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Les sonnets classiques
Maître des vers sereins
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11/02/2008 03:55
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Bonsoir à vous,

J'ouvre ce sujet pour tenter de faire un peu de lumière sur des discordes maintes fois renouvelées ici ou ailleurs, dans le temps et dans l'espace. Discordes à propos du "vrai" sonnet et des autres, nommés par défaut, des faux.

Les "faux" restèrent plus beaux que les "vrais" au terrible jugement du temps qui passe, mais c'est totalement à discuter.

Pour ne pas faire plus long en préambule, je propose d'en montrer deux, de Boileau et Verlaine, qui me semblent illustrer ces deux esprits en bataille, tout en faisant à peu près la même chose quand même, c'est bien là l'ironie : Les tenants du "vrai sonnet" cherchent une essence qui ne se montre guère, les autres font comme la caravane quand les chiens aboient, et avancent sur la route...


"SONNET SUR UNE DE MES PARENTES QUI MOURUT TOUTE JEUNE
ENTRE LES MAINS D’UN CHARLATAN

Nourri dès le berceau près de la jeune Orante,
Et non moins par le cœur que par le sang lié,
À ses jeux innocents enfant associé,
Je goûtais les douceurs d’une amitié charmante

Quand un faux Esculape, à cervelle ignorante,
À la fin d’un long mal vainement pallié,
Rompant de ses beaux jours le fil trop délié,
Pour jamais me ravit mon aimable parente.

Oh ! qu’un si rude coup me fit verser de pleurs !
Bientôt la plume en main signalant mes douleurs,
Je demandai raison d’un acte si perfide.

Oui, j’en fis dès quinze ans ma plainte à l’Univers ;
Et l’ardeur de venger ce barbare homicide
Fut le premier démon qui m’inspira des vers.

Nicolas Boileau"


"SONNET HÉROÏQUE

La Gueule parle : « L'or, et puis encore l'or,
Toujours l'or, et la viande, et les vins, et la viande,
Et l'or pour les vins fins et la viande, on demande
Un trou sans fond pour l'or toujours et l'or encor ! »

La Panse dit : « À moi la chute du trésor !
La viande, et les vins fins, et l'or, toute provende,
À moi ! Dégringolez dans l'outre toute grande
Ouverte du Seigneur Nabuchodonosor ! »

L'œil est de pur cristal dans les suifs de la face :
Il brille, net et franc, près du vrai, rouge et faux,
Seule perfection parmi tous les défauts.

L'Âme attend vainement un remords efficace,
Et dans l'impénitence agonise de faim
Et de soif, et sanglote en pensant à La Fin.

Paul Verlaine
"


Je prends le premier choix des exemples, mais libre à chacun d'en proposer d'autres. En tout cas, j'aimerai que chaque mention d'un "vrai" sonnet soit appuyé d'un exemple, afin que chacun puisse juger par lui-même de la pertinence de cette prétention.

Pour tenter de l'exprimer de façon plus neutre, c'est une confrontation entre le plus musical (c'est pas Boileau) et le plus éloquent (c'est pas Verlaine) !



Contribution du : 14/08 23:29:17
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Un Fleuve
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Re : Les sonnets classiques
Maître Onirien
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01/07/2009 13:04
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David,

Je ne saurais m'avancer précisément, sur le "faux sonnet" et le "vrai sonnet"... car, comme tu le dis si bien, la frontière entre les deux est bien floue et discutable depuis longtemps.

J'aime beaucoup le texte de Boileau que tu nous donnes à lire ici ; un peu moins celui de Verlaine. Et j'en suis étonnée, car j'adore Verlaine, mais peut-être que je les méconnais tous les deux, étant loin d'avoir tout lu !

Ce sujet me donne envie de me plonger dans une histoire littéraire pour retrouver le plaisir de comprendre ces discussions sur ce qui est censé faire l'objet d'un bon sonnet…

Ce qui m'interpelle, par ailleurs, c'est peut-être de voir ce qu'on entend par éloquence chez Boileau, et musique chez Verlaine dans les poèmes que tu donnes en exemples. Je pense que je suis d'accord avec toi, mais je me demande si l'éloquence n'est pas faite aussi de musique. L'éloquence est-elle seulement éloquence sans musicalité ?

Contribution du : 15/08 09:10:30
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Inspiration ou poésie...
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Re : Les sonnets classiques
Maître Onirien
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15/11/2008 09:48
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Bonjour David et Lulu,

Difficile en effet de porter un jugement sur ces deux sonnets, ce qui est cependant certain, c'est que deux siècles séparent Boileau et Verlaine et donc, je suppose que les préoccupations et la sensibilité de la société de leurs époques sont très différentes.
C'est peut-être l'une de raisons qui peuvent expliquer les changements perçus dans les notions d'éloquence et de musicalité.
En ce qui concerne l'époque actuelle, il est assez évident que des différences identiques sont perceptibles dans l'écriture poétique à moindre espace dans le temps, une cinquante d'années suffisent ...

Contribution du : 15/08 09:26:38
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J'aimerais être esprit pour traverser l'espace et modeler le temps, à jamais, à l'infini.
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Re : Les sonnets classiques
Onirien Confirmé
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Il y a aussi des sonnets de qualité classiques dans la forme et modernes par le contenu.
Je vous dépose ici tout à l'heure un remarquable exemple de ces cumulards que son auteur frappé d'un fulgurant coup de génie a pondu – figurez-vous en, Messieurs, dames – en quatre minutes chrono !...

Contribution du : 15/08 09:34:06
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Re : Les sonnets classiques
Chevalier d'Oniris
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Comparer Boileau et Verlaine me paraît une hérésie.
Le premier, Poète, émule de Malherbe face au second, l'homme aux licences, que je "traitais" ainsi :
.........
Opposant à Malherbe un trait de perfidie
Il vient prendre à témoin un auditoire obtus
- Récusez sans appel Métrique et Prosodie
Surtout, ne respectez de l'Art tous les statuts

Désormais convaincu d'éviter la critique
Quant aux nombreux écarts de ses fades quatrains
Verlaine persévère, aussi nul que cynique
A noircir du papier à l'encre des purins.
.........

Dans le même registre opposons Hugo et Rimbaud.

Contribution du : 15/08 09:50:26
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Re : Les sonnets classiques
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Vous avez bien choisi votre signature, Monsieur... ses deux premiers vers en tout cas...

Contribution du : 15/08 10:35:36
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Re : Les sonnets classiques
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... Enfin, je voulais dire qu'ils vous vont comme un gant !

Tenez ! puisqu'on parle de sonnets, en voici un qu'on croirait écrit pour vous, et qui ne manquera pas de vous déplaire...

LES DOUANIERS

Ceux qui disent : Cré Nom, ceux qui disent macache,
Soldats, marins, débris d'Empire, retraités,
Sont nuls, très nuls, devant les Soldats des Traités
Qui tailladent l'azur frontière à grands coups d'hache.

Pipe aux dents, lame en main, profonds, pas embêtés,
Quand l'ombre bave aux bois comme un mufle de vache,
Ils s'en vont, amenant leurs dogues à l'attache,
Exercer nuitamment leurs terribles gaîtés !

Ils signalent aux lois modernes les faunesses.
Ils empoignent les Fausts et les Diavolos.
"Pas de ça, les anciens ! Déposez les ballots !"

Quand sa sérénité s'approche des jeunesses,
Le Douanier se tient aux appas contrôlés !
Enfer aux Délinquants que sa paume a frôlés !

Arthur Rimbaud

Contribution du : 15/08 11:28:57
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Re : Les sonnets classiques
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Voici donc la pièce unique promise ce matin...

MOT COMPTE TRIPLE

Je joue au Scrabble avec un D, un Z, un R,
Un H, un N, un V, un G, un T, aucune
Voyelle, kss ! C'est dur, il ne m'en faudrait qu'une
Et je poserais : "Zdvrenght", le mot comptera cher !

C'est un alcool de gland du fin fond de l'enfer !
En Suisse, en Italie, on en boit sous la Lune
En oubliant son foie autant que sa rancune,
Avec cette eau-de-vie à couper au laser...

Je reviens à mon Scrabble, il faut un compte triple
Pour finir le Papy qui me traite en disciple,
En regardant, je vois... je suis vraiment très fort !

Une place est ouverte au-dessus de "jonquille"
Et je pose, vantard, mon mot comme une quille...
Et là, Papy s'enrhume ? Il vacille... il s'endort !!!


Alors, Willis ! c'est pas du grand art, ça ?
Moi, j'adore ! Tiens ! je le mets dans LA GRANDE ANTHOLOGIE...

Contribution du : 15/08 19:56:45
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Re : Les sonnets classiques
Onirien Confirmé
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David,
je pense qu'il n'est pas inutile de préciser que le critère que tu as retenu pour la classification des sonnets en "vrais" ou en "faux" est respectivement la présence ou l'absence de césure.
Pour ma part, je ne pense pas qu'on puisse parler de "faux sonnets" au sujet de ceux présentant des coupes irrégulières, comme on en rencontre souvent chez Verlaine ou Rimbaud.
Si on devait suivre ta logique, la plupart des sonnets de Baudelaire, ceux que Sainte-Beuve qualifiait de "libertins" à cause de leurs quatrains sur quatre rime, seraient eux aussi des "faux sonnets".
Au bout du compte, il ne resterait de"vrais sonnets" que ceux de Malherbe, Boileau, Banville et... Willis !... Non, là j'exagère un tantinet !

Contribution du : 15/08 20:54:20
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Re : Les sonnets classiques
Chevalier d'Oniris
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Ma signature fut écrite pour des personnes telles que vous.

Vous ne défendez pas vos idées, vous raillez celles des autres.
Toute discussion ultérieure serait vaine. Vous aimez la polémique.
Polémiquez, mais seul.

Contribution du : 15/08 21:32:01
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