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Poésie contemporaine
Japhy : Demain [Sélection GL]
 Publié le 02/08/19  -  13 commentaires  -  2314 caractères  -  131 lectures    Autres textes du même auteur

Poème d'un soir de fatigue.


Demain [Sélection GL]



Des sourires émus aux démons inconnus
Du chant des lavandes aux horreurs du miroir
De la vieillesse qui jouit aux aberrations numériques
Du lien entre un père et son fils à l’assassin lubrique
De l’abondance d’aimer à la solitude de la mer
Des bises mouillées aux branlettes décevantes
Des pulls squares à la folie des opprimés
De l'Audi RX3 filant sur l’asphalte à la noirceur qui ronge les synapses
D’un risotto crémeux à la chaise électrique
De la lettre maladroite au couteau qu’elle essuie
Du cordon ombilical à la rivière pourpre
De l’onde irisée de la nuit aux banlieues de la bombe
De l’ivresse des innocents à la terreur des puissants
Des pépiements estivaux au sable gris des berges du Styx
De l’amour Tinder aux restes utérins d’un rêve calciné
Du souffle chaud du sommeil aux poings du conjoint
Des palmiers chaloupés à la violence crue de l’ambition
De la vierge aux seins nus aux eaux livides d’un puits sans fond
Des cheveux blonds d’un enfant aux griffures des mains du coupable
Du verdissement du printemps à la dictature pavlovienne du présent
Des ébats adolescents aux gyrophares hurlant d’agonies
Des mélopées éraillées aux nœuds coulants dans le petit matin laiteux
De l’ombre des peupliers aux rires des murènes
Du respect des veilleurs aux sifflements des jugulaires
Du jardin d’Éden aux portes des abattoirs
De la capsule d’ailleurs au téléchargement du baiser de la mort
Du cri du coucou mécanique à la course qui stop
Du plaisir du bon vin à l’inconvénient d’exister
Du lit de bananier à la chair tuméfiée
Des robes pâles à froufrou aux lames du bistouri déchirant les boyaux
Des culs rebondis aux tressaillements d’une dignité évanouie
Des Tupperware de Maman aux cendres du firmament
De la Syrie à Siri
Des figues de barbarie à l’hypnose collective de début de siècle
Des planteurs épicés aux grognements négrophobes
Des songes d’un autre été aux sanglots des condamnés
Des week-ends à deux aux managers véreux et rassis
Du bout des doigts au smog glaçant
Des pages qui se tournent aux cruautés de l’argent
Du toit du monde au silence de la faucheuse

De toi
À moi


 
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   Corto   
9/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème pour sentir.
Un poème à ne pas comprendre.
Un poème à voir avec des yeux écarquillés.
Un poème qui fait peur parfois.
Un poème qui dit mais qui ne veut pas le dire.
Un poème qui refuse toute logique.
Un poème qui parle de rien mais plutôt de tout.
Un poème "entre un père et son fils" et qui de suite passe à l'assassin.
Un poème qui finit par aller "de toi à moi", autant dire partout et nulle part.
Un poème comme il n'en existe pas.

Merci à l'auteur.

   Eclaircie   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

La fatigue n'a pas entamé la fougue et la créativité du narrateur pour l'exprimer.

Je prends ce poème, je le lis, pavé dans la mare de l'optimisme.
Les mots s'enchaînent dans une logique qui appartient au narrateur, que l'on peut aisément détricoter et s'approprier.
La forme de "litanie" n'est pas ennuyeuse ou choquante pour moi, chaque parcelle de cette suite s'assemble en un ensemble cohérent, qui amène le lecteur à la réflexion, tout en lui faisant apprécier l'écriture solide.

Merci du partage,
Éclaircie

   Gabrielle   
12/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte porte sur la complémentarité entre deux êtres.

Ainsi vont le ying et le yung.

Ambivalents et complémentaires.

Merci à l'auteur(e) pour cette belle réflexion poétique.

Bien à vous.

Gabrielle

   Vincente   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est dommage, vraiment dommage parce que trop c'est trop !
Dommage de gâcher une verve certaine dans un flot incontinent.
Dommage d'amalgamer de fortes sensations sans discernement.
Dommage d'imbriquer, d'opposer des champs incomparables sans la moindre proposition justifiant leur rapprochement dans la géographie du poème.
Etc... dommage, je pourrais continuer, mais voyons plutôt l'autre côté de mon ressenti.

En disant "trop c'est trop", tout d'abord, je veux souligner le côté assez "indigeste" de la forme décidée de ce texte. Un déversement, de tant de vers débutant par une préposition (voyez, je n'ai même pas eu l'envie de les compter...), c'est audacieux, mais pourquoi pas si derrière cette volonté, il y a quelque chose, une idée, une destinée, mais ici quel serait-elle ? D'accord pour le coup de blues du soir, mais alors comme déversement, je trouve que c'est paradoxalement un peu trop construit. Oui parce qu'il y a ici un choix délibéré de systématisation ; chaque vers oppose deux entités antagonistes entre lesquelles un parcours s'est effectué, celui-ci par ses aberrations démontre la vanité de sa réalité, de la réalité par extrapolation. Ce processus est en soi très intéressant, mais pourquoi en inonder la page ? Pour inviter le lecteur à un parcours du combattant littéraire, pour dénigrer plus pauvrement ou pour démontrer plus pertinemment que quand on en a assez "trop c'est trop" ?

Pour positiver mon expérience de lecture, je vous dirais que je peux imaginer que vous ayez délibérément voulu produire un dérangement chez votre lecteur, pour l'associer au côté "perturbé" de votre logorrhée. Mais justement, si c'était bien cette intention qui a guidé votre plume, il me serait apparu plus "cohérent" d'aller plus loin dans le surréalisme de l'expression et de vous abstenir de recadrer ce qui vient d'un déversement émotionnel quasi torrentiel. En d'autres mots, cette "consistance" qui transparaît dans les formulations aurait pu trouver une réception plus décisive chez la lecteur.

Dans le très positif, la "signature" "De toi / À moi" clôt très adroitement le propos, comme une boucle qui se ferme et permet de mieux se mettre dans la perspective de cette dépression.

   papipoete   
2/8/2019
bonjour Japhy
Comme je le dis souvent aux poètes découvrant ONIRIS, il y a deux gageures où l'on peut oser se risquer : dans l'ultra-court et le trop-long ! vous avez opté pour la seconde et vous dis bien désolé, que selon moi dans l'abîme vous êtes tombé !
De plus, le sujet évoquant le pessimisme, plombe le lecteur de bonne heure qui rêve peut-être de bonheur ?
Je ne saurais noter un texte que je n'ai pas eu l'envie d'analyser ; il plaira je n'en doute pas à l'un ou l'autre de mes " confrères " !

   jfmoods   
2/8/2019
La longue et délétère litanie du monde du dehors (balancement binaire entre le meilleur et le pire) prépare une chute lapidaire dans le monde du dedans, point névralgique où s'est fracturée la relation à l'Autre ("De toi / À moi"), fondement du rapport à la vie.

Le titre ("Demain") pose l'énigme insoluble de l'après.

Merci pour ce partage !

   PIZZICATO   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Dès le premier flash sur ce texte, ce déroulé de prépositions m'a assailli.
Alors j'ai décidé d'en faire abstraction et me cantonner aux propos eux-mêmes.
Certes il ne donne pas dans le bisounours.
Je l'ai trouvé inégal dans cette analyse faite par un mental un " soir de fatigue ".
Des vers m'ont plu ; d'autres moins ; certains pas.

Ce texte reste assez particulier mais intéressant aussi.

   Davide   
2/8/2019
Bonjour Japhy,

"C'est un pudding bien lourd !", pour paraphraser une chanson.

Cette critique de la société de "demain" (et donc de celle d'aujourd'hui) me dérange sur deux points : le fond et la forme.

--> Sur le fond, cette vision manichéenne présent/passé (avec son fameux "C'était mieux avant !"), malgré l'humour qui la traverse, me semble un peu trop tomber dans la caricature, voire le non-sens.
Ainsi, chaque vers propose au lecteur deux "images" qui, hélas, n'ont souvent pas de liens entre elles :
"Du chant des lavandes aux horreurs du miroir" (?)
"D’un risotto crémeux à la chaise électrique" (?)

--> Sur la forme, cette énumération saturée d'images est difficile à digérer. Et le dénouement "De toi / À moi" n'apporte aucune consolation, aucune ouverture ; on dirait que le poème s'est lui-même essoufflé...

Bien sûr, l'écriture est maîtrisée, les images sont belles et percutantes (j'ai vraiment adoré : "De l'Audi RX3 filant sur l’asphalte à la noirceur qui ronge les synapses" ou "Du respect des veilleurs aux sifflements des jugulaires"), mais, sans revenir à la "surcharge" formelle, l'argumentaire manque de rigueur et de clarté. C'est dommage !

Merci du partage,

A vous relire,

Davide

   hersen   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voilà bien un poème embarrassant.

car j'aime chaque vers. Tout seul.
Chaque vers dit bien cette opposition, démente parfois, que l'on se doit d'intégrer dans nos vies.

Mais il y a ici trop-plein. et c'est contre-productif; ce texte donne trop l'impression qu'on a jeté tout ce qui passait par la tête...et les listes me sont toujours désagréables en poésie.

par contre, il y a une richesse indéniable, il y a des visions exaltantes, il y a du noir noir, il y a du joli, il y a la vie et ses hauts et ses bas. il y a surtout chaque vers qui en lui-même est un sujet à un poème.

Pour un auteur fatigué...

je suis assez critique sur ce texte, mais je salue franchement l'incongruité, pas souvent présente en poésie et, le cas échéant, souvent décriée.

d'où mon évaluation; car on peut dire bcp sur ce texte, dans un sens ou dans l'autre : on ne s'y ennuie pas !

merci pour la lecture !

Ah ! et j'ai oublié : de toi à moi; Oui, le chemin est dément parfois.

   Pouet   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

j'ai trouvé opportun l'introduction d'éléments modernes ("Audi RX3", "Tinder", "Siri" etc...) , cela donne du poids au réalisme et renforce paradoxalement les "démons inconnus" ou les "berges du Styx") par exemple.

Un poème qui semble avoir été écrit d'une traite, au fil des mots, des images, des sensations, ça coule et ça racle.

Cioran n'aurait par renié:

"Du plaisir du bon vin à l’inconvénient d’exister" lui dont l'un de ses essais s'intitule "De l'inconvénient d'être né", l'auteur le sachant certainement.

Parfois des liens qui se font plus ténus, parfois des corrélations tenaces.

Au premier abord, parfois plus ou moins de pertinence doublée d'un brin d'outrance tant sur le fond que sur la forme.

Mais pour ma part, je salue l'écriture sans concession, la spontanéité, les images, le propos, l'originalité, la liberté d'expression.

Beaucoup aimé.

   senglar   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Japhy,


Si vous êtes capable de produire ça "un soir de fatigue" alors on se demande ce que vous êtes capable de composer un matin de grande forme :)

Ou bien on souhaite que vous soyez très souvent fatigué cela ferait définitivement de vous un poète prolifique autant que qualitatif car la tenue est là sans se démentir.

En fait je ne crois pas qu'il s'agisse de fatigue mais plutôt de pessimisme et je gage que vous devez aussi avoir des soirées optimistes.

D'ailleurs beaucoup de vers mettent en balance un (+) et un (-) et comme le négatif est dans la deuxième partie du vers, le (-) pèse davantage que que (+) d'où cette impression de fatigue, de pessimisme, de noirceur, de déclin qui l'emporte.

Mais il n'en reste pas moins certain que des éléments optimistes sont là appelés à disparaître en raison de l'usure due au temps, de l'usure due à la vieillesse.

Toujours se rappeler que :
"Ad occasum tendimus omnes"
"Chacun de nous chemine vers son crépuscule"
Dans ce cas-ci j'ajouterais : "en claudicant"

"De toi
A moi"

Dure leçon d'un père à son fils me semble-t-il.

Voudra plus venir au monde le marmot :(


Senglar

   natile   
8/8/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Désolée mais je n'ai pas pu aller jusqu'au bout de l'analyse. Il y a trop d'images qui se télescopent, qui s'entrechoquent même, ce qui amène à une confusion des ressentis. On navigue entre "j' aime" et "je n'aime pas" à chaque ligne. Peut-être est-ce fait exprès mais cela m'a été difficile comme exercice.

   VDV   
27/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Japhy,

Je trouve votre poème beau, méditatif, dérangeant, intéressant, marquant, percutant, …
Est-ce la spontanéité dans l’écriture qui rend les émotions vivantes ? En tout cas, certaines vérités de notre monde me prennent par les tripes, m’envoient un coup au visage, éblouissent mes yeux, éclairent mon esprit, exaltent mes sentiments reliés à la beauté et à la justice, attendrissent mon cœur, … Oui, je passe par toutes sortes d’émotions en vous lisant, jusqu’à l’indifférence parfois.
Si votre poème est trop long ? Je ne trouve pas du tout ! En aucun cas ! Certes, dans ce flot de vers qui pourraient très bien se lire séparément, certains vont me toucher beaucoup, et d’autres pas du tout. Mais ces vers qui ne me touchent pas du tout, iront toucher profondément quelqu’un d’autre ! Et c’est, à mon sens, une parcelle d’intelligence que recèle ce poème de génie. De plus, si je devais relire votre poème d’ici quelques années, je suis certain que j’y découvrirais encore des choses, me voyant frappé par des mots qui ne me touchent pas aujourd’hui.
À mon sens, vous avez donné la vie à une œuvre qui mérite de traverser les siècles. Le front de plusieurs générations pourrait se pencher sur votre texte, en méditant sur la beauté et la laideur, la justice et l’injustice, l’amour et la haine, la paix et la guerre, la joie et la tristesse, le bonheur et le malheur, le plaisir et la souffrance, la vie et la mort. D’ailleurs, votre conclusion marque bien le caractère intemporel des sujets que traitent ce poème : « De toi à moi », à comprendre : « De moi à tous, de tous à chacun, d’êtres humains à êtres humains » ; tous plongés dans l’histoire de l’humanité, tous dans le même bateau, tous régis par les mêmes lois naturelles ; c’est l’universel décrit à travers le commun ! Un seul de vos vers est capable d’aborder une multitude de thèmes, d’ouvrir de vastes horizons à l’intérieur desquels la pensée peut s’absorber, voyager, se perdre … C’est, je pense, tout le talent d’une œuvre sincère ; la conséquence d’un esprit profond et juste qui laisse parler son cœur !

« Du chant des lavandes aux horreurs du miroir » : La beauté de la création qui s’impose au regard, face à l’affreuse laideur qui peut se tapir dans l’intériorité de l’être humain. Quel contraste ! Quelle contradiction dans la nature ! Et comme c’est joliment dépeint !

« Du cri du coucou mécanique à la course qui stop » : Je vois oncle G. et tante E. dans leur salle à manger. Ils sont assez vieux, mais encore gaies et attentifs à l’enfant que je suis. Sur le mur, une horloge en forme de petite maisonnette. Un coucou se cache à l’intérieur, et de temps en temps, il sort de sa cachette pour chanter l’heure heureuse de nos rires. Cela me fascinait. Aujourd’hui, oncle G. est mort. Sa course a pris fin, et tante E. est toute seule, avec ce coucou qui continue de chanter les heures qui passent. Des heures sombres et tristes. La fatalité du temps qui passe ; l’horloge qui continue d’égrainer inlassablement les secondes malgré la perte d’un être cher, et qui certainement lui rappelle : « Bientôt, c’est ton tour ».

« Des sourires émus aux démons inconnus » : La joie de deux amoureux qui se retrouvent après une longue absence. Les sourires sont spontanés, ils illuminent le visage de l’être aimé, ils font rayonner l’amour et conduisent à une étreinte douce et chaleureuse. Japhy, vous me plongez dans un souvenir d’adolescence, dans un amour de jeunesse. Cela m’égaye, jusqu’au souvenir des démons inconnus. Jusqu’à toutes ces choses complexes et invisibles de la vie qui font que deux êtres, après s’être aimés, peuvent se déchirer et s’abandonner.

« De la vieillesse qui jouit aux aberrations numériques » : Je vois ces vieux sages qui, au seuil de la mort, malgré l’usure et de nombreuses pertes, profitent des choses simples de la vie, comme par exemple du rire d’un petit-enfant. Et en face, ces jeunes aux esprits anesthésiés par les écrans, qui ne savent même plus être reconnaissants pour tous les bienfaits que leur procure l’existence, même lorsqu’on leur offre monts et merveilles.

« Du cordon ombilical à la rivière pourpre » : D’un côté, je vois l’humain capable de participer à l’œuvre de création ; je le vois donner la vie à un être unique ! Et de l’autre, je le vois capable de génocide ; je le vois peindre les rivières de pourpre, avec le sang de toute une population. Votre image est à la fois magnifique et révoltante ; les émotions s’entrechoquent en une seule phrase. À peine ai-je le temps d’en savourer la beauté que la laideur me rattrape, et à peine je me laisse rattraper par la laideur que la beauté revient me chercher.

Enfin, je vais m’arrêter là, car je pourrais tout aussi bien tous les commenter.

Au plaisir de vous relire.


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