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Poésie contemporaine
YvonRichebourg : Au creux de la nuit
 Publié le 22/04/19  -  8 commentaires  -  1040 caractères  -  128 lectures    Autres textes du même auteur

Le narrateur rencontre un colibri expatrié et ils vont dans un bar discuter de leurs vies d'avant.


Au creux de la nuit



Tout au creux de la nuit
Par un crachin d'automne
Je vois un colibri
Expatrié, atone.

Ô toi petit oiseau
Qui ne bat plus des ailes,
Transi, en porte-à-faux,
Chante ta ritournelle !

Étrangers tous les deux
Quand la lune acariâtre,
Chiche d'un maigre feu,
Rebute l'astrolâtre.

Privé de ton nectar
Toi le trochilidé
Si nous allions au bar
Afin de discuter ?

Bras dessus, bras dessous,
Nous réchauffant un peu,
Sans craindre à deux les loups
Avançons cahoteux.

Des régions tropicales
Tu me parles de toi ;
Catastrophe à Bhopal
Je te parle de moi.

Au bar, un coq au vin
Nous invite à trinquer
Ainsi que ce marin
Qui hurle à l'amitié.

C'est beau un colibri
Au plumage éclatant,
Et un marin qui rit
Du rire de l'enfant.

Moi, j'aime qu'en ribambelle,
Un oiseau, un marin,
Fassent que pour ma belle
Je redevienne Indien.


 
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   VictorO   
3/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Original. Cela commence par une atmosphère inquiétante, avec ce minuscule oiseau qui n'est pas dans son élément (tel l'albatros de Baudelaire). Une improbable amitié commence. Et puis le narrateur se confie enfin : il a connu la catastrophe de Bhopal. L'amitié, la joie sont là. Il y a l'évocation de "ma belle", probable victime de la catastrophe. En parlant beaucoup du colibri, le narrateur se confie peu sur lui-même, laissant entrevoir une grande souffrance sur laquelle la gaieté doit malgré tout triompher.

   papipoete   
7/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
libre
Au creux de la nuit, deux " oiseaux " l'un de plume, l'autre de peau, se rencontrent et partagent au bar les maux qui les rendent bien amers . Et le colibri sympathisant avec le marin, s'ensuit une belle histoire d'amitié...
NB une fable qu'une musique douce put accompagner tel un nectar sucré, comme l'aime l'oiseau-mouche...
papipoète

   Donaldo75   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour YvonRichebourg,

J'ai trouvé dans ce poème un vrai ton, de l'originalité, du rythme, des images et des facéties.

"Tout au creux de la nuit
Par un crachin d'automne
Je vois un colibri
Expatrié, atone."

Ce premier quatrain lance l'ensemble de manière magistrale, avec des sonorités presque musicales, des images de bandes dessinées, et pourtant de la poésie.

"Étrangers tous les deux
Quand la lune acariâtre,
Chiche d'un maigre feu,
Rebute l'astrolâtre."

La rime est bien utilisée, n'inhibe pas le poème, n'en phagocyte pas l'essence.

"Des régions tropicales
Tu me parles de toi ;
Catastrophe à Bhopal
Je te parle de moi."

C'est l'effet conte, presque philosophique, qui rend ce poème presque satirique.

"C'est beau un colibri
Au plumage éclatant,
Et un marin qui rit
Du rire de l'enfant.

Moi, j'aime qu'en ribambelle,
Un oiseau, un marin,
Fassent que pour ma belle
Je redevienne Indien."

La fin est très réussie. Elle fait un peu penser à certaines chansons de Jacques Brel.

Bravo !

   Davide   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour YvonRichebourg,

Sympathique, cette forme en hexasyllabes aux rimes croisées, souvent pauvres ou suffisantes.
Dommage pour ce "Moi, j'aime qu'en ribambelle" qui compte 7 syllabes.

Quelques mots compliqués pas forcément nécessaires quand on connaît la légèreté de ce petit oiseau : "atone", "astrolâtre", "trochilidé" ou "cahoteux"... Mais c'est un détail !
Trois fois "marin" en trois couplets successifs ; dans l'esprit de l'histoire, ce n'est pas bien gênant non plus, mais bon...

Je le trouve charmant, ce poème. Comme un conte moderne.
Des références bien trouvées que cette catastrophe à Bhopal en écho avec le dernier vers, superbe.

Je n'ai pas grand-chose à ajouter. J'ai bien aimé.
Un joli moment de tendresse.

Merci du partage,

Davide

   Vincente   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est par ses trois dernières strophes que ce texte m'a emporté effectivement dans les rivages incertains de l'originalité poétique. Quand "Au bar, un coq au vin / Nous invite à trinquer" alors tout ce qui a précédé prend une saveur particulière et la dernière strophe vient confirmer dans un fantasque à propos la bonne félicité.

De la légèreté, de l'attention à l'autre dans ses différences, du sourire comme sang, voilà une bien sympathique imagination.

   Provencao   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Ô toi petit oiseau
Qui ne bat plus des ailes,
Transi, en porte-à-faux,
Chante ta ritournelle !"

L'interprétation, la vision de l'autre, des autres avec leurs differences de toute nature est comme un langage.

Les conversations sont les signes à l'aide desquels vous nous exprimer le beau, le vrai, le sincère. . Vous avez reussi à chercher dans la réalité sensible les accointances avec lesquelles vous exprimez le concept de l'échange.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   senglar   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour YvonRichebourg,


C'est plus que très bien, ça pourrait être du Queneau, du Prévert ou encore du Desnos. C'est sans prétention philosophique (Encore que...) mais frais, guilleret, délicieusement absurde. Enchanteur aussi et l'on se laisse prendre au charme ; j'ai savouré notamment le civil coq au vin, pas du tout roboratif.

Mais pour votre belle je sais que vous êtes toujours Indien ; des colibris, des marins et même des coqs au vin vous en avez toujours sous la main.

Ravissant ! J'emporte dans ma besace.


senglar

   Anonyme   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Sujet original que cette amitié qui naît, au " creux de la nuit "entre un colibri loin de son environnement et ce rescapé de la catastrophe de Bhopal ; auxquels viendront se joindre un marin et.... un coq au vin.

Comme un conte, une poésie empreinte de fraîcheur, qui se laisse lire agréablement.


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