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Poésie libre
PierreM : Ta maison ce radeau
 Publié le 16/06/19  -  5 commentaires  -  1597 caractères  -  98 lectures    Autres textes du même auteur

Essayer de comprendre celui qui débarque.


Ta maison ce radeau



Hey toi homme étranger
d’où viens-tu ?
où est ta maison ?
Toute la journée sur le radeau
c’est ainsi tous les jours
Croire en ta vie de héros
ô seigneur
tu pouvais tout changer
les rames et les rameurs
changer de jeu
et nous l’annoncer
J’essaye de comprendre
autour du monde
la peine s’écoule
J’ai pris mon chapeau
surchauffé
j’ai essayé de t’aimer
sans pleurer
ma maison loin d’ici
Oh je n’en ai plus
mais je n’en ai plus besoin non plus
Allez
du haut du mirador
je t’aime
parce que tu es bon
Regarde mes mains
elles veulent te caresser
et t’étrangler
étranger
comme je ferais monter une mayonnaise
et pleurer pour de bon
dans ces mêmes mains
Tu es trop bon pour mourir à la louche
tu vivras quelques années de plus
loin des tiens
et toujours sur le qui-vive
Coucou bébé
où est ton couffin ?
Il est ici
il est là ton foyer
sur ce radeau
que j’ai construit de mes mains
Hey toi sorcier sur le toit du monde
tu es le même Dan Fante
le même Marc Alexandre
le même poète qui compte
tu te glisses dans nos oreilles
tu bousilles nos oreillers
car tu danses sous les tunnels
alors que tout le monde s’en fout
mais tu es au top de ta forme
et tu finiras premier
une cerise sur le gâteau
Allez homme subsaharien
femme de croix
branche ta guitare
sur mon ampli personnel
ô forçat
guide-nous vers ce qui compte


 
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   hersen   
24/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup beaucoup ce poème.

Sous une apparent e simplicité, il évoque tant ! Rien que le titre est...tout un poème.

Au fil de la lecture, rien n'est épargné, il y a tout au long une ambivalence tandis qu'un rythme prend le lecteur, il y a un côté envoûtant dans ce rythme.

   Davide   
16/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour PierreM,

J'avoue ne pas tout comprendre à cette prolixité.
Il me semble que le message se cristallise autour du regard d'un homme occidental sur l'immigration clandestine (ou plutôt, sur les immigrés eux-mêmes) et celui du migrant, dans un va-et-vient permanent qui nous ballote et nous effraie.
L'image du radeau sert de symbole dans ce poème à la fracture entre les deux mondes : l'Europe et l'Afrique...

Partagé entre philanthropie et xénophobie, joie et crainte, le narrateur - quel qu'il soit - parle par antithèses, faisant naître une gêne palpable chez le lecteur que je suis :
"j’ai essayé de t’aimer / sans pleurer" ou "Regarde mes mains / elles veulent te caresser / et t’étrangler".
On y voit tout le malaise du monde occidental face à cette réalité difficile, toute la douleur de ceux qui cherchent une vie plus "digne".

Des vers glaçants, très suggestifs : "du haut du mirador / je t’aime" ou "Tu es trop bon pour mourir à la louche / tu vivras quelques années de plus / loin des tiens", insinuant les nombreux naufrages de bateaux de migrants en Méditerranée.

Je reprocherai une chose à ce poème : sa structure trop fouillis. L'exergue n'aide pas davantage.

Mais sinon, je vois là de la vraie poésie contemporaine, forte, bien écrite, qui dit les choses, qui les dit crûment mais poétiquement (figures de styles, jeux de mots), bref, tout ce que j'aime.

Merci PierreM,

Davide

   poldutor   
16/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour PierreM,
Je n'ai pas tout compris, mais j'ai aimé le rythme haletant en vers courts.
"Hey toi homme étranger
d’où viens-tu ?
où est ta maison ?
Toute la journée sur le radeau
c’est ainsi tous les jours":

de beaux vers qui rappellent les dangers encourus par ces malheureux immigrants.

"du haut du mirador
je t’aime
parce que tu es bon
Regarde mes mains
elles veulent te caresser
et t’étrangler
étranger"
"tu vivras quelques années de plus
loin des tiens
et toujours sur le qui-vive"

Vers qui soulignent l'accueil déplorable des pays hôtes (si peu !)

   Vincente   
18/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'exergue dit : "Essayer de comprendre celui qui débarque.". Oui, j'ai essayé mais bien des embûches attendent notre incompréhension.

Si l'on cerne assez vite le sujet, enfin celui qui m'est apparu où le regard du narrateur cherche à mettre en évidence les injustices (morales, économiques, etc... disons sociétales) qui agressent l'immigré (plutôt clandestin semble-t-il), l'on n'en est pas quitte tout autant pour comprendre l'abondance des moyens argumentant le plaidoyer. Sans reprendre toutes les confusions qui naissent dans la lecture, j'évoquerai simplement le titre. Ce "radeau" qui est la maison de l'immigré, ou ce qui lui tient de lieu de vie, quelle est-il ? Prendre une image pour extrapoler devrait permettre d'imaginer plus clairement, plus largement, or ici l'on passe toute la lecture à tenter de l'identifier. Est-ce bien là le propos ? N'est-ce pas plutôt de dénoncer, de nous pousser à l'empathie, de faire oeuvre charitable (comme diraient les catholiques) dans le regard, pour commencer, et d'inviter à aider ces étrangers en souffrance.
Quand je lis "il est là ton foyer / sur ce radeau / que j’ai construit de mes mains", je comprends que ce "radeau" n'est pas le lieu de vie "bricolé avec les moyens du bord" par l'immigré, ce "je" est celui du narrateur. Ainsi, j'ai été perdu et tout ce que j'avais déduit depuis le début du texte s'en est trouve désavoué. Déroutant quand on en est au deux-tiers du texte.
Et pour terminer cette dernière construction insolite, en toute fin de texte, quand je découvre très circonspect :
Allez homme subsaharien / femme de croix / branche ta guitare / sur mon ampli personnel. Je vois un assortiment qui convoque l'homme noir, la femme christique, le chanteur à guitare électrique, et un appareil électronique en guise de porte voix individuel. Pas facile de rester l'esprit clair dans cette surcharge cognitive.

Paradoxalement, c'est le titre qui propose une invitation bien intéressante mais aussi lui qui devient le plus rebutant. Ensuite, le dévers "incontinent" (avec ou sans jeu de mots...(:). ) présente la confusion d'une logorrhée révoltée, pourquoi pas, mais le propos ne semble pas de déclarer une perdition de la déclamation dans son propre flux. Ici, j'ai bien des fois perdu le fil de l'intention, inondé par la "générosité" de l'évocation.

   senglar   
18/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour PierreM,


Cette poésie est une longue antiphrase et marque beaucoup de sympathie pour celui qui débarque. L'apostrophe "... Hey... Allez... Hey... Allez..." devient a contrario un signe d'affection et le tout se termine d'ailleurs sur l'affectueuse apostrophe "ô forçat".

"Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !"
Avec davantage de bons Samaritains tels le narrateur de ce poème les radeaux se feraient passerelles et la terre deviendrait couffin.

Merci pour votre humanité :)


Senglar


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