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Poésie néo-classique
TITEFEE : Le bain de minuit
 Publié le 17/08/08  -  7 commentaires  -  2476 caractères  -  167 lectures    Autres textes du même auteur

Rien ne vaut la nuit pour le prendre.


Le bain de minuit



Il flottait sur l’eau paisible et sombre, où se mirent les étoiles,
Une pâle lueur lunaire et je voyais émerger de la nuit les lys
Qui parfumaient si fort ces ténèbres, qu’elles formaient un voile
À ton corps qui émergeait des flots, dans cette senteur d’épice.

J’étais bien à l’abri du rideau des roseaux, aux hampes dressés ;
Mon cœur battait si fort que je croyais que tu pouvais l’entendre.
D’une main, mon sein je pressais, et à mon corps je demandais
De surtout ne pas me trahir, afin d’éviter de me laisser surprendre.

Ton corps apparut, luisant dans sa simple nudité des eaux noires,
Et je voyais se dessiner tous tes contours, tes vallées et les ombres
Des frisolis de ta toison brune, offrant un nid mousseux et sombre
À ton intimité innocente et si attendrissante, dans le secret du soir.

Te croyant seul, tu t’exposais sans mystère au vent chaud de la nuit
Tu frottais tes mollets et tes fesses tendues luisaient dans l’obscurité.
Tu dus sentir, par je ne sais quel mystère, ma présence et cette envie
Me fouilla les reins et rendit soudain mon souffle court et peu discret.

Je voulais te surprendre et faire avec toi, dans cette belle nature un tour.
Mais je n’avais pas pensé que tu aurais à minuit pris un bain solitaire
Et j’étais encore si peu habile pour te prouver tendrement mon amour
Que la vue de ton corps d'homme, triomphant ne pouvait que me plaire.

Mais l’amour, à je ne sais quelle certitude, devine qu’il flotte dans l’air
Un parfum qui rappelle l’être aimé, que pourtant l’on croit si lointain !
Tu te relèves soudain, dresses l’oreille et ta bouche murmure « Claire ? »
Et tel papillon, attiré par l’odeur de sa femelle, vers moi tu tends les mains.

Et nous ne sommes plus que deux ombres dansantes qui s’enlacent, nues,
L’herbe foulée par nos pieds, puis nos corps, se fait douce à notre peau
Tu t’étends sur moi, attise ma fièvre et me dis tout bas des mots si émus
Que je sens s'insinuer en nous alors, la joie de l'amour qui rend tout beau.

Et lorsque le chant du rossignol soudain sur nous laisse monter ses trilles,
Nos soupirs, nos élans amoureux, lui répondent en stridences si peu voilées,
Qu’il s’envole pour aller porter à sa belle oiselle là-bas son chant en vrille
Pendant que nous deux, amoureux, éperdus, nous ne savons plus qu’aimer.


 
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   FisherKing   
17/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai été emporté dans ces flots magiques. Seul petit bémol la quadruple répétition d'aimer.

   David   
17/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour TITEFEE,

Claire quant il fait sombre, ahlala, je ne saurais pas mieux dire, ou bravo d'inventer un palais merveilleux avec un coin de rivière sous les étoiles.

   Anonyme   
17/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sensible, délicat. Quel amour, quelle élégance, quel bain de mots, à minuit.

   xuanvincent   
18/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème rempli de sensualité et, comme pour les textes précédents, très bien écrit. Il s'agit, d'après le titre, d'un simple bain de minuit et pourtant le rêve n'est pas loin...

PS : Ne manque que la voix de Titefee (pour apprécier encore davantage ce texte).

   Faige   
18/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très émouvant, d'une beauté superbe. On le lit et le relit... Je regrette simplement le vers 6 :)

Merci beaucoup Titefée

   Anonyme   
19/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
c'est bien écrit je trouve. j'ai remarqué qu'il y a avait une belle recherche dans les rimes. Il est assez lourd comme poème il faut quand même s'accrocher parce qu'il y a beaucoup de description très intéressantes cela dit et puis très habiles parfois. J'ai bien aimé ma lecture.

   Anonyme   
21/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je me suis plongé les yeux dans ton “bain de minuit”… dans ton poème où même le rossignol, qui fait fi de sa nature innée, chante la nuit tombée pour accueillir tes mots.
J’ai adoré la suite d’images et cette sensibilité si bien traduite.
Il ne me reste qu’un petit silence suivi du mot « merci »!
Didier


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