Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche



Parcourir ce sujet :   1 Utilisateur(s) anonymes





La "bête" vous remercie !
Maître Onirien
Inscrit:
09/07/2007 19:16
De par le fait
Groupe :
Évaluateurs
Auteurs
Responsables Oniropédia
Membres Oniris
Activités extérieures
Comité Editorial
Groupe de Lecture
Post(s): 24564
Hors Ligne
Bonjour à tous et toutes.

Je remercie comme d'usage le Comité éditorial d'avoir accepté d'insérer dans son catalogue ma dernière nouvelle « La bête »… Je remercie tous les lecteurs et particulièrement les commentateurs qui ont pris le temps de donner leurs avis ou ressentis sur ce texte : Pattie, Polza, Yakamoz, Moschen, Cyrill, Babafaon.

J'ai eu l'idée d'écrire ce récit après je ne sais plus quelle discussion en forum ici sur la perception du réel où je m'inscrivais en faux sur l'apparente simplicité de cette définition en expliquant que le réel au sens où nous l'entendons n'existe pas et qu'il n'est que le fruit subjectif de notre imaginaire, lui-même nourri et dépendant de notre histoire personnelle, de nos références socio-culturelles, de nos croyances, de nos mythes communs et de tout un tas d'autres choses. J'avais pris l'exemple d'une chaise, objet bien ordinaire qui fait consensus sur sa définition, pour montrer que même une « chose » aussi anodine dans sa réalité n'était finalement qu'une définition fabriquée par nos références et notre appartenance à un groupe : en ce sens une chaise a une fonction évidente pour nous les « assis », pour reprendre le titre d'un poème d'A. Rimbaud, sur des choses bien matérielles, mais il serait intéressant de présenter l'objet aux ancêtres des aborigènes ou à des Néandertaliens pour nous apercevoir avec surprise peut-être que la perception selon sa propre culture d'un même objet basique peut changer considérablement dans son interprétation…

Le sujet de cette subjectivité de perception du réel me fascinant littéralement, j'ai alors eu l'envie de reprendre une ébauche de récit que j'avais imaginée sur ce sujet avec ce titre originel et qui avait été pensée comme une nouvelle qui comportait différents témoignages décrivant une chaise, avec les variations significatives dues aux points de vue des personnages…

J'ai eu l'envie d'y rajouter, par le traitement d'un procès et par son côté appuyé, caricatural, de la férocité satirique et de l'absurde pour, en même temps qu'interroger cette notion de subjectivité de perception, mener une charge évidente et salvatrice contre la bêtise humaine, contre la rumeur, les préjugés, contre les apparences, contre le vernis social, contre les dogmatismes qu'ils soient religieux, psychanalytiques ou autres, contre l'aspect condescendant et arrogant de la justice pénale, contre la mauvaise foi parfois des avocats de la défense… Je trouvais que cet aspect « moraliste » rejoignait bien finalement la thématique principale de cette interrogation ou constatation sur notre rapport au réel et nos différentes perceptions de celui-ci. J'ai choisi de traiter le sujet avec drôlerie pour atténuer l'aspect lourd, plombant de cette charge…

Voilà mes intentions sur ce récit. Ce qui me réjouit le plus ici, c'est que tous les commentateurs ont exprimé du plaisir à cette lecture. C'était le but de cette catégorie « humour/détente » et de ce texte, en dehors de son aspect moral et réflexif. Et donner du plaisir brut et de l'amusement, chez moi, ce n'est pas tous les jours ! Alors merci à tous et toutes pour avoir précisé ça sur vos retours !

Je vais essayer de répondre maintenant à chaque commentateur en particulier.


Salut Pattie,

Merci beaucoup pour ce commentaire en EL !

Je suis heureux de savoir que tu as pris du plaisir à lire cette nouvelle.

Ahlala, les phrases longues, c'est mon dada ! ...;) Ici, ça participait aussi à écrire dans un style vieille France et vieille littérature et j'aime bien ça, car comme dirait Perceval dans Kaamelott, « les vieux, c'est mystérieux »… ;)

De plus sur ce récit, et même si le début est effectivement construit avec des phrases longues car il m'a semblé que celles-ci, avec leur accumulation de détails, contribuaient à la construction de la tonalité absurde et drôle, il me semble que je ne me suis pas laissé aller à mon penchant naturel pour ce style, car ensuite les phrases sont dans l'ensemble beaucoup plus courtes et "conventionnelles".

Sinon, merci pour ton retour sur les descriptions des personnages (que personne ne relève à part toi) que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire (c'est la partie qui contient même parfois un peu de poésie) et pour les noms de ceux-ci.

Je note tes réserves sur l'intrusion du narrateur concernant le témoignage du curé et sur l'aspect trop appuyé de l'appel mercantile.

Merci pour l'avocat et pour les experts médicaux : je me suis bien amusé à écrire de façon la plus réaliste possible leur caricature (ou l'inverse), en essayant de donner une certaine profondeur tout en restant dans l'humour.

Enfin, je te remercie pour « la loufoquerie, l'intelligence et la drôlerie de ce texte », c'est tout ce que j'ai voulu y mettre… ;)



Bonjour Polza,

Heureux de vous voir toujours là et heureux également de ce commentaire louangeur qui me fait bien plaisir en me disant que le travail d'écriture n'a pas été vain, même si le plaisir que j'ai eu moi-même à écrire ce texte a été largement supérieur au labeur.

Merci aussi pour avoir relevé les quelques fautes qui ont résisté au lessivage de la correction onirienne et bien sûr avant cela, à ma propre lecture, ce qui est souvent le cas… ;)

Merci pour « les noms des personnages à mourir de rire ». Ça m'a beaucoup amusé également d'essayer de faire coller des patronymes à des caractères, en tous cas comme je les concevais dans mon esprit. Oui, il y a des références cachées, au moins des références personnelles… ;)

Dans l'attente que vous repassiez peut-être quand vous aurez le temps pour développer votre commentaire en moults digressions, je vous remercie déjà encore pour cette lecture et votre appréciation !



Bonjour Yakamoz,

Et merci infiniment pour votre commentaire qui donne un condensé enthousiasmant de votre ressenti sur fond et forme. Je n'ai pas grand-chose à vous dire de constructif, car tout est dit dans les grandes lignes de ce ressenti sur mes propres intentions…

Oui, l'absurde, le vocabulaire riche (car j'adore notre langue et elle est elle-même très riche en vocabulaire), le surréalisme, les références… C'est ce que j'ai voulu mettre dans ce récit, comme souvent… :)

Je ne pensais plus à ces procès d'animaux que l'on faisait au Moyen Âge. Le parallèle est tout à fait pertinent dans mon choix de traitement pour dénoncer l'absurdité parfois qui prolonge terriblement la bêtise humaine…

Je suis heureux que vous ayez passé grâce à ce texte un « moment réjouissant ».



Bonjour moschen,

Merci beaucoup pour votre commentaire et pour votre évaluation.

Merci pour les compliments sur la forme et comme Yakamoz le souligne, le registre lexical. Merci aussi de souligner la sonorité et le rythme des phrases, car cette musicalité du récit, c'est un aspect qui me préoccupe particulièrement et auquel je fais grandement attention, quitte à beaucoup travailler sur ce point, quand ça ne vient pas naturellement, ce qui, fort heureusement, à force de pratiquer l'écriture, est souvent le cas désormais. Je crois d'ailleurs, comme Céline, que c'est le style qui fait un véritable écrivain (et c'est vrai aussi pour les autres arts), plus que la thématique à proprement parler… Chacun a ou doit avoir sa musique propre et c'est grandement jouissif autant pour le lecteur que pour l'auteur…

Je suis content également que vous validiez l'humour de ce texte et donc le choix de sa catégorie.

Sur le fond, j'ai l'impression que vous oscillez entre une compréhension de la mécanique et de la logique du récit, surtout sur la partie dénonciation sociale, mais que vous avez des interrogations sur des aspects qui ne sont pas clairs dans celui-ci. Par exemple sur le mobile du crime, le meurtrier étant une chaise, j'avoue que, comme le disent les experts médicaux, je peux pas affirmer que celle-ci soit douée de conscience. C'est bien l'objectif de ce texte d'ailleurs de traiter par l'absurde, car cette nouvelle est une nouvelle dont la ligne d'écriture première est bien l'absurde, la condition humaine, ses travers et les différences de perceptions que nous avons sur des personnes, des actions ou des phénomènes, mais je ne sais pas si j'ai bien compris vos questionnements…

Sinon vous dites :

« On brûle le coupable comme on fêterait la Saint-Jean. Chacun reprend sa route, poursuit son petit chemin et l'on est invité à passer à autre chose. »

C'est à peu près l'idée, voire même carrément. C'est le conte cruel et implacable de la férocité humaine…

Désolé pour l'overdose de "biendieuserie"… Je crois que c'est un besoin irrépressible inconscient chez moi de me moquer des dogmes de tous poils ou de toutes plumes…

Merci pour la « qualité du texte » et le « plaisir de lecture »… Ça me touche ! ... ; )




Salut Cyrill,

Merci de ta lecture et de ton commentaire.

Jeux de mots pour jeux de mots, j'ai apprécié le tien. Ton analyse du fond « moral » de ce texte et de ses intentions dans la dénonciation du phénomène interprétatif qui aboutit à l'erreur collective est très juste. C'est tout à fait ça et cet aspect fait d'ailleurs un peu peur, surtout dans notre contexte politique et social du moment. Ton analyse qui en découle sur le ton et sur la forme également. Oui, les personnages sont très appuyés, surchargés par moment dans leurs caricatures, mais parfois la réalité dépasse par moment la fiction à ce sujet. Et tout en ayant conscience de ce fait d'avoir construit des caricatures, car c'est tout à fait ce que je voulais faire, je t'avoue que je trouve que les traits de caractère, les tics d'expression ou même analytiques des personnages, je les retrouve finalement assez souvent chez certaines personnes et toi aussi j'imagine. Seulement ici les caricatures en sont car les personnages sont monolithiques et exclusivement présentés sous leurs jours grotesques, comme tu les qualifies là encore très justement, en occultant complètement le relief et les versants positifs qu'ils ont certainement comme tout à chacun… Ce sont donc bien des caricatures, mais assez réalistes d'une certaine réalité sociale et psychologique, je trouve.

Oui, j'ai mis des indices un peu épars, égrenés parcimonieusement dans le récit et dans sa progression de différents niveaux, comme d'autres commentateurs l'ont remarqué également, comme des implants aux lecteurs attentifs pour qu'ils puissent imaginer un dénouement ou pour donner un sens à la lecture « après coup »…

Les caractéristiques de la chaise interprétées par les personnages comme des éléments psychologiques ou moraux, ça m'a fait beaucoup rire de les chercher et de les trouver à l'écriture pour donner encore un peu de densité sur le fond.

Enfin, heureux si ce texte et ce contexte ardéchois ont été pour toi un terrain connu. J'espère que ça a été l'occasion de te rappeler de bons souvenirs. L'Ardèche est un pays que je connais mal (d'où venait pourtant mon grand-père paternel), juste un peu parce que limitrophe à mon pays à moi, et aussi parce que je vais souvent y faire un tour, notamment à la grotte Chauvet-Pont-d'Arc. Et j'adore bien sûr la bouffe du terroir ardéchois ! ...;)

Je ne sais pas pourquoi, mais l'Ardèche m'est venue naturellement comme décor à cette fable… Quand j'ai su qu'il y avait un village qui s'appelait Saint-Marcel, j'ai trouvé que ça en faisait un symbole excellent, à la fois injuste, mais drôle, de la beaufitude… Je suis désolé pour les habitants ! ...;) Ensuite j'ai complété mes propres connaissances limitées en faisant quelques recherches pour donner corps et crédibilité géographique à tout ça…

Merci pour ton merci et pour ton bravo ! ...)



Bonjour Babafaon,

Merci beaucoup pour votre passage et votre commentaire !

Je suis content que vous ayez eu vous aussi du plaisir à la lecture de ce récit « absurde » effectivement.

Vous aussi, vous résumez bien les lignes essentielles de la « condamnation » et de l'idée philosophique ainsi que la satire sociale qui se trouvent dans les intentions de ce texte.

Les personnages vous évoquent M. Pagnol, c'est un grand compliment pour moi, comme pour d'autres j'imagine vu le talent de celui-ci et sa capacité à la fois tendre et profonde de croquer des personnages de son terroir provençal qui est aussi le mien. Ainsi cette comparaison me flatte énormément.

Je vois que vous aussi vous avez été sensible aux « indices délivrés avec parcimonie ». Merci pour cette lecture attentive. Effectivement le coup de la lettre « T » est une référence un peu humour noir à l'affaire Omar Raddad… Je suis un grand consommateur de « Faites entrer l'accusé » (j'ai honte !) et en plus de m'amuser à en écrire un cliché, j'avoue que ça m'a bien servi et bien outillé en termes de références « réalistes » sur les déroulements d'enquêtes, les plaidoiries, sur les termes techniques, sur le langage judiciaire, les modus operandi, etc…

Enfin sur votre bémol concernant les différentes pistes et votre regret qu'il n'y ait pas eu un genre plus simple, plus basique ou linéaire, type absurde j'imagine, de choisi, je vous confie que votre remarque était mon intention première et on m'a suggéré cette variation de traitement qui m'a pour ma part séduit et auquel j'ai adhéré rapidement (et j’ai alors retravaillé légèrement le récit en ce sens) car je trouvais que ça participait bien finalement à l'intention principale d'interroger sur nos différences de perceptions respectives et que, de surcroît, ça pouvait participer à tenir en haleine le lecteur par une intrigue peut-être utile sur un format relativement long.

Voilà ce que je pouvais vous répondre à cette remarque pertinente !



Bonne journée à tous et toutes, merci encore et à bientôt j'espère ! ...;)

Contribution du : Aujourd'hui 15:34:28
_________________
...  "En dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l'homme. En dedans, il fait trop noir pour y lire"

Groucho Marx.
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer


Re : La "bête" vous remercie !
Expert Onirien
Inscrit:
10/06/2024 15:26
Groupe :
Évaluateurs
Membres Oniris
Auteurs
Correcteurs
Post(s): 3374
Hors Ligne
Merci Lariviere pour votre retour sur « La bête », riche d’informations sur vos intentions et sur la genèse de ce texte !

Contribution du : Aujourd'hui 17:35:16
Transférer la contribution vers d'autres applications Transférer



 Haut   Précédent   Suivant





Oniris Copyright © 2007-2025