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Poésie en prose
Lariviere : DADA 2.0
 Publié le 09/06/15  -  8 commentaires  -  19477 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur


DADA 2.0



Premier ACTE (Où DADA force le trait...)

Comme la variole et les tumeurs molles, Dada est de retour, au goût laid du jour, c'EST l'infini qui s'éloigne quand on s'approche déclenchant allégresse et FRUSTRATION démangeaison MAJUSCULE FIGURE libre poisson et nœud de sensation ; Dada n’a ni mur, ni limite, il est carcasse de TOUT venant et n’est restreint que par sa propre dimension, c'est-à-dire, la barbe !… Dada est opportuniste et susceptible ; il hume l’air du temps pour ses vertus d’osselets ROSACES déployées, ce sont des pieuvres de GRANIT dont il suce les pétales jusqu’au sang, sablier de sel, sanglier rose, Dada ne badigeonne pas ses rimes GRANDIOSES aux alibis de l’amour… comme les hyènes des CAVERNES, il a un cœur qui bat, c’est un moine-tambour, mais laconique, qui s’épargne les ecchymoses d’un grand décompte, car il sait

Qu’une Rose
Qui explose
Ça expose
Au pire
Aucune close
Sur la chose
Pas de prose
À écrire…

DADA est HypoderMIQUE
DADA est AstronoMIQUE
DADA est ParasisMIQUE
DADA est ParalyTIQUE
DADA est HéréTIQUE
DADA est PoliTIQUE

DADA est esthéTIQUE
DADA est PathéTIQUE
DADA est FantasTIQUE
DADA est ÉlasTIQUE
DADA est SarcasTIQUE
DADA est poéTIQUE

DADA est excenTRIQUE

Car DADA est éroTIQUE

C’est une DANSEUSE MécaNIQUE

PHILHARMONIQUE

En bas résille…

Dada, n’est pas une pie-LYRE qui chante mais un cochon-dinde qui roule dans sa LÈPRE, grâce à ses huit bras, il se gratte et boit du Chiva’s dans sa fange jusqu'à l’ivresse la cause en est la, TRANSHUMANCE en gloussant au passage des paons !... Dada ne fonctionne pas à la raison, c’est du gaspillage ; elle est fureur sans plomb, siphon des astres morts et mausolée des saisons, la langue déliée, Dada est une pompe à quintessence…

Dada est GUEU-GUEU-GAGA, problème de parlement, diction, une statue de marbre qui a des infections urinaires à répétitions et des fusils à UN coup, image UN chien-panzé bègue à la tête de TIGRE bandage FEU de BENGALE peste et choléra pantelant comme œil sanguinole K.-O. au premier round, les rêves suspendus au nerf optique du IIIe MONDE et de ses futurs hérissés de quinconces, un fil de funambule se balançant sur le tranchant d’un rasoir, en dessous le chaos, bouillie et COMPOTE de nez et de fleurs écrasés, une fille arc-(en-ciel, en morceaux, dans une valise ; l’EXISTENCE.

Dada ne craint pas les coups de revolvers, car il est fier ; comme vache sacrée qui pisse COQUELICOT, dans un violon qui a du chien… Dada c’est de la balle !... Une fabrique de petits matins sur le jardin ROUGE sourires vrais des fusillés. Dada est BOUQUET FINAL rajouté à l’hernie inguinale du drapeau tricolore, c’est charpies et pans de ciel commun, car Dada est RÉPUBLICAIN ; il apprécie le charme des marches aux flambeaux mais il déteste les dogmes et les oriflammes qui vomissent parjures, sucs et roues de vélos…

Dada est montreurs d’ours BOUM-BOUM ! tantines et tartarin de Paris, chute du septième, folies bergères et saccageurs de musées… Il profane les tombes des Oies blanches jusqu’aux carquois juteux camouflés dans le creux de leurs CUISSES se nourrissant mais s'avouant vaincu sous le feu duvet fils de cuivre qui sous la peau et les synapses s’immiscent beauté dans le vent ascendant du firmament, les ampoules brisées les aiguilles les cactus les baisers, très peu pour lui, car il n’aime pas se prendre des coups de baiÖnettes dans le ventre ; le réel, ce genre de blague, ça lui fait mal aux reins, et on a beau dire, c’est un œil froid, MISTRAL, sous le chant nocturne des araignées. Dada est gardien des pyramides aux heures de la sieste, c'est son métier, vraiment !... oui, c’est l’énigme réanimée de la base et des sommets ; la pierre de feu sacré promise aux somnambules...

Dada est OBUS désabusé, il fait ART de tout bois et fait FEU de tout Art !... fleuve-monde mangoustes c'est langues de Boues qui dévalent importantes MANIGANCES métros, MOISSONNEUSES-allume-cigare, VERBE et … Moulins à vent.



ACTE II (Où, à défaut d'être MONOTONE, Dada veut que chaque geste du quotidien soit MOULINETTE !... une boîte à sardine dont l’huile est le DARD brûlant...)

DADA bégaie les nations et CACA fouille la grammaire, fonctionnaire d'ébène à ordures de l’instant présent et de ses nombreuses absences, fuite sens DADA-dévotion est suite de trèfle du COURT-bouillon, lourd comme une épingle, car Dada ne construit pas, il connaît ses classiques... De la sainte inquisition jusqu'aux camps de la mort, il aime regarder flotter les vagualâmes pesants de gens chargés vers les Haut-fonds d'enclume ou de ballon de baudruche machine à café quotidien de stress et de fax de strass et de paillettes de ressac CERVELAS dégonflés et quand ils disent : BONJOUR !... DADA répond FLATULENCE !!!... et la réponse est en ACTION organique, castagnettes et onomatopées, flûte de pan, os dans le nez, Car DADA se méfie des mots comme de la peste-COT-COT, et de la Mésopotamie comme d’un sèche-cheveux. Dada n'aime pas qu'on la lui fasse ; il sait que dessus la plage, il y a les pages publicitaires et les myorelaxants... il a du flair TERRIBLE et des fourmillements !... alors il sourit sans se soucier à savoir le trou noir à ciel ouvert car DADA est paradis burlesque aux portes de l'enfer qui va z’y voie coupe venge et vole l’or aux fonds des heures profondes, là où les poumons FAUVES griffent l'écume des nuits chargées de nos peaux mortes et où Dada se vautre allègrement dans les salins amers de nos vies de fortunes, pixels et féeries, vol de furies et pluies diluviennes, fantômes rayonnants ou fenêtres ouvertes en torches sur l'avenir, car pour DADA, un fil ensorcelant, OU même une éponge, c'est, sorbet et RICTUS aux lèvres, le soupir des sens en transit et l'orgasme brûlant des puits à pétrole... Dada est ULTRAVOCAL et arbres-musiciens, pour les garçons-coiffeurs ça peut ne pas paraître, mais pour les mélomanes, c'est une flèche dans le mille ; malgré les mœurs qui roulent des mécaniques, la houle de la foule arrache Un ultime baiser, le faste de l'ATHLÈTE ; performances des crânes VIDES et des mures écrasés, DADA est un POÈTE qui ne cesse DE RIRE et NE se prive PAS, il boit les boulets-goules et les RATS, le vent vient de tourner.

DADA est pour tous les DÉGOÛTS et contre toutes les académies : il renie les ciels qui cousent les peaux humaines à l’étroit de leur BEAUTÉ fatale, car DADA est un animal qui aime les EspriTs frappeurs, ses dents de bronze déchirent les tambours de la mort et il s'en fait des coquillages, tatouages clairons et barons dévoreurs de Ce, parades de Rosée, la FAIM est trous souffleurs vermines des songes et de NÉVROSES... DADA est créature de terre prise dans sa propre GLAISE… pour DADA une quelconque échappatoire ? Non !... : son CONTRE-ciel est un singe-poisson en uniforme.



ACTE III (Où Dada est cocotte réveil et collectes de fond...)

... Sourires, cerbères blessés sous les racines FEU-nuit et fer rougi des murmures, chant encastré des cornes-MUSES, un rôt de boxeur de fête foraine pris pour un soupir de griffon, un léopard sur le garrot égrène le temps en minutes infernales ; c’est ainsi la VIE-envie, quand l’esthétique bascule sur son cheval en bois, car DADA est carrousel sismIQUE, musi-ca-ca-lité contrariée, ratissage DE SONS, moissons de SANG économie, martelage-DADA délire, l’oreille-maraudage, meurtre et ravage de la raison. PURE. Au profil d’une ROTULE déplacée, car DADA a compris le mécanisme du chas d'aiguille, il se moque du monde mais aime, gros grain, se flageller lui-même aux mémoires, serres sanglantes des meules à couteaux… UNE PREUVE ? C’est ainsi que sait qui le Caucase océan, c’est tout !... Et par-dessus le MUR, on aperçoit sa tête froide allumette de BABEL-sanglier. DADA est une MER en construction sur la cour des miracles. Une, falaise. ORACLE !... Poulpe poupée-RUSSE aplati sous la lame gluante d’un MICROSCOPE à immersion...

Dada n’est pas un PIÉDESTAL, c’est une PARABOLE-mille-pattes au pied de la lettre GLUAU, pris dans L’empreinte qui croyait prendre, englouti dans les HAUTS-fourneaux du ZÉRO. Il préfère l’ADRÉNALINE au TANGO car il sait qu’un plumeau andalou peut cacher un SUICIDE et que celui qui crache n’est pas à l’abri de ses propres salières ; son idéal est membre PORCELAINE, BELLE figurine de SON clapotis et visage-plomb de ses rêves brisés... DADA est litre et rature, Écriture fossile, MascaRA-d’égout foré sous l’argile verte des maux se mouvant perpétuellement sur des mots-MANNEQUINS, soudure et fissure, sac de joute et resSAC d’ANTI-SONGE aux hanses déchirés par la marée humaine...

DADA est nectar de FOUDRE, aux fruits de la PASSION… Poïésis et teckhnè refoulé dans la fosse mécanique des âmes marécages. En rêvant à Cassandre, il regarde des muses en pauses couvertes d’herpès aux triangles épilés de boutons d’or mais sur sa page blanche, il n'y a pas de destination, car DADA comme Sisyphe, aime barbousier ses fièvres de cheval, ange déchu, charrettes de chair, viande rouge roulant son charnier d’existence par monts et par veaux : ainsi quand il caresse les chats noirs qui naissent sur ses genoux, il crache aux pieds de Vénus invitée seulement pour faire oublier les échafaudages.

DIEU qui se veut spirituel, ne peut rien pour Dada qui se sait SPIRITUEUX, PRODUITS de droguerie, alcool de contrebande, car Dada AIME se rendre aux courses de LÉVRIERS le jour où l’on enterre ses amis et ses illusions ; mais pour se faire pardonner, il fait TOUJOURS livrer des TARENTULES thermophiles à l’AQUARIUM de la ville, ou à la rigueur, une couronne de chrysanthèmes… Amour. Cassage. Saccage. Discours célèbres. DADA martèle son nom comme l’on écrase des mandibules, ce n’est pas pour rien, même si ça EXASPÈRE mère fait gémir dans les placards, JEUX DE MASSACRES au SALON international de l’érotisme !...



ACTE IV (Où Dada est Miroir. Tiroir. Pressoir à agrume ; brûlot crève-poitrine et battements de CŒUR...)

DADA est PANTHÉON pour jarret de porc et crânes-cœurs de babouins imbibés de formols car DADA sent le soufre mais renifle le feu sous les jupes de la vieille Europe ; oui, se répand une odeur forte de traînée ; oui, mais qui donc POUTRE -toc-toc –acouphènes se repoudre le nez coït de scies sauteuses dans les chambrées pendant que les continents s'embrasent que les chairs se déchirent que les meubles du PARTHENON brûlent et que les gaz lacrymos gênent ? oui, HA !-HA !-HA !... Qui ? DADA peut être ?... Mais un marin des étoiles n’est pas un photophore et UNE carmélite n’est pas un Âne à thème !... Dada est œil crevé et MONOCLE d’Amérique, dans ses rêves-sang-feutre il se moque du luxe, des secrets militaires et des aigles d’empires, tête de Turcs et TRISTES sires, il n'y a rien de commun et pas de prix de groupes, c'est un Polonais du Cosmos un peu cintré QUI dans l’urne froide de la nuit a égaré les clefs de l'ÉLYSÉE et rêve brûlure arc électrique mâchoire bleu-frisson de son double en se rappelant d’une « Suissesse » au miroir « assassins »... Car DADA est un ÉTAU, aux ailes des COLOMBES ; noté DELIRIUM et dot de deux chameaux sous les Igloos CIEL briques bleues dégelées de l’holorime, Dada est ROMANTIQUE comme un éléphant : un œillet-foudre au front, il se laisse caresser, mais ce n’est pas une TERMITIÈRE !...

Dada est un ÉCROU où les principes jouent à saute-MOUTONS. Sur le dessous des cartes quand les Fratries RAGEUSES se partagent festins et gâteau écarlate de la géopolitique, Dada est PA-paradis perdu pour insectes de bottes d’aiguilles. Il est, militaire étincelant, le microbe ressuscité du nouveau monde. Narcisse défiguré, MAIS son nombril brille... C’est une trotteuse exaltée expulsée du cadran poétique. Son être-terre est labyrinthe, pierre philosophale déposée aux confins du MOI, mandragore et MERVEILLES suivant le fil d'Ariane au fond de l'air vicié et de ses ondées, il rend coup pour cou sur le versant ensoleillé du verbe, cognant à chaque ressac, sa foi ; percutant de ses doigts rayonnants sa poitrine jusqu'au cœur battant de ses échecs ; car Dada sait que tout palpitant à ses troubles du rythme et que tout drame, si on fouille suffisamment, est une FARCE qui ne dit pas son nom... alors au fond du gouffre ou sous la voûte plantaire, ses genoux claquent, mais ses yeux brillent et ses lèvres cuisent de joies ; ses paupières bénies de pleine LUNE, c'est une bouche, équipée de CANINES, ouverte sur l'avenir !...

DADA c’est FREUD et c’est sérieux ; car DADA parle fort, loin du comptoir de la MORT et cherche un chiffon sur l’établi pour essuyer le sang des incestes et les taches de vin de MESSE. Un PETIT blanc dans le saint graal et une clé de DOUZE, plus un Judas à condamner pour faire oublier que DADA aime lorgner l’argent et l’hermine, et l’or trompettes cor-au-pied et LAURIERS de couronnes car ET en réalité, il prend-PARE-BRISE-son pied quand tout cela se mélange, orgies et bacchanales de matières, petit PLAiSIR DES sens, avant de tirer la chasse !... Car DADA est désœuvré comme un poulpe et pervers comme une musaraigne, la mélancolie lui ronge le ventre, autant que MONSIEUR le comte de la mâche-noire et son chien tombé au fond d’un porte-plume rempli de civelles, il rit sous cape !... sous ses angoisses, ses doigts sont gantés de traquenards et de fées vertes, de croche-pieds, de vers luisants…

Dada est cyclothymique et il est TRI-polaire, c'est une montre molle qui a des coups des sang, dédain DOUX, Rouquin de la patrie-RAT-clure et amour de la terre et des hommes ; il aime dans les yeux les feux FOUDRE de la folie, des lueurs arctiques à la terre de feu ; il PORTE dans les yeux tous les reflets du temps, rayures sur les rouages des AUTOMATES humains. DADA est altruiste NARQUOIS et il n’est pas chrétien et plutôt salpêtres et sépultures que sérum ANTITÉTANIQUE ; c’est un Ardéchois à l’étoile du Nord qui sait que le sol est aride et la parole vérité rare ; NOUGAT pour les vrais gens... DADA est pittoresque : « A capite ad calcem », c’est son pêcher mignon ; un yaourt de Slovaque blanc dégoulinant sur les pattes d’une cigogne coincée dans les rouleaux d’une presse rotative l’empêche de vaciller. DADA « ab ovo » dit attention, À LA MARCHE !...

L’intention doit DIVORCER de l’ACTION !...



Dernier ACTE (Où Dada retrouve son père, surgissant au milieu d’un nuage doré saupoudré de sucre glace, d’où sortent PAR LE TROU du néant vaporeux, des dizaines de néons jouant de la trompette…)

Dada est BEAU comme une rhinite BORÉALE au joug des émotions, c’est un destin de cristal aux ailes des cygnes noirs lavant les méduses au shampoing du cosmos sous les fards dégoulinants des civilisations : c’est lui qui a inventé les dominos, la sainte-barbe systémique, les onguents de nuit glacée et le fil à couper le fil à couper le fil des humeurs noires. DADA est collectionneur d’OBJETS rares, poinçonneurs de royaumes foudroyés, dynamiteur d’Art et ramoneur de cheminée DIVINE. Sensible et solennel comme un cure-dent, Dada n’est pas GAGA, c’est une anguille qui ne perd pas le nord, un œil-PUITS NOIR au fond de toute chose coincé dans la cage du ciel, le MUSEAU rempli d’abeilles, il voyage en ruant, en frappant les esprits de ses fers à chevaux... DADA n’est pas sectaire, ce n’est pas l’or du temps, c’est un chat aux ailes de hiboux, une artère vidée de ses rivières d’ombres… Avec simplicité, il se coiffe d’étoiles tombées sur le toit des USINES, recueille les gouttes de rosée pantelantes aux arcanes des cœurs et puise à la source de ses oreilles ÉCLUSES les plaisirs échoués aux embouchures humaines ; son cœur est une grenade, son tempo l'espérance, sa musique se joue sur les nerfs, à l’aide d’un archet à violon...

DADA sait se taire à ses heures perdues car la seule VUE d’un ouvre-boîte lui rappelle que la TÉLÉVISION existe.

Dada est pour la tempérance, il mange ses chiffons rouges, mais DADA n’est pas DIDACTIQUE, il aime les papillons pour s’essuyer les pieds. C’est une orange givrée que l’on donne aux enfants turbulents, avant de les transformer en bombes humaines.

Dans son pays, DADA n'est pas prophète ; il est anticlérical et antireligieux, car DADA déteste les vendeurs d'aspirateurs et ne croit pas plus en DIEU, que DIEU ne croit en lui-même.

Dada arrache les ailes des ANGES, ces grosses mouches bleues qui se cognent aux courbes grillagées d’une mappemonde qui pue comme une cloche à fromage, bocal de verre, un crâne trépané, DADA ne craint pas le jugement dernier, car Dada en a une grosse PAIRE, de ciseaux à bois, et il s’en sert pour détacher les copeaux de nuits par-dessus le toit de ses vérités, là où les masques et les fausses étoiles tombent, et où le vernis bleu-ciel se fissure.

DADA ne parle pas à Dieu, car DADA n’aime pas les enfants CAPRICIEUX !...

TOMBE Dada chou-fleur TOMBE le cul par terre sonnez HAUTBOIS, résonnez musettes ; patate chaude, hein ? DESTIN grêle les pluies de doryphores sur nos béquilles. L’amour ; Dada ose le grand roque et mordille aux mollets, car c'est l’ultime GAMBIT qu’on offre aux idoles : sous ses paupières-CHEVAL de Troie, il mime le mercure, le fou est une TOUPIE et la tour est en feu, à grands coups de scalpels il ouvre la mer rouge, les clous de la passion sont un simple phlegmon, Jésus choix de sa croix, et c’est l’ÉCHEC ET MAT !… …

Et oui… Dada n’est pas un Dieu, car il ne brille pas sans sa boîte à musique ; oisif et enragé, DADA n’entreprend RIEN, car il sait que tout commencement est suivi d’une FIN !... Son OGRE de barbarie ne sert pas à cirer les chaussures…

DADA hait la bourgeoisie bien sûr ET le reste, il vomit les salons mondains, putrides garde-manger des caïmans, bousculade des beaux arts en décomposition, rapt et abattoir de foutre aux pays des lèvres décadentes et des dents crues Millésimées. Pas de gazelles en CUIVRE et en Acier, à la manière des autruches, toison du singe nu paré d'or en fusion, à mon commandement, on ne comprend pas ou on ne comprend rien : mais DADA. Hoooo, Haaaa, Huuuum, CLAP-CLAP-CLAP !... Mais non Madame, « l’œuvre d’art », c’est plus loin !… ça c’est un porte-drapeau où viennent chier les pigeons...

DADA est comme vous, il n’a pas d’opinion sur lui-même et DADA est comme l’art, il ne sert à rien, car DADA ne croit pas, et entre nous, une chaise cloutée.

DADA sait que la plus belle création de l’homme n’est pas l’art, mais les antibiotiques, car l’extase de DADA, c’est la PÉNICILLINE !...

La différence entre Dieu et Dada, c’est que DADA sait qu’il n’est pas Dieu ; alors que Dieu ne sait pas qu’il est Dada.

L’autre différence entre Dieu et Dada, c’est que DADA sait que l’homme n’est pas né dans le jardin d’Éden, mais qu’il est SORTI du cul d’une GUENON !...

Plus que jamais et moins qu’un CLIMATISEUR, DADA est d’actualité.

Mais au fond, qui est DADA ???...

Un escabeau de quelques marches, entre le ciel et VOUS !…




_______________________________
Texte publié avec des mots sous PTS.


 
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   RB   
21/5/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Mériterait d'être publié pour avoir l'écho d'autres oniriens, les classiques et les libres.
Il y a des choses dans ce que j'ose appeller ce foutoir : des mauvaises - gratuites- vraiment nombreuses car trop faciles (allez dire que c'est un travail, je vous croirai, mais, plus clairement en matière poétique de ces temps, ce travail conduit à une voie de garage).

L'époque est passée. L'exigence, l'attente des lecteurs est à plus de "moi" dans "la vie" avec plus de clarté, moins de pieds de nez... je le pense du moins...

   Anonyme   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir,

Cela me fait évidemment penser à UBIK, de Philip k. Dick (voir le résumé dans le 4ème de couverture, qui se termine par la question suivante : "Mais qui est UBIK ?")...

Ici s'arrête la ressemblance entre votre "essai" et cet incontournable classique de la Science-Fiction.

Mais qui est DADA ? Une création de l'homme (DADA 2.0 me fait penser à une sorte d'humanoïde doté de fabuleux pouvoirs) ; un demi-dieu ? Sans doute, car DADA semble onmiscient, omnipotent et omniprésent, à l'image que nous nous faisons d'un Dieu. Mais il n'est pas Dieu. Il semble pourant plus, alors...

Je pense à une sorte de machine dotée de tout le savoir de l'humanité - et même plus. Conçu par l'homme, il le surpasse maintenant largement, à tel point qu'une sorte de concience semble avoir émergé de ce "cerveau de silicone" au point d'en faire un être réellement autonome.

C'est peut-être l'idée sous-jacente aux propos tenus, rejoignant l'idée de Philip K. Dick à travers son roman "UBIK", à savoir le Capitalisme et ses revers, l'homme dépassé par sa propre technologie et subissant - plus qu'il ne contrôle - le fruit de sa propre création.

Mais peut-être fais-je fausse route, ce qui est fort probable vu la complexité du problème... c'est-à-dire de DADA !

Car DADA est peut-être tout simplement un extra-terrestre, une sorte de conscience ayant toujours vécu - à défaut d'être né - ou une sorte d'allégorie sur le genre humain...

Pour l'émergence d'une nouvelle forme de vie, voir justement un autre roman de SF du même nom : "EMERGENCE", de Peter F. Hamilton.

Bravo à vous pour cette fabuleuse réflexion sur nous-même !

Wall-E

   Anonyme   
9/6/2015
Salut Larivière

« Dada n'était pas seulement l'absurde, pas seulement une blague, dada était l'expression d'une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914. Ce que nous voulions c'était faire table rase des valeurs en cours, mais, au profit, justement des valeurs humaines les plus hautes. » écrivait Tristan Tzara.

On le croyait obsolète, un siècle plus tard, en ces temps poétiquement corrects où l'on confond poésie et journal intime, il refait surface. Et de quelle manière !

Avec près de 20000 caractères, ce Dada 2.0 peut prétendre au Guinness du plus long poème.

Il nous offre de longs moments jubilatoires pour la semaine à venir. Il faut en effet s'y reprendre à un nombre indéterminé de fois pour en épuiser la substantifique moëlle.

Merci Larivière pour cette bouffée d'air époustouflante de fantaisie (qui rime si bien avec poésie que j'ai tendance à les confondre)

Bon, c'est pas tout ça, je vais en reprendre une bonne louche. A+

   Agueev   
10/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'allais demander une indemnité pour lire ce TRES long poème, ma paresse a même failli me faire renoncer.
Et puis j'ai commencé les premières phrases et je me suis laissé emporter par cette écriture jubilatoire, brillante et originale.
J'ai sorti le texte sur papier pour le relire et profiter de chaque image, chaque expression, chaque trésor d'absurdité et de surréalisme.
Je ne sais pas s'il s'agit vraiment d'un poème, mais c'est un texte d'une très grande qualité.
Un des meilleurs que j'ai eu l'occasion de lire.
Merci

   Anonyme   
11/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
sur oniris je m'fais rare, trop d'enmerdes dans c'te vie de con. Peu d’illumination prophétiques et poétique… Et puis parfois "charlafe", cicatrice en argot. là Larivière me la joue grand fleuve et me troue littéralement tous les orifices. J'adore cela étant devenue Janette à force de long séjour à l'ombre.
Dans des bibliothéques où pour me r’acheter je me faisais rat, j'avais essayé de comprendre certains manifestes de Breton, de Tzara. Putain c’était trop théorique et mon intellect trop peu carnassier et surement trop siphonné par des illicites substances. J'avais aussi essayé de comprendre pourquoi nous belge on s'était un peu chauffé le cuir avec le mouvement parisien. L’humour ma poule, le nons-sens briton qu'on cultive depuis les éperons d'or (la piétaille qui te met une patée d’enfer à la chevalerie franklines) ; notre premier roi était cousin germain (c'est le cas de le dire quand on s'appelle sax-Cobourg-ghotta de Couine jamais Victoria). Bref la même langue, mais pas la même tournure d’esprit.

bref j'adore ce texte que je déguste homopatiquement marrante ma contraction. Putain là je comprends vraiment la folie au quotidien. la beauté et le risque du lacher prise. Je comprends le désir surréaliste de balayer les convenances. d'être avant d'avoir. Cette remise au goût du jour 2.0 est magistrale et pour les illuminés déjantés désordonnés de mon acabit, c’est presque the BIBLE. ‘tain l’a tout compris c’t auteur. L’image, le son, le traveling, les rebondissements, notre putains d’époque bandante frustrante. Comme le faisait remarquer une « audirateur-commentateur » c’est passé de mode… et pisse-froid, la poésie c’est aussi passé de mode. Moi là certaines redites pseudo 19ème souvent me donne plus que la gerbe, l’envie de désinguer leurs vers et à la lucky luke les faire danser pour leur désapprendre à compter les enculés allai-je dire, mais comme j’en suis un moi-même de première, ce serait m’insulter.
J’ai plâné comme rarement, là sans rien que des mots… Franchement pour un dingo comme moi, y devrait être plus souvent prescrit et pourquoi pas remboursé par la sécu. Et après cette lecture, je suis sorti courir à poil dans les bois en hurlant DADA point deux, je t’aime, comme les nanas d’avant hurlaient Patrick ou Claude… Larivière veux-tu m’épouser….je t’aime passionnément.

   Louis   
17/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une création, en 4 actes, d’un « objet » poétique.
Cet « objet » est personnifié. Inutile d’en chercher son existence dans la réalité, il n’existe que par la parole qui le fait naître.
Une parole le définit, et cherche à lui donner une identité : qu’est-il ? Ce qu’il est, ce qu’il n’est pas : « Dada est nectar de foudre » ; « Dada n’est pas un piédestal », etc. ; mais aussi : qui est-il ? Le texte prend fin sur cette interrogation par laquelle il a commencé : « Mais au fond, qui est Dada ? »
De même que le cercle n’existe que par la définition mathématique qui lui est donnée, et que dans la réalité on ne trouve que des « ronds », Dada n’existe que par le texte qui le définit.
Chaque « acte », avant même la référence à une théâtralité, peut être considéré comme un acte de production de l’objet « Dada ».
Son nom renvoie au dadaïsme et au surréalisme, courants artistiques dans lesquels le texte se reconnaît une filiation.

Dans le premier acte, Dada est d’abord défini comme un revenant : « Dada est de retour ». Son existence n’est pas nouvelle, elle n’a pas de permanence, Dada s’efface, s’éclipse, et revient. Sa production est une reproduction.
Son retour a un sens.
Il revient comme une maladie : « comme la variole et les tumeurs molles ». Dada est un être malfaisant et maléfique. Son retour serait donc un symptôme ; sa reproduction est symptomatique. Il est, en effet, un signe ; son existence n’est d’ailleurs que celle d’un signe, mais un signe du genre indice. Indice de quelque chose qui ne va pas, indice d’une maladie qui reprend vigueur.
Il est une sorte de virus, un cheval de Troie qui infecte et contamine le réel, et sa représentation dans le langage. Il est « le microbe ressuscité du nouveau monde »
Dada est une constante dans une diversité d’images surréalistes.
Il est ce point focal autour duquel tournent ces images. Il est le mot central que désignent de multiples phrases et images qui tentent de le saisir, sans jamais réussir pourtant tout à fait à l’atteindre, comme cet « objet a » selon Lacan, objet double a, ici, D’a D’a !
On pourrait voir en Dada le signifié de multiples signifiants, et le signifiant de multiples signifiés.
Dada est un jeu, un jeu où les faces du signe se renversent ; Dada est renversant, il est un cheval un peu fou.
Qu’il soit mot et jeu sur les mots, l’attestent des expressions comme « au goût laid du jour ». Goût lait, goulet, mais Dada s’impose dans la laideur. Il revient comme une maladie, dans la laideur des jours.
Dada s’avère un signe écrit. Signe personnifié. Signe écrit qui s’impose, non dans la prose, mais dans la rime.
Il rime toujours, et l’on cherche toujours à quoi il rime.
Mais Dada fait aussi exploser la prose, à l’intérieur de laquelle se trouve la rose…
Il fait rimer les « ique », les mots en « tique », «paralytique, hérétique, politique, etc. », comme en un tic, et tout autant les mots en « mique », « hypodermique, astronomique, parasismique ».
Mais pas de pas-nique, il fait rimer aussi MécaNique et philharmonique !
Dada n’a pas de pompe à phynance, comme celle du Père Ubu, mais il est une « pompe à quintessence ».
Et quelle est cette quintessence pompée ?
Celle de la déraison apparemment, parce que « Dada ne fonctionne pas à la raison ». Il absorbe en lui toute déraison, il en est le signe ; il en est le discours : « la langue déliée », discours synthétisé dans un nom qui lui est propre : « Dada ».
Dada est anti-kantien : « meurtre et ravage de la raison. PURE. »
Dada est dans le redoublement hypocoristique ( mais aussi l’hippocoristique par son nom ! ) : « gueu-gueu-gaga ». Signe, il a pourtant du mal à dire, « problème de parlement, diction » ; maladie et mal à dire, c’est Dada, « VERBE et … Moulins à vent. »

L’acte 2 produit encore un Dada, comme signe d’un métalangage. Signe de ce qui se répète, de ce qui « bégaie » en plus de l’hypocoristique, lui qui est dans sa nature même répétition de Da ; signe de ce qui bégaie dans le discours des « nations » ; et, dans le même temps qu’il cafouille, il « CACA fouille la grammaire » ; signe de ce qui se répète « de la sainte inquisition jusqu’aux camps de la mort ».
Il est trouble du langage qui cherche à le saisir, « Car Dada se méfie des mots comme de la peste-COT-COT »
Dada est ce qui trouble, et le monde et la littérature, et ce qui se vit et ce qui s’écrit.
Il est le nom de ce jeu, de cet écart qui fait passer de la littérature à la « litre et rature »
Dada est déviance ; il est un objet polymorphe, il est en métamorphose.
Avec lui, moulin et « moulinette », le monde tourne, mais pas dans le bon sens ; avec lui ça tourne mal.
Dada de carrousel, il est « cheval en bois », mais surtout un cheval de Troie.
Il ne se présente pas pourtant comme un triste sire : « Dada est un poète qui ne cesse de rire, et ne se prive pas ». Mais ce rire n’indique rien de bon : « Il est « paradis burlesque aux portes de l’enfer »
Si Dada est « ultravocal », en plus d’être un signe écrit, il apprécie l’avoine et le son, « ratissage de son », il est une manifestation sonore, mais expression vulgaire du corps, « musi-caca-lité contrariée », ainsi il dévoie tout chant, toute musique, et toute parole authentique
Dada est « dynamiteur d’Art »
« Il fait Art de tout bois, et fait Feu de tout Art » ( « obus désabusé » ).

Faut-il se réjouir du retour de Dada ?
Certainement pas.
Dada est un objet poétique qui aide à saisir une réalité ( encore une fois, comme le cercle mathématique, qui n’existe que par la pensée qui le définit, mais qui aide aux calculs et à la connaissance de la réalité empirique), mais une sombre réalité. Sa fantaisie n’est qu’apparente, elle est le signe d’une noirceur dans le monde qui vient, qui revient ; il est signe du retour des heures sombres de l’histoire. Dada est un point noir dans le monde, c’est un « œil-PUITS Noir au fond de toute chose coincé dans la cage du ciel » ; un œil par où se voit ce que l’on ne voudrait plus voir.
Il n’est pas une lumière qui éclaire la réalité, mais ce point qui l’assombrit, tout en permettant de voir ce qui s’assombrit.

Bravo à l’auteur.

   LeopoldPartisan   
24/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Texte grandiose et grandiloquent à l’image 2.0 de notre monde en pleine accélération de ses multiples mutations où par exemple surréaliste les pauvres prennent d’incertains bateaux pour partir à la conquête de richesses trop longtemps restées à quai.

Texte qui donne aussi l’envie d’en découdre avec ses détracteurs qui une fois encore suivant une communication bien huilée taxent toute les tentatives progressistes d’immobilisme réactionnaire au même titre que certaines charias condamnent l’évolution et le mouvement des particules élémentaires au nom de dieu omnipotent et omniscient. Mais en bon schizophrène que nous sommes de plus en plus dirigés à devenir, je parlerais moi de notre immobilisme confortable de notre idée de soit où dès lors pareil texte ne peut plus être appréhendé avec sérénité tant il est déformant dans sa déconstruction de biens des idées reçues et souvent admises comme vérités immuables.

Texte formateur et réformateur qui nous montre qu’au-delà du miroir, il existe aussi des mondes parallèles parfois antagonistes, parfois similaires à quelques détails prêts. Je m’en réfère ici tant aux postulats de la mécanique quantique qu’à la théorie d’Everett appelée aussi théorie des états relatifs ou encore des mondes multiples. C’est typique de la préscience du poète que d’appréhender la différence bien avant qu’on en apporte ou pas la preuve. En cela l’humain pensant rompt un peu plus son lien avec le dieu nourricier qui chassa Adam et Eve de l’Eden pour avoir gouter aux fruits de l’arbre de la connaissance.


« Dada ne badigeonne pas ses rimes GRANDIOSES aux alibis de l’amour… comme les hyènes des CAVERNES, il a un cœur qui bat, c’est un moine-tambour, mais laconique, qui s’épargne les ecchymoses d’un grand décompte, car il sait… »


Texte esthétique en diable aux images dérangeantes et plébéiennes où le paroxysmique côtoie allégrement le vulgaire du caché derrière de la vulve et de l’abricot.

Texte à l’écriture parfaitement maitrisée et distanciée qui donne ainsi une force supplémentaire aux propos, proposant plutôt qu’imposant. Implosant donc.

Texte éminemment politique qui resitue l’église au milieu d’un monde redevenu village avec sa droite empreinte de pouvoir et d’ordre galvanisé par une population qui ne réclame que sécurité et biens matériels et sa gauche morcelée en autant d’entités qu’elle ne comporte d’individus où une poignée d’irréductibles qui se réclament de la bienheureuse anarchie où règnera l’ordre sans le pouvoir.

Texte toujours dérangeant comme l’on peut l’être en découvrant un Jackson Pollock ou un Jérôme Bosch, un Chaïm Soutine ou un Constant Permeke, dont l’art pour chacun d’eux est parvenu à englober l’univers dans sa globalité en réintégrant dans leur modernisme la passion de l’art primitif en ce qu’il exprime l’aube des émotions spirituelles de notre humanité. Dérangeant aussi, tant ces artistes picturaux (ici j’englobe le travail de Larivière dans sa particularité de peindre une œuvre monumentale avec des mots) se servent de leur média comme d’un miroir déformant pour faire resurgir en nous les sentiments profonds telles que la peur, la colère, la vengeance, l’irrationalité qui tout en extrapolant sur nos extrémismes ne les cautionnent jamais.

Dans le même ordre d’idées, ce texte se veut être aussi la catharsis de toutes nos frustrations qui me le feront toujours préférer à d’autres stylistiquement plus abouti (là encore il n’y a à moins d’être un véritable expert que peu de place à l’objectivité, notre subjectivité personnelle se voulant être le mètre étalon absolu), mais aussi très souvent moins risqué. Je dois bien reconnaitre qu’en bon petit catholique ayant tout de même été élevé dans l’ombre de Vatican 2 et de réformes soutenant plus souvent la théologie de la libération que l’opus dei, je me méfierai toujours des sépulcres blanchis. Et puis qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse…

Ivresse qui poussa un jour le pauvre Verlaine, à boire l’alcool permettant à sa mère de conserver les fœtus des 3 fausses couches qui précédèrent la naissance du poète.

Ivresse qui me fera ainsi souvent préféré un disque aussi toxique que l’Antechrist Superstar de Marylin Manson, ou le Back to Black de Amy Winhouse, a bien d’autres productions nettement plus conformes. A l’ivresse s’ajoute ici comme pour le DADA 2.0, l’unicité de l’œuvre.

Voilà aussi un texte réactualisant le surréalisme et le rajeunissant. En cela il est aussi éminemment éducatif au point qu’il pourrait et devrait même être lu dans nombre d’écoles enseignant et souvent hélas dégoutant par-là même nombre d’élèves. Et qu’on ne vienne pas me parler de l’effort nécessaire pour avaler pareille matière. La poésie n’est jamais matière, c’est avant tout de l’évasion point barre. Je disais donc qu’on devrait au moins le faire lire tant l’esprit intrinsèque de ce type de littérature y renait et y revit de toutes ses flammes, de tous ses délices et de toutes ses dérives.

Un peu à l’instar des élèves de monsieur Keating, inoubliable professeur de lettres dans le film, le cercles des poètes disparus (qui reste et restera pour moi l’un des films passeurs de témoins de l’esprit même de la poésie), oublions la forme pour ne nous intéresser qu’à l’esprit de ce texte. Justement c’est cet esprit tout à fait particulier et délicieusement irrévérencieux qui dans son propos m’a rappelé un autre film particulièrement révélateur de ce qui serait mon état d’esprit particulier de toute une vie. Il s’agit du long métrage « Sho o suteyo, machi e deyo » réalisé en 1971 par le réalisateur japonais Shüji Terayama. La traduction du titre est : « Jetons nos livres et sortons dans la rue ! » Tout un programme vraiment poétique, non ! Je terminerai ce commentaire en vous brossant un rapide portrait de ce touche à tout de génie qui j’en suis on ne peut plus certains aurait plus que certainement aimé, comme moi-même d’ailleurs un texte du calibre de ce DADA 2.0.

Shüji Terayama : 1935-1983 poète, écrivain, dramaturge, chroniqueur sportif (spécialisé dans la boxe et le turf), photographe, scénariste et réalisateur mourut à 47 ans non sans avoir quand même publié quelques 200 livres et réalisé 20 films (court et longs métrages confondus) revendiquait parmi ces multiples influences : Antonin Artaud, Bertold Brecht, Frédérico Félini ou encore Lautréamont.

Larivière, je ne te remercierai jamais assez d’avoir commis un texte aussi bouleversant, aussi pluriels, aussi fédérateur que la poésie est aussi essentielle qu’existentielle n’en déplaise à l’étiquette.

   Ananas   
4/3/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Larivière,

Quand on pense que son nom lui vient d'un coupe papier sur un dico franco-allemand, avec une brioche dans le nez...

Si je devais citer Tzara je dirais : « Dada reste dans le cadre européen des faiblesses, c'est tout de même de la merde, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses, pour orner le jardin zoologique de l'art de tous les drapeaux des consulats do do bong hiho aho hiho aho. », et je pense que c’est un joli résumé de la chose… mais je ne le ferai pas ; j'ai préféré me faire un cadavre exquis avec tous les mots que tu as mis en majuscule que j'hésite encore à soumettre à publication, avec ou sans chapeau.

Ton poème il va être compliqué à commenter, parce que c'est riche et bondissant, profond et réfléchi, ça donne tellement matière à réflexion qu'on pourrait prendre des heures à analyser chaque phrase, chaque référence, chaque majuscule pour en ressortir quelque chose, et je ne pense pas que ce soit le but. Et en même temps à te lire, tout est dit... enfin lu... ton écriture semble différente, ici, en retrait, comme si le propos prenait le pas sur l’artiste, il y a l’irrévérence et pourtant une délicate pudeur presque douloureuse. Ça renvoie à tout… ça renvoie à rien. On voit que l'auteur est passionné, et c'est bien ! Par l'art, par le sujet qu’il maitrise bien si tant est qu’on puisse réellement maitriser quelque chose qui se veut à ce point détaché de toute convention, ce dont je doute, par un peu tout ce qui compose ce texte de la politique aux hannetons, en passant par plus ou moins tout ce qui se trouve entre, par le néant et par la vie aussi. On sent la préoccupation humaine (la souffrance) qui pour moi est le premier moteur, ou qui devrait l’être, si... DADA est-il un devoir de mémoire ?
En ce cas, tu lui rends un hommage vibrant, pluriel, concave, essentiel (dans tous les sens du terme) et balayant.

Sinon, comme de toute façon Dada n’aime pas Dada, j’aime pas Dada 2.0… Donc je ne commente pas, non plus.
Il l’a bien mérité. Et toi aussi !

Au plaisir de te lire, et bonne continuation !


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