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Poésie néo-classique
pieralun : L'indifférence
 Publié le 08/10/09  -  15 commentaires  -  725 caractères  -  405 lectures    Autres textes du même auteur

L'indifférence est partout, dans nos villes, près de nous souvent ;
l'indifférence c'est nous.


L'indifférence



L’un se terre au matin des ruelles brumeuses,
Allongé, laminé sur le pavé luisant,
Rivé, du coin de l’œil, aux façades lépreuses
D’un quelconque bistrot au néon lancinant.

Heurté des mille pas qu’une foule cadence,
L’autre est seul pour haïr le macadam grouillant ;
De son rire excessif, sourd la désespérance
Qui rendra toujours vain un égard bienveillant.

Et lorsque la nuit boit le fracas du trottoir,
Que se remplit d’alcool leur puits de désespoir,
Ils s’endorment, couverts de chaleurs désuètes,

Sachant qu’au matin sombre, ivre ou nu de soleil,
Leurs regards éperdus, arrachés au sommeil,
S’ouvriront sur l’oubli de nos villes muettes.


 
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   colibam   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’aveuglement hypocrite des « gens debout » vis-à-vis du « petit » peuple du macadam est très bien retranscrit.

Quelques jolis vers :
« L’un se terre au matin des ruelles brumeuses »
« Et lorsque la nuit boit le fracas du trottoir »
« S’ouvriront sur l’oubli de nos villes muettes »

J’ai un peu moins aimé « les chaleurs désuètes » et « nu de soleil »

Une agréable lecture matinale, malgré la lourdeur du thème.

   Meleagre   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème met en valeur un sujet qui dérange, mais qui revient dans l'air du temps : l'exclusion sociale, la misère.
Ces vers nobles, ce sonnet en alexandrins bien scandés leur donne par la poésie une grandeur inaccoutumée. Quelques vers magnifiques émaillent ce poème : "rivé, du coin de l'oeil, aux façades lépreuses / D'un quelconque bistrot au néon lancinant.", "Et lorsque la nuit boit le fracas du trottoir, / Que se remplit d'alcool leur puits de désespoir", ainsi que l'ensemble du dernier tercet.
Je suis un peu moins convaincu par "haïr le macadam grouillant", les "chaleurs désuètes" et par le matin "nu de soleil".
Mais ce sonnet, qui décrit avec grandeur et richesse des hommes petits et miséreux, semble enjoliver cette dure réalité : finalement, ce poème dérange beaucoup moins qu'un reportage sur les sans-abris.
Merci Pieralun pour cette mise en poème de l'indifférence, vue par ceux qui en souffrent.

   Anonyme   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bon, ben je suis navrée mais là on a un cas typique de poésie classique (neo classique scuzi!) qui ne me touche pas, bien écrite, mesurée mais pas faite pour moi et mes gouts... scuzi.

Celà dit je reconnais à l'auteur de bien jolies tournures telles que :

"Heurté des mille pas qu’une foule cadence,

Et lorsque la nuit boit le fracas du trottoir,

Ils s’endorment, couverts de chaleurs désuètes,..."

Et en fait c'est tout.
Le reste que ce soit le fond ou la forme ne me parle pas.
POurtant j'ai aimé des sonnets (dit-elle comme une convertie qui dirait qu'elle a aimé Dieu et ses apôtres...), mais celui-ci manque de quelque chose.

Je sais pas, la fin est un peu "pas assez clashante", pas assez fracassante et le reste est un peu facile à mes yeux (bon moi aussi des fois hein je suis dans le facile...)...

Je suis désolée pieralun, je ne doute pas qu'un autre texte me convaincra... pas celui-là... pardon.
Et merci.

   Anonyme   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour pieralun ! Un sujet, malheureusement toujours d'actualité, traité avec talent dans ce sonnet néo-classique... Pourquoi pas tout simplement classique , catégorie où il avait sa place ? J'ai un peu accroché sur le vers suivant "L’autre est seul pour haïr le macadam grouillant " sans trop savoir pourquoi... J'ai malgré tout une préférence pour les tercets... Merci d'avoir abordé ce sujet qui me tient à cœur ! Amicalement. Alex

   Lapsus   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
La construction du poème ressemble fortement à celle d'un sonnet régulier dont, pour rappel, les quatrains du sonnet sont construits sur le modèle abba abba. Un rapide coup d'œil permet de constater que la forme choisie est irrégulière, ce qui a déterminé son classement en néo-classique.
Cette remarque n'enlève bien évidemment rien à la qualité de la composition et à la musicalité des vers s'épanchant sur la déliquescence et la misère qui passeront un jour de plus.
Je reconnais, quant à moi, de la consistance à la chute :
"S’ouvriront sur l’oubli de nos villes muettes".
Le poème s'achève sur ce qui fonde le constat de l'indifférence : le regard oublieux qui se détourne et la parole qui n'opère plus.

   jaimme   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il est des sujets qui méritent plus que d'autres l'œuvre de la plume.
Le poème de pieralun a donné de la force à l'indignation.
Indignation contre la situation de ces personnes.
Indignation contre notre indifférence.
Merci, rien que pour cela. Déjà.

Je retiendrai particulièrement:
le mot "laminé"
la déculpabilisation éphémère: "Qui rendra toujours vain un égard bienveillant". Et à l'intérieur le mot "égard", très bien trouvé.
l'image: "lorsque la nuit boit le fracas du trottoir".
J'aurais aimé (il est si facile de le dire) que tout soit, pour moi, aussi fort.

Merci encore pieralun.

   shanne   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Poème court mais des mots précis qui me donne bien l'image de l'indifférence et votre poème ne me laisse pas indifférente
Merci et bravo

   Anonyme   
8/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

j'ai apprécié ce texte, même si je ne suis pas vraiment sensible à ces pensées politiquement correctes "l'indifférence c'est nous" qui une fois proférées, nous permettent de nous rendormir du sommeil du juste avec l'impression d'avoir été honnêtes, lucides sur nous-mêmes et donc, moins coupables...
Un côté un peu donneur de leçon dont je me serais volontiers dispensé, mais le texte reste bon.
Bonne continuation.

   pieralun   
9/10/2009
Jphil a tout à fait raison, je suis parfaitement conscient d'avoir utilisé l'outil dela culpabillité à peu de frais.
Je partage donc, malgré ce que j'ai écrit, son opinion en intégralité.
" Ivre ou nu de soleil" concerne "le matin sombre"

   calouet   
9/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Mouais, donneur de leçon, peut-être... Mais ça reste quand même très convaincant sur la forme, à mon avis.

Je regrette un peu le sur-emploi de "au" ou "aux" dans la première strophe. Mais il y a quelques passages splendides, qui rehaussent bien l'ensemble, j'ai particulièrement aimé "la nuit boit le fracas du trottoir"...

   Mr-Barnabooth   
10/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème intéressant sur un sujet fort que je trouve bien traité dans tes vers.
Une préférence personnelle pour tes tercets car je trouve que leur rythme est plus fluide que tes quatrains. J'ai buté notamment à ma lecture sur la seconde strophe.
Mais cela reste un bon sonnet qui satisfait autant mes gouts que ma sensibilité.
Amitiés de Mr B.

   Anonyme   
15/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup le magnifique tercet final :

"Sachant qu’au matin sombre, ivre ou nu de soleil,
Leurs regards éperdus, arrachés au sommeil,
S’ouvriront sur l’oubli de nos villes muettes."

Poème plein d'humanité, un peu à la manière d'Hugo.

J'aime moins les quatrains.

"Allongé, laminé sur le pavé luisant" trois fois le son é...
Je n'aurais pas mis de virgule au vers :
"De son rire excessif, sourd la désespérance"

   Anonyme   
21/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une peinture saisissante de ces êtres scotchés à la rue, sur lesquels tu as réussi à porter un regard différencié justement, bien que sombre dans les deux cas ...
Je n'aime pas trop "chaleurs désuètes" (pour être honnête le seul intérêt que j'y vois est la rime avec "muettes", mais j'ai peut-être manqué quelque chose) ; pour le reste, que de belles formules, comme "au matin des ruelles brumeuses", "bistrot au néon lancinant", "heurté des mille pas qu'une foule cadence", "la nuit boit le fracas du trottoir", "l'oubli de nos villes muettes".
Un écrit que je trouve très réussi, sur un fond pas évident, merci Pieralun !

   irisdenuit   
22/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pieralun,

Enfin une poésie qui n'est pas "self centered" un sonnet qui va vers les autres.

Sujet bien troublant que ce soit en France ou au Québec. En 14 lignes tu réussi un tour de force, décrire de façon objective (sans tomber dans le pathétisme) la vie des indigents et l'indifférence des villes envers eux.

Je retiens plus précisément ce qui suit :

Heurté des mille pas qu’une foule cadence,
L’autre est seul pour haïr le macadam grouillant ;
De son rire excessif, sourd la désespérance
Qui rendra toujours vain un égard bienveillant

puis la chûte percutante qui interpelle :

Sachant qu’au matin sombre, ivre ou nu de soleil,
Leurs regards éperdus, arrachés au sommeil,
S’ouvriront sur l’oubli de nos villes muettes.

Merci Pieralun pour eux.

Amicalement, Iris

   widjet   
5/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime bien celui-là aussi en dépit de vers moins mélodieux ("L’autre est seul pour haïr le macadam grouillant") et de quelques redites ("désespérance, désespoir").

Jamais moralisateur, mais particulièrement pessimiste à l'instar de ce vers "Qui rendra toujours vain un égard bienveillant".

Encore un bon opus de cet auteur talentueux.

W


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