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Poésie néo-classique
jensairien : Je me souviens du grenier
 Publié le 05/12/07  -  8 commentaires  -  2167 caractères  -  416 lectures    Autres textes du même auteur

Je n'ai rien inventé, ce grenier existait bel et bien.


Je me souviens du grenier



Je me souviens du grenier
Où nul escalier ne montait
Il résonnait du trot des rats
Gardiens du trésor d’Ali Baba

Je me souviens du grenier
Au regard des curieux éloigné
On y dressait l’échelle
La trappe glissait comme un couvercle

Et là, muni d’une torche électrique
Auréolant les ténèbres
Plutôt que ne les repoussant
Je partais à la découverte d’un monde fantastique

Et nouveau. Entre les poutres aux clous énormes
Des araignées aussi grosses que le poing s'accrochaient
Mais de ma lumière, elles ne paraissaient pas s’étonner
Comme si, sachant déjà que je montais

Elles m’attendaient. Dans les angles de pénombre
Du plancher délabré que la charpente joignait
Là où pas même un rayon de ma lampe ne perçait
Là, je le savais, là se terraient les rats

Et j’en aurais vu un seul sortir de l’ombre
Un seul à l’œil livide me scruter
Qu’aussitôt j’aurais dû détaler
Mais au lieu de cela, le cœur serré

Je prolongeais ma découverte :
Des vieux cartons tous grignotés
Des malles qu’en avaient vu pas mal
Des placards renversés aux airs de corbillards

Des lampes à pétrole du temps jadis
Des dentelles, des robes à l’âme grise
Un prie-Dieu, des quilles, des boîtes en fer
Émerveillé je faisais mon inventaire

Et puis je dénichais quelques joyaux
Un dictionnaire aux pages dispersées
Datant de dix huit cent soixante dix huit
Voilà le repas que je volais aux mites

Enfin plus furtivement qu’un chat
Je redescendais l’échelle d’opéra
Refermant la trappe sous une pluie de poussière
Je réapparaissais dans la maison de ma grand-mère

Je me rappelle du grenier de naguère
J’avais l’âge où les rêves se nourrissent de la vie
Et non pas celui-ci, où la vie achève les rêveries
Je me rappelle le grenier, ses mystères

Et quelque part en moi je sais
Toujours je traîne dans ces greniers d’enfance
Entre les rats, les secrètes araignées
Je vais de découvertes en errances


 
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   nico84   
5/12/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ton poéme me rapelle aussi mes petites frayeurs que j'avais quand j'inspectais dans mon grenier, dans l'ombre et en entendant plein de petits bruits peut être de souris.

C'est des petites aventures, decouvertes que tu décris bien.

Je suis intrigué aussi, aujourd'hui sur trois poéme, deux traitent à leur maniére les araignées et il y a deux ou trois jours, deux poémes traitaient des papillons.

Cela me rapelle l'idée de la noosphére de werber ! Voila, la forme, je l'ai aprecié aussi car tu as été au fond des choses, merci et bravo !

   Bidis   
9/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup le thème du grenier. Les mots sont bien choisis pour en donner l'atmosphère. Mais peut-être que plus de travail les aurait fait chanter davantage...

   Anonyme   
11/12/2007
Des mots limpides et chargés.. Des phrases clairs où l'on sent la nostalgie du bonheur.

   Couette   
14/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci! je me suis retrouvée gràce à toi dans MON grenier! celui de mes grands parents chez qui je vivais. Exactement le même grenier!! les mêmes émotions etc... Quel beau texte!!

   widjet   
10/3/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Encore un texte à "coeur ouvert". Qui dit grenier dit l'enfance et ses souvenirs poussiéreux mais si précieux. Une jolie métaphore du passage à l'age adulte avec ses relents d'insouciance cachés en chacun de nous comme de vieux bibelots dans un grenier, véritables trésors de jeunesse.
Si la forme du poème (mais s'agit-il vraiment de poésie ? Je dirais plutôt d'un échange voire d'une confidence) est parfois un peu bancale (mais encore une fois l'auteur ne recherche pas la mécanique parfaite ou la technique), on ne peut rester insensible au fond et à la sincérité de l'approche. Ce grenier là a surtout l'odeur du vécu.

Authentique donc.

Widjet

   Anonyme   
24/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce grenier semble être l' enfance même, dont on ne sort jamais vraiment. C' est le contenant de son être.
Y a-t-il un âge où la vie achève nos rêveries ? Je ne crois pas, je crois qu' on peut se permettre de les poursuivre toujours.

   Anonyme   
31/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le fond épouse la forme dans ce poème et l'on y trouve beaucoup de belles choses. Place est donnée au lecteur de grappiller dans les malles qui en ont vu pas mal des vieux chromos ou des bouquins mangés aux mites. Et ce qui est frappant c'est que l'écriture est comme le gamin qui vadrouille, vraiment rêveuse. Rapide comme un coup d'oeil donné dans les recoins sombres.
Très attachant.

   luciole   
25/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Celui qui part à l'aventure dans les archives poussiéreuses d'Oniris tombe parfois sur un trésor oublié.


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