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Poésie contemporaine
Mamut : Tête en coton
 Publié le 08/01/15  -  9 commentaires  -  788 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur

La sensation d'isolement, d'aliénation jusqu'en soi-même.


Tête en coton



Sceller chaque saillie de ma tête en coton
Ne plus apercevoir le ciel ni l'horizon
Au lendemain du siècle, une vie monotone :
Un astre de jamais, qui ne luit pour personne.
Dans ma tête en coton les ombres s'entrelacent,
Bientôt mille mygales bâtiront un palace
Et je vois, un à un, s'effacer les fantômes
S'affaisser les halos, se tisser un royaume
Où les voix s'éteindront, avec elles, l'ennui,
Et pendra dans mon crâne, au plafond de ma nuit,
Comme une belle idée, le cadavre d'un Dieu.
D'un fil en or et noir, souder ensemble mes yeux,
Et ma tête en coton, cocon de cocaïne,
S'établira tombeau d'une allure anodine,
Où verront s'élever des châteaux de lithium,
Et l'ombre deviendra l'ombre de tous les hommes.


 
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   myndie   
26/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle richesse d'images et d'émotions dans ce poème !
D'emblée j'ai été séduite par la merveilleuse fluidité du rythme qui marque une certaine aisance d'écriture. Votre style coule, naturel,
mélodieux à l'oreille et à la bouche, porté par de subtiles assonances
et allitérations – reines des figures de rhétoriques pour moi – comme par exemple dans ces vers magistraux :
« et je vois un à un s'effacer les fantômes,
S'affaisser les halos, se tisser un royaume »

« et ma tête en coton, cocon de cocaïne »

(Petite critique en passant: je trouve ça et là dans le texte quelques virgules en trop ou mal placées,- avis personnel - et je me suis permis de modifier la ponctuation en recopiant.
Petite question : l'emploi du verbe soudre est-il volontaire ou s'agit-il juste d'une coquille ?)

Cette exploration du tréfonds de l'âme transcende l'horreur claustrophobe, qu'elle soit naturelle ou induite par les paradis artificiels.
Faut-il y voir comme un écho à « la chair est triste, hélas et j'ai lu tous les livres » de Mallarmé ?
En tout cas, moi j'aime.

   Pimpette   
8/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bon sujet!
Le tout bien compact et pesant qui communique facilement ces tonnes d'ennui et de tristesse!

De bonnes trouvailles d'écriture
"Des châteaux de lithium"
"Dans ma tête en coton les ombres s'entrelacent,
Bientôt mille mygales bâtiront un palace"
je trouve qu'on pourrait supprimer les majuscules du debut de phrases? elles ne servent à rien et coupe inutilement cette belle cascade d'images/spleen?

   Francis   
8/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très mélodieux, musicalité qui conduit vers une chanson. La tête dans les nuages, en apesanteur, libère ses "fantômes" et nous conduit vers les étoiles qu'on devine derrière les paupières closes.
De belles images !

   papipoete   
8/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Mamut; un trait de cocaïne sniffé sur un comptoir, ou une plaquette de "Lexomyl"avalée loin des regards, nous font voir ces ombres mouvantes, et s'affairer mille mygales.
Bientôt dans notre tête en coton, résonnent des bruits inaudibles, s'éteignent des voix.
D'une overdose de cocaïne ou 25 comprimés de "bromazepam", le sommeil nous porte au tombeau, où l'on oubliera les monstres qui nous ont poussés là!
Je suis heureux que le "SAMU" me ressuscita, ainsi puis-je entre autre lire de belles écritures telle la vôtre.
"Et je vois, un à un, s'effacer les fantômes, s'affaisser les halos.."
"Et l'ombre deviendra l'ombre de tous les hommes"

   Pussicat   
11/1/2015
Bonjour Mamut,
un salut bref et rapide : j'aime !
pour la composition et le choix de la forme en un bloc.
pour la musicalité qui coule comme une rivière sur les pierres multicolores des rêves tissés en cauchemars, et pour le choix des mots qui filent un beau coton dans lequel je me glisse sans peine, même avec passion... poisons violents violent vos yeux, c'est dur et beau... à haute voix je l'ai lu.
petit bémol sur :
"D'un fil en or et noir, souder ensemble mes yeux," qui m'a fait trébucher.
Bravo !
A bientôt de vous lire,

   melancolique   
11/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Mamut,

J'aime bien ce texte, il exprime bien l'émotion, l'écriture me semble fluide, une impression accentuée par le choix de la forme en un seul bloc. J'aurais préféré avoir des minuscules aux débuts des vers, pour plus de fluidité et pour marquer la continuité des idées.

Plusieurs images sont très belles et bien trouvées, j'en cite:
"Dans ma tête en coton les ombres s'entrelacent"
"D'un fil en or et noir, souder ensemble mes yeux,"
"Et l'ombre deviendra l'ombre de tous les hommes."

Merci pour cette lecture.
Au plaisir de vous relire.

   Anonyme   
14/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Poème aux images recherchées et belles tout en étant noires : L'or le noir les mygales...
J'aime bien aussi cette expression de tête en coton...à cause de la cocaïne. Un rail de cocaïne fait il passer le train de la poésie ? Texte heureusement plus poétique que toxique.

   Anonyme   
14/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

J'ai vraiment aimé ce poème. Les images, le rythme, jusqu'au titre...

La mygale m'a fait sursauter, car j'ai la phobie des araignées. Du coup je suis devenu un petit peu "spécialiste" en la matière - si l'on peut dire. Mieux connaître ses peurs pour mieux les maîtriser, soit, mais je n'y arrive pas, avec elles...

Mais là n'est pas le sujet, non ; plutôt la tête en coton, comme vous le dites, "cocon de cocaïne" où bientôt "mille m... bâtiront un palace".

Le 4ème vers est sublime : "Un astre de jamais, qui ne luit pour personne"... d'une fulgurance inouïe !

   Anonyme   
17/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le monde qui foisonne dans cette "Tête en cocon", est sombre, perturbant, pour quelqu'un qui ne perçoit pas cette sensation.

Pour cela je trouve le texte bien écrit, on ressent de la "souffrance" d'être ainsi dans cet état, pour en arriver à l’inéluctable souligné par ces deux phrases :

" Et ma tête en coton, cocon de cocaïne,
S'établira tombeau d'une allure anodine, '

C'est d'ailleurs elles qui ont retenu toute mon attention, et qui semblent le point fort du texte.

J'aurais presque envie de vous poser cette question : comment en êtes-vous arrivé là ? même si elle semble banale. Votre implique et imbrique "une destruction" qui me paraît terrifiante.


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