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Poésie libre
placebo : Procrastination
 Publié le 05/09/10  -  9 commentaires  -  2592 caractères  -  236 lectures    Autres textes du même auteur

Autrefois, on trempait le caractère dans la vaisselle.
Aujourd'hui, je regarde la mousse s'envoler par la fenêtre.
Quitte à m'étouffer avec.


Procrastination



Tâche à accomplir qui cogne mon mur
je feins l'activité à l'ombre des ruines.
Pourquoi ?
Ne chercher ni paresse ni torpeur
ces mots et ces gestes en rêve je les imagine.

Illusion.
Nul barrage ne peut s'élever contre le pacifique élan du travail à accomplir.
On parle d'une fuite, c'est un plongeon dans le fleuve de l'oubli.
Au matin, je suis accueilli comme un chasseur de perles.

Je sais le sang à sacrifier pour ce silence.


Inquiétude, nervosité puis angoisse délétère.
Pourquoi ?
Grappin du temps lancé sur mes chairs
à l'assaut des possibles évanescents.

Honte d'un mioche pris en faute
insuffisance des injonctions lasses.

Les appels lancinants de parents inquiets
font résonner les blessures d'un amour trop propre.

L'amitié n'est plus l'oasis fertile
où poussaient les souvenirs en fleurs.
Pourquoi ?
Reliquats d'une morale chrétienne
la solitude comme rédemption
avec des bières par pack de six.

Je connais la source du puits qui m'aspire
mais lucidité et cynisme noient la vie.

Descendre après chaque épreuve
la barre de mes ambitions muettes.
Ne plus exister que dans l'instant
mais sans grâce, ni espoir.

Pourquoi ?


Gelée précoce sur ses sentiments
le bourgeon craint d'éclore.
Pourquoi ?
On lui a promis l'éden
s'il déterre les fleurs des champs
qui prennent racine dans son cœur.

Premières joies de voler haut
derniers adieux au cocon, s'enfuir.

Femme qui croise l'épée sur son chemin
bientôt, rendra les armes dans le lit.
Pourquoi ?
Accord entre sosies spirituels et sexués
d'êtres qui se veulent androgynes.

Conte de fée ensorceleur et mystérieux
mais le prince s'est piqué au doigt.

Ballons de baudruche superbes éclatent
projets fripés et doux maculent le trottoir.
Pourquoi ?
Kermesse d'une vie où rien n'est amusant
couleurs trop criardes, musique trop fade.

Lapidation mutuelle, quotidienne et rodée
cailloux gonflés de déceptions creuses.
Pourquoi ?
Jouissance d'embêter l'autre avec sa paille
Fatigue à tenir en équilibre sur sa poutre.

Ultime paraphe sur un chiffon d'encre
achève sans eau l'union délayée à jamais.
Pas de pourquoi, que des comment
Une vie, plein d'espoirs, encore plus de regrets.

C'est l'heure de procrastiner.


 
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   LeopoldPartisan   
24/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime ce côté très décalé à la Bernard Lhermitte (personnage BD de Martin Veyron), qui s'il écrivait de la poésie en écrirait de la semblable me semble-t-il. Il y a dans ce texte toute la force de l'inertie de l'immobilité, à quoi bon agir suivant l'adage action réaction, alors que c'est parce c'est lui et parce que c'est elle:
"Jouissance d'embêter l'autre avec sa paille
Fatigue à tenir en équilibre sur sa poutre."

Ballons de baudruche superbes éclatent
projets fripés et doux maculent le trottoir.
Pourquoi ?
Kermesse d'une vie où rien n'est amusant
couleurs trop criardes, musique trop fade

Vraiment le constat dépasse l'amertume pour aller vers la vacuité de l'être et l'air.

Très réussi.

   Lariviere   
26/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour !

Un bon texte avec de la profondeur dans l'écriture et dans les images.

Une lecture fluide grâce à la maitrise du rythme et de la construction des vers libres.

A la deuxième strophe, la longueur du deuxième vers est peut être utile dans l'ensemble de la strophe, mais celui-ci reste difficile à lire.

"Je sais le sang à sacrifier pour ce silence"

J'ai apprécié l'allitération sifflante de cette phrase.

Ensuite, tout le reste est plutôt bon, même si le sens général du texte et les intentions de l'auteur ont pu parfois m'échapper...

Un exemple :

"Femme qui croise l'épée sur son chemin
bientôt, rendra les armes dans le lit.
Pourquoi ?
Accord entre sosies spirituels et sexués
d'êtres qui se veulent androgynes."

Le thème et ses illustrations sont peut être un peu trop personnel sorti de l'atmosphère désabusée bien communicable et universelle de celui-ci pour être compris par tous à la lecture. Ceci dit, s'il n'y a pas forcement compréhension, il y a toujours l'impact des sensations et c'est aussi important.

Personnellement, j'aurais mis des espaces avant et après les "Pourquoi", mais le choix de l'auteur est peut être meilleur.

Le titre, peut être un peu trop sophistiqué, ne me satisfait pas pleinement. Sa reprise au vers de fin, gâche pour moi le poème, tant sur le plan de la phonétique que sur le ton de dérision qui vient un peu entrechoquer le traitement bien noir de l'ensemble.

Pour finir, je colle quelques passages parmi tant d'autres, que j'ai particulièrement apprécié :

"On parle d'une fuite, c'est un plongeon dans le fleuve de l'oubli.
Au matin, je suis accueilli comme un chasseur de perles.
...
Grappin du temps lancé sur mes chairs
à l'assaut des possibles évanescents.
...
L'amitié n'est plus l'oasis fertile
où poussaient les souvenirs en fleurs.
...
Premières joies de voler haut
derniers adieux au cocon, s'enfuir.
...
Conte de fée ensorceleur et mystérieux
mais le prince s'est piqué au doigt.
...
Ballons de baudruche superbes éclatent
projets fripés et doux maculent le trottoir.
Pourquoi ?
...
Ultime paraphe sur un chiffon d'encre
achève sans eau l'union délayée à jamais."

Bonne continuation !

   jaimme   
29/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce poème.
Malgré.
Malgré une musicalité chaotique. Malgré une longueur générale due au fait de vouloir trop en dire dès cette fois. Malgré un excès d'hermétisme. Malgré un abus d'élision des articles.
Oui, malgré, parce que l'ensemble m'a donné envie de relire (trois lectures). Parce que les mots, la plupart, sont entrés dans mon ressenti. Celui d'un monde en décalage avec tout le monde, dans lequel ont fait ce qu'on peut pour y entrer et surtout ce qu'on peut pour en sortir. Sans grand succès.
Merci!

   Lunastrelle   
30/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il est vrai que le texte est long, et qu'il ne démarre pas tout de suite. Mais après, j'avoue que ça a été un plaisir pour moi de lire ces vers libres, j'emploie ce mot dans tous les sens du terme, parce que c'est vraiment le cas.
Je n'ai pas cherché à comprendre le texte, juste à le ressentir et c'est pleinement réussi de mon côté. Il y a sans doute quelques petites choses à améliorer, par exemple ici:

"Pourquoi ?
Ne chercher ni paresse ni torpeur
ces mots et ces gestes en rêve je les imagine." : le propos est un peu lourd pour moi, à partir de "ne chercher"... Une autre formulation passerait mieux...

"Les appels lancinants de parents inquiets
font résonner les blessures d'un amour trop propre." : là ça n'engage que moi, mais ces deux vers là sont de trop, ceux qui suivent sont largement évocateurs...


"Premières joies de voler haut" : voler haut, pas terrible pour moi l'image...

   Margone_Muse   
6/9/2010
Où ça du favoritisme ? *innocente* :)

Bon, j'ai fait l'effort de lire cette poésie en entier, j'ai fait l'effort d'en comprendre le maximum de passages.
(En même temps, son auteur ne m'a rien demandé hein, je le signale quand même.)

J'ignore si elle est plus accessible que d'autres que j'ai lues ou bien si c'est mes efforts qui ont payé (et dans ce cas là, j'ai honte), mais, sans tout comprendre, il y a pas mal de passages dont les images m'ont parlée et touchée.

Je vais me concentrer sur mon ressenti dans ce commentaire vu que je ne peux faire aucune remarque sur le poétiquement correct : je serais bien incapable de donner une définition de "poésie libre" ni ce qu'on a le droit ou pas de faire/ne pas faire dedans.

Je vais donc donner la liste des vers qui m'ont particulièrement emballée :

Nul barrage ne peut s'élever contre le pacifique élan du travail à accomplir.
On parle d'une fuite, c'est un plongeon dans le fleuve de l'oubli.


(J'ai le droit d'y voir ce que je veux ? De toute manière, si je tombe à côté je m'en fous parce que c'est comme ça que cette poésie me parle et c'est comme ça que je l'aime. Je ne ferai pas de commentaire à chaque fois, sache juste que ça m'a touchée, sans que j'explique forcément pourquoi (je suis pas non plus là pour raconter ma vie ^^).)

--> Le second vers ici me plait bien : je donne dans l'hyperactivité quand je veux oublier quelque chose, souvent très douloureux et qui est difficile à mettre sous le tapis, du vrai poison qui colle. C'est à quoi me fait penser cette histoire d'oubli (dans le travail).

Les appels lancinants de parents inquiets
font résonner les blessures d'un amour trop propre.


L'amitié n'est plus l'oasis fertile
où poussaient les souvenirs en fleurs.
(...)
la solitude comme rédemption
avec des bières par pack de six.


Descendre après chaque épreuve
la barre de mes ambitions muettes.

--> 'l'est dure celle-ci...

Ballons de baudruche superbes éclatent
projets fripés et doux maculent le trottoir.


Fatigue à tenir en équilibre sur sa poutre.
--> t'as pas idée comme ça me parle :)

Pas de pourquoi, que des comment
Une vie, plein d'espoirs, encore plus de regrets.

C'est l'heure de procrastiner.

--> Pour enfoncer le clou... "on baisse les bras"...

Elle me donnerait presque envie de procrastiner cette poésie. Ca ne m'est jamais vraiment arrivée, trop peur d'un non retour, de ne pas savoir relever les bras, remonter sur ma poutre...
Un jour, peut être, ça m'arrivera pour de bon.

Ta poésie me fait beaucoup penser à un sentiment de fatigue de la vie que j'ai (et tout le monde sûrement) bien connu, heureusement par intermittence, sans garantie aucune qu'il ne reviendra jamais.

Elle est sombre ta poésie... avec des passages particulièrement horribles, d'autant plus beaux.
Pour ce qui est de véhiculer du ressenti, c'est une réussite. Elle ne me laisse pas de marbre et me mets même un poil mal à l'aise.
Félicitations pour cette première publication.

M_m [qui ne va pas noter parce qu'on va dire que, et que, et que... :) mais qui va finir par s'y mettre à la poésie...]

EDIT : [j'attends que l'auteur se reconnecte (ce weekend ?) pour, s'il en a le temps, qu'il ouvre un sujet sur cette poésie, et que l'on puisse y parler, entre autre, de la procrastination : de ce qu'elle est et de ce qu'elle évoque à chacun.]

   Anonyme   
6/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Je déplore le retour du questionnement. Le Pourquoi? me dérange.

Ensuite, je trouve pas mal de lieux communs, un texte long, parfois inutilement long, mais également quelques jolies images malgré parfois une logique rédactionnelle qui m'échappe.

La fin ne me convainc pas non plus, par son manque de puissance évocatrice.
Mais j'ai un souci avec le mot procrastiner, utilisé à tout aloi en toutes circonstances par un peu n'importe qui qui se sent monter une minute de paresse. Une forme de mode vocabulariale qui m'échappe. Le titre, ainsi que la fin, donc, me laissent impassible.

Le reste de l'oeuvre est assez bien amené. Mais comme pour la procrastination, je la sens ponctuée de phénomènes de mode au niveau de l'expression et de l'utilisation des images - les possibles éventrés me semblent des inconditionnels que j'ai déjà lus ailleurs, chez d'autres poètes amateurs ici ou ailleurs, sur le site d'une ancienne Onirienne dans un poème vieux de plus d'un an, sur des poèmes d'auteurs encore présents en ces lieux - et je trouve toujours dommage que la création soit nourrie de mots qui n'appartiennent pas à l'auteur, sans y croiser de guillemets ou de références.

Un avis mitigé, donc, entre le moment agréable de lecture et la redécouverte de classiques.

   framato   
6/9/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Je sais le temps à sacrifier pour ce silence : je trouve ce vers magnifique !

Le reste me parle moins, que ce soit dans le rythme ou dans la chute. Je pense qu'il y a dans ce texte trop peu de place pour le lecteur, trop de mots aussi...

La ponctuation est franchement mal maîtrisée, il manque soit un paquet de virgules, soit une utilisation de l'espace qui puisse donner le rythme, mais là ce n'est pas idéal à lire...

   emi   
12/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème est long, mais cette longueur est justifiée car c'est un flot d'amertume , de tristesse qui s'écoule.
Il m'a touché encore plus à la deuxième lecture. J'ai eu l'impression d'un rythme lancinant, comme on le dit d'une douleur. La richesse dans l'expression est remarquable.
Le titre aurait pu être aussi "Amertume" ou "Désenchantement.

   Flupke   
9/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Placebo,

La fin est superbe. Un certain travail au niveau de certaines lignes plaisantes au niveau de l'association des images:
la solitude comme rédemption
avec des bières par pack de six.

On sent les désillusions qui amènent logiquement vers la procrastination.

Bravo.

Amicalement,

Flupke


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