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Poésie libre
Raoul : La maladie de la conjugaison
 Publié le 29/11/17  -  6 commentaires  -  1369 caractères  -  146 lectures    Autres textes du même auteur

« Je me réveille chaque matin. J'ouvre les yeux, et je me dis "ça y est, ça recommence". » A. Warhol


La maladie de la conjugaison




Je toussote,
Tu crachotes,
Il se gratte,
Nous continuons les gouttes,
Vous reniflâtes,
Ils grelottent,

Posologie (pour éviter la contagion)

… Moudre la langue des bois
tendre le joug
creuser son vide à la petite cuiller jusqu’à ce qu’il vous soit propre
raboter ce qui radote moire et résiste
réviser ses tables d’abstraction
claquemurer le derrière de devant dans un œil clos
mordre à sang le sens du vent
souder la langue qui claque au petit nuage de passage
malaxer l’hétéroclite et l’hétérodoxe
tondre* qui n’a pas d’inclination pour le penché
sermonner le lacustre et le lustral
tailler l’arbuste bien secoué
machiner jusqu’à la dernière extrémité
descendre le pendu de son perchoir
pianoter sur la peau de l’interphone
poser pendant le temps mort
ouvrir et répondre à décembre
omettre le superflu
garnir le meubler
laisser tomber la goutte
s’asseoir le dos bien droit sur votre la planche à vous
pincer la corde du vocable
avaler le sabre cul sec
mourir de rire et de préférence


Pour se motiver avant ingestion écouter dans la nuit le hululement déraisonnable des gens qui se mettent minables


* se reporter aux notes en bas de page si les troubles persistent


 
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   Gemini   
29/11/2017
Manque peut-être les effets secondaires.
Je vous signale les miens :

J'ai étez emballationné par l'incipit de Warhol ; vous me plutes dans la description des symptomes (comme le rhume, ce sont les changements de temps intempestifs qui sont responsables de cette pathologie). Quand vous m'eutes séduitisé par votre diagnostic, vous me rendites hilare par vos infinitifs jussifs (qui doivent impressionner le patient) et le savant mélange de mots pour chaque potion.
Enfin, j'avais salué ce mode d'emploi d'auto-médication (plus que parfait) qui ne coutera pas un kopek à la sécu et n'engraissera pas le pharmacien.

En fait, j'ai suivi la prescription finale.

   papipoete   
29/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Raoul
je sorts de la pharmacie, nanti de mon traitement qui, mal interprété put me trouver anéanti !
Je lis votre ordonnance, dont la prescription est fort alambiquée, et que " fier comme un p'tit banc " je voudrais assimiler !
Coluche put en être le docteur, et me dire de " réviser mes tables d'abstraction " et avant le coucher " laver le triste nécessaire " !
NB une médication pour zygomatics, mais à soumettre aux neurones à cause des potentiels effets indésirables !

   PIZZICATO   
29/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Toutes ces prescription pour affronter le quotidien n'ont pas suscité chez moi un intérêt sensible.
Je reconnais toutefois que l'idée est originale

   kreivi   
29/11/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Raoul,
je suppose que vous vous êtes bien éclaté en écrivant.
mais le lecteur lui ? En tout cas, moi j'ai pas ri.
J'ai trouvé un assemblage de mots qui restent en superficie.
pas un gramme de poésie.
Diagnostic de cette maladie: varicelle.

On s'attendrait à mieux après votre superbe poème Venus.

   Marie-Ange   
29/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Vous m'avez amusé et distrait, et c'est déjà beaucoup.
Cela semble n'avoir ni queue ni tête.

Un petit côté dérision sympathique, je n'ai pas cherché
midi à quatorze, j'ai laissé les mots glissés et j'ai savouré,
bien sûr, sans modération.

C'est truffé de petites perles, comme "creuser son vide à la petite
cuillère jusqu'à ce qu'il vous soit propre."; "poser pendant le temps mort", et il y en a d'autres toutes aussi croustillantes.

"La maladie de la conjugaison", dans ces conditions-là, je veux
bien l'attraper.

   wancyrs   
29/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Raoul !

Si l’ensemble du texte peut paraître hermétique, les vers pris individuellement sont délectables. Vous restez égal et fidèle à vous dans l’ensemble de vos productions. Merci de nous partager vos textes

Wan


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