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Explication sur la.profession de foi du poète
Apprenti Onirien
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Bonjour,

Merci à tous pour vos impressions.

(Pardonnez-moi d'avance, le flottement de la syntaxe, j'écris présentement avec un mauvais téléphone)

Comme il m'a semblé à vous lire que ce texte avait causé à certains beaucoup de difficultés, sinon de la frustration, voici, malgré que je répugne au dépiautage, quelques explications sur des points difficultueux afin d'expliciter (et non de justifier :D) choix.

Tout d'abord, n'ayant pas lu (à tort) les règles qui ont cours ici pour le néo-classique, je l'avais posté par erreur dans cette catégorie.
J'ai bien usé de la diérèse et de la synérèse dans ce poème de manière tout de fois unifiée dans chacun des quatrains et ce de manière consciente afin d'employer toute la gamme de cet outil.

Si le lexique est plutôt apaisé, j'y reviendrai, la forme syntaxique toutefois présente des tensions, sinon presque des ruptures : j'ai souhaité manifester par là-même que l'activité artistique, en dépit de la nécessité profonde qui la guide est aussi une lutte qui n'est pas sans violence ni sans douleur. Le résultat n'est jamais acquis, menacé toujours d'effondrement, si cette réalité pourtant n'est pas incompatible avec une profonde paix. J'aime à penser qu'il en va de même pour la vie.


A qui ont trouvé une proximité avec Mallarmé, en bien ou en mal : je suis au regret de dire qu'il n'y en a aucune. Ce n'est ni un modèle ni même une inspiration. Le fond, pas plus que la syntaxe ne justifie des ressemblances. Qui connaît Mallarmé peut s'en rendre compte aisément.

Alme est un adjectif qui vient de alma, nourricier, bienfaisant, en latin. Ce n'est un ni nom propre, encore moins un verbe. Il est littéraire sans être d'un emploi rare dans les belles-lettres. Je l'ai bien sûr choisi pour sa proximité phonétique avec âme et les rapprochements qui peuvent naître de cette idée

Sur le sens maintenant que certains jeux de mots pouvaient rendre difficile : le narrateur envisage l'activité poétique comme quelque chose de sacré (rien d'original en effet, plutôt originel dirais-je) , il dit en tout cas pourquoi il écrit. J'ai donc puisé par suite le vocabulaire qui me semblait le mieux adapté : en l'occurrence celui d'un christianisme platonisant. Je précise que je ne suis pas moi-même religieux. Disons que c'est une métaphore.
La liturgie, puisque le terme m'a été reproché, connote également la musique. Etymologiquement, en grec ancien, la liturgie c'est le service du peuple. Même si ce n'était pas mon objet principal, le simple usage du terme implique que cette activité n'est pas "égocentrique". Bien entendu, on peut entendre par là les heures de création.

Ce travail s'exerce d'abord en l'âme, il faut qu'il se traduise d'abord en forme (au sens plutôt platonicien que chrétien, le poète est celui qui fait/forme etymologiquement), afin de se résoudre en action , c'est-à-dire d'apparaître en chants harmonieux.

Je suis celui qui suis : est en effet emprunté au vocabulaire judéo-chrétien. Il y a en effet un jeux de mots qui prend en compte la polysémie des sens (y recourir est une manière d'user de la la signification comme d'un symbole) entre suivre et être : Mieux l'on suit l'inspiration mieux l'on est artistiquement, plus le degré d'être de l'oeuvre est élevé. Du moins, est-ce un sens possible

La "muette musique" n'est pas une musique impuissance mais une manière d'indiquer que toute oeuvre artistique, et donc la poésie, garde au-delà de son apparaitre sensible, la présence de quelque chose de plus haut ou plus profond. En somme, la forme sensible est l'apparaître de l'intelligible en langage platonicien.

"luit". Synesthésie romantique diront certains. Sans confondre les arts de l'ouïe et de la vision, je trouve toutefois qu'ils entretiennent bien des parallèles. Par ailleurs, la genèse d'un texte poétique est aussi.bien visuelle que sonore.

Mystérieux : Le terme vient des mystères antiques. Outre qu'il connote le sacré (etymologiquement) ce qui est caché, secret, c'est aussi une manière de designer que l'alchimie du verbe opère par des processus qui demeurent en definitive cachés à celui qui les exercent. D'où l'invocation à la Muse.

Le lieu en effet désigne bien un lieu, là encore je me sers du cadre platonicien.

Dans le tercet, changement d'atmosphère. Le narrateur s'adressait à la Muse, il s'adresse maintenant au "Ciel de la raison" considéré comme stérile du point de vue artistique. C'est bien en effet dans une foi (entendre par là la force de création de la forme dans le lieu des rythmes authentiques. Même théologiquement ce qui n'était pas mon objet, la foi n'est pas une fade croyance mais une force dynamique) créatrice, nocturne parce que rien n'est encore sorti d'elle, quoiqu'elle recèle déjà la forme brute, que s'exerce le travail du luth subtil (symbole effectivement classique du poète). Il n'est donc pas question de la foi religieuse, mais d'une certaine attention/ouverture à l'inspiration ainsi que de l'activité qui cherche à le susciter. Ora et labora disent les moines grégoriens, prie et travaille, on peut aussi l'appliquer à l'art.

Si le luth a fui et si le poète sonne, c'est bien sûr une hypallage, quoique le poète soit aussi intérieurement le luth. Une virgule en effet aurait suffi, les deux points fournissent simplement ici une valeur explicative et il n'y a pas de faute (dommage que la compréhension de la ponctuation s'estompe de nos jours).

Je passe sur la question du dieu que l'on peut entendre en plusieurs sens là encore, et sur l'interjection "ô", grandiloquente si l'on veut (mais j'aime les orgues haha) qui permet aussi de jouer sur l'homophonie "haut", pour m'attarder sur le derniers vers : j'ai veillé à décliner le son aum, qui est la syllabe de la création originelle dans le monde indien, et dont les sons sont retrouvés pour des raisons similaires dans amen. Dans l'ancien Testament, c'est Adam qui nomme la création et non les Anges, la création étant le royaume qui lui est imparti (si vous ne comprenez pas, Vanessa, qu'il n'y a pas xe contradiction, vous ferez Vanessa vos recherches vous-mêmes). Ce qui implique concrètement que le poète n'est pas désincarné bien au contraire, il se tient au coeur des choses, il redonne pour terminer cette trop longue explication sur un clin d'oeil mallarméen, "un sens plus pur aux mots de la tribu" passablement oubliées de nos jours.

Quelques réponses plus individuelles :

@Eclaircie : Toutes les méditations, ou les réflexions esthétiques ne sont point egocentriques par essence. Si j'ai fait parler le narrateur à la première personne, c'est tout simplement qu'il m'a semblé qu'il devait partir de ce qu'il connaît le mieux, à savoir lui-même, pour s'avancer dans d'autres domaines.

@Bravo Mokhtar (et merci) pour l'effort d'interprétation : je l'ai trouvé très pertinent.

@Gemini : "Les choses simples paraissent toujours plus vraies". Paraissent ou sont? Toutes choses égales d'ailleurs, la formulation de la relativité d'Einstein est moins simple que l'explication theologique que propose le Moyen-Age. Pourtant elle est plus vraie.

@Raoul : Je pense m'être assez justifié quant à l'emploi du lexique, et avoir montré qu'il ne s'agissait pas de mortaises. Désolé donc de vous avoir perdu : on oublie vite que le spectre sémantique d'un terme est variable selon les personnes. Beaucoup de clichés n'en sont plus lorsqu'on resaisit en eux la logique (je rappelle que le logos c'est aussi la parole) qui présida jadis à leur apparition. Et je vous rassure cependant : je sais également parler de sexe quand le sujet s'y prête.

@Vanessa : Je vous ai répondu dans le message. Je vous remercie également de votre passage.

@Lucilius : Pourquoi le "vraiment" ? Si cette méditation était collective, devrait-elle selon vous être publique hahaha?

@Miguel Oui, vous avez raison pour luit/marie. De manière générale, il n'y a plutôt qu' une dominante néo-classique. Je trouve d'ailleurs ces catégories stupides, ce qui me rend paradoxalement beaucoup moins passéiste, en dépit de quelquea apparences, que bon nombre de personnea ici. Merci en tout cas de votre passage.

@Hanankè Je suis culturellement en désaccord avec tous les postulats esthétiques sous-tendus par votre message, vous l'aurez sans doute compris, car je n'en perçois pas la nécessité, si vous me permettez ce jeu de mot sur votre pseudo.

@Willis Pardonnez-moi, mais j'ai toujours l'impression que vous parlez de vous-même. Si vous connaissez la lourdeur, sinon la balourdise, je ne sais si vous connaissez la page blanche. Cela vous regarde. Ce n'est pas, en tout cas, l'objet de ce texte. Quant au reste, ce n'est certes pas à votre source que j'étancherai mes soifs stylistiques et culturelles haha.

@Donaldo : Je suis heureux que vous ayez trouvé du plaisir à la lecture de ce texte. Faire plaisir est toujours un plaisir.

Contribution du : 02/09 12:12:59
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
Apprenti Onirien
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Petite précision : L'âme au lieu des rythmes authentiques comprend une diérèse sur li-eu. C'est un décasyllabe.

Contribution du : 02/09 14:25:30
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
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J'exprime ce que je ressens, avec mes impressions personnelles. Puisque vous les prenez avec autant de mépris, je m'abstiendrai désormais de vous lire et de vous commenter. Faites-en, autant pour mes textes.
Mais je retiens la leçon, des éloges sinon rien.

Contribution du : 02/09 14:33:16
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
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Outre le fait que.vous pourriez difficilement ressentir avec autre chose que vos impressions personnelles, comme d'habitude vous interprétez mal : VOS réflexions, VOS éloges comme VOS critiques m'indiffèrent, faute de leur trouver un intérêt quelconque, et je ne parle pas de ce texte strictement. Cela ne signifie pas que je n'estime pas pas ou ne tiennent pas compte des critiques en général.

Contribution du : 02/09 14:47:16
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
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J'exprime ce que je ressens, avec mes impressions personnelles.

Sachez que cette phrase signifie que je n'ai aucun a priori, quand je m'exprime sur un texte. ( Que je n'avais ...) J'ai pensé que sans cette formule appuyée vous ne saisiriez pas LE SENS de ma phrase.
Quand c'est moyen ou mauvais pour moi, je l'exprime. Quand c'est bon ou exceptionnel, également.
Dans tous les cas, puisque des individus si susceptibles sont sur ce site, je m'abstiendrai de commenter les récits et poèmes.
Mais puisque désormais vous serez transparent à mes yeux, fermons la parenthèse.

Contribution du : 02/09 15:11:29
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
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Vous semblez, Klingsohr, absolument formel : lieu compte deux syllabes. Si lier ou lion forment bien chacun une diérèse, il me semble que lieu est une synérèse. Mais nous n'avons peut-être pas la même documentation aussi vos références pourraient m'intéresser.
Merci d'avance.

Contribution du : 02/09 15:21:17
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
Apprenti Onirien
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Oui, oui, cher monsieur, j'avais bien compris et vos redondances confirment votre balourdise. Brisons la comme on dit.

Contribution du : 02/09 15:21:58
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
Apprenti Onirien
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Bonjour Anje,

Vous avez sans doute raison classiquement parlant. Je vais vérifier, cela m'intéresse aussi (le terme latin possédait deux syllabes) Je n'ai parlé plus modestement qu'en mon nom : sauf à écrire en classique, rien n'empêche de choisir la diérèse pour l'euphonie et tel était mon choix en l'écrivant.

Contribution du : 02/09 15:28:57
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
Chevalier d'Oniris
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Merci. Pour ma part, je me réfère au Littré.

Contribution du : 02/09 15:35:20
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Re : Explication sur la.profession de foi du poète
Chevalier d'Oniris
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Merci. Pour ma part, je me réfère au Littré.

Contribution du : 02/09 15:35:57
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