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Re : Détournement de rimes
Visiteur 
Bravo MissNode

Contribution du : 27/03/2015 14:19
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Re : Détournement de rimes
Expert Onirien
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Poème de Supervielle

Ne touchez pas l’épaule du cavalier qui passe,
Il se retournerait et ce serait la nuit,
Une nuit sans étoiles, sans courbe ni nuages.
- Alors que deviendrait tout ce qui fait le ciel,
La lune et son passage, et le bruit du soleil ?
- Il vous faudrait attendre qu’un second cavalier
aussi puissant que l’autre consentît à passer.

Détournement :
Ne coupez pas le fil de cet instant qui passe
Il s’entortillerait et deviendrait noir nuit
Il filerait tout doux et droit dans les nuages
Comment tisser alors les émotions du ciel
Ton rire et son message et ton iris soleil ?
Il me faudrait rêver qu’un instant cavalier
Tout aussi doux que l’autre veuille aussi passer.

J’aime beaucoup les détournements précédents à croire que le rythme d’un poème est aussi important que les mots…
Merci à Missnode pour avoir attiré mon attention sur ces légères dérivations !

Contribution du : 27/03/2015 16:20
_________________
Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant.
V Hugo
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Re : Détournement de rimes
Maître Onirien
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De Cévennes
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@Tizef : merci pour vos encouragements ! ça compte toujours car le fil de l'écriture est chez moi fragile et je ne savais pas comment assumer ce texte.

@Costic : comme je suis ravie de te retrouver ici !... ainsi que ton écriture tellement poétique, bravo pour ce "détournement".

Contribution du : 27/03/2015 17:43
_________________
L'homme est conduit par l'aveugle qui est en lui- J.Claude Izzo
Poésie et carnets artistiques : https://papiers-relies.assoconnect.com/
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Re : Détournement de rimes
Chevalier d'Oniris
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Bonjour,
Pour me remettre dans le bain, un poème de Charles d'Orléans :

*** poème original ***

Les fourriers d'Eté sont venus
Pour appareiller son logis,
Et ont fait tendre ses tapis,
De fleurs et verdure tissus.

En étendant tapis velus,
De vert herbe par le pays,
Les fourriers d'Eté sont venus.

Cœurs d'ennui piéça morfondus,
Dieu merci, sont sains et jolis ;
Allez-vous-en, prenez pays,
Hiver, vous ne demeurez plus ;
Les fourriers d'Eté sont venus !

*** version pussicatée ***

Les voleurs sont déjà venus
Ils ont pillé tout les logis,
Pris l'or, l'argent, et les tapis,
Et les grands rouleaux de tissus.

Ils étaient grands et bien velus,
Leurs mots n'avaient pas de pays,
Les voleurs sont déjà venus.

Les rares témoins morfondus,
Se pensent laids, pas bien jolis ;
Tous s'entraident en ce pays,
Remords les mange tant et plus ;
Les voleurs sont déjà venus !

Contribution du : 28/03/2015 12:17
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Re : Détournement de rimes
Chevalier d'Oniris
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Je savais que j'avais besoin de me dérouiller les neurones... je corrige !

*** poème original ***

Les fourriers d'Eté sont venus
Pour appareiller son logis,
Et ont fait tendre ses tapis,
De fleurs et verdure tissus.

En étendant tapis velus,
De vert herbe par le pays,
Les fourriers d'Eté sont venus.

Cœurs d'ennui piéça morfondus,
Dieu merci, sont sains et jolis ;
Allez-vous-en, prenez pays,
Hiver, vous ne demeurez plus ;
Les fourriers d'Eté sont venus !

*** version pussicatée ***

Les voleurs sont déjà venus
Ils ont pillé tous les logis,
Pris l'or, l'argent, et les tapis,
Et les grands rouleaux de tissus.

Ils étaient grands et bien velus,
Leurs mots n'avaient pas de pays,
Les voleurs sont déjà venus.

Les rares témoins morfondus,
Se pensent laids, pas bien jolis ;
Tous s'entraident en ce pays,
Remords les mange tant et plus ;
Les voleurs sont déjà venus !

Contribution du : 28/03/2015 12:22
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Re : Détournement de rimes
Maître Onirien
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De du côté de Brocéliande
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Paul Verlaine : Un clair jour d'été

Donc, ce sera par un clair jour d'été ;
Le grand soleil, complice de ma joie,
Fera, parmi le satin et la soie,
Plus belle encor votre chère beauté ;

Le ciel tout bleu, comme une haute tente,
Frissonnera somptueux à longs plis
Sur nos deux fronts heureux qu'auront pâlis
L'émotion du bonheur et l'attente ;

Et quand le soir viendra, l'air sera doux
Qui se jouera, caressant, dans vos voiles,
Et les regards paisibles des étoiles
Bienveillamment souriront aux époux.

Version détournée :Une sombre nuit écourtée

On va passer ce soir à l’heur' d’été,
Tronquer la nuit d’un rêve et de la joie
De paresser entre nos draps de soie
Pour commencer un dimanche en beauté.

Il n’y a rien au monde qui me tente
Plus que me perdre avec toi dans les plis
De l’insomnie par la lune pâlis
Pour effacer ma semaine d’attente

Oh je voudrais t’étreindre mon époux
Sans me soucier de rien, mettre les voiles
Vers une éternité semée d’ étoiles
Et voilà qu’on nous vole un temps si doux !

Contribution du : 28/03/2015 18:40
_________________
"La poésie est aux apparences ce que l'alcool est au jus de fruit"
Guillevic
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Re : Détournement de rimes
Maître Onirien
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De du côté de Brocéliande
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Une version mieux tournée (le déca c'est pas ma tasse de thé)

On va passer ce soir à l’heur' d’été,
Tronquer la nuit d’un rêve et de la joie
De paresser entre nos draps de soie
Pour entamer ce dimanche en beauté

Il n’y a rien au monde qui me tente
Plus que me perdre avec toi dans les plis
De l’insomnie par la lune pâlis
En effaçant ma semaine d’attente

Oh je voudrais t’étreindre tendre époux
Sans montre, sans cadran, mettre les voiles
Vers une éternité semée d’ étoiles
Et voilà qu’on nous vole un temps si doux !

Contribution du : 29/03/2015 10:36
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"La poésie est aux apparences ce que l'alcool est au jus de fruit"
Guillevic
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Re : Détournement de rimes
Chevalier d'Oniris
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Vincent Voiture : La Belle Matineuse

*** version originale ***

Des portes du matin l’Amante de Céphale,
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale,

Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d’attraits divers,
Qu’il semblait qu’elle seule éclairait l’Univers
Et remplissait de feux la rive Orientale.

Le Soleil se hâtant pour la gloire des Cieux
Vint opposer sa flamme à l’éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l’Olympe se dore.

L’Onde, la terre et l’air s’allumaient alentour
Mais auprès de Philis on le prit pour l’Aurore,
Et l’on crut que Philis était l’astre du jour.

*** version détournée ***

Allongé sur un lit d'orties, pauvre Céphale
Se morfondait le cœur. Il jetait dans les airs
Des restes de repas, paniers tout juste ouverts,
Et sur les murs du miel comme une mer étale,

Quand soudain s'invita une grâce fatale.
Les maux du beau Céphale ébranlé par divers
émeutes chimiques - bouillie de l’Univers -
Disparurent d'un coup devant cette Orientale.

Oubliée sa Pocris, elle rejoignait les Cieux,
Ne comptait que la Belle et son cœur en ses yeux
Se consumait ainsi qu'une viande se dore.

Leurs cris premiers d'amour s'élevaient alentour
Réveillant les voisins, les oiseaux et l'Aurore
Encore endormie là, sur la pointe du jour.

Contribution du : 29/03/2015 16:41
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Re : Détournement de rimes
Visiteur 
Bravo les filles, on en arrive à ne plus trop savoir qui a pastiché qui

Contribution du : 29/03/2015 17:51
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Re : Détournement de rimes
Maître Onirien
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Poème original de Gérard de Nerval

Fantaisie

Il est un air, pour qui je donnerais,
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber.
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets!

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit;

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre les fleurs;

Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue...et dont je me souviens!

Poème détourné (j'ai pris des libertés avec les singuliers/pluriels)

Musique

Un jour, qui sait ? peut-être, je donnerais
Tous mes vieux vinyles et surtout Weber,
Les voix y sonnent même funèbres
Chez les nostalgiques, c'est leur secret !

Nostalgique - je vous prie de l'entendre -
Je le suis. La musique rajeunit
Mon âme souvent vieille : "Oh oui, m'étendre
Dans les herbes du verger où ma peau jaunit.

Là où flétrit mon cœur, ôter la pierre,
Celle qui pèse, aux grisâtres couleurs,
Celles qui s'usent au fond des rivières
De larmes ; je fonds, maudissant les fleurs."

Les notes inspirent par ma fenêtre
Un air neuf, évinçant ces airs anciens
Que, longtemps sans la musique peut-être,
je jouais en boucle, je m'en souviens !

Contribution du : 30/03/2015 23:03
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