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Poésie contemporaine
zenobi : Araignées et vieilles dentelles
 Publié le 23/07/11  -  5 commentaires  -  2662 caractères  -  147 lectures    Autres textes du même auteur

.


Araignées et vieilles dentelles



Araignées et vieilles dentelles

ou : quand là régnait




Nul espace
nul endroit
sans qu'un doigt
vers le dedans pointé
ne tisse le fil de soi
le fil de l'araignée






Sur l'arantèle où la rosée
ses perles pures a déposées
la mouche finit de se quitter
sous le regard de l'araignée







Ne subsiste pas même trace d'une trace en creux
dans l'arantèle un trou très mince déchirure
que l'animal aurait

gardée au fond des yeux
le néant paresseux pour toute sépulture




Elle est tapie l'amère veilleuse
les yeux petits la patte soyeuse
l'âme goulue comme sirène
tisse sa toile et puis attend
au labyrinthe toujours se prennent
l'homme et l'insecte pareillement

sans arantèle tarentule
je suis à peine une araignée
et ma douleur dessous sa tulle
ne se résout pas à saigner





Arantèle et parentèle
sont deux mots à marier
leurs sonorités se mêlent
comme poissons à la criée


Quand là régnait...
(ou les méfaits de l’imparfait)
quand l'art régnait sur mes pensées hissait la voile
tissait sa toile
je m'en allais vers ces palais où s'étalaient
des fils joyeux que la rosée
de sa salive alimentait
et j'y montais - oh j'y mentais !
Tandis que grise sous les solives se cimentait
l'épate figée dedans ma bave d'araignée
le glas déniait aux temps passés,
sous l'épithète : futile et niais,
les jours de fête et l'amitié
le temps en miettes... s'effilochait
quand las régnait la satiété
quand l'art régnait sur mes pensées
hissait la voile
tissait sa toile
je m'en allais vers ces palais où s'étalaient
des fils joyeux
que la rosée de sa salive alimentait

Quand l’araignée,
la cécité
d’avoir été mille fois citées
dedans leurs toiles nous engluaient
nos mots étaient
vives clartés



Quand lares régnaient
comme araignées
sur nos pensées

Quand lares régnaient
et dévidaient
ce fil de lois


Nos mots faisaient
du toi du moi
du moi du toi
de cet émoi
comme fusée
insecte qui - au cœur visé -
dedans la toile
va s’engluer





pareil à la bave insigne du limaçon
le lit dudit - ce fil - subsiste-t-il ?
de nos amours, un jour, qu'en reste-t-il ?


 
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   socque   
23/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis mitigée face à ce poème (dont je me réjouis que vous n'ayez pu le centrer, pour moi la disposition centrée a un côté maniéré déplaisant [Edit : les correcteurs ont pu le mettre en centré finalement, je vois]) : j'aime beaucoup le rythme, le sujet me paraît intéressant et certaines expressions font mouche (si j'ose dire) pour moi ("Le néant paresseux pour toute sépulture", "l'âme goulue comme sirène" par exemple), mais à côté de cela plusieurs formules me paraissent cliché ou maladroites :
- le fil de soi,
- ses perles pures a déposées (l'inversion me paraît artificielle, mise là purement pour la rime),
- le temps en miette (et puis, s'il est en miette, comment peut-il s'effilocher ? Les deux images me paraissent incompatibles).

Par ailleurs, l'omniprésence des rimes en "é", la rime la plus facile de la langue française, donne l'impression que vous avez rimé par devoir, sans conviction ; rien ne vous oblige à rimer si ça vous gonfle, je crois qu'en l'occurrence votre poème gagnerait à éviter complètement la rime ou à en user avec modération.
Mais le plus gênant pour moi dans le poème est son côté répétitif, notamment cette déclinaison insistante sur "l'art régnait". Je n'apprécie pas les jeux de mots au départ, et là on me le ressert sous toutes ses formes...
Je pense que le poème gagnerait beaucoup à être resserré et à une diminution des rimes en "é", il en serait plus dynamique. Là, je l'ai trouvé assez ennuyeux.

   bulle   
16/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai tourné plusieurs fois autour de ce texte, sans ne savoir par quel bout le prendre.
J'y vois plusieurs textes regroupés, si bien que j'ai cherché des transitions qui ne me sont pas apparues, de prime abord.
Peut-être des sensations versées à des instants différents, ou bien l'évolution d'une histoire en plusieurs paliers...

Le lien m'a semblé se faire par les reprises de mots ou d'images, et par le leitmotiv de ce tissage ; "l'art régnait" (jeu de mots un peu facile, mais bien posé et en adéquation avec l'ensemble). "Quand les lares régnaient" : celui-ci est un peu plus tiré par les cheveux.^^

Mais alors le tout, pris en bloc, réécouté, réentendu est délectable dans les sonorités, les allitérations, les rythmes tantôt cassés puis contrebalancés, les passages de rimes en "é" qui font tourner en rond : la toile prend vraiment forme.

C'est là, je crois, la subtilité première de la mise en place des mots.
Le final casse sèchement. Merci pour l'exercice de diction, en passant !^^

Une prise au piège efficace, en spirale, et que j'ai appréciée.

"au labyrinthe toujours se prennent
l'homme et l'insecte pareillement" (eh oui !)

   Marite   
17/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Beaucoup de mal à suivre le "fil" dans cette dentelle de mots. Le jeu des sonorités est souvent intéressant et parfois agréable mais je n'ai pas réussi à saisir le fond.

   David   
24/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Zenobi,

Un rythme étrange, je lui trouve un air de carillon, le poème se déroule et fait oublier ses mots avec un refrain lancinant, leurs sens s'échappent comme lors d'une chute... difficile d'attraper la métaphore mais il faut peut-être juste se laisser enrouler.

   aldenor   
1/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Beaucoup de recherche dans ce poème. Dans les sonorités, l’enchaînement des mots, l’amour des mots, le jeu avec les mots.
Mes passages préférés :
« …le fil de soi / le fil de l'araignée »
« au labyrinthe toujours se prennent / l'homme et l'insecte pareillement »
« quand l'art régnait sur mes pensées / hissait la voile / tissait sa toile / je m'en allais vers ces palais où s'étalaient…»
Il manque peut-être de clarté dans le parallèle entre l’homme et l’insecte ; dans la construction.
Et je trouve un peu artificiel l’excès de variations sur « l’araignée ».
Pourquoi pas « Arantèles et vieilles dentelles » comme titre ? ça me semble plus musical et approprié.
D’accord avec socque, je déplore ici le centrage du texte.


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