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Remerciements et réponses aux commentaires sur "La blessure"
Onirien Confirmé
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07/04/2015 17:48
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Bonjour à tous,

Je tiens d’abord à remercier toute la communauté d’Oniris, du comité éditorial aux nombreux lecteurs en passant par les auteurs. Le travail et la participation de chacun font de ce site un véritable espace d’expression et de partage. J’ai pu observer sans surprise la grande subjectivité de la perception poétique, notamment à travers les extrêmes des notes qui m’ont été attribuées (de « Vraiment pas » à « Passionnément »). J’ai choisi au hasard un texte afin de le soumettre au précieux avis des écrivains chevronnés, des amateurs éclairés et des commentateurs expérimentés. Rares sont les endroits où l’on trouve des personnes aussi compétentes (notamment les spécialistes de la poésie classique). Merci à tous ceux qui ont pris la peine de me lire et de partager leur point de vue.

@Miguel : je suis ravi que vous ayez apprécié la métaphore, et j’ai beaucoup aimé que vous dégagiez le parallèle avec la blessure parlante de Corneille. Davantage que la fraternité des hommes, l’accent était mis sur la futilité et l’absurdité de la guerre. Mais bien entendu, le dénouement qui réunit l’assassin et sa victime dans un même lit funéraire permet de souligner finalement l’égale condition des deux individus qui, bien qu’opposés, sont fort semblables.

@myndie : vous êtes la première à soulever l’influence hugolienne que moi-même je reconnais. Merci de le remarquer. L’écriture de Victor Hugo me parle tout particulièrement, je sais l’influence qu’elle a sur ma composition et sans jamais en faire un objectif, j’aime à savoir que parfois mon style peut s’y apparenter. La place de la mythologie est l’aspect de ce poème qui m’a été le plus sévèrement reproché. Je comprends le caractère « précieux » que l’on peut y déceler, mais j’ai un attachement notable pour toute la poésie que véhicule la mythologie en général. La poésie a très souvent recours aux images, aux métaphores, aux métonymies, aux associations d’idées, aux personnifications, etc. La mythologie, par excellence, associe des personnages très riches, symboliques, emblématiques et allégoriques à quasiment tous les éléments de l’univers (Nyx à la nuit), à différents caractères (Poséidon à la colère), aux arts eux-mêmes (Terpsichore à la danse), ou encore à des qualifications physiques (la beauté d’Aphrodite, la laideur d’Héphaïstos), etc. La référence à la mythologie est donc une ressource d’images certes très connotées mais empreintes à mon sens d’une grande expressivité et d’une certaine noblesse que j’associe à l’antiquité, peut-être un peu systématiquement. Néanmoins, je conçois parfaitement la barrière psychologique que ces références peuvent imposer et je suis désolé que mes choix aient ainsi compromis votre confort de lecture. La diérèse à « fluides » me paraît indispensable, le vers fait donc bien 12 syllabes.

@Mauron : votre commentaire a l’avantage d’être franc et ferme, merci pour cela. Bien entendu, l’objectif n’a jamais été de « refaire » ni de copier quelque style que ce soit. Toutes les routes, bien que balisées, méritent selon moi d’être empruntées car l’œil d’un nouveau voyageur peut avoir l’avantage de décrire cette route selon les lois d’une autre sensibilité. Je ne prétends pas produire des vers particulièrement originaux, mais j’ai simplement choisi d’exprimer une vision qui m’est venue assez naturellement devant cette scène qui s’est déroulée au fil de l’écriture. La diérèse sur « fluide » me paraît naturelle, dans la mesure où je prononce nettement ce mot en deux syllabes, même à l’oral. C’est sûrement pour cette raison que ce vers ne m’a pas paru dysharmonieux. Concernant la référence mythologique, j’en ai déjà parlé dans la réponse à myndie. En écrivant, les images mythologiques me sont venues à travers la poésie qu’elles dégagent et à travers la référence à l’antiquité qui trouble la notion du temps et favorise l’intemporalité de la scène. La beauté du ciel est un spectacle si vivant que le recours aux dieux permet selon moi d’étoffer la description (le rose est la salive d’un baiser, le bleu est un corsage, etc.). Et pour contraster avec l’horreur et l’absurdité de la mort terrestre, c’est l’amour et la sensualité qui prospèrent dans le monde céleste. Les dieux ne font pas que festoyer puisqu’au final, ils font de leur drap d’amour un linceul pour les hommes. Dans ce dénouement, les dieux du départ font leur retour (dont vous déplorez pourtant l’absence). Le terme d’injustice se justifie par le mouvement des fluides : la fumée du tueur s’élève (vers les paradis) tandis que le sang de la victime coule et s’enfonce dans la terre. Désolé que vous n’ayez « vraiment pas aimé » ce poème et que vous ayez trouvé ridicule cette matérialisation de la culpabilisation à travers le regard de cet œil accusateur qu’est la blessure.

@Wall-E : votre commentaire et votre note me vont droit au cœur. Je ne connais pas ce roman d’Arturo Perez-Reverte, je me renseignerai. Je suis vraiment ravi que ces quelques vers et images vous aient plu. Si les images ne parlent qu’à un seul lecteur, je peux au moins me dire que je ne suis pas (complètement) fou.

@Alexandre : le fait que mes vers puissent avoir un accent hugolien est l’un des plus beaux compliments dont je puisse rêver. Je suis très heureux d’apprendre que ce poème vous a plu dans son entièreté. Beaucoup de termes s’opposent volontairement dans ce poème, notamment les deux qui vous ont gêné : la salive et l’hémoglobine. L’emploi de ces des « fluides » réalise une référence au caractère animal, vivant, biologique de l’être humain, dans une vision plus brute de deux phénomènes opposés : la salive dans l’amour et l’hémoglobine dans la guerre, un fluide rose qui naît d’un baiser contre une protéine rouge qui coule d’une blessure. Je vois parfaitement l’effet « chagrinant » que ces termes, bien volontaires, ont pu avoir sur vous. Vos applaudissements m’encouragent, merci beaucoup.

@Pieds-enVERS : vous notez vous aussi l’influence de Victor Hugo, je suis démasqué. Le plaisir que vous avez eu à me lire agrandira mon plaisir à écrire encore et vos compliments me touchent particulièrement. Quant à la forme, j’ai préféré une narration sans interruption, sans découpage, dans un fil continu, sans strophe, comme dans nombre de chefs-d’œuvre de Victor Hugo d’ailleurs (sans prétendre, en aucun cas, l’égaler au millième). J’avais d’abord choisi de présenter ce poème en quatrains avant de revoir mon choix en faveur d’une hypotypose qui ne laisse pas le temps de reprendre son souffle, c’était du moins le dessein.

@Hananke : votre commentaire et votre appréciation me touchent jusqu’à m’émouvoir. Faire revivre un peu Victor Hugo, voilà un rêve que je n’ose même pas rêver. Le miracle de ses œuvres vit éternellement à travers tous ceux qui l’ont lu. Je pense qu’Hugo a le talent d’inspirer profondément qui le lit. Si un peu de la magie des rayons qu’il a déversés en moi peut transparaître dans mes humbles vers, ne serait-ce qu’à travers une ombre, alors tous mes espoirs d’écriture sont accomplis et dépassés.

@RB : désolé encore une fois pour l’inconfort généré par les références mythologiques (voir commentaires faits à myndie et Mauron). Malheureusement, je crois comprendre que vous trouvez que le style manque de modernité. J’espère que vous trouverez dans de futures publications un contenu moins vieillot à votre goût. Cependant, je trouve que la vertu de la poésie réside tout autant dans le pouvoir d’évoquer que dans la capacité à asséner. Concernant les « jeux de mots », ma volonté était essentiellement musicale, bien avant d’être humoristique.

@Vincentdix : en effet, la présentation sans « respiration » est volontaire (voir le commentaire fait à Pieds-enVERS). J’ai choisi le mot « trousseau » pour figurer cette petite tresse de fleurs alignées sur la tige du glaïeul.

@Disciple : je suis ravi que la technique et les images vous plaisent. Les commentaires faits à Myndie et à Mauron réagissent déjà au principal reproche qui m’est fait quant aux allusions mythologiques. Le message de fraternité n’est pas celui qui prime et je comprends qu’il pourrait paraître un peu mièvre, trop bien-pensant et conformiste. Au-delà de la fraternité des hommes, la scène souligne surtout la vacuité des motivations de la guerre et la stupidité d’un affrontement dont la constante conséquence relève elle-même d’un ridicule tragique. De plus, la scène est centrée sur la relation entre les protagonistes (cruauté, culpabilisation, remords, suicide) ainsi que sur le contraste entre la beauté du monde céleste et la bassesse d’un monde terrestre, le charme de l'entaille céleste contre l'horreur de la blessure terrestre. Je regrette que la ligne dramatique de ce poème n’ait pas réussi à vous emporter. Merci pour votre commentaire et vos encouragements.

@Francis : merci beaucoup d’avoir commenté, vos remarques me touchent.

@Gemini : en effet, quasiment toutes les notes ont été données à ce poème et les critiques divergent. Je prends votre perception du souffle et du lyrisme comme des compliments. J’adore Vigny, « La mort du loup », et toutes « Les Destinées »… J’admets aussi que le style de Rimbaud n’est pas une influence majeure, bien que l’image de la blessure évoque rapidement le dormeur du val. J’ai trouvé très intéressante votre remarque relative à la discordance de force entre les mots « glaïeul » et « linceul ». Je dois reconnaître que je n’attribuais pas une force particulière au mot « linceul ». Je fais attention aux répétitions en général et ici, la triple occurrence du mot « sang » est volontaire, puisqu’il a trois valeurs différentes dans ce poème. Dans la première, il renvoie à la couleur rouge du ciel mais aussi à la vie, à la circulation sanguine, à la pulsation amoureuse ; dans la seconde occurrence, il renvoie au fluide biologique qui s’échappe de la blessure et se mêle à l’alcool de la gourde percée (autre symbole), il contribue ici à la description crue de la mort ; enfin, dans sa troisième apparition, le sang représente un symbole rattaché au soldat et figure métonymiquement (le liquide pour l’être qui le contenait) son injuste infiltration dans la terre (plafond des Enfers). Je suis touché de savoir que je vous ai fait effeuiller tant de pétales à votre marguerite :)

@Nilina : même si l’image du dormeur du val et de ses deux trous rouges s’impose rapidement, j’espère que l’histoire a pu apporter un peu de nouveauté à ce poème mythique.

J’espère avoir remercié comme il se devait toutes les personnes qui ont pris le temps de considérer mon travail et de m'adresser leurs commentaires.

Poétiquement,

Léo

Contribution du : 16/11/2015 17:03
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Re : Remerciements et réponses aux commentaires sur "La blessure"
Maître Onirien
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14/06/2013 14:24
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Bonsoir LEO-P

Une seule chose à vous dire : laissez tomber les chagrins
et continuer de nous offrir de pareilles beautés comme
cette trilogie aquatique, entres autres.

H

Contribution du : 16/11/2015 19:08
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