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Poésie libre
irisdenuit : Vivre mieux
 Publié le 13/10/16  -  14 commentaires  -  523 caractères  -  365 lectures    Autres textes du même auteur

La foi peut soulever des montagnes ; est-ce encore vrai ?


Vivre mieux



Une femme-enfant étreint
son ventre rond
entre ses bras labourés
de chemins de croix

Elle ne croit plus aux églises,
leurs clochers transpercent le ciel

Mais court toujours à travers son corps
le poison pervers du bonheur
par intraveineuse

Que fera-t-elle d’un être de chair
dans son théâtre d’illusions ?

De ses doigts tremblants
elle lance, parmi les particules d’azur
qui volettent dans l’univers,
le vœu pieux de vivre mieux


 
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   Ramana   
14/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Toujours cette fameuse et légitime distinction entre ce qui relève de la religion, et ce qui relève de la foi. La foi se passe volontiers de la religion, elle est conscience d'un bonheur intérieur, dépouillé, se suffisant à lui-même, indépendant des choses du monde... Alors bien sûr qu'elle peut encore soulever des montagnes, car elle n'est pas censée dépendre d'un contexte temporel.
Il faut pourtant noter que malgré son intrinsèque indépendance du monde extérieur, certaines conditions de notre vie peuvent nous éloigner comme nous rapprocher de la foi (et ce ne sont pas nécessairement les moments heureux qui nous en rapprochent).
Cependant, la foi est inhérente à l'homme, et malgré le fait qu'on puisse la rejeter par dépit ou par raisonnement, et malgré l'exemple des athées confirmés qui se disent tels, la foi couve en chacun de nous. La question de la foi n'est pas (entièrement) contenue dans celle du "bon Dieu" des églises. Le fait d'avoir foi en l'homme, foi en l'avenir, foi en sa propre force, foi dans quelque chose comme "vivre mieux", tout ceci n'est autre que de la foi. Reste alors la question de la force de la foi, de celle qui espère petitement à celle qui guérit la maladie, qui triomphe de la mort et qui change le cours des fleuves.
Votre femme-enfant droguée, scarifiée, enceinte et on la devine seule, manifeste par son modeste "vœu pieux de vivre mieux" cette conscience innée d'un bonheur auquel nous sommes en droit de prétendre. Ce bonheur, nous avons tendance à l'habiller de nos représentations, faute que ne commet pas votre femme-enfant qui vit pourtant dans son "théâtre d'illusions", aidée de son "poison pervers du bonheur".
Ce poème court est parfaitement concis et explicite, il exprime puissamment l'une des racines de la condition humaine : souffrance, d'où désir du bonheur et foi nécessaire en notre capacité d'y accéder. Merci pour cette belle inspiration.

   socque   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve intéressante cette ambivalence du poème entre le désabusement lié à la perte de la transcendance et le bonheur persistant d'être, dépeint en poison car irrationnel, irréductible. Cela me paraît vraiment bien vu.

La figure de la femme qui porte la vie et se retrouve à la croisée des chemins, consciente de l'inanité, somme toute, de ce qu'elle offre à son enfant, mais emportée par la joie de pouvoir l'offrir, me touche aussi.

L'ensemble du texte est bien équilibré pour moi, toujours entre les deux abîmes du désespoir existentiel et de l'abandon béat aux "églises". Un poème qui en dit beaucoup en quelques mots, je trouve ; une grande économie de moyens. Je lui ferai peut-être le reproche d'"abattre ses cartes" de manière trop transparente : il dit ce qu'il dit, et guère autre chose.
Mais, pour moi, il le dit bien.

EDIT : Voilà, j'ai commenté en Espace Lecture et depuis j'ai compris de quoi le texte causait concrètement ; mon commentaire apparaît donc très con. Au moins avez-vous un exemple de commentaire très con possible !

   Pimpette   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
ce texte est poignant.

"Mais court toujours à travers son corps
le poison pervers du bonheur
par intraveineuse"

cette strophe révèle une partie des souffrances qui se jouent dans cette femme...la drogue, ce théâtre d'illusions dans lequel elle craint d'enfermer le bébé.

Tout est dit à mi voix mais distinctement et la dernière strophe est belle,vraiment...

   MissNeko   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J ai aimé les métaphores filées de la drogue etvde la religion
Voici un poème simple mais efficace et plus profond qu il n y paraît.
A vous relire

   Anonyme   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Belles images qui font des flèches vers d'autres belles images
" chemins de croix" vers " ne croit plus aux églises"...
"les clochers qui percent" vers "le poison pervers" quand on imagine l'aiguille qui perce...
" être de chair" vers " théâtre d'illusions" ...
et "ce vœu pieu" qui revient " aux églises" du début...
Un joli travail des vers qui décrivent et mélangent le désespoir, la mort inévitable, l'espoir et la vie annoncée...
Magnifique.
Bravo pour ce texte original.

   plumette   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai beaucoup aimé ce petit texte dense et intense qui focalise sur un moment important de la vie d'une "junkie".

entre la vie, symbole d'espoir et l'appel des paradis artificiels, une fragile promesse! Mais c'est un voeu pieux! est- ce à dire que la narratrice n'y croit pas?

Bravo pour cette concision impeccable.

Plumette

   Anonyme   
13/10/2016
Commentaire modéré

   PIZZICATO   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Que fera-t-elle d’un être de chair
dans son théâtre d’illusions ? " On en vient à se demander si cet " être de chair " ne va pas venir gêner cette " femme-enfant " plutôt que lui fournir une raison d'abandonner ce " poison pervers du bonheur ".
Ce voeu pieux a quelque allure d'hypocrisie.
Un bon texte sur une situation sombre.

   Brume   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Irisdenuit

Quelle émotion! Une réalité contée avec pudeur.
Les images sont belles, accessibles, en phase avec le sujet. La narratrice est émouvante, et le mélange des sentiments: écorchée, lucide, perdue, faire le voeu de vivre mieux, lui donnent de la présence, un côté touchant, pas du tout larmoyant. Et puis cette image pour dire qu'elle est en train de planer est une sacrée trouvaille:
"...parmi les particules d'azur
qui volettent dans l'univers"

Bien sûr c'est mon interprétation et peut-être suis-je passée à côté concernant ce passage, alors dans ce cas je la garde car c'est sublime.

   Ora   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé votre poème, seulement troublé à mon gout par l'intraveineuse, une sorte d'anachronisme dans l'ensemble. Et aussi, je la trouve bien mûre cette femme enfant qui se sait dans un théâtre d'illusions et qui perçoit comme les clochers transpercent le ciel... Ses craintes sont légitimes mais j'ai pleinement confiance en elle ;)

   Vincendix   
14/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Quelques lignes assez denses avec des images fortes mais aussi des phrases que je trouve inharmonieuses « bras labourés » « par intraveineuse ». Et puis « le poison pervers du bonheur ». Le bonheur est un « poison » que chacune et chacun voudrait absorber en overdose !

   papipoete   
14/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour irisdenuit,
D'abord, joli pseudonyme que le vôtre !
Enceinte de qui, la femme-enfant aux " bras labourés de chemins de croix " donnera bientôt la vie .
Elle qui ne croit plus en rien même au ciel, parviendra-t-elle à chasser de son corps ce maître intra-veineux qui lui procure ce bonheur artificiel ?
Ses doigts lancent vers l'azur, telle une colombe, ce voeu pieux de vivre mieux ...
NB je voudrais être celui qui reçoit ce message céleste, pour lui répondre bien vite, et l'exhausser ...

   Anonyme   
14/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Mon humour caustique a déplu, et pour cause. Sorry.

J'ai aimé cette première strophe d'un calvaire qu'il fallait développer.
Ensuite j'ai lu Cabrel.
Puis cette métaphore m'a séduit :
-Mais court toujours à travers son corps
le poison pervers du bonheur
par intraveineuse-
Pour finir l'apothéose : la junkie promet dans son trip de changer...
Bref mais éloquent.

   Lulu   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Irisdenuit,

je trouve là encore dans ce poème cette même sensibilité qui caractérise vos textes. Elle est palpable et fort agréable à lire.

Ici, on voit votre personnage dans sa réflexion et dans son corps. Ce que vous en dîtes est très beau. C'est le fait de ce qui se trame en ce personnage, mais aussi la manière dont vous savez en rendre compte.

J'aime vraiment beaucoup vos vers libres ; leur rythme, et ce que vous y insufflez d'images, comme ces "clochers qui transpercent le ciel" (c'est tout simple, mais beau), ou encore, dans la dernière strophe, ces " particules d'azur / qui volettent dans l'univers" qui nous fait monter encore plus haut avec votre personnage.

Merci du partage, et au plaisir de vous relire.

   Sodapop   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien cette analogie entre la religion et l'univers de la drogue. "Ses bras labourés de chemins de croix", c'est une belle métaphore, des mots simples mais efficacement utilisé. Ce que j'aime également dans ce texte, c'est le fait qu'il aille droit au but. Un poème court mais qui touche au coeur. Bravo.


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