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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 66)
 Publié le 26/02/13  -  12 commentaires  -  2223 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur


Fragment du crépuscule (morceau 66)



La religion, c’est-à-dire son concept, ne m’intéresse pas.

L’esprit doit se tenir au-delà des fumées d’encens… L’art, comme Dieu, est une part perçue du miracle biologique, cousu tant bien que mal par des doigts humains sur une petite parcelle de ciel, déjà de trop, sur l’échelle de l’humanité, toujours trop courte…

Être conscient du merveilleux de sa propre existence et de la vie fourmillante qui l’entoure, savoir frissonner avec les semis des primevères aussi bien qu’avec le vent rugueux de l’hiver, cueillir les graves flétrissures du crépuscule avec la même joie que le fruit tendre du jour, ne pas gêner son prochain avec les branches trop ostentatoires de son jardin, partager le pain et les rêves au seul prix conciliable de l’apesanteur, serrer une main que l’on tend ou offrir une main, simplement, à celui qui traverse le passage à gué au même endroit apaisé ; au même instant heureux, à la même heure folle… c’est tout ce qui importe de faire sous l’immense voûte bleue, tantôt azur, tantôt nuit, reliant notre tête aux arcanes gigantesques et nébuleuses de l’Univers ; de son infinitésimale partie que nous voyons ou que nous croyons voir, que nous comprenons ou que nous croyons comprendre…

Le reste n’est qu’une histoire de techniciens… en sciences, en « poétique » ou en grandes illusions…

Alors, à quoi bon perdre son temps,

Air, soleils, ciels et salive ?…

Prouver que l’on est vivant, c’est-à-dire petite partie formidable de ce monde, par la récitation de préceptes théologiques, résulte d’un procédé d’autosuggestion qui constitue, au mieux une simple perte de temps sur l’horloge spirituelle, au pire un exercice de gargarisme mental assez puéril, avec tout ce que cela comporte d’ésotériques et d’incertains, de faillibles et de pernicieux, de périlleux et d’inutiles…

C’est comme si, perdu entre le songe et l’éveil, le souffle coincé entre la nuit des temps et d’hypothétiques lendemains aux aubes d’argent, subjugué par les connaissances moléculaires modernes mais toujours dominé par le flot tenace des superstitions, je me remémorais, sur les conseils de mon médecin, le cycle de Krebs, à chaque respiration…


 
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   jamesbebeart   
12/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Naturellement ce texte me parle ! La biochimie qui gouverne le monde en devenant la grande ordonnatrice des passions humaines s'inscrit dans une démarche que je partage : rendre un peu plus intelligible le monde dans lequel nous vivons. Toutefois l'essai ne me semble pas tout à fait réussi, la conviction de l'auteur ne nous emporte pas suffisamment.

   Marite   
26/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Surprenant, c'est pratiquement le premier "Fragment du crépuscule" où j'arrive à saisir ce qui est exprimé. A la première lecture rien d'obscur, même pas de phrases trop longues et suffocantes, à moins qu'emportée par le fond, la forme se soit faite oubliée.
Disons aussi que dès la première ligne ... j'ai été happée et très curieuse de voir la suite qui ne m'a pas déçue. Au contraire, tout y est clairement exprimé.

"Être conscient du merveilleux de sa propre existence et de la vie fourmillante qui l’entoure, ...
Le reste n’est qu’une histoire de techniciens… en sciences, en « poétique » ou en grandes illusions… "

Bien résumé je trouve.

   troupi   
26/2/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
A la fin de la première lecture il a fallu que j'aille voir ce qu'était ce "cycle de Krebs". Pour la première fois ce fragment m'est apparu lumineux tant il est facile à comprendre et tant il semble vrai, cohérent et bien construit. Puis j'ai eu envie d'en choisir quelques phrases particulièrement bien trouvées mais j'ai vite compris que c'était impossible. Je n'ai pas trouvé une partie, si petite soit-elle que je puisse ne pas sélectionner. Alors là bravo et merci pour cette réflexion un peu plus profonde à chaque relecture.

   Lunar-K   
26/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Lari,

Je suis assez admiratif devant ce mélange parfaitement réussi de poésie et de réflexion. C'est quelque chose que je recherche avidement, mais qui ne se trouve pas à chaque coin de rue hélas... Faut dire que les deux genres sont quasiment réputés inconciliables, entre la soi-disant froide rationalité de l'un et la fantaisie plus ou moins débridée de l'autre, le sensible et l'imaginaire, voire même l'irrationalisme. Je suis donc toujours enchanté de voir que certains parviennent encore à démentir ces a priori selon moi bien trop contraignant.

J'aime beaucoup la comparaison finale entre le cycle de Krebs et les autosuggestions idéologiques dénoncées par ailleurs. D'autant que cette appellation, "cycle de Krebs", présente ce petit aspect mystique ou ésotérique tout à fait adéquat dans ce registre. Elle arrive donc à point nommé pour reprendre et résumer tout le propos en guise de conclusion. Une grande réussite à cet égard (et cela vaut d'ailleurs pour l'ensemble de la construction du texte, cette espèce de ligne argumentative tout à fait limpide et judicieuse à mon avis).

Maintenant, si la construction argumentative se tient bien, je ne suis pas convaincu pour autant par ce qu'elle véhicule. Pour reprendre à nouveau la comparaison finale, aussi éclairante soit-elle, il n'empêche qu'elle ne me paraît guère imparable, loin de là. Il me paraît tout de même fort réducteur de mettre ainsi sur un même pied les processus biologiques et les processus "culturels". Quand l'un peut très bien se passer de toute sorte de signification (et s'en passe effectivement, à moins d'entrer dans des considérations téléologiques totalement fumeuses), l'autre au contraire me paraît inextricablement lié à la question du sens. Les illusions en ce sens me semblent pouvoir être fécondes, à cette condition bien sûr de savoir où les placer. Et sans doute est-ce là l'un des torts de la religion, de vouloir faire sens de ce qui ne peut en avoir (ce que tu appelles, je crois, "miracle biologique").

Bref, ce que tu cherches ici à dénoncer ne me paraît pas si évident. S'agit-il des illusions "techniciennes" en général, auquel cas je ne peux clairement pas être d'accord ; ou bien les illusions de type "biologique", c'est-à-dire abstraite et a priori, homogénéisante en ceci qu'elles viennent organiser l'expérience concrète avant même qu'elle n'ait eu lieu ? Il me semble clair qu'il y a bien dans ce texte une sorte d'apologie de l'expérimentation vitale. Mais c'est ce qu'on peut ou ne peut en faire qui m'échappe quelque peu. Je ne crois pas qu'il soit vraiment possible ni même souhaitable de simplement se laisser vivre en renonçant à toute forme d'investissement significatif de l'expérience, à toute forme de "technique" (qu'elle soit artistique, humaine, religieuse, philosophique...).

Enfin voilà, en gros, les quelques interrogations qui me viennent à la lecture de ce texte. Soit que le fond lui même fasse débat, soit que la façon dont le débat est ici ouvert manque parfois d'une orientation vraiment claire.

M'enfin, malgré cela, et même si je ne suis (peut-être) pas tout à fait d'accord avec ce que tu dis ici, ça reste un très bon texte à mon avis, vraiment plaisant et intéressant.

Bonne continuation !

   Mona79   
1/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle merveille que cette prose poétique avec son réalisme sous-jacent, son esprit philosophique avéré et la poésie toujours présente pour baigner le tout ; curieux mélange qui donne un résultat fort agréable à l'oreille comme à l'esprit.
C'est rempli d'un bon sens que l'on ne peut nier, selon ses convictions, c'est évident. Les miennes rejoignent les vôtres, mais ne savent pas aussi bien s'exprimer :

"...cueillir les graves flétrissures du crépuscule avec la même joie que le fruit tendre du jour, ne pas gêner son prochain avec les branches trop ostentatoires de son jardin..."
Quand le commun voisine ainsi avec le sublime, on communie avec le texte, on est comblé.

Je le suis. Merci à vous.

   LeopoldPartisan   
2/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
voici ma fois un bien beau texte parfaitement maîtrisé qui fait la preuve que le véritable humanisme a encore de beaux jours devant lui. C'est volontairement non polémique et quelques part profondément spirituel (dans le sens empreint d'une véritable spiritualité humaine qui ne doit rien au divin).
J'aime simplement parce que c'est lui et parce que c'est moi...

   Anonyme   
3/3/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je crois que c'est la première fois que je lis les commentaires sur un texte avant de pondre le mien.
à ma décharge, le texte est court et j'ai été surpris par l'apparition des plumes :-)
de fait, il se lit d'un coup d'oeil, comme on regarde passer une fille

pourquoi cette réflexion sur les commentaires ? Parce que je n'ai pas compris le texte comme "humaniste" ni gentil, pas du tout...
"ne pas gêner son voisin avec les branches trop ostentatoires de son jardin", ce n'est pas mignon tout plein ni même respectueux, c'est juste logique (et prudent)
simple exemple

Je serais moins d'accord avec le "subjugué par les connaissances moléculaires modernes mais toujours dominé par le flot tenace des superstitions"
La "science" est née des superstitions. Elle est elle-même une forme de superstition et nous sommes bien loin de lui échapper, à cette superstition là. Elle est tenace, la croyance au "progrès". Le progrès, c'est comme la liberté. Plus on parle de liberté, moins il y a de libertés; plus on parle de progrès, moins on progresse en réalité.
Pensons simplement, bête souvenir contemporain, à Hwang Woo Suk, chercheur fêté par "Science", revue scientifique de référence, pour son extraordinaire "progrès" dans le clonage de cellules souches humaines à usage médical... et puis baoum ! c'était tout du bidon ! Pas plus de "découverte" majeure que de... ce que vous voulez...
Le besoin de se sentir "en progrès", "meilleur plus fort qu'autrefois" est une forme de superstition particulièrement pernicieuse.

à part ça, le texte est clair, plaisant à lire
j'ai regretté qu'il soit si court, c'est tout dire !
j'aime sa clarté sous les "arcanes gigantesques et nébuleuses de l'Univers" et son humilité bienvenue ainsi que son manque d'apitoiement sur soi-même


NB : en ma qualité de superstitieux majeur, le concept de religion me fascine mais nous ne sommes pas là pour entamer une quelconque polémique...

   tchouang   
5/3/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
bonjour. ce texte assez didactique et lourd ne me semble que lointainement relever de ce que j'appelle "poésie". si le sujet vous intéresse, lire maitre eckhart ou tchouang tseu.

   Pouet   
9/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si
"savoir frissonner avec les semis des primevères aussi bien qu'avec le vent rugueux de l'hiver"
n'est pas de la poésie alors je ne sais pas ce que c'est...

D'accord avec le fond, admiratif de la forme, voici un texte qui me parle.

Je citerais un dialogue de "La Haine", film de Kassovitz, "Il ne faut pas se demander si on croit en Dieu mais si Dieu croit en vous".

   wancyrs   
11/3/2013
Salut Lari,

excuse moi pour ce que je vais faire, mais ce n'est que mon opinion. Je trouve la progression de la réfléxion pas à mon goût. En fait ce n'est pas la progression en elle-même qui est un problème, mais la disposition des paragraphes qui font croire que le tout est un peu tiré par les épingles, mais ce n'est que mon opinion... Ce que je vais proposer relève de l'intuition, cette sensation inexpliquable qui pense que les choses devraient de dérouler ou arriver d'une certaine façon. je ne toucherai pas à un mot du texte, mais je disposerai les paragraphes comme ceci :


La religion, c’est-à-dire son concept, ne m’intéresse pas.

Prouver que l’on est vivant, c’est-à-dire petite partie formidable de ce monde, par la récitation de préceptes théologiques, résulte d’un procédé d’autosuggestion qui constitue, au mieux une simple perte de temps sur l’horloge spirituelle, au pire un exercice de gargarisme mental assez puéril, avec tout ce que cela comporte d’ésotériques et d’incertains, de faillibles et de pernicieux, de périlleux et d’inutiles…

C’est comme si, perdu entre le songe et l’éveil, le souffle coincé entre la nuit des temps et d’hypothétiques lendemains aux aubes d’argent, subjugué par les connaissances moléculaires modernes mais toujours dominé par le flot tenace des superstitions, je me remémorais, sur les conseils de mon médecin, le cycle de Krebs, à chaque respiration…

L’esprit doit se tenir au-delà des fumées d’encens… L’art, comme Dieu, est une part perçue du miracle biologique, cousu tant bien que mal par des doigts humains sur une petite parcelle de ciel, déjà de trop, sur l’échelle de l’humanité, toujours trop courte…

Être conscient du merveilleux de sa propre existence et de la vie fourmillante qui l’entoure, savoir frissonner avec les semis des primevères aussi bien qu’avec le vent rugueux de l’hiver, cueillir les graves flétrissures du crépuscule avec la même joie que le fruit tendre du jour, ne pas gêner son prochain avec les branches trop ostentatoires de son jardin, partager le pain et les rêves au seul prix conciliable de l’apesanteur, serrer une main que l’on tend ou offrir une main, simplement, à celui qui traverse le passage à gué au même endroit apaisé ; au même instant heureux, à la même heure folle… c’est tout ce qui importe de faire sous l’immense voûte bleue, tantôt azur, tantôt nuit, reliant notre tête aux arcanes gigantesques et nébuleuses de l’Univers ; de son infinitésimale partie que nous voyons ou que nous croyons voir, que nous comprenons ou que nous croyons comprendre…

Le reste n’est qu’une histoire de techniciens… en sciences, en « poétique » ou en grandes illusions…

Alors, à quoi bon perdre son temps,

Air, soleils, ciels et salive ?…


Désolé, je peux pas plus expliquer... quant au message, j'adhère complètement. On perd tellement de temps à essayer de réciter les préceptes théologique qu'on oublie de les incarner. Le Christ a condensé tous ces préceptes en deux seuls : aime ton Dieu et aime ton prochain comme toi-même. En l'amour de l'autre comme en l'amour de soi-même, on évite de perdre bien du temps...

Cordialement,

Wan

   Anonyme   
11/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Larivière. Mieux vaut tard que jamais, je parle bien entendu de ce commentaire quelque peu tardif mais pour autant sincère.

Pour moi tout est résumé de façon magistrale dans ce fragment de Fragment et c'est aussi ma façon de voir les choses...

"Être conscient du merveilleux de sa propre existence et de la vie fourmillante qui l’entoure, savoir frissonner avec les semis des primevères aussi bien qu’avec le vent rugueux de l’hiver, cueillir les graves flétrissures du crépuscule avec la même joie que le fruit tendre du jour, ne pas gêner son prochain avec les branches trop ostentatoires de son jardin, partager le pain et les rêves au seul prix conciliable de l’apesanteur, serrer une main que l’on tend ou offrir une main, simplement, à celui qui traverse le passage à gué au même endroit apaisé ; au même instant heureux, à la même heure folle… c’est tout ce qui importe de faire sous l’immense voûte bleue, tantôt azur, tantôt nuit, reliant notre tête aux arcanes gigantesques et nébuleuses de l’Univers ; de son infinitésimale partie que nous voyons ou que nous croyons voir, que nous comprenons ou que nous croyons comprendre…"

Merci Larivière...

   Anonyme   
13/6/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
il y a de belles images et pourtant je me suis ennuyée, je n'aime tout simplement pas quand le poème se perd dans une grande réflexion et du coup le rend froid.
la 3ème strophe sur la beauté du monde, du quotidien aurait pu me faire rêver mais on est dans le jugement, et c'est banale et puis c'est tellement logique enfin selon moi que les petits quotidiens ordinaires peuvent être extraordinaires:

"Être conscient du merveilleux de sa propre existence et de la vie fourmillante qui l’entoure", oui...si on veut, on en est tous conscients mais tout n'est pas si facile (comme dirait une chanson)

je n'ai pas été embarqué, ça manque de vie, tu racontes pas tu expliques donc à ma lecture je n'ai pas été porté par l'émotion.


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