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1 Utilisateur(s) anonymes
Re : Écriture euphonique |
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Citation :
Tout d’abord, je suis heureux d’apprendre que vous acceptez, voire appréciez, les cacophonies lorsqu’elles sont produites par les grands provocateurs du répertoire et surtout lorsqu'elles permettent d’illustrer vos théories. Vous dites plus loin: « Oui, les e post-accentuels en poésie apportent du rythme car ils obligent à renforcer l'accent tonique précédent. En revanche, pour la prose poétique ou tout prose, là je suis moins certain. Et dans ce cas, un problème de distribution de ces e se pose, qui existe rarement en poésie. » Je suis globalement d’accord avec cette idée, en tout cas celle de porter attention dans un discours à la bonne harmonie des mots. Si un discours est mal écrit, l’apocope normale et courante des e post-accentuels peut en effet générer un rythme haché et désagréable, à cause par exemple d’une friction amplifiée des consonnes voisines. Si je récite en poésie : « Les mou/ettes tendaient leurs ailes langoureuses » je suis assez content de mes cacophonies mouettes/tendaient et ailes/lan. Par contre, en mode discours, c’est la cata : « Les mouett tendaient leurs ail langoureuses » Vous en mettez trois comme ça à la suite et tous vos électeurs quittent la salle. Mais si le discours est bien écrit et bien « récité », alors ces apocopes deviennent parfaitement euphoniques. Qui aurait l’idée de retoucher le discours des cendres de Jean Moulin, dit par Malraux ? Il est pourtant rempli de e post-accentuels apocopés, écoutez-le. Je renouvelle mon engouement pour votre étude sur l’euphonie prosaïque et poétique. Cordialement Bellini
Contribution du : 10/05/2021 11:52
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Re : Écriture euphonique |
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Chevalier d'Oniris
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12/11/2020 16:09 Groupe :
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Oui, le lecteur réalise un certain lissage du discours en apocopant certains e et en en prononçant d'autres, tout simplement en appliquant intuitivement la règle des 3 consonnes, ce qui permet d'éviter les rencontres consonantiques difficiles, mais c'est largement insuffisant à régler le problème des e caducs Comme je l'ai déjà dit, si quelqu'un trouve une solution autre que de les éviter, je suis preneur. Les gérer, cela reviendrait à écrire la prose en alexandrins blancs, donc très compliqué.
Contribution du : 14/05/2021 00:58
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Re : Écriture euphonique |
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Onirien Confirmé
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26/12/2025 17:32 Groupe :
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Je n'ai pas lu toutes les publications dans le fil, mais cette affirmation m'interpelle. Je suis curieux de connaître l'ampleur des statistiques que vous avez réalisées. Pour ma part, je pense que la virgule indique une pause virtuelle, mentale, mais pas du tout physique, dans la majorité des cas. C'est un peu comme la césure qui n'est pas un « repos » mais un repère syntaxique qui permet de reconnaître un alexandrin comme composé de parties égales. Je pense que cette pause virtuelle est réalisée par un changement de l'inflexion de la voix (c'est le terme que vous utilisez -- moi, j'aurais dit « intonation »). Concernant la respiration, le lecteur en a bien besoin, mais le nombre de syllabes qu'on peut prononcer sans reprendre son haleine est assez élevé. Cela dépend aussi du contexte d'élocution : quand on parle devant une salle de plusieurs centaines de personnes, on va pratiquer plus de pauses, le debit sera lent pour s'assurer que tous aient bien entendu et saisi ce que l'on dit.
Contribution du : 27/12/2025 13:52
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Re : Écriture euphonique |
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Chevalier d'Oniris
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12/11/2020 16:09 Groupe :
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La tendance actuelle, notamment par l'université de Bourgogne qui fait autorité en la matière, de même l'Office québécois pour la langue française considèrent la virgule comme délimiteur syntaxique et non temporel déterminant un simple changement d'intonation ou inflexion vocale, comme tu l'explique très bien. Certains dictionnaire adoptent aussi cette nouvelle définition comme le Larousse, si je me souviens bien... et contrairement à l'Académie que l'on considère comme dépassée
Tu trouveras tous les éléments statistiques par le lien suivant: https://www.claude-fernandez.com/complement_statistiques.htm J'explique dans cette introduction pourquoi, finalement, il est préférable de conserver la définition de l'Académie: https://www.claude-fernandez.com/presentation_ecriture_euphonique.htm
Contribution du : 28/12/2025 23:35
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Et doublement pour moi car ce vers démontre justement le bien-fondé de l'euphonie (puisque son inobservance constitue une provocation visible)
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