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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 60)
 Publié le 17/06/10  -  12 commentaires  -  2422 caractères  -  361 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment.


Fragment du crépuscule (morceau 60)



Trompées par le voisinage familier du jour et de la nuit, nos âmes trempées de liqueur d’or, se troublent aux premiers rayons de soleil, aux premières gouttes du crépuscule.


Reliquats de nos mystiques à pointes de silex, l’outre céleste est percée de ses propres éperons et le merveilleux, coule,

aux premières odeurs de pluies,

flaque gisante, flasque monde désappointée.

Bave herculéenne aux babines de l’art perlant et puis ?... Aux racines du soleil. Rosée de suie ou de terre cuite sur les rétines. Éther azur, zéphyr de tranquillité. Hallebardier au visage sourd barre noire masse rouge qui tombe roule comme murs écrasés porteurs de sens et garants de ses ombrages chauds aussi bien que de ses propres tranchants. Panorama amovible de la phonétique et des images, impressions persistantes. Dualité duplique sectionnée au nez à l’œil, aux facettes de la chromatique… Rendez-vous est donné. Nous croyons voir…

L’objet, mirage, est une hache réverbère. Soupçonneux et vaseux, nous nous tenons en faction sceptique devant les interfaces des vagues et les assauts du multiple, puis

bernés, nous appelons le réel illusions ; et nous déclamons les sons bruts, les pensées claires, les trois couleurs primaires, réalité.

Pourtant, un mégot de verre, un tintement imprévisible, un éclair irréfléchi, un prisme inaperçu tombé sur un coin de lèvres, un rayon envisagé peut à chaque instant trancher la terre, brouiller les pistes les plus sûres, mettre le feu aux poudres, faire exploser le cadenas d’une respiration, libérer des figures insoupçonnées, enluminer ou noyer des continents, embraser ou faire pourrir les semis précieux d’un millénaire aux frontispices engloutis de l’enfer inavoué et de ses paradis…

L’arbre du clair-obscur cache la vie.

À nos entendements, le tout ne sera toujours que fragment germinal, friches inouïes, chapelets, jeux de clefs, bruits de serrures, lever de rideaux, actes, artefacts, incendies, vie animale, souvenirs caducs et écrin de ciel, saveurs soyeuses de seigles, de grain de sang, granges colorées, ramassis de chaleurs, mobiles ou débarras à émotions, vérité délavée, engourdissement de foison incomprise, buste chancelant de sons, de moissons, de floraisons amputées, aigles d’influx, saisons aux poitrines de méduses mises en perspective, en mouvement ou en lumières.


 
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   Lunastrelle   
4/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une lecture qui me transcende, je me retrouve devant quelque chose d'impalpable, je ne peux pas lire avec assez d'objectivité... Tellement c'est merveilleux et magique... Et cet univers dans lequel j'ai voyagé, j'ai adoré, j'ai adhéré...

Ce texte provoque sans vraiment le faire, c'est à dire qu'il en met "plein la vue", mais que c'est naturel, que c'est fait avec une main de maître... C'est... J'en perds un peu mon latin...

Bon, il y a certains passages qui me plaisent moins que d'autres, à savoir cette partie là:

"A nos entendements, le tout ne sera toujours que fragment germinal, friches inouïes, chapelets, jeux de clefs, bruits de serrures, lever de rideaux, actes, artefacts, incendies, vie animale,..."

Mais juste après je replonge sans problème dans ce monde qui est le vôtre... Ce passage me cause moins peut-être à cause des mots employés peut-être, ou de la manière dont c'est fait... Et puis la phrase dans son ensemble est très longue, après voilà, cela ne dérange pas plus que ça...

"Panorama amovible de la phonétique et des images, impressions persistantes": celui-là, je le retiens tout particulièrement, c'est l'image la plus criante de tout le poème, pour moi...

   jamesbebeart   
17/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte inondé de lumière dont le champ lexical m'est familier, qui nous éclaire seulement par endroits. J'ai pensé en vous lisant au réel voilé de la physique quantique... Je relève en particulier : " Dualité duplique sectionnée au nez à l'oeil... L'objet mirage est une hache réverbère.. un rayon envisagé... les semis précieux d'un millénaire aux frontispices engloutis... ramassis de chaleurs... débarras à émotions... aigles d'influx. J'ai bien aimé le côté cosmique du poème où l'on peut s'y lover sans retenue.

   tibullicarmina   
30/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il est bien difficile en quelques lignes de commenter un texte d'une telle richesse. Ce nouveau fragment me semble lui-même composé d'une multitudes de fragments, démultipliant le réel en instants, en éclats successifs et parfois juxtaposés: "un mégot de verre, un tintement imprévisible, un éclair irréfléchi, un prisme inaperçu", et plus loin: "le tout ne sera toujours que fragment germinal, friches inouïes, chapelets, jeux de clefs, bruits de serrures, lever de rideaux, actes, artefacts, incendies, vie animale, souvenirs caducs et écrin de ciel..."
Il en ressort une double sensation d'indécision et de tourbillon. L'indécision, car le réel ainsi fragmenté semble perdre sa cohérence, il s'évanouie: "L'arbre du clair-obscur cache la vie." "L'objet" est un "mirage". Le réel, une "illusion".
D'où un tourbillon parfois effréné: il s'agit de "mettre le feu aux poudres", de "faire exploser", de "libérer".
Une telle vision du réel rend compte de façon originale de ces moments de l'aube et du crépuscule. Plus profondément, n'y a-t-il pas une véritable réflexion sur la connaissance, la capacité de l'homme à connaître, la manière dont il connait? "À nos entendements, le tout ne sera toujours que fragment"...
A cet endroit, la littérature reste au seuil de la philosophie. C'est pourquoi ce texte est beau, s'il est vrai que la beauté en littérature est le fruit d'un art qui consiste à faire sentir une vision du réel à travers les mots. Pari tenu. Merci Larivière

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
J’aime les gouttes du crépuscule… associées au merveilleux coulant aux odeurs de pluies, les reliquats de nos mystiques sont d’une beauté à couper le souffle. Et j’aime le retour des eaux dans tous leurs possibles, comme des larmes jamais taries qui couleraient sur « le poète » sur « nous ».

Bref, un Fragment qui me plait (pour changer) dans ses images multiples (je suis perturbée par la bave herculéenne) et ses contrastes.

Après le raz-de-marée du 58 et le calme reposant du 59, à nouveau un Fragment qui parle d’illusions et de perceptions déformées, de bien et mal… d’ambigüité (brouiller les pistes les plus sûres, mettre le feu au lac, … , libérer des figures insoupçonnées… etc), de littérature, de vie, de coexistence avec soi-même mais pas que...

Par contre je me pose la question de la faction sceptique (septique/sceptique) …

« Dualité duplique sectionnée au nez à l’œil, aux facettes de la chromatique… Rendez-vous est donné. Nous croyons voir… »=> ce vers aurait pu être écrit pour moi tant il est sur le fil de la gémellité, de la personnalité multiple en un seul être… limite schizophrénie et j’aime la puissance dans l’image que ça me renvoie. J’aime beaucoup le côté obscurément conscient du choix des mots « croyons voir ».
Comme un parallèle entre ce que nous « croyons » et la « réalité » que nous supposons. En fait, derrière tout ça la première signification que je trouve est de ne pas nous laisser (puisqu’On m’interpelle) prendre au jeu des certitudes (et je le relaie à l’Art, d'abord, la poésie (puisque pour moi je l'ai déjà dit les Fragments sont mots du Poète) mais que je peux extrapoler à la vie… quelque soit l’axe vital que je suive), de nous remettre en question, parce que les croyances et les acquis ne sont que ce qu’ils représentent (euh… je sais pas si je suis claire pour toi mais je le suis pour moi-même).
Et du coup ça m’évoque un peu malgré moi les discussions fermées sur l’art et l’élitisme, sur l’appartenance à une forme ou l’autre d’engeance et le recul que l’on devrait instaurer avec ceux (celles)-ci… de notre compréhension des choses fondées sur de l'imparfait, de l'infini (à comprendre pas encore fini et pas sans fin).

La hache réverbère me plait pour les mêmes raisons, elle met en avant les confrontations entre certitudes (les assauts du multiple) et choses plus factuelles et nos réactions devant l’intrusion entre les interstices de ces certitudes de petites pointes de doute vacillants…

Oui, une forme de questionnement sur ce que l’on « sait » ou croit « savoir » une manière de dire que nous sommes tous parfois mis face à nos choix et nos décisions, une forme athée de la mise à l’épreuve divine, non ? Mais aussi une forme de remise en question silencieuse de nos propres décisions. Comme si de douter pouvait d’un coup juste tout démolir. Et c’est en ça que ce fragment me perturbe le plus, je trouve que son développement est beaucoup moins « risqué » ou original que les précédents. Les évidences y sont à mon gout trop ancrés dans une enclave de principes ou en tous cas de résidus (et tu sais que j’aime pas ça) judéo-chrétiens de « j’aimerai bien mais j’peux point ». Je suis pas fan de ce côté un peu trop en retenue pour mon caractère. Martyr de l’humanité, je ne te suivrai pas… Mais en même temps c'est tellement fidèle à ce qu'est l'Homme qu'on ne peut que comprendre où tu veux en venir.

Par contre ça : « ramassis de chaleurs, mobiles ou débarras à émotions, vérité délavée, engourdissement de foison incomprise, buste chancelant de sons, de moissons, de floraisons amputées, aigles d’influx, saisons aux poitrines de méduses mises en perspective, en mouvement ou en lumières. » ça me semble nettement plus en accord avec ma vision de la culpabilité ou de la retenue…

Finalement ce fragment demande juste qu’on comprenne qu’on reste quelque part toujours sur sa faim… qu’on renonce sans cesse à quelque chose pour aboutir à autre chose… culpabilité à nouveau, beaucoup de culpabilité… mais après tout, « On » ne peut qu’être coupable de nous-mêmes… Et en même temps, une forme d'aveu de "je suis toujours en train de me construire"...

Encore mouche, donc, pour moi, sans surprise puisque je suis à fond dans les Fragments du Crépuscule depuis le début et que j’y trouve toujours ce souffle d’évidence qu’on préfèrerait ignorer la plupart du temps. Le renoncement. Le défaitisme. L’immobilisme. Le doute. Et l’acceptation de ces derniers toujours avec cette plume magnifiquement sensible et perspicace qui est la tienne. Et la beauté, en pointillés derrière toutes ces déceptions qui n’en sont pas vraiment mais en sont tout de même malgré tout.

Merci Mr River. Bonne continuation. Et au plaisir de te relire (tu pourras te vanter de m’avoir fait stopper ma grève du commentaire en poésie, et c’est déjà pas mal !)... encore et toujours jusqu'à ce que les Fragments se rassemblent pour former un entier qui serait tout de même un Fragment... puisque tout ceci ne s'arrête que quand le poète (le narrateur à FC) s'arrêtera...

Amen!
Es

   Anonyme   
17/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Inspiration et sens de l'interprétation : La balance de l'arc en ciel étamine nos couleurs de la perception sonore lorsque se fracasse les dames odorantes en provenance des utérus bombés et humides. Autant de fractales mouillées, à la poésie bien née, chants sur un parterre de dentelles irisées...

Bien qu'à l'imparfait du texte, les fluides s'accordent à vouloir une bonne note.

   Chene   
19/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Larivière

Ce poème en prose recèle un foisonnement de pensées qui fait voyager le lecteur sur la notion de perception, les sensations, les « illusions d’optique » et le « sens commun » (l’omniprésence du « nous » généralisateur, en renforce la prégnance, j’y reviendrai…).

C’est une approche « du monde » qui fait résonance dans ma propre approche : elle côtoie une certaine philosophie qui ne m’est pas étrangère : la compréhension des phénomènes de perception, des sensations et leur transposition poétique.

« Trompées par le voisinage familier du jour et de la nuit, nos âmes […] se troublent… »

L’introduction immerge immédiatement le lecteur dans l’incertitude de ce qu’il pense voir. Toute approche ou volonté d’explication cartésienne se heurte à une impasse : comme par exemple dans l’analyse du morceau de cire chez Descartes dans la IIième Méditation où le jugement qu’il porte débouche sur une impasse : « … que vois-je de cette fenêtre, sinon des chapeaux et des manteaux qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressort ? Mais je juge que ce sont de vrais hommes… » AT, IX, page 25.

« l’outre céleste est percée de ses propres éperons et le merveilleux, coule,… Nous croyons voir. » : c’est là où vient se loger la perception dans ces interstices difficilement explicables car inconscients.

« Panorama amovible de la phonétique et des images, impressions persistantes » : sentir c’est se remettre à l’apparence sans chercher à la posséder et à en savoir la vérité ; ces sensations sont omniprésentes dans le quotidien de tout un chacun.

« …bernés, nous appelons le réel illusions ; et nous déclamons les sons bruts, les pensées claires, les trois couleurs primaires, réalité »
L’auteur invite le lecteur à dépasser la vision des mots, des images pour aller y puiser autre chose que la réalité, au lieu de « se raccrocher » à une explicitation basée sur des réalités qui peuvent être perçues complètement différemment d’un lecteur à un autre selon le prisme de son vécu, de son rapport au monde, de son expérience. Et là, je suis complètement en phase avec l’auteur et l’illustration énumérative qu’il en fait : « Pourtant, un mégot de verre, […] de l’enfer inavoué et de ses paradis… ». Vouloir expliquer une image perçue par ses propriétés et les éléments qui la composent est une illusion de l’esprit, un jugement qui vient contrecarrer et s’opposer à l’idée de perception, d’impressions et de sensations. On construit l’illusion, on ne la comprend pas. Toute idée de compréhension cartésienne ou intellectualiste (au sens du courant philosophique de « l’Intellectualisme ») venant à décortiquer une « image », une « illusion » est une fausse piste. On ne peut les réduire à leurs composants. Elles s’appréhendent et font sens dans leur globalité, dans leur tout.

« L’arbre du clair-obscur cache la vie ». J’y verrai presque un clin d’œil ;), mais chose certaine, je partage que l’ancrage du clair-obscur ne peut se faire que dans le vécu et ses acquis que nous nommons « expérience de la vie ».

« A nos entendements, le tout ne sera toujours que fragment… »

Je m’interroge sur la position de l’auteur dans le paragraphe de fin.
Veut-il dire que nos perceptions sont un assemblage global de fragments ?
Dans ce cas, je partage et suis en phase avec sa « conclusion » en référence à deux courants de pensée philosophique et psychologique ( la Gestaldt theory de Husserl , Khoeler, Wertheimer et Guillaume et la Phénoménologie de la perception de Merleau-Ponty).

Ou bien veut-il dire que notre approche, notre vision, notre perception ne sont jamais que fragmentaires ?
Dans ce cas, je ne peux être que partiellement d’accord avec l’auteur : l’approche perceptive est composée de deux temps : en premier une « vision » globale du tout – « la forme perçue » – puis vient dans un deuxième temps la perception des éléments qui composent cette forme perçue, éléments qui sont soit « compris », soit ignorés car ne faisant appel à aucune « chose » connue.
Merci à l’auteur de m’éclairer sur ce point de vue.

Pour terminer, j’aurais quelques petits reproches à faire à l’auteur. Quelques libertés ou licences poétiques, comme il voudra, qui ne me sont pas apparues pertinentes, une en particulier : « dualité duplique sectionnée au nez à l’œil », j’ai du mal avec la syntaxe… qui perturbe le sens.
Puis également par moments, une approche singulière de l’emploi de la ponctuation ou d’absence de ponctuation.

Enfin, l’emploi du « nous généralisateur » (même s’il vaut bien mieux poétiquement q’un « on ») tend à accréditer l’universalité du propos. Je pense au contraire qu’il renvoie trop au « sens commun », alors qu’il me semble que justement ce qu’exprime l’auteur est bien loin d’être le sens commun universellement partagé… Il suffit de lire ici même sur Oniris combien une approche perceptive et poétique peut être décriée, voire honnie et vouée aux gémonies.

Ceci étant, ce Fragment n°60 est fort poétiquement mené (en particulier sur les énumérations sensitives) et je l’apprécie d’autant plus qu’il aborde un thème auquel je suis moi-même attaché.

Chene

   aldenor   
20/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je trouve à ce fragment une dimension philosophique plus soulignée. Mais c’est un thème qui revient depuis le premier fragment : les hommes aux « âmes trempées de liqueur d’or », trompés par le monde visible.
Et puis il est question ici de crépuscule, de fragment aussi, venant s’insérer dans ce projet titanesque des « fragments du crépuscule ». Un texte clef en quelque sorte.
Je retiens surtout la première phrase et « L’arbre du clair-obscur cache la vie ». Et la fine définition inversée du réel et de l’illusion. Des moments de grande beauté.
L’idée initiale est poursuivie avec consistance, mais je trouve le fragment inégal tout de même ; certains passages n’ont pas la même force d’écriture et les jeux de sons (flaque/flasque ; dualité/duplique; actes/artefacts ; sons/moissons) me laissent une certaine impression d’artificiel. Trompées/trempées, par contre vient naturellement.
« À nos entendements, le tout ne sera toujours que fragment… ». Il me semble qu’il faudrait dire : À notre entendement, le tout ne sera jamais que fragment…

   brabant   
23/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Larivière,

Ce texte foisonne à tout bout de champ, chant germinatif !

Le lecteur amibe se délecte et se ramasse pareillement dans ses pseudopodes tant sa masse est protéiforme.

Et se demande: Que faut-il faire ?

- Se laisser engloutir en se laissant emporter (couvrir) tout simplement. Tendance hypnose/fascination.

- Ou chercher un/des sens car il y a des balises.
Des balises ? Disons des fanals, halos de lumière dans cette abondance, parfois brûlés, brûlots volontaires ?
"l'outre céleste... la hache réverbère"
Curieux cette outre qui floute et ce réverbère qui tranche !

Oui, mais quel travail !


-- Ce texte se décrypte-t-il à la lumière d'une mystique propre à son seul auteur ?

S'extasier, oui, or donnez-nous les clefs pour décupler notre extase !... Les cachez-vous non pas dessous un pot, mais sous ses fragments. Ou bien cachez-vous plusieurs morceaux de clef sous la pluralité des fragments ? Ce pot est-il de faïence, de porcelaine ou de terre cuite... ou encore ressoudé/recollé composite sur un support de ciment ?

La solution de ce Fragment est mythologique (toison d'or) et alchimique (Inferno). Fragment melting pot joycien ? Echeveau de sens échevelés. Trop de fils ? Ariane a ferré un minotaure dual. C'est mon ressenti.
Joyce pour la multiplicité des sens réminiscents; en revanche, André Pieyre de Mandiargues pour la fluidité musicale et le symbolisme surréaliste. "Ecriture ineffable", réalité et imaginaire mêlés, réalisme et onirisme. "Les sommets dressent des aiguilles et des coupoles de nudité grise, salies de taches noires où le soleil s'agace; un chaos de rochers ouvre au pied de la montagne des géantes faciles et des petites filles déchiquetées qui se bousculent, plus bas, dans le court lapement des vagues." "Soleil des loups".


Faire que l'on se pose ces questions, c'est ouvrir à la poésie... les confidents poètes.

La poésie, philtre doux-amer ?



ps: "qui roule comme murs écrasés". Pourquoi dans une poésie en prose user d'un procédé qui appartient plutôt à la poésie (néo)classique où il a ses lettres de noblesse ? La prose a-t-elle à faire avec les armoiries ?
Ne peut-elle construire son langage propre... et éventuellement ses propres blasons ? (lol)


Vive la Poésie !


Amicalement

brabant

   Anonyme   
21/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
il y a de la lumière sous tous les pores, des vers à fleurs de peaux, un poème qui nous imbibe de sensation.
des images originales, passionnées, accessibles qui nous pénètre.
je n'arrive pas à décrire l'atmosphère, mais une impression de bien-être, mais aussi des envies de souffles.

une lecture sans accroche, fluide, ça coule de source.

   David   
22/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Larivière,

Il y a toujours cette ivresse de lire quand c'est un "Fragment... " Les mots semblent libérés, même si les propos ont souvent un goût carcéral. J'ai bien aimé la dernière partie enchaînant des mots qui sembleraient sans doute dépareillés, ailleurs.

   Anonyme   
23/6/2010
Comme un pinceau sur une toile blanche, Lariviere nous dit l'indicible.

Pour moi, c'est une découverte. J'ai eu beaucoup de mal à « lire » cette toile. Vingt fois j'y suis revenu, vingt fois suis reparti. Puis mon esprit s'est libéré des contraintes littéraires et imaginaires qu'il s'était imposé et, lentement, la toile s'est animée et peuplée d'un kaléidoscope de couleurs, celles de Lariviere et les miennes aussi puisque « nous croyons voir ». Il m'en reste 59 à peindre avec tes couleurs.

   alex2   
12/5/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà ! Là j'ai beaucoup aimé au contraire !
Un fragment qui ne tombe pas dans la facilité de son prédecesseur, tant s'en faut. Un beau flash, bel instantané à coloration poétique et philosophique à la fois. Je savoure par petits morceaux et repasse pour digérer.

« L’arbre du clair-obscur cache la vie. » Vraiment, des formules qui me plaisent, qui retiennent l'attention.


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