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Poésie libre
Luz : De la lune à la brume
 Publié le 25/05/21  -  16 commentaires  -  672 caractères  -  299 lectures    Autres textes du même auteur

« Le fleuve est un reflet. Il porte seulement le silence, le froid étincelant. »

James Salter


De la lune à la brume



C’était au clair de lune.
Le fleuve reflétait l’argent sombre du ciel ;
le pont de fer luisait, lançant une ombre noire
au-dessous de son arche.

Les frênes de la berge
formaient une lisière à l’espace nocturne ;
leurs tremblements légers, cristallins, se mêlaient
aux friselis de l’eau.

L’air retenait son souffle.
En bordure des joncs rôdait un poisson d’or ;
dans un arbre, une effraie, comme un éclat de lune,
pressentait déjà l’aube.

Des brumes s’élevèrent,
découpant un marais aux rives incertaines ;
à l’aurore, un sanglot venu de nulle part
déchira le silence.


 
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   socque   
3/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Je trouve ce rythme hétérométrique pair très approprié à l'évocation d'un moment nocturne tout en douceur, comme une musique en mineur. Participe aussi à cette impression, je crois, l'absence résolue de rimes dans votre poème, chaque vers exprime un élément isolé tout comme le clair de lune fait ressortir de l'obscurité des traits saillants du paysage, se côtoyant sans unité évidente. Si je me rappelle bien, des pages de Proust mettent en avant la même idée du clair de lune comme "réarrangeur" de la perception, unissant dans un même rayon des éléments disparates et, comme arbitrairement, donnant à voir coupé, mutilé, ce qui ferait un tout à la lumière du jour... Il lui avait fallu bien des phrases ! C'est la force de la poésie que de pouvoir "en raccourci" exprimer par une simple inflexion formelle des choses qui prennent un temps fou à expliciter.

Les mots m'apparaissent bien choisis et posés, simples, directs, des associations qui parfois frôlent le cliché voire le percutent en plein (l'ombre noire, les friselis de l'eau) mais, allez savoir par quel miracle, je les trouve appropriées, bien à leur place dans la pureté de l'esquisse. Seul le poisson d'or me dérange un peu. Je suis scotchée.

Ah, et en rerelisant : bon choix aussi, à mon avis, de ne pas débuter chaque vers par une majuscule. Naturel, douceur, simplicité, bisous.

   Cyrill   
7/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est très beau.
J'ai rarement vu un paysage nocturne décrit de manière aussi cinématographique, en poésie.
Parce qu'à partir du 3e quatrain, on sent qu'il se passe ou va se passer quelque chose, on a envie de retenir son souffle, comme l'air.

On remarque au passage que la lumière est mise en valeur (clair de lune, luisait, poisson d'or, éclat de lune) face à la pénombre.

La découpe des vers ajoute à ce sentiment d’imminence.

La chute des deux derniers vers est parfaite : un mystère épaissi alors que c'est l'aurore.

Merci pour cette belle lecture.

Cyrill

   Anonyme   
11/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un titre qui me ravit ; l'assonance, les termes, cette brume que l'on pourrait lire brune, s'il s'agissait du soir.
Je suis bien sûr aller sur Internet voir qui était James Salter (décédé en 2015 à 90 ans). Il a écrit de la poésie, aussi.
La citation sied si bien au poème (ou l'inverse).

Texte présenté en libre, que j'aurais bien vu en contemporain, les catégories sont perméables et juste, à mes yeux, pour le libraire et ses rayonnages.
L'alternance d'hexasyllabes et d'alexandrin donne une belle élégance au poème.
Un poème essentiellement descriptif, oui, mais composé par un poète.
Descriptif, oui, mais il y a ce sanglot final, et un sanglot ne peut-être qu'humain, (sauf en poésie, parfois, "Les sanglots longs de l'automne...")
La composition permet de visualiser, d'imaginer... merci !

Éclaircie

   papipoete   
11/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
libre
D'emblée, je dirais ( si j'étais un autre ) que votre poème est trop descriptif, trop prosaïque mais je ne suis pas cet autre, car j'écris comme Vous !
Il faut avoir connu ce spectacle de la nature, assis sur la berge d'une rivière, à la regarder couler sous la Lune, et se mêlant au ruissèlement de l'eau, le cri de l'effraie qui n'a pas peur du noir et en apothéose à l'aube le lever du Roi Soleil !
NB chaque strophe manie les couleurs en sépia, quand les bruits se font prenants, surprenants...
la 3e strophe a ma préférence, quand le mystère de la dernière pose son énigme ? le cri d'un héron ?
papipoète

   Vincent   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour

J'ai écouté votre poésie en moi

comme du Chopin une nostalgie

courant sur l'eau et qui m'a envahit

j'ai beaucoup apprécié le tempo des images

merci

   Ligs   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Luz,

L'atmosphère est peinte de manière très juste, avec beaucoup de douceur et de charme. L'alternance hexasyllabes/alexandrins est un bon choix à mon sens pour rendre le côté informel et léger du lieu et du moment.
Les deux derniers vers sont amenés judicieusement par cette description d'une ambiance silencieuse, comme en attente de quelque chose.
Rien à redire, c'est un très beau poème.

Ligs

   plumette   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
c'est à la fois simple et pur.

chaque mot compte, ils n'ont rien d'extraordinaire mais leur agencement est un régal, car ils composent un tableau qui m'est immédiatement accessible. très belle ambiance.

Vous avez choisi de terminer chaque deuxième vers par un point-virgule, cela m'a étonnée , j'y ai vu une symétrie pour l'oeil qui est venue entraver un tout tout petit peu la fluidité!

Et bravo pour la " chute"! Ce sanglot livré au lecteur qui peut en faire ce qu'il veut.

   Pouet   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

j'ai beaucoup apprécié le rythme de ce poème, très coulant, délicat.

Mes deux vers préférés:

"L’air retenait son souffle.
En bordure des joncs rôdait un poisson d’or ;"

Une vraie "magie" se dégage de ces deux vers.

La toute fin aussi me plaît particulièrement, ce sanglot dont on ne sait rien interpelle...

Pour dire quelque chose, je trouve peut-être le "C'était au clair de lune" de l'entame un peu simple, d'autant qu' un "éclat de lune" revient au onzième vers, mais bon c'est pour ergoter.

Au plaisir

   Damy   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un régal de lecture. Je suis charmé par la musique des vers hétérométriques qui accompagne l’ambiance du paysage nocturne au bord de l’eau.
La nuit, l'aurore, l’eau, la musique, ingrédients fantastiques pour un poème merveilleux.
Je suis très sensible au dernier quatrain où le marais s’invite pour accueillir le chagrin quand l’eau devient stagnante. « La mare au diable » ? Et dire qu’aujourd’hui on assèche les marais… Quel autre meilleur biotope pour épancher nos sanglots ?

Merci, Luz, pour ce poème sensible et délicat.

   domi   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Votre poème dit ce que je n’arrive pas à exprimer en commentaire ; alors, comment, et pourquoi, en dire plus (et plus mal) ?

Dans cette Beauté de la nature, plane une menace, la Vie est à la fois belle et cruelle…

Un poème magnifique, sombre et lumineux, comme la Vie…

Un poème au rythme classique très beau que, même sans rimes, je ne « vois » pas trop en catégorie « libre », mais plutôt contemporaine.

Merci pour cette beauté.

   Cristale   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Parce que c'est beau tout simplement je regarde ces images, pure poésie, j'écoute cette musique, pure poésie, je lis ces vers, pure poésie, puis je recommence et tout m'éblouit : pure poésie.

Voilà, c'est tout, rien qui ne puisse aider l'auteur car je suis bien incapable d'atteindre un si haut seuil de pureté et de poésie.

Luz : une signature et pas des moindres.

Bravo et merci pour cet enchantement.
Oui, quand j'aime je le dis haut et fort.

Cristale

   Eskisse   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

Pour ma part, c'est dans la catégorie " roman" que je verrais bien votre poème, comme un magnifique incipit poétique où la nature vit.

Car ce paysage crée une attente résolue par " des brumes s'élevèrent" et le " sanglot venu de nulle part" qui serait le déclencheur de l'histoire.

Des mots choisis, tissés avec dextérité, tout est lisse et fluide comme l'eau.

   Myo   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Juste un état d'apesanteur, de douce évanescence où tout est légèreté.
La poésie dans toute sa quintessence.

Des mots qui ne se lisent pas mais se ressentent.

Bravo aussi pour le choix de la forme qui enveloppe à merveille le propos.

Merci!

   ferrandeix   
26/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
À mon avis une très belle poésie qui crée une atmosphère de mystère et de sérénité. Le sujet s'y prête particulièrement par ses éléments: l'étang, l'eau, la brume particulièrement qui est un élément onirique estompant la réalité. Aspect magique avec" l'argent du ciel", le "poisson d'or". Simultanément, un laconisme mesuré, évitant les développements fastidieux. On a l'impression de vivre un moment privilégié, lointain (l'évocation à l'imparfait), mais prégant, puis le passé simple dans la dernière strophe qui constitue une sorte d'éveil.

sur le plan euphonique, quelque cacophonies brisent un peu le rêve et c'est dommage: notamment 3 cacophonie consonantiques directes

...du ciel ;
le pont...

"L'air retenait"

   sauvage   
1/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

lisant plusieurs poésies à la suite sur Oniris, celle-ci me parut, comme à l'accoutumée de votre part, particulièrement bien construite. Il y a toujours le souci du détail, de la forme élégante avec l'utilisation délicate des points-virgules, du vocabulaire bien trouvé comme ces "friselis de l'eau". Il y a cette promesse avec vous de voyager à chaque strophe au milieu d'une nature ensorcelante. Merci !

sauvage

   hersen   
1/6/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Merci Luz de ce très beau poème.

C'est une extrêmement belle atmosphère, on sent un peu un condensé de ce que tu es en poésie : un naturaliste.
Et tu sais ajouter un sanglot, d'où qu'il vienne, pour donner à la scène un écho magnifique.


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