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Poésie classique
inconnu1 : L’indifférence
 Publié le 05/06/24  -  11 commentaires  -  848 caractères  -  200 lectures    Autres textes du même auteur

Loin de moi l'idée de faire la morale ou la leçon. Je constate humblement que je dois manquer d'empathie pour la misère qui m'entoure : les violences familiales, les sans-abris, ou pour ces femmes soumises à des réseaux.


L’indifférence



C’est l’heure matinière où coulent les sanglots,
Lourds de s’être agrippés comme des acrobates
Au velouteux drapé des rideaux écarlates
Qui veillent chaque soir aux secrets des lits clos.

L’heure où l’aube suspend des ombres funambules
Aux revers des maisons. Lorsqu’un soleil léger,
Accrochant la colline, hésite et vient ronger,
Des jeunes sans-logis, les cartons minuscules.

C’est l’aube qui surprend d’honorables messieurs
Rajuster leur veston près des portes cochères
Où languit un essaim de femmes étrangères,
Avant de regagner leur foyer gracieux.

Alors sous les lambeaux d'un ciel noir qui s'épluche,
Quand les matins frileux frôlent les beaux quartiers,
Je ferme mon manteau, relève ma capuche.
Sourd aux bruits alentour, je regarde mes pieds.


 
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   cervantes   
5/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Poème intéressant mais relativement inégal dans sa qualité.

Strophe 1 : la moins aboutie car de style pompeux (Velouteux drapé des rideaux écarlates) ou anachronique (lits clots??). Belles image des sanglots à rendre plus fluide et naturelle.

Strophe 2 : Problème de ponctuation ou de syntaxe à revoir. Terme "carton " incompréhensible et inapproprié.

Strophe 3 : ma préférée par sa fluidité et son pouvoir d'évocation

Strophe 4 : très belle chute avec un vers 2 un peu faible par le verbe frôle et ses matins frileux.

Le stylle oscille entre la poésie misérabiliste du 19ième sècle et la modernité. Quelques mofications pourraient l'améliorer grandement

   Polza   
18/5/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
Bonjour,

J’ai trouvé qu’il y avait une belle maîtrise technique dans ce poème (même si je ne suis pas un spécialiste de la technique, mais je commence à avoir quelques notions).
Respect des diérèses synérèses, rythme 6/6 fluide et agréable, l’alternance des rimes masculines/féminines/singulier/pluriel est respectée, élision des e, etc.

J’ai moins été séduit par l’aspect purement poétique de ce récit, non pas pour le sujet, mais plutôt pour la manière dont il est traité. C’est bien écrit, je n’ai rien à dire là-dessus, mais il y a un je ne sais quoi qui fait que je n’adhère pas à l’ensemble.

Une petite remarque pour « grâcieux », j’ai trouvé cela pour vous sur la BDL :

« Lorsqu’un mot comprend un accent circonflexe, cet accent n’est généralement pas maintenu dans tous les mots de la même famille. Si la voyelle pouvant porter l’accent circonflexe est suivie d’une syllabe ne contenant pas de e muet, l’accent circonflexe tend à disparaître ou à être remplacé par un é. »

« Je ferme mon manteau, relève ma capuche.
Sourd aux bruits alentour, je regarde mes pieds. » je trouve que c’est une manière un peu trop prosaïque à mon goût de conclure ce poème.

Ce poème ne me laisse pas complètement indifférent, fort heureusement, mais je ne saurais expliquer plus précisément ce qui me dérange, ce qui fait que je ne l’ai peut-être pas apprécié à sa juste valeur, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur !

Polza en EL

   Ioledane   
25/5/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Ecrit d'une plume très maîtrisée, ce poème me semble respecter scrupuleusement les préceptes de la prosodie classique. Je regrette juste que les rimes soient croisées dans le dernier quatrain, alors qu'elles étaient embrassées dans les précédents ; il n'aurait pas été difficile ni dérangeant, à mon sens, d'inverser les deux derniers vers, avec quelques ajustements. Mais sans doute l'auteur y a-t-il pensé, et a-t-il décliné cette possibilité.

Les deux premiers quatrains sont très imagés, dans le registre de l'acrobatie et du funambulisme, contrastant avec la tristesse des sujets évoqués. Le troisième l'est beaucoup moins, bien rédigé mais plus prosaïque ; à peine y trouve-t-on l'idée d'un essaim.

Le dernier, s'ouvrant de manière intéressante avec le "ciel noir qui s'épluche", dépeint à merveille le personnage soi-disant "indifférent". Mais est-il réellement indifférent, celui qui sait dépeindre ces portraits avec autant de grâce poétique, avant de se mettre des oeillères volontaires ? ...

J'ai bien aimé aussi l'originalité de l'heure matinière, beaucoup moins galvaudée que sa consoeur matinale.

   Ornicar   
28/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Je suis partagé à la lecture de ce poème.
J'ai le sentiment d'avoir sous les yeux un texte qui se cherche, qui hésite entre deux époques, posant un pied dans l'une, un pied dans l'autre. Ainsi, je trouve à la strophe 1, une tonalité très 19ème sinon baudelairienne ("velouteux drappé des rideaux écarlates"). La strophe 2 avec son dernier vers ("des jeunes sans-logis, des cartons minuscules") est plus contemporaine. Mais la strophe 3, par sa couleur et la description de ces "honorables messieurs" qui rajustent leur veston "près des portes cochères", me ramène à nouveau en arrière dans le temps.

J'éprouve alors une certaine perplexité à la lecture et au moment d'émettre une appréciation. Néanmoins, la lecture est fluide et la poésie bien présente à chaque fois qu'est évoqué ce moment particulier des premières heures du jour. (voir vers 1, 2, 5, 13 et 14). Ces passages sont d'ailleurs mes préférés.

   Cristale   
5/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour,

Je suis ravie de ce petit voyage poétique très 19ème siècle dans l'expression et les images induites.

Seules me gênent celles du deuxième quatrain : je n'aurais pas mis de ponctuation après "maisons" et continué ainsi jusqu'à la fin de la strophe où je dois avouer que je n'aime pas trop le dernier vers mal assorti au discours rétro du poème.

Je suis fort aise de constater, hormis l'accord diérèse-synérèse (quoi que...) "ieurs-i-eux", l'entrée dans la modernité des rimes de "monsieur-messieurs" dont on oublie la prononciation rétrograde du "r" final sonore qui ne rimait qu'avec des finales en "r" sonores également dixit Sorgel p.28

Le dernier quatrain est mon préféré.
Je ne suis donc pas indifférente à votre poésie.

   Quidonc   
5/6/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Le poème commence par une description poétique de l’aube, personnifiée comme un moment où les sanglots coulent, alourdissant l’atmosphère. La métaphore des "sanglots" s’agrippant "comme des acrobates" aux "rideaux écarlates" évoque une lutte désespérée pour trouver un refuge ou un soulagement, les "lits clos" suggérant des secrets et des souffrances cachés dans l’intimité de la nuit.

Le deuxième quatrain vient mettre en lumière des "ombres funambules", des figures précaires et incertaines que l’aube expose cruellement. L'image du "soleil léger" qui "vient ronger" les cartons des sans-logis est particulièrement poignante, illustrant la lumière de l’aube comme un révélateur impitoyable de la misère.

Le premier tercet, le contraste entre les "honorables messieurs" et les "femmes étrangères" est frappant. Les premiers, peut-être des hommes de la haute société, sont surpris en train de remettre en ordre leur apparence après une nuit de débauche. Les "femmes étrangères" semblent marginalisées et oubliées dès que les hommes regagnent leurs foyers confortables. Cette strophe critique l’hypocrisie et l’indifférence de la société.

Le poème se termine par une réflexion personnelle de l’auteur. Le "ciel noir qui s’épluche" et les "matins frileux" soulignent une atmosphère de désolation. En se fermant physiquement (manteau et capuche), le narrateur symbolise son retrait émotionnel et son indifférence volontaire aux souffrances environnantes, se réfugiant dans son propre monde.

En conclusion ce poème dénonce l'insensibilité des individus face aux injustices et aux souffrances qui les entourent. L’utilisation de métaphores et de descriptions visuelles crée une ambiance lourde et poignante. Chaque strophe ajoute une couche de sens, renforçant le message d’inaction et de détachement. On pourrait, cependant, reprocher au poème une certaine fatalité. En choisissant de finir sur une note d'indifférence personnelle, l'auteur semble se résigner à cette apathie générale, sans offrir de solution ou d'espoir de changement. Néanmoins, cela reflète peut-être une réalité douloureuse, où la prise de conscience ne suffit pas toujours à susciter l’action.
"L'indifférence" reste un poème élégant et bien construit, qui interpelle le lecteur sur sa propre sensibilité face à la détresse humaine. Le choix de la forme d'un sonnet apporte une musicalité douce-amère au poème, renforçant le sentiment de tristesse et d’abandon.

Merci pour ce partage

   PierreP   
5/6/2024
j'aime beaucoup ce poème.
les sanglots qui s'accrochent aux rideaux écarlates, comme, on pourrait bien l'imaginer, à des yeux rougis par les excès de la nuit. j'aime le terme lits clos. j'aime cette image du lit caché, plutôt que de la maison close. cela n'aurait laissé que trop peu de place à l'imagination.
j'aime les cartons minuscules des jeunes sans logis, qui pourraient être autant ceux sur lesquels ils dorment que les contenants de leurs maigres affaires.
j'aime aussi la fin, qui surprend, certe, mais termine cette description d'un coup, comme on tourne une page, comme on jette un voile sur ce qu'on ne veut pas voir.
ceci est, bien sûr, ma lecture à moi.
ce texte mériterait d'être lu à voix haute, je pense.
Merci pour ce partage.

   papipoete   
5/6/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour inconnu
( que je reconnais à chaque fois )
En ombres chinoises, alors que l'aube écarte du ciel, les rideaux de nues filocheuses, les beaux messieurs à la hauteur de ces dames, qui attendent la clientèle de jour, relèvent leur col et rejoignent le douillet de leur foyer.
NB on ne sait plus s'il ne faut parler que de " honorables messieurs ", sachant que se prostituent aussi des hommes vieux, des hommes jeunes.
la conscience tranquille, dépassant leurs amantes de nuit contre monnaie, doublant " ces jeunes sans-logis, dans leurs appartements de carton, au ras du trottoir " ils regagnent leur vie, ni vu ni connu...
Un climat bien lourd, en particulier dans la première strophe " aux secrets des lits clos "
et la dernière strophe
- bon, il va falloir que je passe ! je relève ma capuche, et j'y vais !
la rime " gracieux " en diérèse, face à "messieurs " en synérèse
me surprend un peu ( précieux me sembla plus adéquate ? )

   Robot   
5/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Une image multiple des choses que l'on ne voit plus à force de les côtoyer.
Est-ce de l'indifférence ? Je ne crois pas.
A moins pour chaque individu de s'impliquer en accueillant par exemple chez soi un sans abri ou de prendre par le col et en leur bottant le cul, les honorables messieurs qui fréquentent les prostituées. Mais est-ce possible quand tout un chacun doit déjà faire face à ces propres difficultés.
Et puis il n'y a pas que des honorables messieurs qui ont recours aux services de la prostitution masculine ou féminine.
Il me semble compliqué et utopiste pour le citoyen lambda de vouloir modifier à lui seul les errements. Ce n'est que collectivement, par une implication de chacun pour modifier nos sociétés imparfaites qu'ont peut modestement espérer faire bouger le curseur de la solidarité.
Mais quand on se dit que 50% des électeurs potentiels s'abstiennent on peut douter de voir rapidement des changements.

Voila pour le commentaire sur le fond du thème généreux porté par le récit.

J'ai trouvé que ces quatrains classiques étaient de bonne tenue et qu'ils ont au moins le mérite de nous amener à réfléchir sur les disfonctionnement de notre civilisation contemporaine.
Au second quatrain, il m'a fallu plusieurs lectures, à cause de l'inversion pour rattacher les cartons minuscules aux jeunes sans logis. C'est hélas parfois les limites des exigences du classique qui contraigne à triturer la syntaxe.
"Lorsqu’un soleil léger accrochant la colline, hésite et vient ronger les cartons minuscules des jeunes sans-logis." Je préfère nettement cette construction.

   Provencao   
5/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour inconnu1,

"Alors sous les lambeaux d'un ciel noir qui s'épluche,
Quand les matins frileux frôlent les beaux quartiers,
Je ferme mon manteau, relève ma capuche.
Sourd aux bruits alentour, je regarde mes pieds."

Ces "lambeaux d'un ciel noir" me paraissent davantage cotoyer cet état
d’absence d’émotion, tel que le repéraient et préssentaient les contemporains, que les grandes phrases sur la montée de l’indifférence.

Dans tout ce qui crée les sensibilités, la pointe du morose, du pâle de l’indifférence encouraient autant d’attention que l'esquille des larmes.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   inconnu1   
8/6/2024


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