Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Safwa : Des fragments dans lesquels s'illumine le silence (2)
 Publié le 30/03/09  -  7 commentaires  -  3943 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

De courts poèmes.


Des fragments dans lesquels s'illumine le silence (2)



Blancheur

Cette mort m'assiégeant
Est d'une odeur abominable
Cependant, de mes mains, j'entrelace les fils de sa blancheur
Renfermant mon perfide flétrissement



Nébulosités

J'ai couru jusqu'à perdre le souffle
Quand je suis arrivée
Dans sa matrice, le vide assouvi m'a jetée



Résurrection

J'embrasse tes doigts frissonnants
Dans tes paumes, s'arrachent de leur long sommeil les marguerites
Et les lys ressuscitent



Bistouris

Le drap blanc
Ton visage, le jour, se donnant à l'absence
Les bistouris célébrant leur luxure dans mon âme brisée



Désir

Je voudrais te voir courir avec mes pieds dans le vent
Je contemple la moitié morte de ton corps
Depuis quand m'étais-je rendue compte que j'étais estropiée ?



Innocence (1)

Pourquoi mes chansons vous dérangent-elles ?
Je n'ai ni abattu un gamin
Ni assassiné un olivier louant les quatre sens
Moi, j'ai seulement adoré Dieu



Innocence (2)

Je me tue
Je me vide de tous les passagers
Pour que dans tes bras, je redevienne purifiée de mes souillures/flétrissures



Aspiration

Je persiste à voyager dans ton visage
Je me vois une colombe blanche s'accroupissant
Sous un arbre feuillu de ton esprit
Comment se fait-il que je ne m'étais jamais aperçue
Qu'en moi, tu étais le désir de la mort



Rêve

L'instant est une coque
Renfermant mon rêve voluptueux
Alors que je suis dans tes bras, le dédale convoité



Des mains dans lesquelles hennit la lumière

Dans l'une de mes mains, fleurissent les sept saisons brûlées
Dans ma dixième main, germe une sagesse d'une blancheur brumeuse
Sans relâche, sur les bouts de milliers de mes doigts
Se pose la question suspicieuse



Un sourire pour l'assassinat de l'exil

La rouille de l'exil m'aspire
Je n'ai rien d'autre que ton pâle sourire
Essuyant de sur mon instant les montagnes du sel
Accablées de mon égarement



Illusions

De leur pleine distraction,
Ils chevauchaient après une liberté désirée
Quand ils attrapèrent la chimère
Insolemment, ils me crièrent au visage : "tu es promise au mutisme !"



Monstres

Ils ont tout troqué
Ils avaient concouru pour obtenir des gousses du cacao
Lorsqu'ils atteignirent la ligne d'arrivée
Chacun d'eux avait une corne, un seul œil et une longue queue



La cigale et les fourmis

Les fourmis sont absorbées par le festin luxueux
Les chansons de la cigale
Qui perçaient le silence de la nuit estivale
S'étaient, hier, crevées



Parcours

J'ai parcouru toutes les contrées
À la recherche d'un visage qui m'appelait
Lorsqu'à ta porte, j'ai frappé
L'automne avait déjà, pêle-mêle, dispersé
Mes feuilles mortes
Sur les trottoirs des journées



Valse du coucher

L'avenue Habib Bourguiba se baigne avec les débris du tumulte
Les arbres s'appellent les uns les autres
Pour fermer les portes de la journée
Les moineaux composent leur valse soyeuse



Survol

Dans la valise de la nuit, le silence baille
Il déploie ses ailes
Pour recommencer son voyage vers le Royaume du Soleil
C'est la même aube qu'il étreint
Chaque fois que la nuit désemplit sa valise



Essia Skhiri,
Tunisie.



 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Leo   
30/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
S'il existe un équivalent arabe au haïku, il serait parfaitement représenté par la poésie de Safwa. Les mots arrivent presque de façon aérienne, posés comme des pétales sur le papier, et dessinent des fleurs fugitives, des instants magiques où le temps semble s'arrête ("Résurrection", "Rêve", "Valse du coucher", "Survol"...).

Et par moments, la gravité, la douleur, pointent et s'élèvent des mots, comme dans "Blancheur" ou "Bistouris". Mais le poète est aussi espoir ("Innocence" 1 et 2).

Un très beau parcours dans l'âme et l'instant, où la qualité de l'écriture se met au service d'une âme merveilleuse.

   xuanvincent   
31/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Si les thèmes m'ont semblé souvent bien sombres, j'ai apprécié ces petits poèmes, les images.

Les poèmes suivants notamment m'ont davantage "parlé" :

"Résurrection",
"Aspiration",
" Un sourire pour l'assassinat de l'exil",
"Parcours"

   marimay   
31/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Safwa,
Insolemment, ils me crièrent au visage : "tu es promise au mutisme!"
Et vous illuminez le silence par le regard que vous portez sur ce que vous vivez, sur ce qui vous entoure. Le temps est aussi un thème qui me semble fort tout au long de vos poèmes. Il passe (Parcours), il revient toujours pareil (Survol).
J'aime l'ensemble de ces fragments remplis de poésie, de tristesse aussi.

   David   
1/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Safwa,

De nombreux pincements à la lecture de ces mots, le Désir, le premier Innocence, le Rêve, les Mains... (après les pieds, dans Désir), la Valse, mais aussi les plus étranges ou drôles : Bistouris, Monstres... Ceux que je ne relève pas n'en sont pas moins percutant, un grand bravo, ce 2ème opus est une très bonne contnuïté du premier.

   Nongag   
2/4/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime beaucoup ce que vous faites. Si j'ai trouvé ces fragments un peu plus inégaux que les premiers, il n'en demeure pas moins que plusieurs d'entre eux sont magnifiques: Bistouris, Désir, Des mains..., Parcours, Valse... et Survol.

J'ai un peu trébuché sur ces derniers: Innocence (1), Rêve (dédale convoité?), Monstres (étrange...), Cigale... C'est peut-être ma limite de lecteur, mais je n'ai pas vraiment saisi le sens de ces derniers.

Mais au global, encore une belle lecture. Continuez, vous avez là un filon.

   Anonyme   
3/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime décidément bcp ces fragments (les innocences entre autre).

La qualité reste très bonne et la philosophie qui ce dégages de ces petits bouts de pensée est très belle (et magnifique de poésie)... Merci Essia

   Anonyme   
8/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une très belle écriture, très évocatrice. Mes préférés sont "Aspiration", "Un sourire pour l'assassinat de l'exil" et "Survol". Au plaisir de lire le numéro 3 de ces fragments, ou autre chose de cet auteur.


Oniris Copyright © 2007-2019