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Poésie libre
Meaban : Antimonieux hivers
 Publié le 14/11/15  -  7 commentaires  -  956 caractères  -  212 lectures    Autres textes du même auteur

La route.


Antimonieux hivers



De ces jours vert-de-gris, il me reste l’oxyde d’antimonieux hivers
De longues années de cuivre, les dépôts sous la pluie
Une jeunesse d’imbécile, aux matins souffreteux
L’asphalte sous les roues et les pieds dans le sable

Tous ces toits de misère aux grisailles de schistes, fumants sous les chaudières de villes endolories faisaient comme un décor où flanchent les machines.
Et ma tête bouillante tout avivée de haines allait par les calcaires de Sud incendiés
Macadam blanchi racorni de soleil, où l’éclat de mirages me renvoyait au ciel épinglé de sentences.

Je me souviens pourtant des senteurs de l’orage sur les routes trempées
Je me souviens pourtant de la fraîcheur des aubes de ciels orangés
J’aurais encore aimé le parfum de la graisse, les moyeux fatigués
J’aurais encore aimé la scansion de la fonte, le moteur arrêté
Le tempo d’une horloge

Et de longs monologues…


 
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   Mauron   
28/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle errance dans les mots, sur la route du poème! J'aime ces "antimonieux hivers" ces hiver d'antimoine et ces références au calcaire, aux schistes, à tous ces minéraux...
Il y a la solitude de celui qui roule pour aller nulle part. On a envie de continuer la route et le poème... Avec vous, ou sans vous. Et que le monologue soit plus long encore. J'aime beaucoup le vers qui n'en finit plus, trois alexandrins blancs, de fait. Des images suggestives: "où l’éclat de mirages me renvoyait au ciel épinglé de sentences". La machine a l'air fatiguée et le désir "crevé"... Pourtant! J'aime bien les retours et répétitions, qui scandent le poème.

   Miguel   
30/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Une écriture qui ne parle guère à ma sensibilité mais à laquelle je pense que les amateurs pourront trouver objectivement certaines qualités ; on pense un peu à Bernard Delvaille.

   Anonyme   
14/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

mélancolie pour ce qui a été et n’est plus, ce qui n’était pas vraiment heureux mais que vous pouvez regretter quand même. La jeunesse, un métier, la route d'un monde tombé en jachères…sur lesquels vous laissez bruire une grande tendresse. Je comprends cela en référence aussi aux explications que vous aviez données d’un autre de vos poèmes.

Celui-ci aussi est très beau et vos images sont très justes, il me semble.

Bravo et à vous relire.

C.

   myndie   
15/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Meaban,

Je retrouve avec délectation votre écriture puissante, la justesse des mots qui force l'imagination et la fluidité des vers qui sont un délice à dire et à écouter.
J'aime la suggestivité des images qui jalonnent le poème, en accentuent la mélancolie avec la douceur du miel et le tranchant avec l'éclat de l'acier.
J'aime cette poésie toute personnelle, cette jolie balade à rebours, le réalisme et la petite touche de nostalgie qu'y apporte votre regard.
Une fuite romantique de jeunesse qui m'évoque Easy Rider

Merci infiniment pour cette belle lecture

myndie

   Vincendix   
15/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai toujours une certaine réticence face à la poésie dite libre et de ce fait des difficultés pour comprendre les messages qu’elle veut faire passer, si message il y a, ce n’est pas toujours le cas.
Pourtant je parviens à extraire la quintessence de ce texte à partir de phrases clés mais surtout en lisant les commentaires précédents, notamment celui de Corbivan. Un retour en arrière sur vos parutions et la découverte de « Jour de Vogue » m’a apporté confirmation..
Des souvenirs exprimés à travers des odeurs plutôt désagréables mais qui deviennent PARFUMS ! Des décors tristes à mourir qui s’illuminent, des situations banales regrettées, toute cette nostalgie d'un passé ordinaire qui s'est enrichi en vieillissant...

   Pouet   
22/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un hiver d'antimoine.. Comme une saison anticléricale...

Superbe texte qui nous dévoile le souvenir d'une enfance dans le nord ou l'est industrieux de la France... Du moins ce que j'y vois.

Une écriture qui sent le soufre, une puissance indéniable.

   Pussicat   
24/11/2015
Un titre musical qui, déjà, emporte le lecteur.

Suit une espèce de poème road-movie, de souvenirs de voyages, où les sens du lecteur sont sollicités en permanence.

Le premier vers qui s'appuie sur une musique sans fausses notes, harmonieux et d'une grande force évocatrice, lance la machine à souvenirs : "De ces jours vert-de-gris, il me reste l’oxyde d’antimonieux hivers"

L'auteur embarque alors le lecteur dans sa machine à l'appétit féroce pour un voyage sur les rubans d'asphalte bordés d'images qui renvoient toutes à la dureté du travail de ce mangeur de kilomètres et aux paysages traversés.

il me reste l’oxyde d’antimonieux hivers / De longues années de cuivre, les dépôts sous la pluie / matins souffreteux / Tous ces toits de misère aux grisailles de schistes / villes endolories / Et ma tête bouillante tout avivée de haines / les calcaires de Sud incendiés / racorni de soleil / ciel épinglé de sentences. /

Et puis, comme sortis des eaux, flottants à la surface, des souvenirs reviennent : des senteurs / la fraîcheur des aubes de ciels orangés... renforcés par ce "pourtant" qui rappellent le goût des friandises d'antan.

Puis vient le regret, en final : "J’aurais encore aimé..."... comme si d'autres aventures l'attendaient, malgré, malgré...

Très beau texte que j'ai pris plaisir à lire, et à relire...

à bientôt de vous lire


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