Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
Lebarde : Vœu pieux
 Publié le 15/02/24  -  11 commentaires  -  1180 caractères  -  227 lectures    Autres textes du même auteur

Remettre cent fois sur le métier et toujours vouloir y croire.


Vœu pieux



Dans les temps très anciens, on naissait par hasard,
Mourait sans préavis, rarement sur le tard,
Sous les pattes d’un ours qui griffaient les entrailles
Et fracassaient les os sans autres funérailles.

Les morsures de loups et celles des serpents,
L’épée et le bâton, armes des guets-apens,
Les anthrax et bubons, avaient tôt fait d’occire
Et d’envoyer au ciel et le gueux et le sire.

Le temps prenant le temps de distiller la mort
Voulut aider le faible et protéger le fort
Des fièvres et virus, des coups et des blessures
Par baumes, potions et multiples armures.

Malgré tous ses efforts, force est de constater
Qu’on n’en voit pas le bout. Comment jamais lutter
Contre un crabe sournois dévoreur de viscères
Ou des esprits malins qui nourrissent les guerres ?


Est-ce trop demander, mais c’est mon vœu pieux,
À l’écart des conflits et germes vicieux,
De vivre simplement d’amour et de tendresse.
Quel bonheur ce serait de mourir de vieillesse !


___________________________________
Texte avec un mot changé avant publication.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Eki   
28/1/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Du coeur à l'ouvrage pour le texte au corps à l'outrage pour le thème...
Peut-on de nos jours tout écarter du chaos du monde pour vivre bien, mieux ? peut-être avec des oeillères...
"Des esprits malins qui nourrissent les guerres"...s'il n'y avait qu'eux, ce serait un moindre mal.

Une retraite pénarde, une vieillesse sans embûches...et mourir de sa belle mort...
On vit plus vieux mais est-ce toujours en bonne santé ?
Mourir de vieillesse, ok ! mais jusqu'à quel âge ? Je déborde du thème là.

Un texte spontané où l'auteur nous fait part de ses pensées avec sincérité mais qui n'aboutit pas pour moi à un jaillissement poétique, je suis désolée de ce ressenti...peut-être que ce thème ne s'y prête pas.

Je laisse le soin aux experts d'apporter de meilleures appréciations sur la forme classique.

   poldutor   
28/1/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour
Ah, mourir de vieillesse entouré des siens, n'est-ce pas le rêve de tous ?
Vous dressez un catalogue (presque) exhaustif des (très) nombreuses façons de mourir dans l'histoire ! Et toutes les manières que vous citez dans vos trois premiers quatrains sont maintenant quasiment éliminées, mais hélas les deux dernières citées dans le quatrième sont toujours d'actualité.
Votre dernier quatrain à de loin ma préférence !
Bravo.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Damy   
15/2/2024
(commentaire hors propos supprimé par moi-même)

   Miguel   
5/2/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Quel dommage que ce "qui ouvraient" fasse hiatus ! Je n'ai rien, esthétiquement, contre l'hiatus, mais il est banni de la prosodie classique. Sinon ce texte plein de charme et de délicatesse, qui sait évoquer les temps anciens avec un vocabulaire en rapport, qui déplore que les efforts humains contre la mort rencontrent toujours des obstacles, est quand même un peu pessimiste : sous nos climats, du moins, on meurt souvent bien vieux (jusqu'à quand, c'est une autre question).

   papipoete   
15/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Lebarde
Dans l'temps, on s'faisait pas vieux ; entre les maladies, les bêtes féroces et les embuscades en rase-campagne, en plein milieux d'un bois ; on trépassait de bonne heure ; le gueux de n'avoir que faim, le sire de trop se baffrer ( Coluche n'existait pas encore )
On inventa ce qui put apaiser un mal, cicatriser une plaie au corps ( au coeur, ça attendrait ! )
Demain, ne pourrait-il pas être empli d'amour, de tendresse ???
NB bien sûr que la conclusion est tellement utopique ( on se fait déjà la guerre entre frères, sous le même toit, de l'autre côté de la table... ) et côté maladie, peste et choléra trouvent remplaçant sans petite-annonce ; côté vie quotidienne, un chauffard nous guette au tournant...et celui-là qui attend dans le hall d'immeuble avec sa came en réclame !
je pense qu'il faut composer AVEC, et espérer que la règle de l'Alternance et joie fasse pencher la balance vers JOIE, mais cela ne marche guère hélas.
j'aime bien les 3 premières strophes, dont l'illustration est très parlante ( pour manant comme pour messire/ songer à la mort de Louis 14 ! )
la conclusion fait si " bisounours " mais rêvons, comme dît Martin Lutther King...
Techniquement, si les alexandrins alignent bien leurs 12 pieds, je constate d'entrée, ( selon le Littré )
1er vers ( an/ci/ens ) en diérèse = 13 pieds ?
demander à COX...

   Graoully   
16/2/2024
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonjour,

Quelques menues réflexions à la lecture de votre texte qui n'est pas aussi léger qu'on pourrait le croire de prime abord :

Le titre est bien choisi, car il s'agit véritablement ici d'un vœu pieux, puisque guerre et maladies continueront sine die de jouer leurs funestes rôles dans la démographie mondiale.

"Sous les pattes d’un ours qui griffaient les entrailles
Et fracassaient les os sans autres funérailles."

Le premier quatrain aborde apparemment les temps préhistoriques, mais une erreur factuelle s'y glisse : les recherches des spécialistes de ces périodes reculées ont prouvé que nos ancêtres - y compris les néandertaliens, puisque nous possédons certains de leurs gènes - avaient une sensibilité telle qu'ils prenaient soin de leurs morts ; ainsi une forme de funérailles existait-elle déjà. Les premiers rites funéraires consistaient notamment à préserver le corps des défunts des velléités des prédateurs. Les plus vieilles tombes ont 100 000 ans ; les cimetières proches des nôtres ont près de 10 000 ans.

"Le temps prenant le temps de distiller la mort
Voulut aider le faible et protéger le fort"

Ce n'est pas le simple, inexorable et passif écoulement des siècles qui aida à combattre les maladies et juguler les épidémies, mais c'est la science, le progrès, le génie humain, incarnés notamment par la vaccination, quoi qu'en pensent nombre d'imbéciles aujourd'hui.


"Malgré tous ses efforts, force est de constater
Qu’on n’en voit pas le bout. Comment jamais lutter
Contre un crabe sournois dévoreur de viscères
Ou des esprits malins qui nourrissent les guerres ?"


(la suite effort/force est assez malheureuse)
En effet, un homme qui naît est tôt ou tard appelé à mourir, nous sommes tous des cadavres en devenir, etc, etc. Bien. Mais, si l'on n'a guère trouvé de vaccin contre le cancer, on en a trouvé bien d'autres qui permirent de mettre fin à quelques pandémies ; au moins de restreindre considérablement le nombre des victimes. Et, globalement, - même si cela semble difficile à croire, après les chocs des deux guerres mondiales -, sur la longue durée l'espèce humaine contemporaine succombe moins aux maladies et à la violence qu'il y a deux, trois, quatre siècles, etc...

Le dernier vers, et l'ensemble du quatrain qui le prépare, a quelque chose de très amusant dans sa fausse candeur. Fausse candeur, car il ne me semble pas qu'on puisse raisonnablement penser vaincre un jour définitivement microbes et casus belli.

Quant à la forme, elle n'est ni mauvaise ni excellente. Le poème reste sympathique. Mais j'ai lu d'autres textes de l'auteur qui me paraissent supérieurs en tous points.

G.

   Cristale   
16/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Bonsoir Lebarde,
"Est-ce trop demander ?" Mais demander à qui ? That is the question.
La versification est correcte mais je ne suis pas conquise par le fond un peu trop dur pour moi de par les images et situations évoquées : des macchabées, des vilaines bêtes, des méchants guerriers, des maladies pas gentilles du tout, des guerres immondes et le cancer dévoreur.
...Sans doute qu'à cause de mon romantisme et mon penchant pour la poésie éthérée je n'ai pas su apprécier ce poème à sa juste valeur, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop mais je me dois, je vous dois, d'être sincère.
J'aime bien les derniers vers :
"Est-ce trop demander...
...
De vivre simplement d’amour et de tendresse.
Quel bonheur ce serait de mourir de vieillesse !"

   Cox   
16/2/2024
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
La guerre c'est mal, pis le cancer, c'est pas bien.

La forme rigoureuse, que je salue, ne suffit pas pour moi à rattraper un fond très convenu. Le message me parait assez lénifiant, et l'idée n'est pas vraiment plus élaborée qu’un discours de miss France. Sans les alexandrins, ça donne :
"Hier, la mort c’était ben triste. Aujourd'hui, moins mais quand même un peu. Et je dis que si c’était moins pire, ce serait quand même vachement mieux"
La versification ne suffit pas pour moi à camoufler le peu de profondeur du propos, et j'ai du mal à retirer quelque chose de ma lecture.

Je ne trouve pas beaucoup de souffle poétique non plus, et le style me parait assez plat, au long de cette énumération de vilains trucs. Tout est balancé sur le même mode, sans grand sens de rythme ou de gradation, ce qui affaiblit largement l'impact de tous les fléaux listés. Tous ces éléments sont mis entièrement sur le même plan, quoiqu’ils aient bien peu de choses en commun en dehors de leur létalité ; le texte manque de relief pour moi.

Il y a des formules qui m'ont plu malgré tout, comme "on naissait par hasard, / Mourait sans préavis". Et, comme toujours dans la catégorie, on ne peut que respecter l’effort prosodique !

Désolé pour cette fois, et au plaisir de vous retrouver sur un autre texte que la forme impeccable saura mieux servir !

   Provencao   
16/2/2024
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonjour Lebarde,


"Les morsures de loups et celles des serpents,
L’épée et le bâton, armes des guets-apens,
Les anthrax et bubons, avaient tôt fait d’occire
Et d’envoyer au ciel et le gueux et le sire."

J'ai eu beaucoup de difficultés à accepter, à apprécier ses mots usités. J'y ai lu
une gerbe de termes, de mots, de vers neutres qui fusent dans toutes les directions ...des vers qui font entendre l'éventuelle subtilité du sens, l'image intérieure et les nuances infinies....

Je n'ai pas saisi l'impalpable, le sublime dans votre poésie .

J'en suis désolée. Une autre fois.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Marite   
16/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
En quelque sorte voici une façon poétique de résumer la Vie des humains depuis fort longtemps. Bien apprécié le rythme et les mots utilisés pour pointer des maux qui n'ont plus cours de nos jours mais ont été remplacé par d'autres ... Le dernier quatrain me séduit car il reflète la philosophie de vie que je m'efforce d'appliquer en cette fin de septième décennie et je fais donc mien ce "Voeu pieux".

   Ercel   
18/2/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour,

Un petit commentaire, certes très très très subjectif, sur ce poème qui est à mon idée assez représentatif de ce qui me déplaît presque à chaque fois dans cette catégorie classique. Je les lis rarement jusqu'au bout, car pour être franc, ils m'ennuient dès la première strophe. Comme j'ai fait une exception pour celui-ci que je trouve plutôt intéressant, je précise donc ma pensée.

- D'une manière générale, j'ai toujours l'impression que le choix des mots est artificiel... Par exemple, je n'aime pas beaucoup les expressions "mouraient sans préavis", " force est de constater", "et multiples armures" ou "comment jamais lutter". Mais comme je l'ai dit, c'est subjectif.

- Je suis plus gêné pour la structure syntaxique assez emberlificotée de certaines phrases : l'énumération du vers 12 me semble peu naturelle privée de ses déterminants. Mais c'est surtout la dernière phrase qui me dérange le plus, notamment les mises en incises des deux circonstanciels. J'ai aussi du mal avec cette phrase : "Malgré tous ses efforts, force est de constater // Qu’on n’en voit pas le bout" (notamment le pronom adverbial "en").

- Après, les exigences de la poésie classique en matière de prosodie conduisent parfois à des choix que je trouve peu élégants. L'allitération en [R] des vers 2 et 15, le télescopage "efforts, force est", et même la diérèse sur pi/eux" (contrairement à vi/cieux qui passe bien) sonnent mal à mon oreille.

Bref, il me faut toujours lire (si je vais au bout) ce genre de poème deux ou trois fois pour en appréhender le sens parce la fluidité du texte (ici le récit) ne me paraît pas assez évidente.

Après, pour la défense de ce poème, on pourra me rétorquer que c'est du chipotage, et surtout que c'est autrement plus abscons quand on lit du Malherbe ou du Chénier. Je ne dirai pas le contraire.

En outre, on trouve ici quelques subtilités que j'ai bien appréciées, notamment les antithèses "faible / fort" ou "dévoreur / nourrissent". Le thème me plaît, notamment dans les trois premiers quatrains. Quelques petites pointes d'ironie sont décelables ça et là, ce qui change du ton souvent larmoyant privilégié dans cette catégorie.

Et j'applaudis bien entendu des deux mains pour la rigueur sur le plan de la versification. Je suis moins rigoureux avec mes propres textes, je le confesse.


Oniris Copyright © 2007-2023