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Poésie contemporaine
poldutor : Chasse à courre
 Publié le 03/04/20  -  10 commentaires  -  1656 caractères  -  107 lectures    Autres textes du même auteur

Distraction cruelle et sanguinaire, indigne de l’homme moderne, la chasse à courre a parfois une fin heureuse.


Chasse à courre



La quête a commencé très tôt avant le jour
Quand l’éclat de la lune teinte les ombrages.
Une douce lueur estompe les contours
La brise qui gémit fait chanter les feuillages.

Le valet et son chien furètent dans les bois.
Le gibier repéré gîte dans les broussailles,
Déjà effarouché il est vite aux abois,
Tapi dans les buissons, caché par la brumaille.

Sa ramure se fond dans l’ombre du hallier,
Les nuances rouillées de l’automne palissent
La livrée du dix cors et la font s’effacer.
Le clair-obscur le vêt d’une mante complice.

La fanfare des trompes sonne le départ,
L'équipage au complet se range sur la plaine.
Les chevaux bondissant sont gardés à l’écart
De la meute excitée qu’on retient avec peine.

Le grand mâle chassé se dérobe et s’enfuit.
La poursuite est lancée cruelle et déployée.
Le rusé fait bondir un daguet devant lui
Il donne le change, la meute est dévoyée.

Les chiens perdent la piste, ils tombent en défaut.
Les veneurs dépités sonnent alors la retraite.
Le vent sur la forêt porte bien loin l’écho
Des trompes qui rallient une meute défaite.

Le cerf empanaché a rejoint son sérail,
Épuisé haletant, il s’abreuve à la source.
Des étoiles d’écume emperlent son poitrail,
Il est sorti vainqueur de la très longue course.

Le danger est passé pour l’animal altier,
Sa liberté gardée est le fruit du courage.
Le silence et la nuit tombent sur le hallier
Où la vie se poursuit pacifique et sauvage.


 
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   Corto   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beau décor et belle ambiance, les descriptions et le mouvement sont parfaitement rendus.
Chaque phrase est ciselée et très évocatrice.

Les chasseurs ont perdu, le dix cors a gagné.
J'espère entendre son brame langoureux à l'automne prochain, à la lisière des immenses forêts qui m'entourent.

On applaudit volontiers.

Merci poldutor.

   Lebarde   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Poldudor

Belle scène naturaliste d’une chasse à courre superbement décrite, sans violence ni sang, oú les amis des animaux et les « anti-chasse » y trouveront peut être leur compte.
Mais une fois encore c’est un sujet sensible qui fera débat.

Je m'en tiendrai à l’écriture, magnifique d’observations précises et de belles images pleines de poésie.

« Sa ramure se fond dans l’ombre du hallier »

« Le cerf empanaché a rejoint son sérail
Épuisé haletant , il s’abreuve à la source »

Quelques vers agréables parmi d’autres que j’ai bien aimés.


Beaux alexandrins fluides présentant suffisamment d’imperfections néanmoins pour reléguer le poème en contemporain. Dommage.

Sans être trop inquisiteur j’ai relevé quelques « soucis » au niveau des rimes, des E non élidés à l’hémistiche, quelques vicieux hiatus..
qui n’enlèvent rien au plaisir que j’ai eu à lire cette poésie bucolique.

Merci
Lebarde

   papipoete   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour poldutor
la guerre à l'ennemi armé de son dix cors, dont ne partiront ni cartouche ni fers d'épée, est lancée à 20 contre un, sans compter une meute de chiens sur les dents.
l'animal traqué pire qu'un corona virus, s'enfuit à travers ronces et bosquets, et d'une ruse ( par l'entremise d'un furieux daguet ) sème la course et sauve sa peau, se réfugiant sous un hallier, suant, et terrifié ; le harem attendra...
NB tout comme la corrida, où la lutte n'est pas tout-à-fait égale, entre l'homme est la bête ( que l'on aura aveuglé, perforé d'une lance, martyrisé de banderilles, sous les vivas d'une foule folle ) la chasse à courre prête à discussion, ne serait-ce que par les combattants en présence...
L'auteur monté à bord d'un drone sans doute, filme la scène et livre avec force détails, à la manière de Léon Zitrone, la partie qui se joue et sera perdue par un bataillon face à un émérite fantassin sans fusil !
la 6e strophe incite à crier des " ouhhh, bien fait ! ouhhhhh " !
le mot " hallier " se retrouve rimé à deux reprises, un peu dommage !
le 22e vers mesure 13 pieds ( encore dommage ! )
je suis sûr que vous avez lu, et relu ( à voix haute en comptant biens sur vos doigts ? il faut montrer à une autre paire d'yeux ce travail qui put être parfait ! )
sans beaucoup m'avancer, je crois déceler dans votre esprit, que vous appréciez ( comme moi ) modérément la chasse à courre ?

   dream   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poldutor, bonsoir,

Dans une écriture juste et sensible, le poète soutient la gageure d’émouvoir, doublée d’une réflexion sur l’absurdité d’une tradition ancestrale qu’est la chasse à courre. L’on voit ici des silhouettes silencieuses, en marche vers la fatalité. La tragédie couve à tout instant :

« Déjà effarouché il est vite aux abois,
Tapi dans les buissons, caché par la brumaille »

« Le grand mâle chassé se dérobe et s’enfuit,
La poursuite est lancée cruelle et déployée. »

Et puis, et puis, j’aime particulièrement les vers suivants :
« Le clair-obscur le vêt d’une mante complice »

« Le cerf empanaché a rejoint son sérail,
Des étoiles d’écume emperlent son poitrail »

Un grand Bravo ! pour cette belle lecture. Merci.

dream

   Cristale   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Autant les premiers Hommes chassaient par nécessité de se nourrir, autant l'Homme moderne a transformé cette nécessité en un loisir de riches snobs.
Voilà un poème qui me fait dire ouf à la fin pour le malheureux cerf.

Point de vue écrit poétique, je trouve les images et les descriptions magnifiques. Le lecteur, bien qu'au loin, peut s’imprégner de l'ambiance visuelle et sonore de ce tableau vivant. On arrive le souffle coupé, essoufflé, à la fin de la scène avec le sentiment d'un grand soulagement pour l'animal indemne.

Certains humains sont des tortionnaires, je n'en démordrai pas.

Merci Poldutor pour ce moment d'émotion en votre belle écriture.
Donner de la poésie à une scène de chasse...c'est très fort.

Cristale

   Robot   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis heureux que cette chasse à courre se termine avec la survie du cerf. On sent bien que le narrateur a de la sympathie pour l'animal traqué.
Le poème est agréable à suivre dans sa description détaillée des moments de cette poursuite ou l'animal par son instinct use de sa parfaite connaissance de la nature pour échapper à la meute. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas dans nos forêts, même celles ou ne sévissent que des chasseurs à pied.
Dans la forêt de chaux dans le nord du Jura on vient de retrouver les bois du cerf "Vincent" âgé de plus de 15 ans. Il semble avoir échappé aux prédateurs à deux jambes.

   Alfin   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le final est évidemment jouissif, c'est tellement gai d'imaginer l'animal déjouer l'énorme débauche de moyens déployé.

Bravo Poldutor pour cette enivrante cavalcade très bien menée, maîtrisée par un phrasé dynamique et montrant en même temps la vanité et la vacuité des chasseurs.

merci beaucoup pour ce poème très travaillé

   Anje   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Etre aux abois ne signifie-t-il pas que le gibier est cerné, acculé sous les aboiements de la meute ? Le terme arrive un peu tôt dans le poème (avant même que le départne soit sonné) et, les chiens perdant ensuite sa trace, le cerfn'est réellement jamais aux abois. Ce n'est qu'un petit détail mais qui m'a un peu égaré dès la deuxième strophe.
Hormis cette pinaillerie, je n'ai pas grand-chose à dire sur ces quatrains bien menés. L'histoire est jolie. Elle n'est sans doute pas de celles que l'on raconte à cor et à cri dans les rendez-vous de chasse où rares sont les poètes qui, comme vous, savent décrire la vénérable vénerie.

   Donaldo75   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour poldutor,

Si j’étais premier degré, je resterais bloqué sur le thème de la chasse à courre donné par le seul titre et focaliserais mon commentaire sur ce point. Je le dis parce que ça existe, que je l’ai déjà lu maintes et maintes fois et qu’il vaut mieux être préparé à cette éventualité.

Heureusement – Dieu m’en garde, oulala je dois faire attention quand je cite Dieu car mes ayatollahs du premier degré vont me tomber dessus à bras raccourcis – je me suis attardé sur la forme, franchement réussie et démonstratrice d’un énorme travail du poète sur les mots, la rime, le rythme et les images, tout en donnant à l’ensemble un aspect dynamique qui permet au lecteur d’imaginer la scène.

Bravo !

   emilia   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Une distraction cruelle » en effet, qui débute par une quête et le plaisir de partager la nature automnale au petit matin, tous les acteurs sont présents : « le valet et son chien qui furètent », fiers de leur rôle, « le dix cors », cible de cette quête », « les trompes et l’équipage au complet », « les chevaux et la meute excitée », l’ambiance on ne peut mieux décrite (si j’en crois la lecture d’Henri Vincenot sur la chasse à la « billebaude », même si différente de la chasse à courre, au château de Commarin…), avec, pour la plus grande chance du poursuivi, une issue heureuse malgré son épuisement, puisqu’il poursuivra sa vie « libre et sauvage » de « cerf empanaché » devenu un héros, quand « les trompes sonnent la défaite » des assaillants… ! Merci pour cette belle narration que vous avez su rendre si vivante, tout en fustigeant l’aspect « sanguinaire » …


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