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Poésie libre
Pouet : Ces mains qui tremblent…
 Publié le 17/12/20  -  12 commentaires  -  618 caractères  -  294 lectures    Autres textes du même auteur


Ces mains qui tremblent…



quand de ma feuille tombent les nervures de l'absence
le silence me pousse en travers du langage

j'écris entre


nuages fildeféristes en berne sur l'éveil
le ciel reste coincé dans la fenêtre ouverte

l'imaginaire ploie
la vérité se rompt


les squames du passé sur mes épaules basses
le futur me fixe de ses yeux invisibles

puis

la tête entre mes bras
– pierre lourde posée sur l'écho du désastre –

au fond du trou de la mémoire
j'humecte l'instant de rosée

et tourne la page de ma nuit


 
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   Eclaircie   
8/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Commencer par la feuille et finir par la page, c'est osé. (tant le sujet de l'écriture est souvent mis en poème)
Ce poème, libre, est attirant, pour moi. Très personnel, il offre au lecteur la possibilité de s'immiscer dans cette intimité, cependant, par des images soigneusement choisies, comme :
"nuages fildeféristes en berne sur l'éveil
le ciel reste coincé dans la fenêtre ouverte"

Un passage me chagrine un peu :
"les squames du passé sur mes épaules basses
le futur me fixe de ses yeux invisibles"
Il me parle moins, sans doute.

Globalement, j'ai aimé cette manière originale de traiter un sujet qui l'est moins.

Merci du partage,
Éclaircie

   Provencao   
17/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" l'imaginaire ploie
la vérité se rompt"



Écrire l'intime est toujours très osé. Vous, avez su me dévoiler en ces vers, que l'évidence de l'intime n'était pas une révélation , si elle ne se risque pas dans le code de l'écrit : en vous lisant, je ne me pose pas la question du monologue d'un silence intime vers cette confidence

Au plaisir de vous lire
Cordialement.

   Vincente   
17/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Le poème se cherche comme l'émanation hésitante de l'inspiration qu'il interroge et qui l'interroge. J'ai trouvé très raccordé à l'expression tremblante le doute flottant dans la nuit du narrateur. "Nuit" physique où l'écriture voudrait, dans ce retrait diurne qui épure et reconditionne, un angle d'appréhension ressourçant. Mais aussi et ici surtout "nuit" émotionnelle où se déconditionne le peu d'accroche sur la considération de ce qui le fait, "pierre lourde posée sur l'écho du désastre", plongeant ainsi dans une déconsidération vertigineuse.

"J'écris entre", dans le vide de l'interligne, écartèlement ontologique, enjambement sémantique, à la recherche d'un sens qui ferait pont entre les appuis du tangible…
Les mots sont pauvres, comme en deçà de leur pauvre signifiance, c'est peut-être en cela que ce poème m'est apparu peut-être plus pauvre que d'habitude chez l'auteur ; comme si les autres n'avaient pas été écrits par la même personne. En même temps, l'écriture "entre" est celle aussi d'un "creux", en cela elle exprime justement si ce n'est la "déprime" du moins la dénivellation, une sorte de descente dans l'espérance, phase dégressive de la montagne russe de la considération de soi et de ses espérances.
Autant je "compatis" au trouble du narrateur, autant je n'ai pas été emporté par la déclinaison du poème en lui-même, cela participe aussi vraisemblablement de "l'écartèlement" que j'évoquais plus haut.

   papipoete   
17/12/2020
bonjour Pouet
un texte dont la nature n'est pas mon fort ; toute ligne est métaphore dont l'éclat ne provoque pas d'éclair en mon esprit !
reconnaissez cher poète qu'il faut être initié en la matière, pour en goûter le sel, et dire " ah oui, comme c'est bien dit là, et là..."
mais j'aurai cogité, pris le pas de votre plume, mais sans petits cailloux blancs, je me suis perdu.

   Lebarde   
17/12/2020
Bonjour Pouet

En poésie il faut user des images et des métaphores pour sortir du prosaïque souvent tant décrié, mais trop c’est trop, et ici je sature et ....je disjoncte un peu.
Surtout ne m’en voulez pas!
Cordialement
Lebarde

   wancyrs   
17/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Pouet,

la métaphore est une figure de style puissante lorsqu'on saisit les allusions, mais frustrante lorsqu'on ne comprend pas ce qu'on veut nous faire comprendre à travers les images... J'interprèterais votre texte comme une espèce de syndrome de la page blanche dû au manque d'inspiration que la peine profonde dans laquelle notre acteur principal est plongé cause. À la fin de cette cogitation stérile il trouve quand même la force d'humecter l'instant de rosée, pour lui apporter ce vent de fraicheur qui soulage de la chaleur de l'enfer, afin de tourner la page de sa nuit.

Le premier vers ouvre la porte à l'instant trouble, l'acteur hésite et se demande s'il entre ; alors oui, il entre en écrivant sur sa feuille : entre. mais de gros nuages embrouillent sa pensée, le ciel, synonyme de paradis, de bien-être, n'ose entrer en lui pour le réconforter. l'imaginaire, ne supportant pas cette charge négative, ploie. Les morceaux du passé viennent se poser sur des épaules très profil bas, sûrement ce passé avec cette personne absente, puis cherchant des yeux les yeux du futur pour y déceler quelques espoirs, ces yeux restent invisibles. Alors il prend sa tête entre ses bras pour la réconforter, une tête qui comme la pierre de Sisyphe recommence sans cesse à rouler sur l'écho du désastre, et lorsque notre acteur touche le fond, il ne peut que remonter en humectant l'instant d'un peu de rosée. Alors il tourne la page.

Merci pour le partage !

Wan

   Cristale   
18/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,


J'ai lu les difficultés cognitives que peuvent éprouver certaines personnes souffrant d'alzheimer ou autre semblable pathologie du grand âge... "Ces mains qui tremblent"

Les images, les idées s'estompent, la réalité semble étrangère à toute perception plausible, la mémoire fait défaut, fatigue et insomnie...la rosée serait-elle des larmes ?

"au fond du trou de la mémoire
j'humecte l'instant de rosée"

et malgré tout un reste de conscience :

"la tête entre mes bras
– pierre lourde posée sur l'écho du désastre –"


"et tourne la page de ma nuit"


Que voilà une belle image !
et un plussoiement rien que pour elle +++

Je sais que l'auteur ne donnera pas d'explications (ni les clés) de son poème alors je me permets de lui laisser humblement mes propres images à la lecture de ses mots. Un poème en "libre" dont j'ai apprécié la délicatesse de la présentation aérée, ainsi que la finesse de l'écriture.

Merci Pouet

Cristale

   hersen   
18/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
l'imaginaire quelquefois se fait paresseux, et les images sont à la peine.
Tout est dans la tête, mais elle devient une pierre lourde (ça, bravo !).
mais toujours une fraîcheur surgit, peut-être là où on ne l'attendait pas ?
le trou de la mémoire : que voilà une réappropriation intéressante !

Je trouve certaines images, ou tournures, ne coulant pas toujours de source, mais néanmoins, il se dégage de ce texte, avec ce narrateur à la tête lourde comme une pierre, un bon rapport à l'imaginaire, qui, comme toute le monde, a ses veilles, ses pauses.

C'est un poème dans lequel j'ai eu un peu de mal à entrer, je ne le trouve pas, en fait, d'un abord si facile. Il m'a fallu plusieurs lecture pour m'en sentir imprégnée, les vers ayant eu tendance à glisser sur moi sans s'accrocher.
Sans que je sache à quoi cela est dû.
mais c'est un poème qui ne laisse pas insensible.

Merci de la lecture !

   emilia   
18/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n’avais pas encore eu le temps de me pencher sur ce poème qui dessine la pensée du narrateur sur un instant à saisir et retenir d’un silence indicible qui « pousse » à dire « l’absence », ce qui échappe…, la traduire sur « la feuille » (en effeuiller le sens), dont « les nervures tombent », en précisant cette difficulté « en travers du langage » et d’une écriture qui se révèle « entre… », comme entre les lignes, tels ces « nuages fildeféristes » qui évoluent aussi « entre » un haut et un bas, en recherche d’équilibre « entre imaginaire et vérité », où les expressions « coincé/ épaules basses/ tête entre les bras/ pierre lourde posée sur l’écho du désastre / au fond du trou… » laissent percevoir des états d’âme chagrine et morose dont l’épanchement humide permettra peut-être de se libérer pour l’aider à « tourner la page de sa nuit » avec une certaine lueur d’espérance posée sur le futur… ; mais combien ce peut être délicat de traduire sans trahir la vision de l’auteur et son émotion qui résonne à travers le geste de « ces mains qui tremblent… »

   Davide   
19/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pouet,

L'imaginaire ploie, mais ne rompt pas, dans ce poème intimiste sur l'élan d'écrire. Les mains tremblent, les mots frissonnent, l'instant titube, car l'écriture se fraye une place pour "se dire" au cœur même du silence et de l'absence, au cœur palpitant de la nuit qui s'éveille : "j'écris entre".

Devant la "feuille" et ses nervures blanches, le silence "pousse" (joli double sens), écrire est une éclosion, un accouchement de soi, par-delà toute perception temporelle (le futur et le passé), à l'aune de toutes les mémoires.

L'écriture a ceci d'extraordinaire qu'elle permet de purifier ce qui sourd de l'abîme insondable des souvenirs, qu'elle a la vertu de cicatriser les stigmates de l'existence, enfin, qu'elle appelle à "tourner la page" de ces moments douloureux où l'absence plante son drapeau noir, "en berne sur l'éveil".

J'ai trouvé touchante la simplicité de ce partage poétique, confidence pudique, qui nous fait "ressentir", avec zèle et non sans âpreté, l'urgence d'écrire. Et sa beauté, aussi. Ecrire pour exister, en somme.

   Lulu   
22/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Pouet,

J'ai bien du mal à comprendre ce mot : "fildeféristes"... C'est dommage, car ça me tient un peu en dehors, au coeur du vers où il se trouve.

De même, il m'a fallu relire le second vers qui ne m'a pas semblé évident. Être "en travers du langage" m'a paru difficile de premier abord.

Cependant, j'ai beaucoup aimé ce poème que je trouve très fort dans son impact, d'autant qu'il est très épuré. Il va à l'essentiel, partant d'une conscience forte d'être là et qui court lentement vers la nuit. Une belle métaphore de la vie qui va.

J'ai eu l'impression, en lisant ce poème, que j'avais affaire à un narrateur âgé quelque peu inquiet, mais fort de sa poésie.

J'ai beaucoup aimé les trois premiers vers, ainsi que le cinquième qui ouvre ce qui semble évident aux yeux du narrateur.

J'ai moins aimé l'image des "squames du passé"... Le mot "squames" m'a peut-être semblé cru.

Ce côté lucide ou évident pour le narrateur "le futur me fixe de ses yeux invisibles" m'a semblé bien exprimé dans ce vers précité, mais c'est surtout la suite du poème qui m'a touchée. Il y a à la fois l'image et le sens donné "j'humecte l'instant de rosée"... dans le souvenir et ce qui est encore, comme s'il n'y avait nul regret, juste ce qui porte à poétiser.

Le titre paraît inscrire le thème de ce poème dans un temps, peut-être un âge avancé, mais chacun peut s'y retrouver quel que soit l'âge du lecteur, et c'est une des forces de ce poème de savoir le toucher.

Bonne continuation, et au plaisir de vous relire.

   Ombhre   
23/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Pouet,

un texte magnifique, empreint de ce même désespoir qu'un autre de vos textes que j'avais beaucoup aimé (un homme).
J'ai senti dans vos vers le poids de l'absence et de la nuit, le besoin de cracher des mots comme on recrache un venin (venin fort bien écrit soit dit en passant), cette chape de plomb d'un futur aux yeux invisibles et d'un passé qui a laissé ses squames peser sur des épaules baissées. Et du ciel coincé dans la fenêtre ouverte (trouvaille !).
Le final est magnifique:

au fond du trou de la mémoire
j'humecte l'instant de rosée

J'ai adoré cette désespérance sourde qui suinte de vos lignes, de cette encre qui saigne.

Bravo !

Ombhre


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