Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Lhirondelle : Et si j'étais
 Publié le 18/12/10  -  13 commentaires  -  1495 caractères  -  249 lectures    Autres textes du même auteur

...


Et si j'étais



Si j’étais un instant je serais l’heure exquise
Celle en peau de frissons où chavirer, conquise.
L’un des sens ? Le toucher… apprendre le chemin,
Sur le bout de mes doigts, des lignes d’une main.

Si j’étais une fleur, un gentil coqu’licot
Aux pétales vibrant sous un tendre bécot.
La boisson ? Un café - l’expresso, la noisette -
Celui que l’on partage au zinc d’une guinguette.

Un parfum ? À l’éveil - fragrance évaporée -
Rémanence d’antan aux senteurs « chicorée ».
Un bruit ? Un doux murmure en de touchants aveux
Filant sur une étoile où se tissent les vœux.

Si j’étais musicien : le divin Yann Tiersen ;
Et un conteur ? Ce cher Hans Christian Andersen,
Savoir faire rêver, comme lui, chaque gosse
Ou bien Charles Perrault et sa fée carabosse.

Et si j’étais un peintre… un impressionniste
Pour rebroder le jour d’une touche d’artiste.
Un écrivain ? Delerm… offrant à déguster
La vie comme une bière au plein cœur de l’été.

Si j’étais la couleur ? Les plus doux camaïeux
Pailletés de désir dans un regard soyeux.
Un fruit ? La perle rouge - amarelle ou griotte -
La noire « de Meched » que sur l’arbre on boulotte.

Si j’étais un marchand ? Je poudrerais le rêve
De sable doux et fin prélevé sur la grève.
Un oiseau ? Devinez !… Au chant un peu badin,
Il s’en revient, fidèle, égayer le jardin…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
30/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai plutôt apprécié ce portrait chinois, riche en couleurs, fragrances, musiques ...

"L'un des sens" : joli jeu de mots. J'ai bien aimé aussi "en peau de frissons", "une étoile où se tissent les voeux", "rebroder le jour d'une touche d'artiste", "pailletés de désir".

Plusieurs bémols cependant :
- "gentil coqu'licot" : plutôt que cette unique licence (même en clin d'oeil à la chanson), j'aurais préféré me passer de l'article ;
- "impressionniste" : pour le coup, la diérèse ultra-classique et désuète a un peu dérangé ma lecture, je la trouve trop artificielle dans ce texte aux accents plus "néo" que classiques ;
- "boulotte" : un verbe que j'ai trouvé un peu familier ici
- et la chute, sympathique mais manquant un peu de relief à mon goût.

Au final, une lecture agréable, sans plus.

   Arielle   
23/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un "questionnaire de Proust" bien sympathique dans lequel je me reconnaîtrais bien volontiers mais je ne lui trouve pas beaucoup d'originalité ni dans sa forme ni dans ses images sauf dans la première strophe et dans :

"Si j’étais un marchand ? Je poudrerais le rêve
De sable doux et fin prélevé sur la grève. "

Edition :
En relisant je trouve bien sévère ma première appréciation. Je devais avoir un caillou dans mon soulier ce jour-là ! La spontanéité, la fraîcheur ont parfois plus de prix que l'originalité.

   Chene   
2/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Il y a dans ce "portrait chinois" plusieurs éléments qui m'apportent un bon bouquet de fraîcheur.

Tout d'abord la forme en est ciselée, ses alexandrins sont impeccables. C'est devenu rare en espace lecture... Les rimes sonnent bien et coulent naturellement et d'elles-mêmes.

Sur le thème ensuite : 7 strophes qui se parcourent sans que la contrainte inhérente au thème du portrait (la répétition du "si j'étais") n'alourdisse en rien le propos grâce notamment à la richesse du vocabulaire (j'ai appris une variété de cerise que je ne connaissais pas... "la noire de Meched"), grâce également à la qualité de la ponctuation (ça méritait d'être souligné).

Un condensé de fraîcheur, un rien primesautier et plein de gaîté.

Très, très agréable lecture. Merci

Chene

   Marite   
19/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce long poème est très agréable à lire. Il éveille en moi l'écho d'une très ancienne chanson dont j'ai un peu oublié les paroles mais c'était aussi une litanie de "si ..." enfin je crois, il y était question d'un pêcheur, d'un chasseur, ... etc et d'une Belle ! Peut-être certains Oniriens la connaissent ?
Cela dit, j'ai apprécié la construction des strophes qui permet d'éviter une trop grande répétition des "si..." en commençant le troisième vers par une simple question. Je n'en ai pas de préférée. Elles me plaisent toutes (les strophes).
************************
Edition
Voici les paroles de l' air ancien que ce poème a ramené au devant de la scène de ma mémoire:
Si tu étais poisson dans un étang (bis)
Je m'ferais pêcheur pour te pêcher
Je pêcherais la Belle par amitié.

Si tu étais biche dans le bois (bis)
Je m'ferais chasseur pour te chasser
Je chasserais la Belle par amitié

Si tu étais malade dans ton lit (bis)
Je m'ferais médecin pour te soigner
Je soignerais la Belle par amitié

Si tu étais morte dans ton lit (bis)
(là je ne suis pas sûre de la répétition des derniers mots)
Je me ferais ange au Paradis
Et j'ouvrirais la porte à mon amie

Et La mélodie est très simple:
do - do - ré - mi - fa - sol - sol - fa - sol - ré (bis)
mi - fa - sol - fa - ré - mi - do - do -si - do - ré
mi - fa - sol - fa - ré - mi - do - ré - si - do

Il y a sans doute encore d'autres paroles ... C' est un air breton ... enfin, je crois ???

   bulle   
9/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Débuter le texte par l'heure exquise m'a aussitôt renvoyée à Verlaine.

Ce portrait chinois ouvre large sur de belles palettes colorées, qui relève de l'intemporalité.
En fait, j'ai ressenti le conte de fée complété par la contemporanéité.

L'ensemble est passionnel, agrémenté d'une touche d'hédonisme (référence à Delerm et sa première gorgée de bière).

Il se dégage-là un bien-être mais aussi le désir de l'offrir, de le partager, de l'inculquer.

J'accroche cependant sur la contraction de coqu'licot, que j'ai trouvée déplacée dans cette harmonie.

Un lecture très agréable, musicale à souhait, et délicate.

   Anonyme   
18/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le questionnaire proustien transformé en comptine, support d'une rêverie très poétique. J'apprécie le strophe de l'oiseau revenu au jardin. Tout ceci sans forcer, en douceur, sans heurter.

   tibullicarmina   
21/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Chère Hirondelle, un petit retour sur Oniris après une longue absence me donne le plaisir de goûter ton poème. Ce jeu du "si j'étais" connut une grande vogue en France vers le temps de la Fronde, à l'âge d'or de la préciosité et de l'hôtel de Rambouillet. Préciosité relevée dans ce poème par la richesse et l'abondance du vocabulaire, la diversité des rimes et la musicalité de la prosodie : ton poème, s'il ne frôle pas les cimes de la haute poésie, est très agréable à dire. Il développe un chant "un peu badin", léger et musical tel le chant de ce passereau qui "s'en revient, fidèle, égayer le jardin" (dont je cuide qu'il s'agit du merle, non ?) (Edit. Il s'agit de l'hirondelle, bien sûr ! Suis-je bête ! Je n'avais pas saisi le clin d'oeil !)
Au passage, j'admire l'alternance féminine/masculine au niveau des stances, chacune d'elle reprenant le sexe final de la précédente. Un jeu rare et qui rejoint ce que je disais de la préciosité (sans connotation péjorative, bien sûr).
Le défaut de ce poème ? Je l'ai déjà relevé sur le site. Il s'agit d'un défaut de syntaxe : la trop grande abondance des "au" et des "en" qui sont des "particules" passe-partout et dont l'usage réitéré me semble témoigner d'une insuffisance quant au maniement de la syntaxe. Quelques exemples :
- "Aux pétales vibrant"
- "au zinc d'une guinguette"
- "aux senteurs chicorée"
- "en de touchants aveux"
- "au plein coeur de l'été"
- "au chant un peu badin"

Je n'en relève plus. Mais c'est déjà trop, pour mon oreille. Une occurrence, très bien. Deux, c'est plus difficile. Trois et plus dans un poème relativement court, je craque. Je précise que j'ai le même problème en poésie et je t'accorde qu'il n'est pas facile de s'en corriger. La syntaxe française est souple et riche, c'est cette souplesse que met en défaut l'usage de ces "au" et de ces "en" inesthétiques.

Mais dans l'ensemble, je le répète, c'est un bon poème. Merci pour ce moment.

   thea   
18/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà qui fait plaisir à lire

c'est doux rondement mené, joli, un brin d'ingéniosité et de préciosité..cela chante aussi..

Richesse du vocabulaire, légèreté une véritable comptine pour grandes personnes...alors on écoute jusqu'au bout et on se laisse franchement charmé.

   Anonyme   
18/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Lhirondelle ! J'attends toujours avec impatience la parution de tes poésies et, une fois de plus, j'ai pris grand plaisir à lire à haute voix cette série de quatrains écrits de ta blanche main... Une écriture un peu précieuse qui convient parfaitement au sujet traîté, un vocabulaire choisi qui me ravit, que demander de plus ?
Certes, je déplore aussi le coqu'licot tout comme le verbe boulotter mais ce sont des pêchés véniels facilement rattrapables... Un autre petit détail, pourquoi pas, dans le dernier vers, "qui" en lieu et place de "il" ? Tu évites la virgule et ça rend la lecture plus fluide...
En conclusion je trouve que c'est un très bon poème et je te remercie pour ce doux moment de lecture... Amitiés, Alex

   Brisemarine   
18/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dès la lecture de la première strophe, j'ai été sous le charme. La suite m'a portée loin, très loin: musicalité des vers finement ciselés, beauté et l'originalité des images, fraîcheur et justesse du lexique, le tout savamment composé pour le plaisir du lecteur.
Tout simplement MAGNIFIQUE!!!
Que du bonheur cet instant de lecture! Merci, Lhirondèle, pour ces fragrances printanières.
Brisemarine

   colibam   
20/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une bien jolie lecture qui débute par deux vers magnifiques, un brin romantiques et surannés, un vrai pêché mignon.

Au fil de l’eau, on égraine les mots au tempo d’une comptine. La lecture est fluide, les vers pétillent, les images caracolent à la lisière du rêve.

Il y a de la lumière dans les tableaux, du Delerm (que tu cites, à juste titre) dans les mots et les ambiances insouciantes.

Un flocon de soleil déposé au cœur de l’hiver.

   xuanvincent   
23/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Merci à l'auteur pour ce poème !

Si la structure du poème ("Si j'étais...") ne m'a semblé originale, la fraîcheur du texte ainsi que les images m'ont plu. Un poème qui de plus met de bonne humeur !

Bonne continuation à l'auteur.

   Anonyme   
4/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un très léger petit bémol, mais qui n'a en rien freiné ma lecture, "celle en peau de frissons", je ne fais pas trop à cette formulation dont à voix haute la sonorité n'est pas jolie.

Mais tout l'ensemble m'a vraiment charmé, je me suis plu à le lire et le relire, le redécouvrant, le savourant, davantage, et de plus il offre ce plaisir de partager, de connaître vos préférences, sous ce jeu en apparence anodin des " Et si j'étais... ",

Je vois que nous avons les mêmes attraits :

" Si j’étais une fleur, un gentil coqu’licot
Aux pétales vibrant sous un tendre bécot.
La boisson ? Un café - l’expresso, la noisette -
Celui que l’on partage au zinc d’une guinguette. "

Toujours cet immense plaisir de vous lire, chacun de vos textes, un vrai bonheur, un agréable moment.


Oniris Copyright © 2007-2019