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Poésie libre
silver : Puisque je suis ainsi...
 Publié le 05/01/18  -  11 commentaires  -  1217 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur


Puisque je suis ainsi...



Puisque je suis ainsi,
Ne troublez pas ma peine.
Ne cherchez surtout pas
À m’en consoler.
Je ne veux pas être consolée.
Au calice des amertumes,
Je veux boire jusqu’à la lie.
Comprenez, il me faut
Vivre chaque douleur
Jusqu’à l’insupportable,
Jusques à la folie,
Jusqu’à la lisière de la mort…
Là seulement,
Là, du fond des abîmes,
Entrevoir enfin la Lumière
Et la suivre…
Pour revenir à moi,
Pour revenir vers vous,
Pour revenir vers toi…

Puisque je suis ainsi,
Ne troublez pas mes rêveries.
Ne cherchez surtout pas
À me retenir
Sur les chemins d’incertitude
Et de mélancolie
Où mon esprit divague…
Là, s’incarnent mes fragilités,
Diaphanes et cristallines,
À peine plus que fantômes.
Là, j’ai pu les étreindre
À bras le corps
Elles tremblaient si fort,
À s’en briser…
Je les ai libérées,
Elles ont poursuivi leur chemin.
Je leur ai pardonné…
Pour mieux me retrouver
Pour mieux vous retrouver
Pour mieux
Te retrouver…

… Pour mieux t’aimer

Puisque je suis ainsi…
Aime-moi comme je suis…


 
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   Mokhtar   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Entre spleen et blues, récit de celle qui veut cultiver ses parts d’ombre, et les faire mûrir pour mieux les exorciser. Il est des chemins de misère auxquels on n’échappe pas. Mieux vaut les parcourir jusqu’à leur terme en acceptant ses souffrances pour mieux s’en libérer.

C’est une démarche personnelle, qui exclut toute aide extérieure, de celle qui seule peut se confronter à ses propres démons.

Je gage que bien des lecteurs se retrouveront dans cette confession. Qui ne s’est pas un jour complu, presque avec volupté, dans des détresses morbides avant « d’entrevoir la lumière » ? Qui, dans une société joyeuse, ne s’est jamais senti en décalage, presque sans raison, en proie à des atteintes de mélancolie rabat-joie ?

J’aime bien ce joli texte bien déroulé, réussissant à développer avec clarté un thème délicat à exprimer. On le sent personnel. Comme un début d’analyse.

   Miguel   
23/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a quelque chose qui relève un peu de la poésie de collégien, et je ne sais quoi de plus qui donne son prix à ce poème. Quelques trouvailles bienvenues, quelques belles images. L'ensemble laisse une impression à la fois de naïveté et de gravité. C'est un genre qui se défend.

   Gouelan   
24/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Aller au fond de soi, pour se libérer des ombres.
Se montrer tel qu'on est, d'une fragilité pleine d'espoir.
Se faire accepter en entier avec ses ombres et ses lumières.

J'aime beaucoup le rythme donné par "Puisque je suis ainsi".

   papipoete   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour silver
vous avez bien voulu de moi, m'avez gardé, vous êtes écartée, puis êtes revenue ; puisque je suis ainsi, ne cherchez pas à me changer ! Prenez-moi, lâchez-moi, reprenez-moi mais je vous en prie ...
NB faut-il l'aimer cet amoureux qui broie toujours du noir, malgré les bras tendus et le coeur grand-ouvert ; mais il est ainsi, avec ses qualités, ses défauts ; ses fragilités sont la couleur de son esprit .
La fin du poème est très touchante !

   PIZZICATO   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Prendre le temps de maîtriser sa peine ; ce reconstruire et se remettre en question.
Prendre conscience de ses " fragilités "
"Là, j’ai pu les étreindre
À bras le corps
Elles tremblaient si fort,
À s’en briser…
Je les ai libérées,
Elles ont poursuivi leur chemin.
Je leur ai pardonné… " beau passage.

Mais, difficile quand même de complètement se métamorphoser...
" Aime-moi comme je suis… "

   Vasistas   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Il y a quelque chose des expériences que l'on fait plus jeune pour savoir si on est capable d’aller jusqu’au bout. S’enfoncer dans la nuit profonde, se sachant si fragile, espérant la lumière, rester en vie … l’Amour nous malmène, la vie nous endurcie, c’est notre chemin de peines, vous le dite très bien.
Nous devons évoluer, nous améliorer, apprendre, se libérer des entraves, pour aimer et être aimé …
Il y en a qui n’en reviennent pas.
Simple et salvateur.
Le texte s’adresse à « vous » et à « toi », cela me gêne un peu à la lecture.
J’aime particulièrement ces vers : « Là, s’incarnent mes fragilités, diaphanes et cristallines, à peine plus que des fantômes. » « Je les ai libérées, Je leur ai pardonné ... ». Magnifique !
Au plaisir de vous lire.

   Marie-Ange   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Cette phrase "Puisque je suis ainsi," me paraît fracassante,
faut-il comprendre "Acceptez-moi" comme je suis, c'est sans concession, c'est cela ou rien.

C'est là, un cheminement intérieur, mais ce qui me dérange
par ce besoin de l'exprimer dans l'excès :

" Je ne veux pas être consolée.
Au calice des amertumes, "

" Jusqu’à l’insupportable,
Jusques à la folie,
Jusqu’à la lisière de la mort "

C'est là, une démarche toute personnelle, même si je peux
comprendre cette nécessité, la façon dont vous avez tenté
de me la faire partager, ne m'a ni convaincu, ni séduit.

Après m'avoir de telles confidences, j'ai eu l'impression
d'un certain égoïsme, d'un certain ego-centrisme :

"Pour mieux t'aimer"

" Puisque je suis ainsi…
Aime-moi comme je suis… "

Il y a là, peu de marche de manœuvre pour l'être aimer, pas
vraiment le choix ...

   wancyrs   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Toucher le fond pour mieux remonter. Exiger d'être aimé tel qu'on est, voilà qui est honorable. Merci du partage !

Wan

   Brume   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Silver

Tant de fragilité sous cette plume. J'avoue que le début m'a d'abord rebuté. Et peu à peu s'immiscent entre les vers des rayons de lumière.

J'aime le message que me transmet votre poème: souffrir pour mieux m'en libérer, m'en libérer pour mieux t'aimer.
Ce passage c'est du cristal :

-" Là, s'incarnent mes fragilités, ...
Là, j'ai pu les étreindre
À bras le corps
Elles tremblaient si fort
À s'en briser...
Je les ai libérées,
Elles ont poursuivi leur chemin.
Je leur ai pardonné...
Pour mieux me retrouver"

Sous cette apparente fragilité quelle force! Votre poésie est très belle. Mais...ce passage là est d'une beauté absolue! C'est pur. Je suis tombée en amour. Rien que pour ces mots-là je met un passionnément.

   Ananas   
6/1/2018
Bonjour,

Si je ne suis pas certaine d'adhérer au fond, je le comprends. J'ai l'impression de suivre une introspection, quelque chose qui se rapproche de l'essentiel que chacun doit comprendre sur soi avant de pouvoir aimer (l'autre?).

Il y a cependant ce manque de concession avoué qui dérange fortement (le lecteur lambda, la femme en moi, l'amoureuse en moi, l'individu en moi) et donne toute sa force à votre poème.
Le locuteur SAIT de quel bois il est fait et n'entend pas être traité d'autre chose, pour autre chose...

On a donc un texte assez paradoxal, (la volonté de rejet et celle d'accueil (ne changez rien/aimez moi)) tout en étant fortement ancré (butté même ?) dans ses propres convictions, allant jusqu'à flirter avec la cohérence de ses propos.

Un cri, donc, beaucoup de violence, beaucoup de résignation aussi aux termes peu originaux dans des images très parlantes pourtant.

Vous m'excuserez de ne pas vous noter, je n'ai pas du tout de ressenti en lecture, car le choix narratif de votre poésie m'a gardée en dehors de toute possibilité d'empathie.
Par contre, je perçois clairement une poétique indéniable, une vision personnelle forte et une volonté de dire assez bluffante.

Merci donc, pour ce partage, et pour le paradoxe, qui me plait toujours fortement en poésie.

   jfmoods   
6/1/2018
Dans ce poème de forme libre, la locutrice, reconnaissant le caractère bien particulier de sa personnalité (subordonnée causale : "Puisque je suis ainsi"), fait appel à la bienveillance du lecteur (impératif : "Ne troublez pas ma peine", "Ne troublez pas mes rêveries", "Ne cherchez surtout pas / À m’en consoler", "Ne cherchez surtout pas / À me retenir", "Comprenez").

Mettant en lumière l'exigence qui la porte (modalisations : "Je ne veux pas", "Je veux", "Il me faut"), elle explique qu'il est pour elle nécessaire de se confronter à la profondeur de ses gouffres intérieurs (métaphores : "Au calice des amertumes", "les chemins d’incertitude / Et de mélancolie",
"mes fragilités, / Diaphanes et cristallines", hyperbole : "boire jusqu’à la lie", image de la cristallisation : "Vivre chaque douleur", gradation hyperbolique : "Jusqu’à l’insupportable, / Jusques à la folie, / Jusqu’à la lisière de la mort…", complément de manière : "À bras le corps", "À s’en briser…", marqueur d'intensité : "si fort").

C'est aux confins de la douleur, là où toute perspective de salut semble irrémédiablement éteinte, que le flambeau de la vie va, avec une force à chaque fois accrue, se réactiver (abolition de la distance par une majuscule élective : "du fond des abîmes, / Entrevoir enfin la Lumière", gradation anaphorique : "Pour revenir à moi, Pour revenir vers vous, / Pour revenir vers toi…", gradation anaphorique assortie d'un comparatif de supériorité : "Pour mieux me retrouver / Pour mieux vous retrouver / Pour mieux / Te retrouver…").

Étrange conception du rapport au monde qui postule le basculement du plus grand malheur vers le plus grand bonheur...

Au coeur de cette présentation si paradoxale de la psyché, il y a la recherche, propre à l'adolescence, des limites, de l'intensité maximale... là où la recherche de la mesure est plutôt l'apanage de la maturité.

Merci pour ce partage !


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