis j’ai aussi de l’autruche en moi).

Le tout début du poème est hyper inspiré, je cite :

"d’un atoll polymère
je vois les poissons-volants
se tordre
et heurter le ciel
puis tomber dans la mer brûlante
je regarde les arbres se racornir
leurs fleurs sous verre
ne pondent que des hybrides
sans usufruit
pour l’abeille groggy
son œil déjà vide"

la suite aussi avec ces lumières qui nous cachent les étoiles...si ça nous titille pas les tripes...c'est triste...mais qui se souvient des étoiles ?


Ralentir, se retenir, désobéir…du coup je vais poser ma démission dans la foulée…puis…alors… : "Mais où ai-je donc mis mon ouvre-boite… ? merde ! "

À te relire, Auteure, et en souvenir de ton texte je proposerai un jour prochain ma vision de notre mère la Terre… alors peut-être que tu ne la liras pas, ma vision… mais moi je me souviendrai de la tienne, et, qui sait, je me la garderai comme ouvre-boite de secours (amen).

Et je m'en vais lire ton fil...

   emilia   
26/1/2018
La poésie peut nous faire rêver mais aussi nous alerter sur les dangers de la modernité qui conduit l’homme à sa perte en réveillant sa conscience… ; le message n’est pas joyeux, mais hélas, la réalité nous rattrape tous…

   framato   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir hersen,

J'ai lu ta poésie, elle me parle le plus souvent avec des mots que je ferais bien miens.
Que dire d'autre?
Une ou deux petites choses, peut-être : abeille groggy et hybrides sans usufruit sont sans aucun doute (pour moi) les images les plus faciles, un peu trop, me semble-t-il. Le reste, tout le reste et surtout la chute est vraiment très très fort. Presque un uppercut. Nos vies mortes collées à sa croûte : j'en suis jaloux !

   Anonyme   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je l'avais lu en espace lecture celui là et il m'avait interpellé.
Déjà par son thème et puis par sa manière de dire.
Un très bon poème donc qui évoque en gros vers quoi l'on va irrémédiablement.
Il y a cette notion d'observation, de constat et même de prise de conscience ... que c'est déjà mort.
Le narrateur sait que rien ne sera fait et qu'il est déjà trop tard.
Le "et quoi ?" un peu Rimbaldien montre une forme de je-m'en-foutisme insolent. Typique de l'état d'esprit actuel - Après moi le déluge -

   SQUEEN   
29/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beaucoup aimé donc, le fond surtout et la forme aussi, rien de trop prise de tête, le point de vue simple, j'aime beaucoup le "je" qui ne se défausse pas, nous remettant à notre place de petit questionneur du réel, je trouve que c'est aussi à l'art de nous ouvrir les yeux le plus grand possible et grâce à ce regard enfin agrandi nous faire réfléchir le plus possible le mieux possible et sans doute le plus vite possible et si il faut en passer par la culpabilité ce ne sera pas bien nouveau, nous portons notre croix depuis suffisamment longtemps et à force de regarder nos pieds dans cette position la croyant confortable à force, nous oublions qu'il y en a une autre franchement plus agréable, plus naturelle et pas bien compliquée à adopter. Merci Hersen

   Azedien   
31/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour hersen.

Votre première image est pour moi la plus puissante de votre texte ; le reste ne fait que la suivre avec moins de conviction, ou plus de convenance, selon la formule que vous préférez. Tout était déjà là après cette première strophe, extraordinaire. L'acide (de batterie) de votre conclusion a fonctionné sur moi également.

Pour me paraphraser, le reste est moins lyrique, le ton se fait une once forcé, ou artificiel ? à mon goût : je comprends votre direction et elle m'interpelle particulièrement ; j'ai cependant ici eu l'impression de m'y rendre par l'autoroute plutôt que par le littoral et les vertiges de ses falaises. Si j'excepte cette première strophe encore une fois. Bravo pour elle, et pour ce paysage, néanmoins sensible et pertinent.

   Eclaircie   
5/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Apocalypse à la fois très poétique et très réaliste.
Une description du monde comme je les aime : sans pathos mais avec des images soigneusement choisies pour ne pas mettre l'Homme au dessus de toute créature vivante.
Le lecteur est alors spectateur de l'extinction d'une espèce, l'espèce humaine, mais ce n'est pas "la fin du monde".
Beaucoup d'humilité et je me répète de très belles images.

La mise en page aussi est très agréable : chaque scène éclairée est contenue dans un paragraphe et la "chute" se détache inéluctable.
Les derniers vers laissent le doute de l'après, l'après sans l'homme :
croûte stérile ou croûte nourricière pour de nouveau la vie ?

Très belle lecture pour moi.


Oniris Copyright © 2007-2018