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Fragment delta numéro 6 : explications et remerciements
Maître Onirien
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09/07/2007 19:16
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Bonsoir à tous et toutes !

Je tiens à remercier le Comité Editorial pour avoir accepté de publier ce texte et pour l'avoir ajouté au catalogue du site. Je remercie également tous les lecteurs et surtout les commentateurs qui ont pris le temps de laisser leurs avis et impressions de lecture.

Tout d'abord, l'explication synthétique de la démarche dans le cadre de la catégorie « laboniris » :

Les fragments delta sont une suite de textes dans le prolongement des fragments du crépuscule, voulant ponctuer la démarche, mais dans une vision plus radicale, plus pessimiste sur le fond, plus « désintéressée » sur la forme, car c'est avant tout de la poésie qui fait son introspection. Ils explorent dans une sorte de spirale sémantique la condition humaine et la fonction profonde de la poésie à l'aune de ce nouveau millénaire… Ainsi la forme se veut radicalement nouvelle, s'éloignant des canons de beauté de la poétique traditionnelle sur la forme pour dénoncer sur le fond ce qui n'apparait plus que comme une notion esthétique dépouillée de sa substance… Comme toute introspection du sacré et de la mystique humaine, Dieu est aussi interrogé. Pour cela, pour toutes ses « missions » (car les fragments delta ne sont pas une exploration gratuite, mais ont un objectif, faire réfléchir sur la condition humaine et sur la poétique), l'écriture automatique est parfois utilisée, les phrases ne cherchant pas forcément le beau, mais à démontrer cette errance de la pensée à une époque où tout a été dit et démontré…
Ainsi le rythme est souvent arythmique, la syntaxe peut être malmenée, l'impact se trouve au-delà des images, peut-être bien dans la répétition constante d'un langage brut, synesthésique qui affirme pour interroger le sens de la vie au-delà de la poétique traditionnelle… Les fragments delta, ce sont des poésies qui s'émancipent de la poésie… Comme pour tout projet à suite, le sens des fragments delta ne se livre qu'une fois ceux-là reconstitués : ils suivent une progression et une logique d'expression qui se comprend avec les derniers fragments…

Maintenant les explications et les remerciements personnels :


Salut Myndie,

Je te remercie infiniment pour ta lecture et pour ce premier commentaire déposé en espace lecture.

Je n'ai jamais lu Cioran, que je ne connais que de nom, ta remarque va être l'occasion pour moi de le découvrir, en revanche j'ai lu Houellebecq et je dois dire que même si je n'adhère absolument en aucun point à sa pensée profonde, c'est un des rares auteurs contemporains « connus » à qui je reconnais beaucoup de talent littéraire, stylistiquement et intellectuellement. En outre, je l'avais entendu parler d'écrivains qu'il appréciait et je partageais souvent son ressenti et son point de vue « critique ». Il disait avoir été « bousculé » par les pensées de Pascal, par exemple, et j'avoue que moi aussi. D'ailleurs, pour en revenir à ce fragment, si la forme est résolument surréaliste, le fond est un peu pascalien finalement, dans le sens où il interroge avec une certaine violence sous-jacente intellectuellement et dans une strate assez métaphysique la condition profonde de l'Homme.

Oui, comme tu dis justement, dans ce fragment je rejette, j'exècre et je désacralise. Car mon côté cartésien, accentué par mon goût pour le dadaïsme, me fait détester toute forme de mystification ou de supercherie. Mais en réalité il y a bien des choses que je considère comme sacrées. Ce sont souvent des choses simples d'ailleurs, tant au niveau des valeurs humaines que de ce qui constitue la nature et l'univers. Et j'aime beaucoup cette phrase de Marc Aurèle que je trouve très simple et pourtant très puissante : « Celui qui est en paix avec lui-même est en paix avec l'univers. »

Dans cette période où nous voyons un retour relatif du spirituel, j'aimerais que les hommes ne se servent pas des religions comme de faux-semblants ou comme une notion quelque part de supériorité morale, mais qu'ils appliquent pour eux-mêmes cette idée d'harmonie, d'humilité et de sagesse.

Mais revenons en un instant à Houellebecq. Ce qui diverge radicalement entre lui et moi, c'est ce que nous tirons tous les deux du « pessimisme ». Si Houellebecq aboutit à un cynisme assez malaisant et presque apocalyptique, avec des conclusions parfois même un peu nauséabondes, moi, mais j'y reviendrais, je nourris en réalité une vision profondément humaniste et optimiste qui ne se voit peut-être pas au premier abord.

Alors oui, ce fragment, comme tous les autres fragments delta, est fatalement pessimiste. Mais en réalité, pas que… D'ailleurs, si on lit avec attention, il y a quand même des éléments tangibles qui laissent à penser que l'espoir perdure malgré tout, ça et là, tout au long du texte.

À ce propos et curieusement, personne ne relève ou ne semble voir cette phrase, peut-être parce qu'elle est perdue et invisibilisée par le flot de noirceur qui l'entoure :

« Donnez-nous deux cœurs purs à peine et nous vous repeuplerons l'univers aux couleurs initiales de sa féerie. »

Ce passage est important à mes yeux et il me semble qu'il y a de l'espoir dans cette affirmation. Ça résume assez bien mes espérances, mon idéal et ma vision des choses.

Il y a aussi, un peu dans le même versant, cette phrase :

« Qui n'a pas eu le loisir d'avoir le désir brûlant de commettre ses rêves ? »

Où je pense montrer que ce que je reproche à l'être humain, ce n'est pas de ne pas avoir des aspirations à sublimer sa vie ou à rendre meilleur son quotidien, mais c'est bel et bien de renoncer rapidement à ses rêves et d'abandonner l'idée de les faire aboutir…

Sinon et de façon plus théorique, ce traitement et cette façon d'aborder la condition humaine, mais aussi la poétique comme forme artistique, sont en rapport direct avec ma conception de la poésie et de l'art en général.

Je précise que ce que je vais dire n'a pas pour objectif de cliver ou d'attaquer d'une quelconque manière les amateurs de la poésie légère et de divertissement. Plus la vie s'écoule, moins je me sens légitime à dire ce qui est bien ou mal, ce qui est bon ou mauvais en termes de goût artistique, mais cela ne m'empêche pas pour autant de revendiquer ma conception personnelle de l'art et de la poésie.

Pour moi la poésie, et les arts en général, ne peuvent pas se limiter à une vision purement contemplative ou à un simple passe-temps. En plus de l'aspect de plaisir esthétique, la poésie et les arts doivent pour moi participer à l'émancipation de l'individu, en lui permettant de ressentir, de s'interroger, de réfléchir, et finalement de dépasser parfois par ce dialogue intime avec l'œuvre sa propre conception des choses.

Ainsi, oui ce fragment est très pessimiste, mais comme tu le ressens, il y a aussi de la colère dans cette « diatribe ». Et la colère, c'est un sentiment qui ne se rencontre pas si l'on est complètement désabusé ou que l'on a basculé définitivement dans un cynisme détaché. C'est bien pour dénoncer dans le but peut-être naïf que l'être humain puisse se rendre compte de ses failles pour s'améliorer et construire un monde meilleur au lieu de répéter constamment les mêmes erreurs que ma colère et mon constat pessimiste sur la nature humaine s'expriment ici. C'est pour remuer avant tout et mettre un coup de pied dans la fourmilière de nos vices et imperfections tenaces. Non pas pour se flageller, mais bel et bien pour les nommer et les mettre en lumière afin de les corriger.

S'améliorer, s'émanciper, oui, c'est pour moi un objectif essentiel dans l'art et dans la poésie.

Sinon, je te remercie de parler aussi de la forme. C'est aussi précieux d'avoir un retour sur cet aspect, parce que finalement c'est là que réside l'aspect plaisant de l'art et de l'artisanat… Car bien sûr ce texte a nécessité du travail, du peaufinage sur le sens, la musicalité, etc. Je travaille finalement de façon assez traditionnelle et si je critique l'esthétique creuse, je me sers comme tous de la notion d'esthétisme pour aboutir à quelque chose de poétique et de réussi. D'ailleurs bizarrement je ne suis pas trop porté sur l'écriture automatique. Je lui reconnais des mérites, mais comme R. Char, je me méfie aussi du concept qui a ses limites. Comme beaucoup, j'utilise des premiers jets et c'est finalement assez proche de l'écriture automatique, mais ensuite, je retravaille pour embellir le résultat ou rendre palpable le sens. J'aime bien dire du coup que je pratique l'écriture semi-automatique.

Merci donc d'avoir décelé de la poésie hermétique mais efficiente, merci aussi pour les jeux de mots et le langage érudit ; )

Enfin, merci infiniment d'avoir aimé ce texte et de l'avoir trouvé très abouti et réussi. Ce ressenti venant de ta part est une chose qui me fait énormément plaisir.


Bonjour Provencao,

Merci beaucoup pour votre lecture, votre commentaire et votre appréciation.

Il est peut-être utile de lire ce texte plusieurs fois effectivement pour l'appréhender, tant sa forme est dense et compacte et que son propos comme son format peuvent être assez étouffants.

Cette notion de chagrin comme substance essentielle, c'est quand même une image un peu forcée pour augmenter le côté impactant. Il y a heureusement beaucoup de moments de joie et parfois d'allégresse qui ponctuent notre passage sur ce petit caillou qu'on appelle terre, mais force est de constater que la misère et la désolation, comme vous dites, font aussi partie du quotidien… Ça serait intéressant d'ailleurs de faire une colonne débit et crédit des sentiments humains et de voir ce que disent les chiffres en toute objectivité. Toujours est-il qu'il serait aussi nécessaire de se faciliter la vie au lieu de s'empêtrer parfois par bêtise ou paresse dans des complications sans fin. Car malheur ou bonheur sont parfois séparés par peu de choses si l'on y réfléchit bien.

Merci encore !



Bonjour Papipoète, et merci pour votre lecture et votre commentaire.

Comment ça, vous qui êtes là depuis fort longtemps maintenant, vous ne savez toujours pas ce qu'est un laboniris ?

Lisez donc ceci :

http://www.oniris.be/forum/une-innovation-sur-oniris-le-laboniris-t13338s0.html#forumpost165142

À ce propos, je me pose encore la question de savoir si ces fragments méritent réellement l'appellation de laboniris tant finalement le procédé n'est pas si révolutionnaire que ça. Mais si dans l'absolu le côté expérimental et novateur n'est peut-être pas aussi poussé que ça, je pense que sur le site, ce genre de démarche est assez « originale » et inédite pour mériter ce terme.

Oui, comme vous le précisez ici, tout est négatif, ou presque, car comme je le disais dans ma réponse à Myndie, il y a quand même de l'espoir en filigrane, et si ce texte exprime une révolte profonde sur le comportement humain, c'est pour le dénoncer uniquement dans le but de faire bouger les lignes.

Mais c'est vrai, la noirceur du propos domine et on pourrait reprocher à ma démarche de ne voir que le mauvais côté, le côté sombre, de l'humanité et ainsi d'être très réducteur, voire caricatural. Réducteur, ça l'est effectivement, caricatural pas tant que ça tant ce que je dénonce est factuel, me semble avéré et malheureusement véritable. En réalité et pour contrebalancer un peu l'effet pessimiste de ce travail d'expression, je préciserais que très étrangement, je suis aux antipodes dans ma façon d'appréhender la vie de cette conception du monde. Je ne suis pas déprimé, ni aigri, ni cynique, encore moins dégoûté et je crois en l'humanité parce qu'elle possède en son sein autant de gens merveilleux et de ressources que de criminels et de vices. Les scientifiques, les chercheurs, les soignants et plein d'autres plus anonymes me font garder espoir en notre espèce humaine… L'humanité regorge de personnes formidables et les regrettés Yves Coppens et Hubert Reeves ou les Pascal Picq et consorts me redonnent foi en l'Humain chaque fois que j'écoute une de leurs conférences. Seulement, encore une fois, j'ai choisi de faire ce focus, de poser une loupe grossissante sur les défauts et les errements du genre humain, pour mettre en lumière ce qui nous plonge perpétuellement dans des abysses sans fond qui freinent considérablement la progression de l'humanité et par extension du monde dans lequel nous gravitons. Car la folie humaine, l'appât du gain ou du pouvoir, le conditionnement social tenace aussi, nous empêchent d'avancer vers la voie de la sagesse et nous mènent quelque part à la destruction de nos existences ainsi que de l'environnement dans lequel nous devrions vivre en coexistence, voire en symbiose, et ça, c'est déplorable et mérite dénonciation insistante, d'après moi.

J'ai bien aimé votre phrase : « De l'écriture à la parole, et les visages de nos gourous aux commandes du monde n'ont que l'apparence de pieuvres, aux bras couverts d'ordure et de pustules, qu'ils ont le grand pouvoir de passer autour de notre esprit, et de serrer comme un anaconda. »
Qui résume assez bien un versant du texte. Le petit bémol de cette analyse serait quand même de réduire le coup de colère à notre époque actuelle, qui est par bien des points inquiétante et insécurisante, je vous l'accorde, mais qui n'est pas le sujet majeur de ce fragment qui essaie de s'inscrire dans une perspective bien plus grande.

Enfin, je suis désolé que vous ayez trouvé l'écriture alambiquée, certainement parce que le style d'expression employé n'est pas assez léger et s'inscrit dans une veine plus surréaliste que classique. J'imagine que ça explique votre évaluation de « perfectible », alors qu'en toute objectivité je pense que ce texte est quand même suffisamment travaillé pour être abouti, mais c'est votre ressenti sur un style que vous n'appréciez pas particulièrement, alors soit !… ;)



Bonjour Robot,

Merci de ta lecture et de ton commentaire.

Éloge du pessimisme, je vois ce que tu veux dire et vu la tonalité du fragment, comme pour les autres commentateurs, je ne peux pas vraiment te donner tort. Mais encore une fois, je ne souhaite pas vraiment faire l'éloge du pessimisme, ce n'est pas dans mes intentions, mais plutôt poser un regard sans tendresse certes et sans concessions sur ce que je pense être les défauts majeurs de nos comportements assez répétitifs pour qu'ils relèvent certainement de traits de caractère marquants de notre espèce, où résident, à côté de la transcendance parfois de notre condition, des reliquats de primate bien ancrés dans nos gènes et nos attitudes. Alors oui, « Beauté et laideur se confondent, bonté et malédiction se mêlent », c'est là le formidable paradoxe humain, qui fait que l'homme est un curieux animal capable des plus belles comme des plus horribles choses. Que ce constat nous pousse encore et toujours à nous améliorer, c'est pourtant le vœu le plus cher que je fais pour l'avenir du monde.




Bonjour Polza,

J'ai pris connaissance de votre intervention avant qu'elle ne soit modérée.

Sachez que je compatis à vos problèmes. Je sais à quel point il est difficile d'avoir un rendez-vous avec un ophtalmologue et combien les délais d'attente peuvent être longs.

Merci de votre passage.




Salut Eskisse,

Je te remercie de ta lecture et de ton commentaire.

Merci pour la remarque sur la forme et sur la stratification et pour la masse imagée. J'avoue que je ne sais pas trop écrire simple et bref, ou plutôt que ce n'est pas mon domaine d'expression de prédilection. Je dois déborder de trop de choses pour ça…

Tu parles toi aussi de pessimisme et tu l'opposes à l'idéalisme. Pourtant, je pense pouvoir te dire sans me tromper que derrière tout ça, derrière cet étalage de noirceur et de désenchantement, je suis plutôt idéaliste moi aussi. Je ne sais pas si, d'ailleurs, en réalité, je ne suis pas encore plus idéaliste que toi. Car si j'exprime ici ce qui me révolte dans nos travers, c'est bien que ça ne me laisse pas indifférent et que je veux partager cette colère pour qu'on puisse un jour y remédier. C'est d'ailleurs peut-être utopique, mais l'utopie, c'est plutôt le défaut d'un idéaliste, tu ne crois pas ? ... Si je pensais que tout était foutu et qu'il n'y avait plus rien à faire pour espérer changer en mieux l'espèce humaine, je ne prendrais pas le temps de dénoncer ce qui me choque ou me désole, je me contenterais de me replier dans le silence de l'ermite, dans une bulle intérieure ou dans un bonheur factice et illusoire. Comme je le répète depuis le début de ces explications, mes intentions sont toutes sauf d'acter l'irréversibilité de nos mauvais penchants. Je les montre dans un aspect compact et condensé pour qu'ils soient mis en évidence et que cela permette de nous faire réfléchir sur ce que nous pouvons améliorer en nous, parfois en cassant des habitudes ou des comportements plus ou moins innés auxquels nous ne réfléchissons même pas. Prendre conscience de ses erreurs, c'est un premier pas pour ne pas les reproduire.

Je pense que cela répond en partie à ta question sur le pourquoi utiliser un pessimisme si noir pour en faire un objet esthétique. C'est une bonne question, mais je crois que je pense les choses dans l'autre sens. Comme dit plus haut sur ma conception de la poésie et de l'art en général, je pense que ceux-ci doivent servir, en plus du plaisir esthétique, à exprimer des sentiments ou des malaises, mais aussi à faire réfléchir, à remuer et faire bouger les lignes dans un désir d'émancipation, non pas de la masse, mais de l'individu, en ce sens que la poésie et l'art de façon plus générale sont des médiums formidables puisqu'ils parlent directement à l'intime, à l'intérieur de chacun, et que ça, en matière de communication, c'est assez unique. Pour ce but, je me sers de l'esthétique, pour l'aider à véhiculer un message ou un propos qui dépasse le cadre de la beauté et de la contemplation. Je pense encore, et peut-être naïvement, que si l'art ne changera certainement pas la vie, il peut aboutir à revoir et faire évoluer vers le mieux notre perception des choses bien plus qu'un discours politique ou sociétal. J'espère que ça répond en partie à ta question sur les intentions.

Merci pour la foultitude d'images, c'est vrai que je préfère le dantesque au paradis blanc… ; ) et merci aussi de voir quand même l'aspect dénonciation même si tu le trouves trop saturé à ta sensibilité.

Je finis quand même sur cette notion de pessimisme que la plupart des commentateurs relèvent avec raison, car c'est évident qu'affirmer le contraire et dire que ce texte est au final résolument optimiste serait effectivement un mensonge. En revanche pour ceux qui trouve que j'ai une vision trop pessimiste qui ne reflète pas la réalité, je leur dirais que quand j'imagine qu'aujourd'hui plus que jamais mais finalement de tout temps, une poignée de personnes avides et mégalomanes arrivent à réduire peut être pas en esclavage mais à une forme de servage à peine déguisé plus de quatre milliards d'êtres humains en leurs faisant adhérer à leurs visions belliqueuses et prédatrices du monde et des rapports humains et à leur folie des grandeurs tout ça le plus souvent en flattant et exaltant leurs bas instinct, je me dis que ca en dit long sur l'aspect pitoyablement docile et moutonnier de la plupart des individus qui se revendique pourtant de plus en plus comme égocentrique jusqu'au bout des ongles. C'est là aussi un paradoxe aussi fascinant qu'inquiétant. Là encore, quand j'exprime ce constat regrettable, je ne pense pas être dans une grande exagération ou un discours délirant. Je pense que je suis juste, malheureusement, très factuel. Mais je ne découvre rien de nouveau. La Boétie, dans son Discours sur la servitude volontaire, est beaucoup plus féroce et impitoyable que moi sur ce phénomène, et les fabulistes comme La Fontaine ou encore plus loin le bon vieux Ésope avaient déjà tout saisi de la « comédie » humaine…



Bonjour Maylin,

Je ne répondrai pas davantage à votre commentaire car vous n'êtes plus là. Seulement préciser que j'ai apprécié votre lecture et vos remarques.

Merci beaucoup.



Bonjour Etienne Norvins,

Merci de votre lecture et de votre commentaire.

Un grand merci d'avoir parlé vous aussi de la forme et du travail méticuleux sur les mots. Ça me fait plaisir que quelqu'un prenne le temps d'appuyer sur ce fait. En effet, je peaufine énormément mes textes qui, comme je le disais, ne sont pas écrits par écriture automatique, en tous cas pas seulement. L'écriture automatique apporte assurément une spontanéité qui, je pense, permet une appréhension des choses et des intentions, une expression assez intéressante et inédite, mais je ne crois pas qu'il faille la considérer à tout prix comme quelque chose d'abouti de facto. C'est pour moi souvent une trame, avec ses lignes de force mais aussi ses lacunes à combler en matière d'expression, de sens et de communication. Aussi, une fois les premiers jets posés, je corrige beaucoup pour rendre les choses plus plaisantes et accessibles, ou tout simplement pour renforcer l'impact poétique ou la précision du propos.

Comme je le disais et même si ces fragments delta laissent à penser le contraire au premier abord, je m'extasie chaque jour de la vie et j'ai un amour sans bornes de l'humanité, capable de grands désastres, mais aussi de pures merveilles. Mais il y a un autre amour, celui de l'art et des mots. Peut-être parce qu'ils sont des petits mécanos merveilleux qui servent à la construction du langage et de la communication. Parce qu'ils sont riches et qu'ils servent à élaborer un langage personnel pour exprimer au mieux sa pensée et son imaginaire. Je suis passionné d'histoire et de préhistoire, je suis fasciné par l'origine de l'humanité et par ses mythes fondateurs. Je m'intéresse beaucoup à l'apparition des premières écritures, du premier langage, des premiers signes et symboles qui ont permis à l'homme de structurer sa vision des choses et de la communiquer pour la partager à ses semblables. Il y a tant à dire sur ce qu'a apporté l'écriture et le langage au fondement des civilisations que je ne rentrerai pas dans le sujet, qui nous éloigne un peu du sujet initial, mais oui, j'aime les mots et je trouve que la langue française, par sa richesse, est une langue merveilleuse. D'ailleurs j'imagine que je partage cet attrait avec la plupart des gens qui écrivent ici, car il me semble logique que l'amour de la langue, des mots et du vocabulaire soit un postulat essentiel à toute personne qui a des velléités littéraires.

Sur le rythme et la musicalité, j'apporte également beaucoup d'attention à ces deux aspects. Seulement par mes goûts personnels qui m'attirent plus vers la surprise et l'inattendu, ce qui dépasse le cadre de la poétique : je ne suis pas fan des rimes traditionnelles et des rythmes trop répétitifs et mécaniques. Aussi je préfère une musicalité induite par les allitérations, par les résonnances et par les rimes internes. Pour le rythme, j'aime bien les changements parfois intempestifs qui permettent selon moi d'assurer les relances et de maintenir un certain intérêt de lecture.

Pour conclure sur cette question de forme, je dirais que le style dans lequel je m'exprime est bien évidemment plus influencé par des courants comme le dadaïsme, le surréalisme, d'une certaine manière le symbolisme (d'où peut-être un certain maniérisme…) ou encore le réel merveilleux que par le classicisme que je sais pourtant parfois apprécier. Disons que j'affectionne plutôt les courants où l'inconscient, l'incongru ou le fantastique viennent percuter le réel, que les formes où la clarté du message ou des images est le maitre mot principal.

Enfin, j'aime qu'il y ait saisissement, étonnement ou singularité dans le choix des images ou de la musicalité. Je fonctionne aussi par jeu sur les sonorités et associations phonétiques ou sémantiques. Pour le ton, j'aime assez l’expression dadaïste qui est souvent provocatrice, impactante, qui cherche à bousculer et interpeller le lecteur et le sortir des conventions mondaines et du conformisme…

Sur le fond, je suis désolé que la lecture de ces fragments soit une épreuve physique qui exténue et qui provoque un certain malaise organique. Je n'ai rien contre l'effort et la participation active du lecteur, mais je ne pense pas qu'il soit bon d'aller jusqu'à la torture. Je prends donc acte de ce « ressenti » et j'avoue que ce n'est pas la première fois que je lis ce genre de retour.

Pour le à quoi bon ?, je ne m'étendrai pas, car j'ai déjà dans les autres réponses aux commentateurs expliqué suffisamment les intentions, qui ne sont pas masochistes là encore…

Pour finir sur votre questionnement au sujet du dénouement de ces fragments delta, je dirais que je ne suis pas encore fixé, mais que la deuxième hypothèse me semble la plus probable. Je pense que j'ai besoin d'essorer et d'extirper jusqu'à la lie toute cette révolte et cette noirceur pour ensuite passer à autre chose, quelque chose de moins noir et de moins radicalement pessimiste.

Merci encore !


Voilà ce que je pouvais vous donner comme explications assez exhaustive, je vous remercie encore et vous dit certainement à bientôt !

Contribution du : Hier 21:41:22
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...  "En dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l'homme. En dedans, il fait trop noir pour y lire"

Groucho Marx.
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Re : Fragment delta numéro 6 : explications et remerciements
Expert Onirien
Inscrit:
08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
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Post(s): 3220
Hors Ligne
Bonjour Lariviere, merci pour votre retour et pour votre compassion. Ne m’en parlez pas, ophtalmologues, ORL, spécialistes en tout genre, c’est la croix et la bannière pour avoir un rendez-vous !

Je suis heureux que vous ayez compris mon non-commentaire et que vous ayez bien saisi qu’il n’avait pas pour but de vous nuire. Je dois faire contrôler ma vue (pourtant je ne suis pas si vieux, enfin je ne me sens pas si vieux, c’est évidemment différent !), il me faudra sûrement de nouvelles lunettes et en plus comme une andouille je me suis assis sur ma dernière paire qui est complètement tordue à présent (la preuve qu’il me faut en changer, je ne les avais même pas vues !).

Je ne promets rien, mais si je peux, quand j’aurai ces fameuses nouvelles lunettes, je reviendrai faire un tour par chez vous…

Bonne soirée et à bientôt.

Contribution du : Hier 22:37:10
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