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À mon grand-père... Remerciements et explications... |
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Expert Onirien
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08/04/2022 10:50 De Tannhäuser Gate
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Bonjour à toutes et à tous, autant commencer par la politesse !
En premier lieu, je remercie chaleureusement le CE d’avoir intégré ce poème évoquant la mémoire de mon grand-père à son catalogue, je m’attendais à ce que l’on me dise qu’après « À ma sœur… » ça faisait un peu trop thérapie familiale ou la forêt des suicides (des suicidés, j’y reviendrai plus loin). Si ce poème a reçu un accueil plus que moyen (pour ne pas dire mauvais) j’en suis l’unique responsable et je m’en doutais un peu en le proposant sur Oniris (ou ailleurs, cela n’aurait absolument rien changé). Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont pris la peine de lire mon poème et encore plus celles et ceux qui y ont apposé un commentaire… LeChevalier disait il y a peu que l’auteur ne savait parfois pas ce qu’il avait mis dans son poème (ou quelque chose de genre), mais je peux assurer que ce n’est pas du tout mon cas, j’ai mis bien plus dans ce poème pour honorer la mémoire de mon grand-père que les mots ne peuvent le laisser transparaître ! On dit qu’il ne faut jamais demander à une personne comment elle va si l’on n’est pas capable de l’entendre nous raconter toute sa vie ! Personne ne m’a demandé comment j’allais, mais je vais quand même vous raconter, ça vous apprendra à ne rien demander ! Écrire pour ma sœur et mon grand-père qui se sont tous les deux suicidés est la continuité de ma catharsis individuelle… Je vais sûrement dire plein de choses dans l’ordre ou dans le désordre et je vais le faire à ma façon, je ne vais pas mettre en caractères gras le pseudonyme des oniriennes et oniriens, et il peut m’arriver de digresser grave, je préfère vous prévenir d’emblée, ainsi, ceux que cela rebute pourront s’arrêter -là (s’ils y sont seulement arrivés !), vous ne pourrez pas dire « je ne savais pas, on ne m’avait rien dit ! ». Contrairement à ce que vous avez pensé, LeChevalier, ce texte n’a pas pour tentative de comprendre le destin de mon ancêtre, je sais exactement ce qui est arrivé à mon grand-père et pourquoi c’est arrivé, j’y reviendrai plus loin également. Si j’ai proposé ce poème sur Oniris, c’est pour plusieurs raisons. Partager avec les oniriens et les oniriennes ce que j’avais écrit au sujet de mon grand-père, mais aussi pour qu’il y ait une trace vivante de lui quelque part, que l’on sache que ce brave homme a existé un jour. Vous vouliez du lyrisme et vous trouvez que nommer mon grand-père nuit à ce lyrisme, j’en suis désolé pour vous, en ce qui me concerne, c’est une volonté assumée, ce sont le prénom et le nom de mon grand-père qui viennent clore ce poème, c’était très important pour moi, c’est une façon de lui rendre sa dignité qu’il avait perdue, vous comprendrez plus bas si vous lisez jusqu’au bout… Dans le premier tercet, l’homme ne s’est absolument pas blessé comme vous l’écrivez ! Vous enchaînez avec « et puis est tombé dans l’eau ». Si je veux bien concéder sans aucune ambiguïté que le poème était assez obscur pour qui n’a pas connu mon grand-père, je pense néanmoins qu’il n’est pas illisible non plus ! Dans le deuxième quatrain, j’explique que mon grand-père vacilla dans la Seine et j’enchaîne avec puis coula comme un homme. Le premier tercet est la suite logique, sur son corps endormi étant une métaphore pour dire que ce dernier est mort. Je ne comprends donc pas bien votre perception du premier tercet, ça me donne l’impression que vous avez lu le poème à l’envers (je vous explique, je ne m’énerve pas, d’autant plus que vous avez bien aimé !). Le « au fil de » vous a gêné, je peux le comprendre, mais où je ne suis pas d’accord, c’est la façon dont vous affirmez « il fallait écrire » ! Je vous donne ici une longue liste de synonymes de la locution prépositive « Au fil de » « de, en, dans, pour, par, lors de, sous, pendant, au cours de, durant, dans le cas de, le long de, au moment de, en cours de, au milieu de, d’ici à, au fur et à mesure de, au beau milieu de, au plus fort de, tout le long de, au long de, en plein milieu de, dans le courant de, en temps de, dans le cours de, à la saison de, au fort de, tout au cours de » Je pense que je pouvais me servir de cette locution, mais je ne m’en suis pas servi par hasard, je suis étonné que vous n’ayez rien dit à ce sujet d’ailleurs ! « Au fil de mon enfance, un poisson fut pêché » Comme chaque fois que je compose un poème, les premiers mots, le premier jet, ne sont jamais ceux qui restent à la fin. J’avais d’abord écrit quelque chose du genre « Hier en plein hiver, un poisson fut pêché », mais ça ne correspondait pas avec la réalité historique (mon grand-père étant décédé en automne) et j’avais peur que l’on me reproche la proximité « hier/hiver » que personnellement j’aimais plutôt bien ! Ensuite, j’ai dû écrire je ne sais combien de versions de ce vers avant que ce qui était évident m’apparaisse. Je n’aime pas les jeux de mots dans un poème sérieux, mais celui qui m’est venu m’a semblé on ne peut plus approprié. J’aimais l’idée qu’un poisson fut pêché au fil de mon enfance, avec le fil d’une canne à pêche… je trouvais que c’était visible tout en étant presque imperceptible, un peu trop apparemment puisque personne n’a relevé ce vers à part vous ! Vous avez trouvé l’introduction du thème mythologique intéressante, mais qui ne s’est pas pleinement réalisée à cause du caractère terre à terre des tercets. Je n’ai aucune objection à vous apporter, c’est votre ressenti de lecteur, je ne peux rien faire de plus par rapport à ça. Je ne changerai néanmoins rien à ce poème parce qu’en ce qui me concerne, il est très abouti. Pas très abouti par pure prétention de ma part, mais très abouti, car j’ai réfléchi chaque mot, j’ai réfléchi à la construction de ce poème et de son déroulé pendant des semaines et le résultat final me convient parfaitement, il va même au-delà de mes espérances… C’est vraiment gentil à vous d’avoir voulu m’aider dans mon écriture, mais pour les raisons citées plus haut, je ne changerai rien à ce poème, je ne dis bien évidemment pas que c’est le poème du siècle, je ne suis pas complètement débile non plus ! Je vous encourage à poursuivre votre lecture, j’ai encore beaucoup de révélations à faire au sujet de ce poème ! Merci d’avoir trouvé ce poème sincère jf2. Vous soulevez la question de la métaphore du poisson, du triton, l’apparition de Poséidon dans la Seine et je vous en remercie vivement. Cela va me permettre d’évoquer un point fondamental de ce poème, point que j’ai mis longtemps à penser et à élaborer… J’ai évoqué la forêt des suicidés au début de mon message, des violents contre eux-mêmes comme il est précisé au chant XIII, septième cercle, deuxième giron de « La Divina Commedia » de Dante (Commedia que l’on retrouve chez BSL…) Dans ce chapitre, Dante (toujours accompagné de son fidèle guide, Virgile) nous parle de « La forêt des suicidés et du sort des suicidés après la mort et après le Jugement Universel » Le centaure Nessus y a escorté Dante et Virgile depuis les rives du bouillonnant et sanglant fleuve Phégéton (à ne pas confondre avec le Téléthon). Selon Dante, au jugement dernier, les violents contre eux-mêmes (comme il dit) auront un sort bien misérable comparé à d’autres péchés commis par certains. « Nous reviendrons comme les autres vers nos dépouilles, mais nul ne s’en revêtira, car il est injuste d’avoir ce qu’on jette. Nous les traînerons ici, et nos corps seront pendus par la triste forêt, chacun à la ronce de son ombre hargneuse. » Ça donne envie de se suicider, n’est-ce pas ? Durant des millénaires, les suicidés n’étaient pas dans les petits papiers de l’Église, je vous fais l’historique (je suis dans un bon jour) Dans le chapitre 16 du concile de Braga (Concile de Braga, chap. 16, 563 ; Mansi, Sacrorum Conciliorum Nova Et Amplissima Collectio, Vol. 9:779 :) on peut lire (traduction française du latin) « De même, il a été décidé que, pour ceux qui s’infligent une mort violente par l’épée, ou par le poison, ou en se précipitant, ou par pendaison ou par toute autre méthode, aucune commémoration ne doit être faite dans le sacrifice pour eux, et que leurs corps ne doivent pas être conduits à l’enterrement avec des psaumes. Car beaucoup ont abusé de cette pratique par ignorance. Il en est de même pour ceux qui seront punis pour leurs propres crimes. » Dans l’ancien Code du droit canonique de 1917, on pouvait lire : « Sont irréguliers par délit : Ceux qui se sont mutilés eux-mêmes ou ont mutilé les autres, ou ont essayé de se suicider. » (mon grand-père était donc un délinquant irrégulier selon l’Église) Il a fallu attendre le décret du 20 septembre 1973 pour que l’Église mette un peu d’eau dans son vin (mais ce n’était pas encore très clair à propos du suicide, je vois mal une personne demander pénitence à l’Eglise juste avant de se suicider pour avoir le droit à un potentiel paradis ! Et en plus, fallait que les autres fidèles soient d’accord !) « DÉCRET SUR LA SÉPULTURE ECCLÉSIASTIQUE Les Pères de la S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, réunis en Comité plénier les 14 et 15 novembre 1972, ont décidé au sujet de la sépulture ecclésiastique : les obsèques ne seront pas interdites aux pécheurs manifestes s’ils ont donné quelque signe de pénitence avant de mourir et s’il n’y a pas scandale public pour les autres fidèles. Au cours de l’Audience accordée le 17 novembre 1972 au Cardinal soussigné, S. S. le Pape Paul VI a ratifié, approuvé et ordonné de publier cette décision des Pères, en abrogeant, dans la mesure où c’est nécessaire, le paragraphe 1 du canon 1240, nonobstant toutes choses contraires. Rome, le 20 septembre 1973. » Il faut attendre 1983 pour que les suicidés ne soient plus considérés comme des pestiférés par la très Sainte et Grande Église ! « CODE DE DROIT CANONIQUE de 1983 LIVRE IV LA FONCTION DE SANCTIFICATION DE L’ÉGLISE (Cann. 834 — 848) DEUXIEME PARTIE LES AUTRES ACTES DU CULTE DIVIN TITRE III LES FUNÉRAILLES ECCLÉSIASTIQUES (Cann. 1176 — 1185) Can. 1176 - § 1. Les funérailles ecclésiastiques doivent être accordées aux fidèles défunts, selon le droit. § 2. Les funérailles ecclésiastiques, par lesquelles l’Église procure aux défunts le secours spirituel et honore leurs corps en même temps qu’elle apporte aux vivants le réconfort de l’espérance, doivent être célébrées selon les lois liturgiques. § 3. L’Église recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit pas l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne. » Mais quel rapport avec le poisson, le triton et Poséidon êtes-vous en train de vous dire (si, si, je lis dans vos pensées, j’ai cette faculté divinatoire !). J’y viens… Dans le chapitre des violents contre eux-mêmes, le chant XIII de l’Enfer, leurs âmes ne sont plus que « des arbres noueux, emplis de lamentations ». Dante, sous les conseils de Virgile, cueille le rameau d’une grande ronce (en fait, c’est l’âme de Pier della Vigna, le chancelier de Frédéric II, mais Dante il ne le sait pas, parce qu’il est pas très fute-fute le gonze, il faut bien l’avouer maintenant qu’il est mort !). Je peux vous certifier que l’arbre il est vraiment pas content, il est colère, ça lui fait terriblement mal, du sang noir se met à gicler de partout, une vraie boucherie, on pourrait faire du boudin pour le Tout-Paris ! Allez, je me recentre, je commence à m’éparpiller ! Donc, dans « La Divina Commedia », les suicidés sont transformés en arbres, il y a comme une punition divine qui les empêche de garder leur forme humaine… Mais moi, tout ça, et même si j’aime énormément Dante et sa Divine Comédie, je m’en bats les cacahuètes comme l’homme du même nom chez Lariviere ! Enfin pas vraiment, mais ça fait partie de la tentative d’explication du processus engendré par mes petits neurones pour réhabiliter mon grand-père parmi les hommes. Dans La Divine Comédie, les violents contre eux-mêmes subissent une transformation qui va de la vie à l’enfer, du corps humain (trop humain) à une forêt très loin d’être enchantée ! Je me suis donc servi de cette idée de transformation pour enclencher le mécanisme inverse. Mon grand-père, au début de l’histoire, est déjà mort, c’est un poisson que l’on repêche (il a vécu l’enfer sur terre, l’enfer c’est les autres comme l’écrivait votre copain), il est privé de sa forme humaine tout comme les violents contre eux-mêmes… Puis, pour passer par une phase de transition (le purgatoire pourquoi pas), de transformation progressive, il devient triton au deuxième quatrain… Les tritons ne vivent pas dans les fleuves, ils vivent plutôt dans les petites rivières, mares, étangs, etc. Mais premièrement, je n’avais pas la prétention de donner un cours de SVT, et deuxièmement, le triton a une bonne raison d’apparaître ! Le triton peut aussi bien vivre dans l’eau que sur terre à l’âge adulte. À l’état de larve, il a des branchies, tandis qu’à l’état adulte, ces branchies disparaissent et le triton commence à développer des poumons (c’est quand même bien foutu la nature !). J’aimais l’idée qu’après avoir été pêché poisson, mon grand-père se transforme en triton (d’eau douce toujours), une sorte d’état intermédiaire avant de redevenir homme dans « Puis coula comme un homme », la boucle est bouclée… Puisque Dante et l’Église ne veulent pas de mon grand-père comme copain de béatitude, il était de mon devoir (devoir de mémoire) de redonner à ce dernier toute la place qu’il méritait parmi les hommes, ses frères humains aurait écrit Villon… Je ne parle pas de paradis auquel je ne crois pas du tout, ça je m’en moque, mais que mon grand-père connaisse l’enfer à cause de son geste, son suicide, alors que c’était un homme d’une profonde gentillesse, ça, je ne pouvais le tolérer ! Cette transformation, transmutation, métamorphose est donc l’anti Dante, l’anti-Divine Comédie (à mon échelle bien entendu, parce que Dante Mohamed Alighieri, c’est quand même pas un dilettante si l’on parle poésie, contrairement à moi !) Attendez, vous n’allez pas vous en sortir comme ça, je n’en ai pas encore fini avec vous ! L’apparition de Poséidon à présent (ça vous apprendra à poser des questions)… il est évident que l’apparition de « triton » n’est pas uniquement une facétie liée à la biologie de ma part. Triton, comme chacun sait, est un Dieu marin fils de Poséidon et d’Amphitrite (trite/on/Triton, y’a une certaine logique quand on y réfléchit à deux fois). Il avait lui-même le buste d’un homme et une queue de poisson (au sens propre, n’y voyez aucune moquerie envers son anatomie éventuellement peu flatteuse !). À présent, et avec un peu d’imagination, remettons tout cela dans le contexte judéo-chrétien. Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés selon Thimothée (première épître à Thimothée) « Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps, et pour lequel j’ai été établi prédicateur et apôtre, je dis la vérité, je ne mens pas, chargé d’instruire les païens dans la foi et la vérité. », Dieu, donc, n’a pas sauvé son propre fils d’une mort certaine (l’histoire est avec moi), n’a pas plus sauvé mon grand-père de ses souffrances, comme il ne fait absolument rien contre toute forme de souffrance en ce monde (normal, il n’existe pas !). Il ya donc là l’histoire d’un homme (mon grand-père en l’occurrence) qui est en train de couler par désespoir et Dieu (Poséidon, le Dieu des océans, des mers et de l’eau par extension, même si la Déesse de la Seine est Sequana) ne vient même pas sauver son propre fils (Triton, mon grand-père) Voilà vous savez tout, je ne vous demande pas d’adhérer à mon schéma de pensée, mais c’est ainsi que je vois et que j’ai construit les passages qui vous posaient problème… Vincent, je vous remercie vraiment d’être passé me dire un mot gentil à propos de mon texte, c’est une grande qualité que de reconnaître son manque de culture, c’est tout sauf un aveu de faiblesse selon moi, cela démontre au contraire d’une grande force de caractère et d’humanité ! Je suis désolé si vous n’avez pas reconnu ce pouvoir de l’imagination, Provencao, il me semble pour ma part qu’il fallait aller la chercher en dehors du poème, mais ce n’est pas de votre faute comme je l’ai souligné dans les premières lignes de ces remerciements, c’est entièrement la mienne et je l’assume pleinement. Vous n’avez pas franchi Ces mots sont destinés à mon grand-père, je ne pense pas qu’à présent qu’il est passé de vie à trépas, cela aura une grande signification pour lui, mais j’aurais au moins eu le mérite d’essayer tant bien que mal de lui rendre un dernier hommage… Vous pouvez exprimer tous les sentiments que vous voulez Cristale, même en connaissant l’auteur, je ne suis pas en sucre, vous savez, j’ai les épaules solides. Les lombaires un peu moins, je sors tout juste de chez le kiné, je reprends mes remerciements où je les avais arrêtés ! Désolé de ne pas avoir satisfait votre compte de poésie telle que vous aimé la lire et l’écouter, je ne regrette pourtant absolument pas la façon dont j’ai écrit ce poème, il est tel qu’il devait être pour moi, je comprends néanmoins que ce n’est pas ce que vous attendiez, rassurez-vous, pas de malaise entre nous ! Les deux quatrains vous ont paru étranges, aussi, en plus de tout ce que j’ai déjà raconté, je vais rajouter une chose (ou deux peut-être) à propos du sens et de « La Divina Commedia » de Dante… En gros, ça dit que pendant mon enfance, à un instant T, mon grand-père a été repêché dans la Seine où il flottait, son corps a parcouru une trentaine de kilomètres entre Épinay-sur-Seine où il se jeta et Le Pecq où l’on retrouva son corps (un poisson fut pêché) « Dans un fleuve dont l’âme » est une sorte de personnification du fleuve, il a une âme et emporte avec lui tous ceux qui se sont jetés dedans, transporte leurs angoisses et leurs profonds regrets de ne pas avoir eu une vie meilleure peut-être… « de mortels aux nuits lasses » ici, ce sont les mortels qui sont las, mais tout comme pour le fleuve, il y a une sorte de personnification de la nuit qui devient lasse avec celui qui souffre… Avant d’aller plus loin, je rebondis sur votre remarque à propos de la rime « angoisses/lasses ». Je ne me suis pas basé sur le son oi, mais sur la phonétique pour penser que cette rime était valide. J’ai lu ɑ̃ɡwas las, je me suis donc dit peut-être à tort que j’avais deux sons qui finissaient en « asse » et que cela me suffisait pour une rime suffisante, je me suis apparemment fourré le doigt dans l’œil ça pique un peu, mais c’est tout de même plus hygiénique qu’ailleurs ! N’ouvrons pas un forum sur la question, vous avez raison, mais il me semble avoir mis un exemple où l’on constate que je ne suis pas le seul à avoir commis cette erreur… Je reviens à la compréhension des quatrains ! « Gémissant des mots sourds et souffrant leur péché » Ce vers est assez important, car il introduit dans le poème L’Inferno de « La Divina Commedia », et en particulier ce fameux chant XIII… Tous ceux qui sont condamnés dans le deuxième giron du septième cercle des enfers se lamentent, gémissent des mots et même du sang… « Comme un tison vert, brûlé à l’un des bouts, qui gémit par l’autre, et qui grince sous l’effet du vent qui s’échappe, ainsi du bois brisé sortaient à la fois des mots et du sang ; moi je laissai la branche tomber, et restai là, saisi de crainte. » Il y avait cependant des prémices de cet enfer à venir avec le fleuve et son âme qui pouvaient s’apparenter, à l’Achéron au Styx, au Cocyte ou au Phlégéton cité plus haut… Il y avait donc là une sorte d’analogie entre mon grand-père et le sort réservé aux violents contre eux-mêmes, qui, pour avoir transgressé le sixième commandement « Tu ne tueras point », gémissent des mots sourds (que personne ne peut plus entendre) et souffrent (endurent) leur terrible péché… Pierre Reverdy disait « Le poète doit voir les choses telles qu’elles sont et les montrer aux autres telles que, sans lui, ils ne les verraient pas. », je ne sais que penser de cela, si l’on montre les choses telles qu’elles sont, où se situe l’imagination du poète ? De plus, vous me reprochez à la fois d’exprimer des sentiments de façon bien trop directe et en même temps, vous me conseillez de montrer les choses telles qu’elles sont, j’avoue être un peu perdu ! Comme pour LeChevalier, je vous explique, je ne m’énerve pas ! Merci de ne pas avoir noté, mais vous aviez le droit de dire que vous n’avez pas aimé… Je comprends que vous vous soyez égaré BlaseSaintLuc, l’enfer est composé de nombreux méandres tous plus dangereux les uns que les autres… Je comprends que vous ayez perçu certaines maladresses, pourtant, je peux vous assurer que de mon côté, il n’y a en pas. Je n’affirme pas par là que c’est vous qui n’avez rien compris et que je suis un poète maudit, incompris, je n’irai pas jusque là et je ne me permettrai pas cela envers vous, ce serait d’une folle présomption que je n’ai pas ! Je ne vous rejoins pas sur le côté documentaire, je ne pense pas avoir décrit le suicide tel qu’il s’était effectivement déroulé, et il y a encore beaucoup de choses cachées dans ce poème que vous découvrirez si vous avez la patience et l’envie de poursuivre votre lecture… Désolé de vous avoir semblé en dessous de ce que vous me pensez capable d’écrire vallet. Rien à voir, mais en tant que passionné de BD, vous me faites penser que Corto Maltese est né à La Valette (Malte) le 10 juillet 1887… Ce poème a effectivement été écrit pour mon grand-père et il est dédicacé à mon grand-père, je vous remercie de l’avoir souligné et d’avoir souligné les difficultés qui pouvaient en découler. Pour la compréhension, je ne sais pas, mais pour les explications, j’espère que vous en avez pour votre argent ! Pour l’image du poisson Passant75, si vous avez lu jusqu’ici, j’espère que mes explications vous auront convaincu. Tout comme vallet, vous soulignez le caractère intime du deuil, je vous en remercie… Coucou Myndie, j’ai essayé d’en garder un peu pour toi et la bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas encore tout révélé, tu vas apprendre plein de choses qui n’ont pas encore été dites jusqu’ici, et en plus, vu la longueur de mes remerciements (je n’ai pas compté, mais ça représente plusieurs heures de travail), tu seras peut-être la seule à connaître la fin, les autres étant déjà peut-être retournés vaquer à leurs occupations ! Merci pour ta franchise et ton honnêteté de trouver l’écriture convenable, heureusement que je la ressens au plus profond de moi-même (ta franchise) en lisant ce que tu veux bien nous confier sur Oniris, sinon, je penserais que tu as mis « j’aime beaucoup » par pitié, ce qui me vexerait énormément ! Tu as apprécié la sombre moitié qui pousse jusqu’à l’extrême et je t’en remercie, car si ce passage est volontairement flou, il est cependant primordial à la compréhension non pas forcément du poème, mais de ce qui a poussé cet homme que j’aimais tant, mon grand-père, à commettre l’irréparable ! Mon grand-père était un homme profondément gentil comme je l’ai déjà dit (pour une fois que je me souviens de ce que j’écris), je me souviens que gamin, il nous donnait parfois une pièce à ma sœur et à moi, mais c’était très occasionnel, il le faisait parce que ça lui faisait plaisir et ne voulait surtout pas que nous soyons gâtés « gratuitement ». En plus, mes grands-parents ne roulaient pas sur l’or, ils faisaient partie de ce que l’on appelle la classe moyenne. C’était chaque fois une pièce de dix francs, celle créée par Georges Mathieu en 1974, je me souviens de la carte de France comme si c’était hier. C’était presque cérémonial, il y avait un petit rituel, mon grand-père nous appelait ma sœur ou moi-même, il sortait son petit porte-monnaie en cuir noir et il en sortait une pièce de dix francs avec plein d’amour dans les yeux. Cela peut paraître banal, mais si je te raconte ça, c’est pour opposer ce geste à ceux de ma grand-mère qui nous donnait beaucoup plus d’argent que lui et beaucoup plus souvent. Mais avec le recul, je sais aujourd’hui qu’il n’y avait pas cette même sincérité, qu’elle faisait tout cela en pensant que l’amour et l’affection pouvaient s’acheter avec de l’argent. Elle faisait pareil avec ma mère parce que nous étions souvent en difficultés financières quand j’étais môme à cause de la maladie de ma mère, la bipolarité dont j’ai hérité ! Elle dépensait je ne sais combien d’argent dans des produits de beauté Yves Rocher qui arrivaient directement à la maison alors qu’il n’y avait même pas Amazon ou ce genre de plateformes à l’époque. Il suffisait de remplir un bon de commande, de s’endetter avec des crédits, Sofinco, Cofidis et je ne sais quelles sociétés de crédit encore et le tour était joué. Il y avait également les réunions Tupperware dont je n’arrive toujours pas à prononcer le nom correctement (je sais, ça ne s’entend pas beaucoup). Enfin, tout ça pour dire que ma mère claquait un pognon fou et que c’était ma grand-mère qui nous prêtait ou donnait de l’argent pour renflouer les comptes. Mais ce n’était pas gratuit, il aurait mieux valu lui rembourser des intérêts que tout ce qu’elle a fait subir à ma mère et à mon père par extension. Je ne peux pas développer (enfin je le peux si je veux) sinon, c’est un roman qui va prendre sous tes yeux à la place de remerciements ! Mais pour donner un exemple de la toxicité de ma grand-mère, quand elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait de ma mère, parce qu’elle estimait que l’argent qu’elle donnait lui donnait en retour tous les droits, il lui arrivait de nous appeler tard le soir et de ne rien dire au téléphone, nous n’entendions que son souffle glacial… Comme je te dis, je ne peux pas trop développer cette partie, ce serait vraiment trop long, mais je pense que ma grand-mère était également bipolaire bien que cela n’ait jamais été diagnostiqué et que nous n’en ayons jamais rien su du coup ! Pour revenir à mon grand-père qui est le centre de ces remerciements, elle n’arrêtait pas de le rabaisser, de le réprimander. Ça n’allait jamais, tout ce qu’il faisait était sujet à remontrances. Il aimait bien boire son petit canon de rouge, elle lui disait d’arrêter de boire, il était heureux d’être avec nous lors d’une fête de famille, elle lui disait « Georges va te coucher » comme elle aurait parlé à un enfant !!! C’était atroce, je me souviens que ma sœur et moi ne voulions parfois pas rester chez eux quand ils devaient nous garder à dormir. Tellement elle lui criait dessus, nous pleurions et nous la suppliions d’appeler nos parents pour qu’ils viennent nous chercher (ça faisait tout de même 60 km aller-retour !). Donc, pour tout de même justifier cette longue digression, la sombre moitié qui le poussa jusqu’à l’extrême existait vraiment, ce n’est pas une exagération de ma part, et l’ultime camouflet n’est pas simplement là pour rimer avec reflet… Pas plus que l’écho d’une blessure, pour revenir sur le commentaire de LeChevalier, n’est une blessure que mon grand-père se serait faite, c’est une blessure infligée par les mots méchants de ma grand-mère. D’ailleurs, au début, j’avais écrit l’éclat d’une blessure, mais je me suis dit que reflet et éclat étaient du même domaine, l’écho d’une blessure me semble bien mieux, comme si sur son corps endormi, il y avait encore les mots blessants que lui avait dit ma grand-mère… Je disais au début, volontairement flou parce que sans connaître tous ces paramètres, personne ne pouvait s’imaginer pleinement la teneur et l’ampleur de tout cela, mais j’aimais justement l’idée que cette sombre moitié puisse ramener à ma grand-mère (pour qui voulait l’entendre ainsi), mais également à la part sombre que chacun de nous a en soi… Je te remercie sincèrement d’avoir évoqué la dépression et Gérard de Nerval, j’ai cru que personne n’en parlerait jamais ! Bien sûr qu’il fallait allait chercher du côté de « El Desdichado » (rien à voir avec DJ Shadow que j’aime beaucoup également) « Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé Porte le Soleil noir de la Mélancolie. » Après la lueur d’un soir, le soleil noir, c’est également l’absence de lumière, l’absence d’espoir, là où il devrait normalement y en avoir… Pour la maladresse poisson/triton, j’ai laissé des explications plus haut, mais je n’ai pas la prétention de dire qu’elles devront absolument te convaincre de je ne sais quoi ! J’aurais pu faire plus simple il est vrai, mais ce poème s’est construit ainsi et ça me va très bien ainsi, je suis très satisfait du résultat final, et ce, malgré les commentaires et appréciations plutôt négatifs… Tu sais bien que tu peux tout dire, tout suggérer, car je sais que cela sera toujours fait avec bienveillance, intelligence et humanité… Je crois, peut-être ne pas avoir tout dit, mais au moins qu’il faut m’arrêter là, je suis exténué par ces remerciements, cela m’a demandé énormément de concentration et de temps, j’espère avoir été à la hauteur de tous vos commentaires ! Comment conclure après tout ça, suis-je en train de me demander ! Peut-être que la réponse est plus évidente qu’il n’y paraît… Tu ne peux plus m’entendre papy, mais tu m’as énormément manqué depuis le jour où tu as choisi de rejoindre les autres poissons dans la Seine, je suis heureux que ce poème ait trouvé sa place quelque part et qu’il ait été lu. Il aurait pu être plus poétique sûrement, mais qu’importe, je l’ai écrit pour toi, avec tout mon amour, pour toujours… « Ne laisse pas le soleil détruire ton ombre Tu as la tête toute embrouillée, mais si seulement je pouvais te le faire comprendre J’en ai eu ma part, je t’aiderai pour la douleur. Tu n’es pas seul, accrochons-nous et vivons ! Tu n’es pas seul, donne-moi tes mains ! Tu es magnifique, donne-moi tes mains ! » Polza et David Bowie, planète Oniris, le 26/10/2026
Contribution du : Aujourd'hui 18:03:21
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