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Poésie contemporaine
Vincendix :  Ils n’attendent plus rien
 Publié le 20/11/17  -  20 commentaires  -  1042 caractères  -  348 lectures    Autres textes du même auteur

Dernière étape de la vie pour beaucoup…


Ils n’attendent plus rien



Ils ont dans le regard un voile de tristesse,
Assis dans un fauteuil beaucoup trop grand pour eux,
Un plaid sur les genoux aux couleurs de vieillesse,
Ils sont pétrifiés, comme absents de ces lieux.

Un visage de cire et la bouche entrouverte,
Seules bougent les mains en légers tremblements,
Alignés dans la salle aux murs de couleur verte,
Ils sont indifférents à tous les mouvements.

C’est l’heure du lever et puis de la toilette,
Celle du déjeuner au moment convenu,
Devant la grande table, au cou la serviette,
Ils sont là, sans parler, attendant le menu.

Les jours passent ainsi dans un rite immuable,
Le temps ne compte plus, étrange sentiment,
Le soir c’est la télé, un programme minable,
Puis la soupe, le lit et le médicament.

Ils ont dans leur esprit des douleurs enfermées,
Et n’ont plus de raison de vivre, de penser,
Ils n’attendent plus rien des ultimes foulées,
Seule viendra la mort souvent sans se presser.


 
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   papipoete   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
néo-classique
Un sujet inspirant souvent le poète, que celui du vieux la serviette autour du cou, au milieu des autres, qui attend ...
NB on pourra toujours la dépeindre cette image sépia, car cette visite que l'on fit ou que l'on fera, ne nous laissera pas indifférent !
Je ne relève pas de vers meilleur qu'un autre, car ils sont tous vrais et parlants !
Le dernier en particulier me touche particulièrement ; entrez dans une salle où tous les " cheveux blancs " sont là, et regardez ce qu'ils fixent sans arrêt ... l'entrée que nul ne franchit vers eux .
techniquement, vous avez opté pour lire en " diérèse " ;
au 4e vers, je crois que " pétrifiés " se lit " pé/tri/fiés " et le vers compterait 11 pieds ,
papipoète

   Miguel   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La poésie ne chante pas que le rêve, elle excelle aussi parfois à dire la réalité. Ce poème fidèle à une vérité terrible rappellera à chaque lecteur les visites faites dans ces mouroirs que sont souvent les maisons dites de retraite. C'est trop vrai, trop juste, trop triste ; ça fout le cafard. Enfin ça atteint son but. Cette peinture de la déchéance de nos aînés (de la nôtre peut-être un jour) est d'une grade qualité. Je regrette seulement la diérèse de "serviette" qui me semble peu heureuse, et la faiblesse, la maladresse du dernier vers qui n'est pas à la hauteur de l'ensemble

   bipol   
20/11/2017
Je vais envoyer ce texte à ma belle mère

à qui nous venons de faire une fête pour ces 95

ça va lui remonter le morale

et moi qui viens d'en avoir 80, j'ai bien rigolé

on y passe tous pour les plus chanceux

peut-être est-e pire dans un mouroir où ils ne voient plus que la mort je vous l'accorde

   Vincendix   
20/11/2017

   PIZZICATO   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bien sûr la situation que vous décrivez est indéniable dans beaucoup de cas.
Des personnes très âgées qui ont de graves ennuis de santé, pas de proches parents ou bien en ont mais qui sont indifférents et soucieux de leur bien être avant tout...
Mais il en est aussi qui savent ne pas se laisser submerger par les affres de la vieillesse et poursuivent la route de façon pugnace.

Mais chacun ne choisit pas son destin.

Edit : je viens de lire votre précision en forum. Cela correspond un peu à mon commentaire.

   Alexandre   
30/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Vincent... Ce n'est pas très gai mais pourquoi se voiler la face puisque c'est le sort de centaines de milliers de ceux qu'on appelle aujourd'hui pudiquement les seniors.
J'ai eu l'occasion de fréquenter ce genre d'établissement (en tant que visiteur) et je retrouve parfaitement dans ces vers ce que je voyais en entrant dans la salle commune.
C'était dans les Landes, à la maison de retraite de La Bastide d'Armagnac où tout était pourtant mis en oeuvre pour le bien-être des pensionnaires mais il arrive un âge, bien entendu différent pour chaque individu, où le corps et l'esprit sombrent doucement sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit.
Je rejoins Miguel pour ce qui est de la serviette et je pense comme lui que le quatrain final gagnerait à être revu... Je crois que c'est" sans se presser" qui n'est pas à sa place...

Un tableau réaliste de l'extrême vieillesse... même s'il y a des exceptions ! Bravo et merci...

   Robot   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dommage, la serviette qui ne fait pas diérèse vous coûte le classique.
Sur le fond, sans céder à beaucoup d'originalité, c'est une vision de certains "lieux de vie" tels qu'ils existent hélas encore beaucoup trop.
Je retiendrai de votre texte des images qui décrivent "une" réalité sans tomber dans le misérable.
Et pourtant il y a pire.
L'actualité récente des personnels de maison de retraite "prétendument bien cotée", qui ont fait plus de 100 jours de grève pour réclamer le temps de pouvoir assister "les vieux" qui leur sont confiés vient confirmer votre vision en plus tragique hélas.

   Mokhtar   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans nos sociétés occidentales, fourguer ses vieux au mouroir soulage la conscience. Banquer vaut accomplissement de son devoir.
Dans les familles africaines, le vieux finit ses jours à la maison, honoré,vénéré et sa sagesse est louée (même s'il déraille sur la fin). A méditer par tous les méprisants qui veulent exporter nos magnifiques modèles sociaux.
La peinture faite par Vincendix est impitoyable, et remue jusqu"au fonds de l'âme. Mais rien dans ce texte n'est exagéré, on est dans le constat.
Il existe certes des établissements plus chaleureux. On peut rêver d' organisations conviviales et vivantes de ces maisons malgré tout indispensables.
Mais, comme dans les prisons, ce sont quand même les visites qui sortent de l'exclusion les mis au rencart.
La technique sobre convient au thème. Les diérèses sont forcées, mais c'est certainement pour complaire au règlement. Seul l'antépénultième vers me gène un peu au niveau de la césure.
Mais ce texte émeut sans fioritures. Du bon boulot

   Recanatese   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincendix,

Un tableau très sombre et très réaliste de la vieillesse et une idée très bien rendue de la routine à laquelle sont confrontés nombre de nos aînés. Certains vers nous parviennent comme des coups de poignard en plein coeur, je pense notamment aux derniers vers des deux dernières strophes. (un texte qui n'est pas sans rappeler "les vieux" de Jacques Brel).
Bref, j'ai aimé ce texte. Je n'ai buté que sur "serviette": la diérèse me paraît inélégante, mais ce n'est que mon avis, je ne suis pas un expert de la prosodie!
Merci pour ce partage et à vous relire!

   Francois   
22/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le poème évoque avec pudeur le quotidien de personnes qui "finissent leur vie" dans une maison de retraite.
J'ai souvent rendu visite à des personnes dans cette situation... Il est vrai que ce n'est pas facile pour eux, que c'est un univers un peu tristounet...

Mais le tableau me semble peut-être trop sombre, voire excessif... Il y a aussi toutes les petites joies, les bavardages, les visites, la lecture de livres, des programmes télé que l'on choisit...

Chaque situation est différente : mon grand-père "Parrain Tracteur" a ainsi dû quitter sa ferme pour une maison de retraite... Six mois plus tard, il était parti...
La grand-mère de ma compagne, par contre, y a (sur)vécu 20 ans.

La première et la troisième strophe sont pour moi les meilleures.

   Marie-Ange   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tout est dit dans votre texte, le décor est planté,
les personnes aussi.

C'est le visage d'une certaine réalité, ne nous voilons pas
la face, hélas, dans mon jeune temps j'en ai visité et c'était
encore pire que cela, de longs, très longs dortoirs, aucune
intimité. Il y a encore bien des progrès à faire en ce domaine.

Là, encore nous ne sommes pas tous et toutes égaux
devant la vieillesse, et alors la maison de retraite s'impose,
reste que les conditions ne sont pas toujours optimales,
mais ce n'est pas une généralité.

Petit reproche, ce texte ne montre que le côté négatif
de la vieillesse ainsi que des maisons de retraites.

   leni   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
A VINCEDIX

Très touché par votre poème qui est une minute de vérité
Les mots sont justes Ils mettent dans le mille Il nous reste la compassion

Ils ont dans leur esprit des douleurs enfermées,
Et n’ont plus de raison de vivre, de penser,
Ils n’attendent plus rien des ultimes foulées,
Seule viendra la mort souvent sans se presser.

JE connais ces gens dont vous parlez je ne souhaite pas en dire
plus CE poème est REMARQUABLE
Mon salut cordial LENI

   Ramana   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Votre texte est criant de vérité pour qui a déjà visité ces activateurs de sénilité que sont la grande majorité des "maisons de retraite". Le personnel est sous payé et incompétent, mais aussi en sous effectif, alors que les actionnaires y trouvent leur bonheur, la plupart de ces mouroirs faisant partie de grands groupes qui gèrent la vieillesse comme n'importe quelle activité de rapport !
Ne manque t-il pas un pied au quatrième vers ainsi qu'au onzième vers ?
Cependant, je trouve que votre texte, qui s'attache peut-être trop à décrire avec justesse l'ambiance des lieux, manque de souffle poétique. En bref, j'y vois plus une description qu'une poésie, et pourquoi versifier si le vers n'apporte rien de plus que la prose ?

   Hananke   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Terrible constat mais tellement réaliste.

Rien ne change dans ces foutues maisons de retraite : c'était déjà
comme cela lorsque j'allais voir ma grand-mère dans les années 80.

J'en avais écrit un sonnet à l'époque tellement je me sentais
coupable par procuration :

Récurrente douleur, la frêle silhouette
Sur le pas de sa porte ouverte à l’abandon ;
Ma voix disait bonsoir et mon âme pardon,
Quand , lâche, je fuyais la chambre désuète.

Les gouvernants changent mais les priorités ne changent pas, elles
et la qualité de vie dans ces mouroirs n'est pas (de loin) une priorité.

Très bon texte, pas nouveau, Mallarmé écrivait déjà la-dessus
au 19 ème, mais il est bon de marteler le sujet même si l'on sait
d'avance que cela ne servira à rien, hélas.

   emilia   
20/11/2017
Une triste réalité parfaitement cernée et une cruelle évidence qui posent en effet la question de la prise en charge collective de la perte d’autonomie et de la dépendance, de son rituel immuable et insipide, même si certaines personnes se battent pour exiger le respect de la personne et la recherche d’animations culturelles et conviviales, car il existe tout de même d’heureuses exceptions pour contredire ce dernier vers qui ne fait que souligner davantage la détresse humaine occasionnée par la fin de vie lorsque « plus rien n’est attendu »…

   corbivan   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sur le fond : superbe de vérité…je ne vois pas ce que je pourrais ajouter pour ma part…le dernier quatrain ponctue le poème avec tellement de justesse.
Sur la forme : tout en retenue…tout en respect aussi, à mon sens.

Allant en visite – assez rarement – dans une maison de retraite, votre poème illustre parfaitement la vie des résidents très âgés ou affaiblis dans ce genre de lieu

Une réussite, réaliste.

Cordialement

   TheDreamer   
21/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai travaillé durant quelques temps dans une EHPAD (Établissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes). La situation que vous décrivez est bien celle là.

On y rencontre principalement des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson. Ce sont des établissement publics où achèvent leur vie des personnes fragiles (que bien souvent leurs proches délaissent) et qui y dépérissent.

Texte sombre, mais, proche de la réalité. La vie y est mécanique, rythmée au quotidien par un rituel mortifère et le personnel s'y trouve en sous-effectif permanent et bien souvent les pensionnaires y subissent de mauvais traitements. Il y aurai beaucoup à en dire.

   jfmoods   
21/11/2017
J'aurais mis une virgule à l'hémistiche du vers 3, des points de suspension à l'hémistiche du vers 20, des points-virgules à la fin des vers 6, 10, 18, des points à la fin des vers 13, 14 et 19. Je n'aurais pas mis de virgule à la fin du vers 17.

Ce poème en alexandrins est composé de cinq quatrains à rimes croisées, riches, suffisantes et pauvres, alternativement féminines et masculines.

Un certain nombre de procédés sont à l'oeuvre pour décrire une vie végétative, devenue l'ombre d'elle même.

- le pronom personnel "Ils" qui tend à indifférencier les individus
- les métaphores à la rime qui bâchent la perspective ("un voile de tristesse", "Un plaid... aux couleurs de vieillesse")
- le ravalement des personnes au statut d'objets ("pétrifiés", "visage de cire", "Alignés")
- le rejet du sujet (Seules bougent les mains")
- l'hyperbole ("indifférents à tous les mouvements")
- les compléments de lieu qui balisent une fermeture inéluctable ("dans un fauteuil", "dans la salle", "Devant la grande table")
- les présentatifs, assortis d'énumérations, qui véhiculent une routine délétère ("C’est l’heure du lever et puis de la toilette, / Celle du déjeuner", "Le soir c’est la télé, un programme minable, / Puis la soupe, le lit et le médicament")
- une diérèse significative ("immuable")
- un rythme ternaire, croissant à partir de l'hémistiche, qui étire le temps ("Ils sont là, sans parler, attendant le menu)
- les formes négatives qui éteignent toute lueur de vie ("Le temps ne compte plus", "n'ont plus de raison de vivre", "Ils n'attendent plus rien")
- les personnifications qui annoncent la fin programmée ("des douleurs enfermées", "Seule viendra la mort souvent sans se presser.")

Merci pour ce partage !

   Cristale   
22/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincendix,

Ce tableau d'un noir triste absolu, je peux dire qu'il est malheureusement réel, dans certains endroits, pour l'avoir vu et en être marquée à jamais.

"Un visage de cire et la bouche entrouverte,
Seules bougent les mains en légers tremblements,
Alignés dans la salle aux murs de couleur verte,
Ils sont indifférents à tous les mouvements."

Votre poème retranscrit exactement la situation de certaines personne âgées. C'est désolant, et effrayant.

Un poème, un témoignage, d'une belle plume.

Cristale

   GeorgesSang   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Vincendix, quelle joie de vous relire !

Vous optez là pour un bien épineux sujet et le traitement que vous en faites défie résolument son sens commun et ses idées préconçues. Je vous félicite pour votre courage.

Dans leur étonnante convergence, mes prédécesseurs ont montré de quelle admirable manière il est possible de faire de la poésie qui puisse plaire à tous et ce dès la première lecture.

Or, j'ai tout de même quelques gênes concernant votre texte, une impression trop simple, trop nette, que la limpidité de l'émotion naturellement induite par votre sujet retire à son travail la subtilité que vous y auriez mis pour un autre. Selon moi, écrire d'un sujet aussi consensuel requiert, tout au contraire, un horrible effort d'écriture et de sensation pour être tout à fait à sa place dans la poésie, et défier une peinture du réel déjà prosaïquement riche (sinon la réalité demeure plus forte que votre poème, et c'est véritablement un drame)

Ainsi :
"Assis dans un fauteuil beaucoup trop grand pour eux,"
Cette tournure est abominable en poésie rimées néo classiquement.
"Un plaid sur les genoux aux couleurs de vieillesse,"
Il manque ici de ponctuation, ou de la volonté d'être subtil.

"Un visage de cire et la bouche entrouverte,
Seules bougent les mains en légers tremblements,"
Daignez feindre l'effort d'outrepasser le sens commun, par pitié.
"Alignés dans la salle aux murs de couleur verte,"
Et dire qu'on a fait Mai 68...
"Ils sont indifférents à tous les mouvements."
Relisez ceci à haute voix !

"C’est l’heure du lever et puis de la toilette,
Nous sommes ici en prose, pourquoi vous épuisez-vous à faire encore rimer, et classiquement qui plus est ?
Celle du déjeuner au moment convenu,"
Avec ici une virgule, la strophe n'est plus correcte grammaticalement.
"Devant la grande table, au cou la serviette,"
Ce vers est tout simplement désagréable.

Enfin les vers :
"Les jours passent ainsi dans un rite immuable,
Le temps ne compte plus, étrange sentiment,"
Sont si pauvres qu'ils n'iraient pas même en prose de gare.


Au plaisir de vous relire, Monsieur,

GeorgesSang.


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