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Remerciements autour de Cette langue d'eau
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Bonjour à chacun,

Merci aux membres du comité éditorial de l'attention qu'ils ont porté à ce poème. Je remercie aussi bien entendu chaleureusement mes commentateurs.

Je n'imaginais pas recueillir un large assentiment envers ce texte délibérément dissident. Et ceci d'autant moins que le phénomène évoqué ne répond à une logique consensuelle. L'intention narrative assez distordue voire disruptive, le style jouant de l'absurde des formulations et des frasques d'une coulée d'écriture automatique ne pouvait trouver un écho universaliste. Ces particularités gardent pourtant l'ambition d'en être un vecteur pertinent.

Corto, vous l'avez bien souligné, il y avait bien un risque à chercher à mettre en langue, cette agitation préalable de la pensée, un phénomène qui préfigure la prise de conscience. Je constate que seule une petite moitié des commentateurs a adopté ma proposition en l'état. Je comprends aussi que ceux que j'ai déroutés (lucillius-Corto-papipoete-Quéribus), voire perdus (INGOA), sont ceux qui auraient eu besoin d'un enchaînement narratif. Mais il était absent et pour cause, je l'avais de facto écarté. Je leur suis très reconnaissant malgré tout de m'avoir dit leur déception avec une délicatesse certaine.

Ma volonté dans cette écriture n'a pas été de m'adresser au lecteur dans un dévers directement intelligible. C'était d'abord de retranscrire un processus étonnant qui inonde parfois l'esprit et dont la finalité première n'a rien d'évident. Elle parle d'une sorte de fièvre de la pensée où le discernement entre l'utile et le superflu (super-flux…!), le fonctionnel et l'extraordinaire, a difficulté à surnager. Mais elle suggère aussi que ce super-flux peut apporter des solutions, par cette langue d'eau à l'énergie communicatrice. Je m'inscris là d'une certaine façon dans une démarche abordant la motilité cérébrale, dans la perspective d'un Christophe Tarkos ou d'une Gertrude Stein.

La compréhension de FrenchKiss bien qu'interrogative résume de façon assez complète mon propos :
" Que la langue d’eau est une langue où les mots partent dans tous les sens, à la manière de l’eau qu’on ne sait pas retenir. Une logorrhée dites-vous ? Moi j’y vois les « borborygmes du courant de conscience » chers aux personnages de Joyce dans Ulysse, où dans une phrase logique du récit viennent se mêler des pensées instantanées et hachées, de brefs messages notés par le cerveau…de significatives associations de mots, des attractions verbales dans l’esprit de celui qui pense.
Peut-être votre texte joue-t-il de ce registre. Je vois dans cette langue d’eau une définition et un développement de ce qu’est le courant de conscience chez l’individu."
Il n'y a pas de doute, mon texte joue dans ce registre. Je vous remercie de m'avoir aidé à éclaircir ainsi ce sujet assez brumeux pour la plupart (peut-être aussi pour moi…).

À la suite de cette interprétation, je suis allé grappiller sur le net quelques compléments. J'ai ainsi pu relever cette remarque de l'éditeur en Pléiade de Joyce, elle cible aussi à peu près la base de mon intention :

[ En fait, le lecteur d'Ulysse doit donner plus d’importance à l’énonciation qu’aux énoncés. Cette énonciation qui n'est faite, dans Ulysse, que de monologues intérieurs :
"On touche aux limites de l’impossible. Le discours est sans adresse, sans autre, par définition, puisqu’il est intérieur, il laisse en suspens la question de l’altérité. Il est aussi aux limites de l’imposture puisqu'il a vocation à se présenter sous les apparences de la vérité. La petite voix intérieure, la conscience..."
]. J'y ai adjoint en épilogue la conviction qu'une certaine efficience peut émerger en dernier ressort, permettant alors "de voir" ou "d'écrire".

Leni, j'apprécie également beaucoup votre ressenti. Il est perçu d'une autre manière que celui de FK mais tout autant dans mon intention, mon espérance envers le lecteur. Le flux, qui est tout sauf figé, se déclare multiforme et, idéalement, protéiforme. Votre rapprochement avec la pierre de Rosette de Champollion est très réjouissant. Oui, oui, je cherche les soins et les revendique dans une poésie multiforme (sans d'ailleurs systématiquement m'y cantonner).

PIZZICATO, vous proposez une compréhension face aux incohérences du prime abord de mon texte. Elle est très intéressante, et je vous remercie d'avoir fait cette recherche. Elle éclaire de façon enrichissante ma problématique. L'aphasie de Wernicke est la déclinaison pathologique de la "mécanique" intellectuelle que j'évoque, car celle-ci n'est pas pour moi une déviance ou un dysfonctionnement, tout au plus est-ce une "surchauffe" cérébrale. Elle se produit dans des moments particuliers, souvent suite à des conjonctions insoupçonnées.

Senglar, vous avez pu me suivre en première intention dans cette (mon…) "impressionnante logorrhée" et j'en suis ravi.
J'ai requis ce "vent" en final justement pour sa polysémie, avec de plus sa capacité à éventer l'eau et à favoriser la décantation, comme une aide à la formulation. Mais merci de votre proposition. Merci aussi d'avoir surligné mes "lignes de pluie".

Concernant l'incipit, "Transparences", il entendait suggérer l'authenticité de cette langue d'eau, difficile à saisir sur les deux plans de son fondement. Celui où le narrateur avoue son manque de maîtrise de la situation suscitée et celui où, en toute honnêteté, il cherche à faire émerger des non-sens une direction. Avec toujours ce risque en embuscade où l'épuration poussée trop loin peut devenir transparente et impalpable, et laisser ses raisons s'échapper.

Contribution du : 14/02 10:34:39
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
Visiteur 
Bonjour Vincente et merci de votre retour.

Dans tout écrit la forme m’intéresse davantage que le fond. Une banane bien épluchée vaut mieux que toute la misère du monde étalée à peu de frais.

Je suis donc très sensible au sujet de votre texte et un peu fier de m’en être approché, si j’en crois votre réponse.
Vous êtes beaucoup plus avancé que moi dans l’auto-analyse de ce phénomène du courant de conscience. Je dois dire que je l’ai découvert avec Vladimir Nabokov. Figurez-vous qu’en plus d’être l’écrivain qu’on connaît, il était professeur universitaire et conférencier. A partir des années 50 il s’est fait l’exégète d’un certain nombre de romans classiques. Il a fait éditer ses cours magistraux dans une série intitulée : Littératures (I – II – III). J’ai la chance de posséder le volume qui les regroupe tous, dans la collection Bouquins de Robert Laffont.

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que dans Littératures I, parmi d’autres auteurs, il désosse Ulysse de Joyce en 110 pages ! L’œuvre si difficile y est mise à nu et il explique à merveille ce phénomène du courant de conscience qu’utilise Joyce (dans mon commentaire de votre texte, les phrases en italique sont de Nabokov).

Il cite cet exemple du chapitre 1 où un personnage irlandais est en dialogue avec un autre, anglais, et a soudain une réflexion à travers sa conscience, traduite par ces mots intimes :

« C’est à moi qu’il parle. Ils se lavent et tubent, se récurent. Morsure de l’ensoi. Conscience. Pourtant il reste une tache »

Phrase sortie d’un courant de conscience, incompréhensible… Nabokov en restitue le sens :

« Le cours de la pensée de Stephen est le suivant : c’est à moi qu’il parle – l’Anglais. Les anglais se tubent et se récurent parce qu’ils ont mauvaise conscience à l’égard des pays qu’ils oppriment, mauvais conscience qui fait resurgir le souvenir de Lady Macbeth – de cette petite tache de sang qu’elle s’efforce vainement de faire disparaître.
« Morsure de l’ensoi » : agenbite of invit signifie en moyen anglais « remords de conscience » (c’est le titre d’une brochure de piété du XIVe siècle) ».

« Cette technique du courant de pensée a, bien sûr, l’avantage de la briéveté. C’est une série de brefs messages notés par le cerveau. Mais cela exige du lecteur plus d’attention et de disponibilité qu’une description ordinaire telle que : Stephen prit conscience du fait que Haines s’adressait à lui. Oui, songea-t-il, les Anglais se lavent souvent, peut-être dans l’espoir de faire disparaître de leur conscience cette tache que Northgate appelait agenbite of spirit, etc… »


Voilà, Vincente, ma petite contribution à votre réflexion. Je pense que la poésie, davantage encore que la prose, est souvent le meilleur exemple de ces "ellipses" de la pensée. En tout cas votre texte m'a conforté dans cette idée. Merci encore à vous.

FrenchKiss
Lecteur attentionné des Littératures de Nabokov

Contribution du : 14/02 15:44:05
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
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FrenchKiss, voilà de quoi prolonger mon intérêt pour cette question de la mise en forme de la conscience, vers l'architecture qui la fait tenir ou vers le médium qui la matérialisera. En l'occurrence dans notre cas de figure, la poésie dans laquelle je cherche à faire contenir cette langue d'eau, mais aussi plus largement dans tout réceptacle littéraire qui voudra bien s'y prêter.

Sujet passionnant s'il en est puisqu'il espère apporter quelques clés dans la compréhension de notre présence et de notre rapport au monde. Alors merci de votre contribution, une des pierres angulaires qui m'aideront sans doute à façonner la clé de voûte de mon édifice.
Je vais de ce pas chercher comment me procurer ce travail de Nabokov, dont j'ignorais les activités de conférenciers sur ce champ de réflexion.

Avec mon très amical remerciement.
Vincente

Contribution du : 14/02 17:00:52
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
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Vincente,
Je ne connais pas de version Poche des différents tomes de Littératures.
En version originale brochée, il est plus intéressant d’acheter la version complète pour 31€ (1200 pages - collection Bouquins) plutôt que le tome 1 tout seul (celui de Ulysse) à 29€.

Je vous donne la liste des auteurs analysés :
Tome 1 : Austen, Dickens, Flaubert, Stevenson, Proust, Kafka, Joyce.
Tome 2 : Gogol, Tourgueniev, Dostoïevsky, Tolstoï, Tchekhov, Gorki.
Tome 3 : Don Quichotte.

Ses essais sont d’un niveau assez prodigieux. Ils concernent tous les aspects de la littérature, notamment les différents procédés narratifs. Bon, il faut investir 31€, mais pour ce prix-là, on a à peine 1 Levy + 1 Musso.
La différence, sans vouloir critiquer les deux derniers, c’est que Nabokov restera dans votre bibliothèque.

FrenchKiss
Qui se roule en bouche deux phrases de Cervantès avec son café, tous les matins.

Contribution du : 14/02 17:56:52
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
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Oui oui, FrenchKiss, 10 petits euros par somme, c'est somme toute raisonnable. Merci de l'aimable renseignement.
Bonne continuation.
Vincente

Contribution du : 15/02 09:27:48
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
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Eki, merci de votre appréciation, j'emploie à dessein ce terme car il présente pour moi un apport, une sorte de pierre positive. J'avais besoin de savoir si ce qui rebutait certains venait d'une "maladresse" narrative ou d'un dérangement perceptif. Je vois que pour vous et pour mes trois autres "déroutés" (lucillius-Corto-papipoete-Quéribus), le dérangement aura surtout été un malaise par rapport à ce type d'écrit.

Contribution du : 16/02 16:02:15
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
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Bonjour Amandine,

Vous avez adhéré pleinement à mon expression. Et ce "pleinement" veut signifier qu'au-delà de votre ressenti l'épousant, vous avez saisi mon intention, l'avez adoptée et avez su la réécrire en prolongeant sa teneur. J'en suis vraiment ravi.

Je me reconnais entièrement dans le propos de votre commentaire. Le flux sémantique auteur/lecteur a donc trouvé ici sa réciprocité essentielle, la complémentarité lecteur/auteur.

Comme vous l'avez remarqué, ce texte a cherché dans la prose une liberté qu'il ne trouvait pas dans la poésie versifiée, quand bien même elle serait très libérée. Dans le libre, j'apprécie d'habitude de m'appuyer sur une forme volontariste, ici de fait elle étriquait l'emportement.

Je vous remercie du soin avec lequel vous m'avez donné votre ressenti.
Nous ne manquerons pas de nous recroiser sur Oniris.
Vincente

Contribution du : 18/02 16:10:21
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Re : Remerciements autour de Cette langue d'eau
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Bonsoir Jocelyn,

Un petit commentaire bien sympathique qui ravive Ma langue d'eau !

Vous dites avoir ressenti la "pulsion interne d'émotion" qui s'y épanche, eh bien il n'y aurait que cette réussite, je m'en satisferais, mais vous parlez aussi d'une agréable lecture, alors je suis comblé.
C'est dans cette optique que j'ai écrit, celle d'un regard qui désire être vu dans une forme de pureté, celle que déclare la transparence de la sincérité, sans nécessiter de sophistication particulière.

Tout simplement merci.
Vincente

Contribution du : 19/03 19:12:26
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