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A l'ombre de l'oranger, merci.
Maître Onirien
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À l'ombre de l'oranger

Papipoète : Oui, il y a ce côté honteux de devoir proposer sa récolte pour en faire quelques sous. Il faut savoir que l'orange au Portugal ne vaut rien, alors qu'elle devrait être un pilier économique. Je te remercie aussi vivement que le ciel est bleu pour ton regard sur cette femme.

Animal : merci de mettre en exergue cette strophe où il est souligné qu'elle a beaucoup de « tant » dans sa vie, mais pas du bon côté. Ton commentaire montre que tu as été touchée par ce poème, une belle récompense pour moi !

Piéralun : le mot « déprécié » te sort du contexte que tu as construit autour de ce poème. Et c'est tout à fait légitime. Mais il a à mon sens bien sa place : il ouvre la commercialisation de ce produit à une véritable honte. Déprécié n'est pas un mot que j'aime, Piéralun, pour ce qu'il sous-entend. Si je raconte l'humilité de cette femme qui vend à la sauvette ses oranges, c'est parce qu'en gros, les fruits sont achetés à 0,15 cents du kilos directement aux producteurs par des intermédiaires. J'avais envie qu'il suffise d'un seul mot, désagréable, pour comprendre comment cette femme prend son courage à deux mains pour offrir ses fruits au passant indifférent.

Eclaircie : Vois plus haut « chez » piéralun pour le terme « déprécié ». Dans un sens, je suis heureuse qu'il vous sorte du contexte, c'est à dire qu'il dépasse l'image de cette vieille dame vendant ses fruits. Depuis des siècles le Portugal produits des agrumes. Depuis des siècles le Portugal est pauvre. Et pourtant, on y produisait « l'essence du Portugal », une essence tirée des peau d'orange. J'essaie ici d'expliquer le fossé gigantesque qui existe.
Merci aussi pour avoir souligner la strophe des amandiers et de ses fleurs blanches ou roses. Les oranges d'hiver sont mûres à l'époque de la floraison des amandiers, en janvier-février. Un jeu de couleurs que j'aime, sous un ciel bleu hivernal.

Natile : merci d'avoir aimé le thème. Il y a cassure au moment du dialogue, c'est vrai. Parce qu'il y a cassure, cette femme doit entrer dans le monde de l'autre, elle y est obligée. Peut-on penser qu'elle aime à proposer si humblement sa marchandise ?

Corto : Un grand merci pour ta remarque sur le choix des mots. J'ai essayé à la fois de décrire, mais aussi d'installer une empathie envers cette femme qui vit dans une profusion de couleurs mais qui peine à transformer son trésor en pièces d'or !

Cristale : Oui, Cristale, il y a un parallèle ; Et le mot « olivier » dans ton poème m'a fait bifurquer vers le fado. On pourrait dire qu'entre ton poème et le mien, pour aussi différents qu'ils soient, il pourrait y avoir la chanson de Paco Ibañez, Les cueilleurs d'olives, tirée du poème de Miguel Hernandez, « Aceituneros ».
Un grand merci de souligner une « peinture de l'insignifiant, qui est l'essentiel ».

Luz : Oui, garde bien ce souvenir au fond de ton coeur, il ne sera jamais déprécié, lui.
Je suis émue (même si pas tant surprise!) que tu aies été sensible aux couleurs dans ce poème.

Pouet : rien à dire moi non plus sur ton commentaire, que pourrais-je ajouter à ce que tu dis de très juste : qu'est-ce qui fait qu'on est touché par un poème ?
Il y a des questions qui sont plus belles si elles n'ont pas de réponse. N'en cherchons pas !

Leni : Un commentaire de la part d'un troubadour, qui sait sentir les couleurs et les sentiments dans leur simplicité, dans leur réalité. Salut cordial, Leni:))))

Stéphane : Ah, tu parles du client ! Merci Stéphane ! Espérons que ce client ne marchandera pas sur ce décompte déjà offert pour deux kg. Ça s'est déjà vu…
Merci pour cette sensibilité et ces couleurs évoquées.

Ours : j'ai lu ton com avec beaucoup d'intérêt. Oui, la misère a quelquefois une couleur très chatoyante.

Davide : Oui, je comprends ce que tu aurais souhaité pour ce « elle attend » en fin de strophe. Mais elle ne fait pas qu'attendre, elle est bel et bien sous son oranger, que je prends ici comme symbole de ce qui fait sa vie. L'arbre est plus important que le fait qu'elle attende.
Tu contestes le mot « aïeule ». cependant, il souligne qu'elle a une famille, qu'elle est ancrée à sa terre. En portugais, et je trouve que c'est intéressant, quand on te demande d'où tu viens, on dit « qual é a tua terra ? » quelle est ta terre. « ta terre » c'est chez toi. Là où tu es née, là où tu finis aïeule. Et c'est sur ta terre que tu enterres les tiens, qui te font vêtir le noir. Tu n'es pas juste « une vieille femme ».
Contreproductive – voilà un mot que me fait sourire dans ce contexte ! Je souligne, ou tente de souligner, que tous ses « tant » à elle sont d'un seul bord. Est-ce le bon ? elle seule pourrait répondre à la question, à laquelle je me doute qu'elle y répondrait avec fatalisme.

Cat : En quoi, oui, vendre deux kg d'oranges arracherait-il à la misère ? C'est bien tout le propos du poème.
Je ne suis pas sûre de comprendre tout à fait ton point de vue, ou ton message.
Un poème d'aujourd'hui, pas du siècle passé.

Un très gros merci à tous.
Je ne dirai pas à cette femme qu'elle a brillé un instant plus fort que ses oranges sur Oniris. Ou plutôt, je le lui dirai autrement, de sorte qu'elle comprenne qu'elle a autant de richesse que n'importe qui d'autre.
J'ai voulu dans ce poème, de la façon la plus dépouillée que j'aie pu, capter par « l'image » une réalité.
Et aussi parce que j'aime le Portugal, ce pays qui m'accueille depuis 20 ans maintenant. Et par ma profession, j'ai la chance de côtoyer des gens « insignifiants »… si riches de bien d'autres façons !

Un fil qui reste ouvert, pour échanger, papoter, déconner… Je prends tout !

Contribution du : 02/01 15:38:46
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Expert Onirien
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Merci pour l'ouverture de ce fil, hersen.

Je n'y déconnerai pas, ou du moins pas encore, mais je tenais à te dire que je n'aurai pas dû commenter ton poème à chaud ; j'aurai dû laisser macérer les émotions que tu as provoqué en moi, et qui ont été submergées par des souvenirs loin du compte.

Peut-être aussi parce que j'ai la tête encore bien embrumée des excès en tout genre, je n'arrive pas à être claire dans mes propos.

Je reviens vers toi dès que mon horizon se dégage.
Bien sûr que 2 kg d'oranges ne suffisent pas !


Cat


EDIT : je ne sais pas si c'est à force d'être interrogée par la grand-mère grammaire de Davide (en plus des brumes et brouillards dans la tête), mais j'ai l'impression de faire une faute d'accord à chaque ligne. Oups !!!...

Contribution du : 02/01 15:52:56
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
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Merci pour ces retours, hersen.

L'arbre est-il plus important que le fait qu'elle attende ? En vrai, sans doute, mais j'avoue que dans le poème, l'attente accuse le poids de cette misère. Et pour moi, la force d'âme de cette vielle dame, sa persévérance et la déconsidération de son labeur priment sur la vente des oranges. C'est ainsi que je le ressens.

"Aïeule", je prends, tu m'as convaincu. Mais justement, puisque tu situes la scène au Portugal, pourquoi ne l'as-tu pas mentionné dans le poème, en exergue ou par un petit indice dans le texte ? C'est dommage !

Le vers "tant de rides pour tant de travail" sonne bizarre à mon oreille, même si j'y vois tendrement esquissée la persévérance dont je parlais tout à l'heure. J'en comprends l'intention, mais, comme je le disais dans mon commentaire, je ne trouve pas ces deux vers absolument nécessaires : "tant de rides pour tant de travail / tant de soins pour ces récoltes dépréciées". Ils outrepassent "l'image" de la réalité ; réalité qui parle d'elle-même avec une force crue immensément touchante.

Citation :
Je ne dirai pas à cette femme qu'elle a brillé un instant plus fort que ses oranges sur Oniris. Ou plutôt, je le lui dirai autrement, de sorte qu'elle comprenne qu'elle a autant de richesse que n'importe qui d'autre.

Ta sincérité et celle de ton poème la font briller pour l'éternité.

Contribution du : 02/01 16:26:06
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Maître Onirien
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@Davide

Pourquoi ne pas mentionner le Portugal ?
C'est une bonne question, Davide, et même si dans mon fil je n'en fais pas mystère, je préfère souvent donner à mes écrits une ouverture plus universelle.
Dans le cas de ce poème, il est transposable, je pense, à d'autres endroits et d'autres denrées.
Par contre, si tu peux m'expliquer en quoi cela apporterait un plus, je suis preneuse de ton avis !

Je ne dis pas que je le suivrais mais cela pourrait m'inciter à y réfléchir sous un autre angle, pour un écrit futur.

je pense que si la notion de tableau ressentie par les commentateurs m'a été très agréable, en revanche je ne voudrais pas déraper vers la carte postale. Si en disant cela j'éclaire plus ma réponse ?

Merci de ton intérêt.

@Cat, je suis sûre que Davide n'a pas un fond méchant et qu'elle viendrait nous sanctionner.

Et aucun souci de brume ou de quoi que ce soit, c'est aussi une chose que j'aime bien, venir relire des poèmes sur Oniris, quelquefois j'y vois des choses différentes, ou je complète des impressions.

Contribution du : 02/01 16:49:56
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Maître Onirien
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ce poème est une photographie, que je vois s'illustrer sur une foire célèbre, non loin de chez moi à Louhans en Saône-et-Loire ; en effet une mémé vient proposer aux chalands, une douzaine d'oeufs et un lapin, l'une dans un panier sans âge et l'autre dans une cage en bois, dont l'arbre dut être coupé voilà des lustres !
Pas sûr que tous les cocos trouvent preneur, et certain que le lapin retrouvera encore longtemps son clapier ! mais si elle ne vend pas d'oranges, elle ressemble tellement à ta mamie du Portugal...

Contribution du : 02/01 19:44:23
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Expert Onirien
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Citation :
Pourquoi ne pas mentionner le Portugal ?
C'est une bonne question, Davide, et même si dans mon fil je n'en fais pas mystère, je préfère souvent donner à mes écrits une ouverture plus universelle (…) je ne voudrais pas déraper vers la carte postale. Si en disant cela j'éclaire plus ma réponse ?

Dans tes retours sur commentaires, tu mentionnes le Portugal à plusieurs reprises, c'est pour ça que j'en ai fait mention.


Si c'était dans ton intention, je me dis qu'il aurait été intéressant de le spécifier, simplement… mais j'apprécie tout autant la non précision du lieu et la portée universelle invoquée.

Par "carte postale", tu veux dire "cliché" ? Hum… je ne crois pas qu'apporter une précision en exergue quant au lieu où se déroule l'action fasse cliché dans ton poème.

Obrigado ! (j'ai une tante portugaise, mais... je ne connais rien en portugais).

Contribution du : 02/01 20:09:24
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
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Merci Hefrsen Hersen pour ces précisions.
Perso, je ne suis pas sûre que la précision du Portugal en exergue aurait vraiment éclairé ton poème et le mot "déprécié" dans le sens où tu nous l'expliques si bien.
On mesure là, toute la difficulté à transmettre ses vues, idées, opinions, au travers d'un poème.
Ton sujet est ainsi une très belle prolongation à ce poème.

Contribution du : 03/01 03:51:57
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Ecrivez ce que vous désirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importe pendant des siècles ou pendant des jours.
Virginia Woolf- Une chambre à soi- Publié en 1929
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Maître Onirien
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@Papipoète @Davide @Eclaircie

merci à papipoète pour son intervention. Elle illustre très exactement ce pourquoi il ne me semblait pas nécessaire de préciser le lieu. l'histoire de Papipoète est en parfaite résonnance avec la mienne.

Si je développe davantage sur le fil, c'est dans le but d'un échange, expliquer l'origine du poème, ce qui m'a inciter à l'écrire.

Merci à vous trois !

herwzen

Contribution du : 03/01 09:22:33
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Maître Onirien
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Merci Hersen pour ce retour sur commentaires et ta prose claire et enrichissante.

"... transposable, je pense, à d'autres endroits et d'autres denrées." dis-tu.

Cette toile ancienne me semble illustrer ton propos, en tout cas, j'imagine "ta" vendeuse d'oranges un peu comme cette vieille femme intemporelle...

La vendeuse d'orange de Aleksander Gierymski - 1881

Cristale
sérieuse


...quoi que, pour le fil de Davide : Herthen sonnerait bien

Contribution du : 03/01 09:29:03
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"Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense"
Charles Baudelaire
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Re : A l'ombre de l'oranger, merci.
Maître Onirien
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Stéphanie90,@Michel64

Un grand merci pour vous être arrêtés sur le petit muret de pierre sèche pour tenir compagnie à la vendeuse d'oranges.
Je pense avoir répondu plus haut à vos réserves et interrogations.

Mais le fil reste ouvert, n'hésitez pas !


Contribution du : 03/01 09:30:28
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