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Poésie néo-classique
Vincendix : J’étais un étranger
 Publié le 22/02/24  -  8 commentaires  -  707 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur

J'ai pris de la hauteur, ce qui se passe dans le monde m’inquiète et j'essaye de ne pas y penser.


J’étais un étranger



J’étais un étranger au pays du mensonge,
Damné et condamné, j’ai dit la vérité,
Je n’ai aucun remords qui aujourd’hui me ronge,
Je ne regrette rien, je suis en liberté.

Perché sur le sommet d’une montagne blanche,
Je regarde ces gens névrosés, agités,
Je reste à cet endroit, du lundi au dimanche,
Loin de ces réunions de tricheurs patentés.

Je respire un air pur, le vent me fait la bise,
J’oublie tous les tracas et cette nuée grise
Qui masque le soleil et gâche le printemps.

Je suis dans un donjon, je domine le monde,
Où sévissent la peur, le froid et les tourments,
J’aperçois les humains s’étourdir dans la ronde.


 
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   Damy   
4/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Mais rester enfermé dans une tour d’ivoire
Permettrait-il au monde où survivent les miens
De se mettre à l’endroit ? Je n’ose pas y croire
Tant je suis cénobite. Ermite je n’y tiens.

« Je respire un air pur, le vent me fait la bise ».
J’envie, Ave, ce vers, le seul vrai que je vise.

Bon, c’est une façon de voir les choses. Les anachorètes au fond ont pour seul compagnon le spirituel. N’est-ce pas suffisamment encombrant ?
Toute tentative de philosophie mise à part, il est en effet bon de prendre parfois de la hauteur et votre plume en sonnet s’y élève fort bien.

   Myndie   
22/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Vincendix,

Quand l'incompréhension et l'indignation cèdent le pas au découragement et à la tristesse, il m'est aussi déjà arrivé de ressentir cette envie de fuir le monde et de m'isoler, je comprends parfaitement ce qui est exprimé ici.
Même si la mise en pratique est illusoire, il est bien tentant, reposant et rassurant de s'imaginer prendre ses distances avec la folie et la brutalité du monde, de s'enfermer dans une sorte de cocon de méditation et de sagesse.
Vous avez parfaitement évoqué cet attrait pour une vie d' « ermite ».Je mets ce terme entre guillemet car votre poème lui associe plus une notion intellectuelle que spirituelle et renvoie moins au cliché du solitaire replié dans sa grotte.

C'est un texte bien écrit et tout à fait plaisant à lire.
Tout au plus y aurait-il à redire sur ce vers :
« Je n'ai aucun remords qui aujourd'hui me ronge »
qui gagnerait beaucoup (à l'oreille) au déplacement du pronom relatif (je n'ai aucun remords aujourd'hui qui me ronge).

Merci d'avoir partagé votre sagesse aussi solitaire que poétique.

   papipoete   
22/2/2024
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très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Vincendix
J'étais étranger en mon pays, qu'envahit un tyran ; maintenant que je suis mort sous leurs balles, je suis libre et contemple le monde ; je n'ai plus froid, ne souffre plus...
NB étonament, ce texte parait juste après la mort " naturelle " d'Alexeï Navalny, et ce moment de poésie colle si bien à la réalité.
Comme le héros du poète, le russe osa... mais paya !
" j'étais un étranger " pourrait faire sourire de revanche, car son héros ne laisse apparemment ni veuve, ni famille et peut s'enorgueuillir du haut de son donjon, et toiser ceux qui mentent, tourmentent.
Le premier quatrain a ma préférence.
je suis heureux de voir renaître notre Doyen, à travers cette nouvelle parution ; ce sonnet au néo-classique de bonne facture
PS ma réaction n'est que le fruit de mon interprétation...

   Provencao   
22/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Vincendix,

"J’étais un étranger au pays du mensonge,
Damné et condamné, j’ai dit la vérité,
Je n’ai aucun remords qui aujourd’hui me ronge,
Je ne regrette rien, je suis en liberté."

Mon préféré où votre accent de la liberté, du dévoilé, du distingué détient quelque chose d'isolé, d'écarté , d'assombri et d'illisible où ne peut atteindre "humains s’étourdir dans la ronde"
insouciants de ces tourments et qui s’imaginent.....leur vérité.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Cristale   
22/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Vincendix,

Voilà ce qui s'appelle prendre de la hauteur.
Un poème aux propos évoquant l'anxiété d'un monde qui se délite aux yeux du narrateur qui a su prendre la distance nécessaire à sa propre sauvegarde dans un paysage d'images gracieuses et apaisantes.

Heureuse de vous retrouver sur les chemins de la poésie Vincendix.

   Marite   
23/2/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Dans ce poème je retrouve, un peu, surtout dans les deux tercets, l'atmosphère que je privilégie plus en plus souvent pour me poser. Avec une décennie de moins que vous (selon la précision donnée dans le forum ouvert par vous) je me rassure en me disant que je peux, sans crainte, continuer à gravir cette montagne blanche... Des mots simples réunis dans des alexandrins au rythme régulier nous donnent la clé pour atteindre une contrée bien paisible, loin des remous

   Ercel   
23/2/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Bonjour,

J'avoue n'avoir pas compris tous les sous-entendus délivrés dans les quatrains : "j'ai dit la vérité... au pays du mensonge" demeure pour moi une formule énigmatique. Idem pour "la montagne blanche" que je peine à interpréter, ou "les réunions de tricheurs"...

Je rejoins un commentaire précédent sur le vers 3... J'aurais plutôt choisi une formule comme "Il n'est point de remords qui me hante ou me ronge", car elle aurait réduit la prédominance du pronom "je" en début de vers. C'est peut-être cette anaphore surabondante qui me gêne le plus dans ce sonnet.

Néanmoins, ce poème tout à fait romantique -- qui fait penser très clairement à Lamartine ou au tableau de C. Friedrich est fort bien écrit. Même s'il donne une impression de "déjà lu plein de fois", il propose quelques jolies formules telles que "le vent me fait la bise" ou "cette nuée grise... gâche le printemps".

Donc, je l'évalue plutôt positivement, même si je ne suis pas totalement conquis par le propos. Bonne continuation, en tout cas.

   Miguel   
6/3/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Le sage prend toujours de la hauteur à travers la solitude, l e désert, la tour d'ivoire. Notre auteur est comme Montaigne dans sa "librairie", ainsi appelle-t-il la bibliothèque de son château. Encore faut-il avoir un château. Prévert écrit : "C'est là où il n'y a pas grand-monde qu'il y aa grand-chose." Sinon le sage trouve cet isolement bénéfique au fond de lui-même, comme ici.


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