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Poésie classique
Myo : Ceux que le ciel oublie [Sélection GL]
 Publié le 19/08/20  -  18 commentaires  -  1041 caractères  -  425 lectures    Autres textes du même auteur

Une question à laquelle je ne sais que répondre m'est souvent posée...


Ceux que le ciel oublie [Sélection GL]



Au fond d’un lit trop grand, bordé de lassitude,
Ils respirent tout bas à petits coups légers.
Dans leurs yeux presque éteints quelques pleurs passagers
Interrogent ce monde, îlot de solitude.

Dans leur esprit déchu tout espoir s’est pendu.
Des ans jusqu’à la lie ils boivent le calice
Et la lente disgrâce humiliant supplice
Imprime chaque jour comme un malentendu.

Ils souffrent le déclin de leur chair si fragile,
Implorent un répit dans un songe faustien
Ou ressassent, soumis, un reliquat chrétien
Pour leur corps décharné désormais inutile.

N’ayant pour réconfort que le chaud de ces mains
Qui tentent d’apaiser par leur sollicitude
Des aléas du temps la sombre turpitude
Sans nul autre moyen que ces gestes humains.

Par hasard, certains soirs, leur mémoire affaiblie
Cueille le souvenir d’un cœur égratigné.
Alors, plus seuls encor, d’un soupir résigné
Ils attendent leur nuit... ceux que le ciel oublie.


 
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   Lebarde   
2/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sujet banal et galvaudé s’il en est, mais ceux qui fréquentent les Ehpad retrouveront « ceux que le ciel oublie » qui « Des ans jusqu’a la lie (ils) boivent le calice » et «(Ils) souffrent le déclin de leur chair si fragile « .

Tout est dit et bien dit sur ce thème pourtant rabâché.
Chaque vers est là pour évoquer l’inéluctable et l’impuissance du visiteur à trouver un remède, un apaisement, une solution à cette décrépitude physique et mentale.
Même « ...le chaud de ces mains » n’y peut pas grand chose.

Tellement de vérités, de tristesse, de résolution si justement évoqués par ce texte.
Le lecteur ne peut être que touché et désappointé.

Sur la forme classique?
Je n’approfondis mais tout semble bien à sa place avec ce qu’il faut de fluidité et de poésie!

Sujet bateau mais bien écrit. Bravo

En EL

Lebarde

   dream   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
On ne peut être surpris de partir pour la traversée d’un monde où la désolation et la désespérance sont en premières lignes de ce poème à la tristesse sourde.

Deux vers que je trouve très beaux :
« Ils respirent tout bas à petit coups légers
Dans leurs yeux presqu’éteints quelques pleurs passagers »

Solitude, souffrance et désespoir mêlés, regrets et remords aussi, tout cela est évoqué avec mélancolie et cruauté à la fois ; car il y a bien de la colère contre ce ciel qui ignore ces laissés-pour-compte, et n’a que faire de leurs tourments.

Dan le deuxième quatrain, et son premier vers, je pense que l’auteur a voulu écrire « perdu » et non « pendu »… alors je fais comme si…

« Dans leur esprit déchu tout espoir s’est perdu »

Au-delà de la compassion, le poète nous fait sentir aussi les intransigeances de vieillir dans la solitude, sa brutalité et ses naufrages dans un temps qui s’est suspendu. Dans leurs regards éteints de leurs yeux enfin dessillés par le spectre de la mort et de l’injustice, est fait le procès de l’indifférence.

Et puis la finale, superbe, avec ces trois points de suspension qui en disent longs :

« Alors, plus seuls encor’, d’un soupir résigné
Ils attendent leur nuit… ceux que le ciel oublie. »

… Une nuit sans rêve et sans espoir, sûrement.

Un grand Bravo à l’auteur pour ce texte si émouvant et dont je ressors tout étreint… C’est beau, c’est triste et c’est exprimé simplement. C’est comme j’aime !

Dream en EL

   Hananke   
7/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

C'est un très beau texte sur une vieillesse qui n'en finit pas,
qui s'éternise au nom de quoi ?
De nombreux beau vers :

Dans leurs yeux presqu’éteints quelques pleurs passagers
Interrogent ce monde, îlot de solitude.
Et l'ensemble du dernier quatrain.

Quelques bricoles, quand même, que perso j'aurais changées :

à petits coups légers je n'aime pas trop ce coup là.
J'aurais mis perdu au vers 5 au lieu de pendu et changer déchu pour
éviter une rime avec l'hémistiche.
une virgule après disgrâce et turpitude.

Mais ne nous y trompons pas, malgré ces quelques broutilles
ce poème demeure excellent et malheureusement très réaliste.

Hananke en E.L.

   Anonyme   
19/8/2020
Bonjour Myo,

Le contrepied de ce poème un peu pleurnichard (pardonnez-moi Myo) est cette sentence :

"Ils meurent jeunes ceux qui sont aimés des dieux".

Malheureusement il faut bien admettre ce ne sont pas les dieux ni le ciel qui ont oublié ces vieillards, ce sont les hommes qui eux-mêmes ont relégué l'image de la vieillesse hors de "leur" société.

Ça me rappelle cette légende romaine.

Un père chasse son propre père qu'il juge "bouche inutile" et lui donne un manteau pour tout viatique.
Le jeune fils de cet homme arrête son geste : Père ! donnez-lui seulement la moitié de votre manteau afin que je puisse vous donner l'autre moitié lorsqu'à mon tour je vous chasserai !
Le père, honteux de son geste garde finalement son père suite à la cinglante remarque de son propre fils.

Si l'on se contentait de lire cette légende à tous ceux qui "chassent" leurs parents âgés de leur vie je gage que la vie serait plus douce à tous.

Très franchement je n'ai pas aimé la manière dont ce sujet est traité. Je ne vais pas mettre d'appréciation, elle serait très négative et n'apporterait rien de constructif au demeurant.

Merci de ce partage Myo.

   Angieblue   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

Un poème très émouvant!
J'ai beaucoup aimé les strophes 1, 3 et 5.
Ce vers est très beau:
"Implorent un répit dans un songe faustien"
Très bonne aussi la chute qui est bien amenée:
"Alors, plus seuls encor, d’un soupir résigné
Ils attendent leur nuit... ceux que le ciel oublie."

La strophe 2 commence bien avec ce beau vers:
"Dans leur esprit déchu tout espoir s’est pendu". (j'adore "pendu")
Puis c'est un peu moins bon.
Je ne suis pas fan des 2 "i": lie/ils,
ni de la diérèse: humili/ant,
ni de "malentendu" qui est un peu banal.

Dans la strophe 4, le "ces mains" est un peu trop impersonnel. J'ai un peu buté à la lecture.
Idem, pour "que ces gestes humains".

Mais le reste est très bon, et bravo pour les rimes riches, et l'alternance masculines/féminines.

   Ascar   
19/8/2020
Bonjour Myo

Indéniablement, vous avez une très belle plume. C’est un Réel plaisir de vous lire. Si je devais noter sans tenir compte du sens, je mettrais passionnément. Mais je ne partage pas du tout le message que vous faites passer.

Je vais donc m’abstenir et attendre votre prochaine création.

Bien à vous

   hersen   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour comprendre toute cette magnifique retenue dans la façon dont l'auteur s'exprime, il faut avoir été dans les couloirs des Ephad, ceux réservés où personne ne va, ou ne va plus, parce les patients déjà ne sont plus de notre monde.
Il faut en connaître la torture pour le visiteur qui vient voir un être aimé qui n'est plus là, avec lui, dans son "bonjour, comment tu vas" et qui n'y sera plus jamais.
C'est un poème que je trouve très doux dans le ton, ce qui amplifie encore notre impuissance à un soulagement que nous aimerions pouvoir offrir à ces personnes, à celles que le ciel oublie.

merci pour cette lecture.

   veldar   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Myo

Très beau texte. Empreint de compassion et de compréhension pour ces êtres qui attendent, en souffrant le plus souvent, du moins c'est ce que j'imagine, que la délivrance arrive. Je lis ceci et je pense à ce qu'il pourrait advenir de moi. A ce que je ressens au plus profond de moi en songeant que cela pourrait arriver et sincèrement, c'est terrifiant.
Ce texte sent le professionnalisme mais évidemment je peux me tromper. Bon courage, si c'est le cas et continuez à faire ce que vous faites comme vous le faites. Peut-être qu'un jour nos chemins se croiseront.

   Cristale   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Ceux que le ciel oublie"
Une "jolie" métaphore pour dire "ceux qui attendent une mort qui est longue à venir".

De nombreux pays nous montrent du doigt parce que nous mettons nos "vieux" dans des structures...ce n'est pas le ciel qui les oublie, c'est leur famille qui s'en débarrasse mais, le travail, l'éloignement, l'éclatement des foyers, de nombreuses excuses s'opposent à l'idée d'abandon.

Un poème touchant qui comporte quelques jolis vers dont ce troisième quatrain :

"Ils souffrent le déclin de leur chair si fragile,
Implorent un répit dans un songe faustien
Ou ressassent, soumis, un reliquat chrétien
Pour leur corps décharné désormais inutile."

Quelques petits accrocs en sonorités "lie-ils"
"presque-quelques" dans le même vers
Echo de la rime à l'hémistiche "déchu-pendu"

Rien de grave (je fais pire ^-^) d'autant plus que pour un premier classique la versification est plutôt réussie et que je vous sais attentive à la prosodie.

Bravo Myo !

Cristale

   ours   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Myo,

Contrairement à d'autres commentateurs, je ne lis pas dans votre poème l'abandon des proches mais plutôt le tableau de ceux qui restent lorsque tout le monde est déjà parti, ceux qui voient partir frères, sœurs et enfants et sont toujours là, à attendre leur nuit. J'ai trouvé votre poème très émouvant et à la lecture si j'ai buté en première lecture sur le 'soupir résigné' je me dis à la seconde qu' il oblige une pause après 'soupir' ce qui augmente le drame du sublime dernier vers.

Merci pour cette lecture

   papipoete   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonsoir Myo
Ils attendent au fond de leur lit, qu'enfin " elle " vienne les prendre, cette fin qui n'en finit pas...pourtant le Ciel leur a dit de se préparer au grand voyage, d'où l'on ne rapporte pas de souvenir.
Mais voilà bientôt 10 ans que la valise est prête, et le Faucheur semble se repaître de cette agonie du corps et de l'esprit ! " Qui aime bien, châtie bien " purent dire les " ensoutannés " d'un autre âge !
Et pourtant dans cette antichambre de tourments, des mains font tout ce qu'elles peuvent, comme parlant des doigts...10 caresses sur ces pauvres êtres qui attendent...
NB le poignant peut être magnifique, et les " mots pour le dire " ne sont pas donnés à tout humain ; je vois donc l'auteure dont le métier est le plus beau du monde, depuis longtemps mais particulièrement depuis ces mois de printemps...une infirmière aux vers à l'endroit, à l'envers comme un soin ici et puis là, ne peuvent que provoquer admiration, évoquant un " vieux " qui attend, qui attend désespérément !
vouloir citer un passage en particulier, semble gageure tant chaque ligne est vraie ( moi qui côtoyai ces gens, pour lesquels la Très Sainte Inquisition et son florilège de tortures n'est, elle, pas morte ! )
mais la 4e strophe qui effleure comme la main, la silhouette d'un soignant me touche beaucoup !
Difficile après une telle lecture, de vérifier si la construction boite ou non ; c'en est presque dérisoire !
Bon ; eh bien voilà des alexandrins comme habillés d'un crêpe noir, mais impeccables dans leur tenue classique.
Un bémolino au second vers ( à petits /coups/ ) mais c'est pour tiquer un peu !
bouleversant, mais si poétiquement écrit !

   sympa   
20/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Myo,

Tout d'abord bravo pour cette première publication en catégorie classique, le travail et l'acharnement finissent toujours par payer.
Une poésie qui plus est réussie avec de très beaux vers.
Concernant le fond, connaissant moi-même une personne travaillant dans un ehpad, oui, il est des personnes âgées qui ont vu leurs proches partir, leurs enfants aussi.
Elle reçoit parfois les confidences de certains qui n'espèrent qu'une chose, partir rejoindre leurs proches disparus.
Mais, comme le titre le précise, le ciel les oublie...
Très beau texte écrit avec beaucoup de retenue et d'émotion.

   poldutor   
20/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour MYO
C’est angoissant et désespéré, c’est le lot qui attend la plupart d’entre nous. Dans notre civilisation du 21eme siècle, il n’y a plus de place pour « ceux que le ciel oublie »et qui trop souvent finissent dans des endroits soignés, j’ai failli dire : gardés par des étrangers qui pas assez nombreux, mal payés assurent le minimum. Où est-il le temps ou trois générations vivaient sous le même toit ?
De beaux vers
« au fond d’un lit trop grand, bordé de lassitude
ils respirent tout bas à petits coups légers... »

« ils souffre le déclin de leurs chair si fragile... »

« pour leur corps décharné désormais inutile... »

Que de tristesse !

les quatrième quatrain est mon préféré, il indique ce qui manque le plus souvent aux très vieilles personnes, la chaleur humaine.. .
Merci pour ce poème très inspiré.
Cordialement.
poldutor

   Provencao   
20/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour cette poésie ô combien d'actualité. .

Votre écrit soulève une interrogation: la solitude chez nos anciens.


J'ai bien aimé cette alarme, crainte proteiformes de la vieillesse, hérédité de notre histoire, de notre passé, base et source de richesse pour agrainer l'imagine et laisse place à tous les prévisibles.....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Stephane   
20/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Myo,

Ce poème est touchant et bien écrit ; quelques remarques, toutefois, sur des petits détails qui me posent quelques soucis à la lecture, à savoir :

- "dans leur esprit déchu tout espoir s'est pendu" : personnellement, je pense que "tout espoir s'est perdu" aurait été plus précis et je n'arrive pas à m'enlever de la tête que "pendu" a été mis là uniquement pour la rime (avec "malentendu"),

- "des ans jusqu'à la lie ils boivent le calice" : je trouve cela un peu convenu, même si ce n'est pas désagréable en soi,

- les vers 6, 7 et 8 m'ont justement posés problème, sachant qu'il manque une virgule (selon moi) après "calice". J'ai relu cette phrase plusieurs fois et j'éprouve toujours une sorte de heurt à la lecture à cause de "Et la lente disgrâce humiliant supplice", tournure un peu rude, sinon alambiquée si l'on ne met pas cette fameuse virgule après le "calice" précité,

- je pense également que "malentendu" est assez imprécis par rapport au propos et ne se justifie pas réellement. Ainsi, je me demande où est le "malentendu" dans cette disgrâce humiliante de demeurer alité. Il s'agit d'une fin de vie bien malheureuse mais je n'y vois pas de "malentendu". J'aurais même plutôt tendance à dire que la mort qui guête les pensionnaires est justement "entendue", et que la résignation est de mise.

Les trois dernières strophes sont parfaites, même si j'ai eu un peu de mal à reprendre mon souffle dans l'avant-dernière strophe du à l'absence d'une virgule qui aurait été la bienvenue après "turpitude" mais bon, c'est plutôt anecdotique et je chipote un peu.

La dernière strophe est parfaite ; rien à dire de mon point de vue.

Donc, pour résumer, un très bon poème, mis à part la deuxième strophe qui ne m'a pas réellement convaincu et qui est un peu en dessous des autres.

Je reste toutefois sur une bonne impression.

Au plaisir,

Stéphane

   Bellini   
20/8/2020
Bientôt il suffira à un auteur d’écrire « J’ai beaucoup pleuré » pour qu’on se mette tous à chialer comme des malades.
Autant le dire tout de suite, je ne confonds pas l’empathie que vous éprouvez sans doute dans l’exercice de votre profession d’infirmière avec le rendu qui pour moi penche vers une sensiblerie à laquelle je ne me ferai jamais. Chez moi elle produit l’effet inverse, à savoir me déconnecter du sujet. Le pire serait que la gravité du sujet l’exonère de toute critique substantielle ou formelle. Et le pire du pire serait d’être tétanisé devant la crainte de paraître dur ou insensible.

Moi je n’ai qu’un seul problème à régler : qu’avez-vous fait de l’outil poésie ?

Ma signature résume bien ma pensée : « Si tu te contentes de la vérité, écris de la prose. Sinon, essaie la poésie. » Avez-vous dépassé dans ce texte le stade de la pensée prosaïque ? Pas souvent, je pense. Prenez les mots en enfilade dans la même strophe : réconfort-le chaud de ces mains-sollicitude-gestes humains. On ne peut même pas dire qu’ils relèveraient du même champ lexical, puisqu’ils disent tous exactement la même chose de manière presque synonyme. On peut avoir cette idée-là de la poésie et un large public, ce n’est pas la mienne. Chaque espace (le vers) doit redéfinir, prolonger, renforcer la pensée poétique et non la soustraire.
Ce prosaïsme est consolidé par l’utilisation de clichés linguistiques (boire le calice jusqu’à la lie) ou de métaphores boursouflées (un lit bordé de lassitude).

Le drame du sujet devrait-il aussi me faire zapper la critique de la versification classique ? Ah bon, et pourquoi donc ? La comédie me rendrait-elle lucide et la tragédie aveugle ? Ce ne serait pas un service à vous rendre, d’autant plus que vous semblez faire des efforts pour approcher le classique.

- Le résultat a d’ores et déjà de la tenue. Les rimes sont solides, parfois d’une richesse de millionnaire (sollicitude/turpitude) un peu académique et surchargée s’agissant de rimes plates, mais bon, la tragédie le supporte mieux que la comédie.

- Par contre, la ponctuation est souvent fautive, comme dans le quatrième quatrain, où il faut un diplôme d’apnée pour en réchapper. Ce défaut peut même rendre le texte illisible dans sa lecture instantanée : « Et la lente disgrâce humiliant supplice », où l’on s’attend à ce que la disgrâce humilie quelque chose. L’incise est donc obligatoire : « Et la lente disgrâce, humiliant supplice, »

- Des inversions qui pourraient faire croire à des bouts rimés :
« Des ans jusqu’à la lie ils boivent le calice »
« Des aléas du temps la sombre turpitude »

Vous me direz, vous vous approchez de Molière dont on cite partout cette anastrophe : « D’amour mourir me font, belle marquise, vos beaux yeux ».

- Les échos hémistiche/rime sont trop nombreux : déchu/pendu – moyen/humains – mais parfaitement acceptables puisqu’aucun de nos grands auteurs n’a jamais tenu la distance à ce sujet. Par contre il en est un qui est un défaut majeur de la prosodie, c’est :

« Implorent un répit dans un songe faustien
Ou ressassent, soumis, un reliquat chrétien »


qui présente la double malchance de rimer aux hémistiches de deux vers à rimes plates, ce qu’il faut essayer de ne jamais faire, car là on bouscule la métrique, qui se transforme en hexasyllabes :

« Implorent un répit
Dans un songe faustien
Ou ressassent, soumis,
Un reliquat chrétien »


La vérité c’est que je vous tire mon chapeau pour cette ébauche. Je le dis sans aucune ironie, tellement je suis certain qu’un jour vous reprendrez ce poème pour en tirer un texte magnifique et présentable en concours.
Ayant peu commenté, le robot pourrait mal interpréter ma note à ce stade, et vous ne méritez certainement pas ce préjudice. Bon courage pour vos futurs travaux poétiques. Vous avez une belle âme classique.
Bellini

   Robot   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve l'écriture de ce poème classique élégante et évocatrice d'un milieu trés éprouvé ces derniers mois.
Cependant, je n'en partage pas complétement le fond, notamment le récit me conduit à cette question: Ces oubliés le sont-ils par le ciel ou par les hommes, en particulier ceux qui sont censés être leurs proches.

"ceux que le ciel oublie" Je trouve regrettable que ces quelques mots en final donne une orientation fataliste au poème.

Un beaucoup + pour l'écriture, un bien pour le fond. Ce qui donne en moyenne un beaucoup -

   Miguel   
24/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense que le ciel oublie ceux qui souffrent moins que ceux qui sont heureux ; mais ce sentiment d'abandon est bien normal dans de telles situations. Tout y est évoqué avec pudeur et retenue, et pourtant le réalisme peint ces êtres mieux qu'on ne le ferait avec un pinceau. Le lyrisme naît de la description. C'est une prouesse, car il ne se dégage les du texte mais se fait jour dans notre coeur, à la lecture. Nous avons tous eu sous les yeux le spectacle des ces personnes en fin de parcours, et notre empathie se double inévitablement de la question : et moi, qu'est-ce qui m'attend ?
De belles trouvailles, comme le lit bordé de lassitude, et des vers mélodieux ; un chant funèbre pour des vivants.


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