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Remerciements pour mon Don
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De Vendée (85)
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Bonjour à tous,

Remerciements avec toute ma reconnaissance au comité éditorial, ainsi qu'à mes commentateurs.

Ce poème ne devait pas – ne cherchait pas – à poser des problèmes de compréhension, ce qui l'a d'abord guidé était sa sincérité déclarative. Mettre en "lettres noires sur fond blanc" ma volonté de transmission était le cadre de l'intention poétique. À l'intérieur devait se dire la démarche de la réflexion m'ayant amené à écrire ces "dernières volontés".

Vous avez pu déjà le remarquer au gré de mes interventions, je suis agnostique, je ne crois pas à l'au-delà spirituel. Pour autant, à part celles poussant au prosélytisme, les religions ne me sont pas insupportables, tant que les croyants restent dans leur "chapelle" et "n'abusent" pas les individus.

Il y a cinq ans, j'ai fait un infarctus assez sévère, j'ai eu une grosse frousse (tout va bien maintenant) et il y a deux ans et demi, j'ai perdu mon père ; nous étions très proches. La mort n'est pas pour moi un objet anodin, ou tabou ou central, mais plutôt un sujet important, concrétisé dans le basculement de l'instant ultime, qui doit rester en point de mire (un point au loin, pas une ligne, ni une barre, pas un trou, pas un envol, non, un point !).
D'autre part, mon regard sur l'essentialité de chaque être vivant est influencé par une constatation assez récente (depuis mes débuts d'écriture, il y a quatre ans). Le fait que la vie est un processus d'échanges, de dons, de divisions, de partages, plus globalement un flux dont les transferts empruntent toutes sortes de voies. Organiques, les plus saillantes ; organisationnelles, les plus globalisantes ; spirituelles, les plus envahissantes ; affectives, les plus essentielles de concert avec les organiques. Tout ceci est plein d'évidences, mais leur "visibilité" s'est réaffirmée pour moi ces derniers temps, elle m'impose sa prépondérance, souvent enrichissante, bien souvent aussi encombrante…
Un de mes premiers poèmes se terminait ainsi : "Entre-mangeons-nous aux bornes du tabou". Dans mon texte d'aujourd'hui, je provoque un peu en secouant mon lecteur quand j'écris "Mangez-en ce qu'il faut". Aucun cannibalisme en arrière plan n'est convoqué, rassurez-vous, par contre l'échange énergétique du don de l'ascendant à ses enfants y est dit sans détour. Je provoque ainsi en désacralisant un respect coutumier, une sorte de tabou où l'on ne doit pas dire ça ; j'ai voulu emprunter aux chrétiens leur pourtant peu ragoûtante image où ils s'invitent à "manger" le corps du Christ dans l'eucharistie. Vous conviendrez que la part entre le physique et le spirituel y est bien sans équivoque.
Tout ceci pour évoquer une part de ma philosophie influant le contexte d'un certain nombre de mes poèmes dont celui-ci.

Dans ce texte, mon façonnage a trois déclinaisons : poétique, testamentaire, engagée. Il est un message à l'adresse de mes enfants et à destination de ceux qui pourraient leur en contester l'authenticité. Mêler ces trois plans d'énonciations, dont chacun a par convenance sa propre rhétorique, présentait une gageure d'écriture. Je vous confirme, après vos retours, que je ne regrette pas d'avoir tenté de faire tenir la difficulté du message dans cette formulation.

***

Je renouvelle en particulier à chacun ma gratitude d'avoir pris le soin de me déposer leur ressenti.

@Mokhtar (EL) – Pas toujours facile de trouver le bon incipit, celui qui ne dévoile pas et pourtant instille une direction… Je suis bien heureux de vous avoir "séduit" en EL, d'autant que je ne vous ai découvert que récemment par L'étrangère qui m'avait beaucoup plu mais dont je n'avais su trouver un avis circonstancié.
Vous vous êtes questionné sur le "blanc seing", c'était bien dans le sens où je souhaite que mes enfants aient moralement "carte blanche" pour faire de mon legs moral et patrimonial ce qui leur semblera bon, sans injonction de ma part.
"Pour peu qu'il reste des humains pour lire" dites-vous. Oh je ne m'adresse qu'à la génération me suivant, alors restons optimiste… bien que sans illusion. Merci Mokhtar.

@Gabrielle (EL) – "Un fort joli texte…" merci Gabrielle.
Volonté d'écrire oui, mais d'abord le présent, appuyé sur le passé, sans crainte de l'avenir. Qu'en restera-t-il ? De la poussière assurément, mais n'est-ce pas celles-ci qui composent l'univers ?

@Robot – Quel beau rapprochement ce poème d'Alfred de Musset, je ne renierai pas la filiation que vous avez remarquée.
"Cri d'amour" aussi, je le revendique mais en tant que "chant du cygne" ! Merci Robot (je dois vous avouer que dire merci à un pseudo si machinal me fait tout drôle… pourtant je vous assure que j'ai trouvé votre commentaire tout à fait touchant ! Faisons comme si vous n'étiez pas l'appareil ainsi appelé :)) )

@Papipoete – Je vois que votre reformulation est amie avec la mienne, on parle d'un même cœur dans la vision de notre survenance parmi nos proches à partir de l'au-delà. Si l'on envisage avec générosité envers nos congénères humains de léguer notre corps physique à la science, il est tout aussi essentiel de donner sans réserve notre corps spirituel à nos proches. Merci Papipoete.

@Davide – Je suis flatté en toute simplicité de votre "Encore une belle réussite !".
Concision d'une épitaphe, mon épouse l'a lu et vu aussi comme cela ; je m'aperçois que bien que je n'avais pas l'intention première de prendre cette forme, en final, c'est bien celle-ci qui s'y est imposé.
Après vous avoir entendu souligner les "trouvailles et "émerveillements", je suis un peu gêné et je les consens qu'au travers de la sincérité que j'ai pu y mettre. Je suis malgré tout très sensible au fait qu'elle ait pu sonner juste et fort. Vous dites "écriture "dramatique" exemplaire". Favoriser la "mise en scène" de cette déclaration se devait de s'inscrire dans une trame convaincante. J'y ai travaillé pour que l'effet de composition n'obère pas l'authenticité requise. Réussi à vos yeux introspectifs, eh bien, j'en suis ravi.
Je ne reviens pas sur la sous-jacente signification "cannibaliste", j'y ai répondu plus haut.
Merci beaucoup Davide.

@PIZZICATO – Vous avez lu mon message sans ambages, ce que vous m'en dites est aussi clair et serein que celui qu'il évoque. Un "testament en très beaux vers" finaux.
Merci PIZZICATO.

@Senglar – Ton assentiment reprend un chemin bien proche du mien pour arriver à la même finalité. Quand tu écris "Telle est la seule immortalité qui me convient tandis que je suivrai votre chemin d'enfants devenus grands, adultes nouvellement créateurs, icône polie, secrète, discrète, cachée, oubliée dans la besace de nouveaux explorateurs.", je m'entends dans mes premiers jetés d'idées pré-implantant ce qui sera ce poème. Et quand tu annonces que je serai le nom du bateau de mes enfants, tu me fends le cœur par justesse ; sais-tu que mon passé de charpentier de marine m'attache intiment à l'entité de ces objets primitivement en bois que sont les bateaux. Le nom d'un bateau portent une charge bien plus grande que celle de son identification, elle dit une grande part de son âme, alors je ne m'évade pas dans ta métaphore, je l'adopte en toute reconnaissance. Merci l'ami de cette judicieuse interprétation.

@Leni – Ton "touché au plus sensible" par mes vers chargés et ton "superbe finale" me gagnent au plus profond, je suis ému d'avoir pu t'emporter dans ce partage parmi les essences de nos vies. Merci Leni.

@Luz – Oh je suis très heureux de vous voir vous arrêter sur mon poème, je vous connais peu si ce n'est surtout par votre superbe "Cheval de nuit", votre avis m'est ainsi bien précieux.
Mon poème, que vous gratifiez d'un "évidement beau", aurait gagné pour vous à se développer un peu plus. En axant sa transmission sous une forme entre épitaphe et testament, j'ai eu dès le début le souci de sa concision. Ne pas s'étaler, ne pas s'imposer, mais signaler et proposer "aux enfants" ma vision de la question. Quelques mots qui disent long…
Mais je comprends votre impression car elle m'a atteint aussi, puis interrogé. Plus j'épurai pour éviter les chemins détournés, les "pudeurs" face au trépas, etc… plus je sentais grandir la problématique, comme si cette histoire de transmission en annonçant une fin présentait surtout le début d'une suite… elle aurait ainsi atteint son double but : inscrire et étendre. D'autres textes prennent déjà sous ma plume le relais. Merci Luz.

@Cat – Un don "serein", chèque en blanc laissé à mes enfants pour que selon le besoin, chacun puisse "profiter" (au bon sens du terme) de mon "empreinte".
"Illusion qu'est la vie", je suis en phase avec cette assertion, mais je veux tout de même te dire que c'est sans illusion que j'imagine mon reste deux générations après moi. Si bien que l'indélébilité, je la sais effective dans la conscience de mes enfants, sûrement aussi celle de mes petits-enfants, ensuite je sais ne devenir qu'une "case remplie sur un arbre généalogique" comme j'ai pu le glisser dans mon poème Ce silence.
Dernière strophe "farouchement tendre autant qu'explicite", dit comme ceci effectivement je ne peux qu'en être réjoui.
Merci Cat.

@FrenchKiss – "Nulle mémoire n'est imposée" : c'était le fer de lance de ma déclaration. "Texte désabusé" au sens éclairé sans tromperie, content qu'il paraisse sans équivoque, je le voulais ainsi et ce n'est pas forcément très simple d'emprunter la bonne manière de l'écrire.
Vous avez remarqué et souligné les trois domaines d'expression au service d'une même cause, merci pour cette fine analyse.
Oui ce legs est celui que vous avez compris et il vous aurait donc conquis au point de vous rendre à votre tour "donateur démuni" ? un peu comme moi en quelque sorte… :). Merci FrenchKiss.

@StéphaNie – Mes "mémoires succinctes et brillantes" vous ont séduite par de belles images. Effectivement, vous allez comme dans mon intention droit au but, dans une sincérité sobre et généreuse. Merci StéphaNie.

Au plaisir de vous lire et vous commenter.
Bien amicalement


Contribution du : 26/05 16:25:28
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Re : Remerciements pour mon Don
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Bonjour Vincente,

J'apprécie à son plus haut degré, à chaque fois qu'un auteur fait un retour sur son texte publié.
D'une part, parce que je trouve que c'est la moindre des politesses envers ceux qui ont donné de leur temps pour commenter, ensuite, c'est une manière très agréable pour tout le lectorat de découvrir et d'approfondir en live les intentions dudit auteur. Ah, que j'aurais aimé converser avec Baudelaire !:))

Merci pour cette délicatesse, Vincente, et pour tes réponses individuelles et détaillées à chacun de tes commentateurs.

Citation :
Vincente a écrit
@Cat
"Illusion qu'est la vie", je suis en phase avec cette assertion, mais je veux tout de même te dire que c'est sans illusion que j'imagine mon reste deux générations après moi. Si bien que l'indélébilité, je la sais effective dans la conscience de mes enfants, sûrement aussi celle de mes petits-enfants, ensuite je sais ne devenir qu'une "case remplie sur un arbre généalogique" comme j'ai pu le glisser dans mon poème Ce silence.


Je suis aussi sans illusion sur l'indélébilité, ou plutôt je dirais que nous sommes réalistes. Deux générations après suffisent à calmer les affres d'un passage sur Terre achevé par la séparation éternelle.

Ton image de case remplie sur un arbre généalogique me plaît beaucoup tant elle sonne juste. Cela me fait penser aux fouilles archéologiques et à tous ces chercheurs maniant avec précaution les pinceaux autour des os, bien loin de la peine éprouvée lorsque le corps encore chaud commence à refroidir.

Encore merci et bravo pour ton ''Don'', je le répète, rempli de tendresse pour les tiens.

A te relire.


Cat

Contribution du : 27/05 08:54:46
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Re : Remerciements pour mon Don
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Vincente a écrit:
Citation :
Merci Robot (je dois vous avouer que dire merci à un pseudo si machinal me fait tout drôle…


Petite explication: Mon pseudo est formé des deux premières lettre de mon prénom, - RO -des deux premières lettres et de la dernière lettre de mon nom. - BO...T - Rien à voir avec les robots de Asimov.

Merci Vincente pour ce retour détaillé sur ton texte que j'ai relu avec plaisir. Cordialement.

PS Et l'origine de ton pseudo, tu peux préciser ? Il y a eu sur Oniris une rubrique qui invitait les membres à expliquer leur pseudo mais je ne la retrouve pas.

Contribution du : 27/05 09:48:08
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Re : Remerciements pour mon Don
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Bonjour à tous,

@Cat
Converser avec Baudelaire... je me sens tout chose rien que d'y penser, combien de temps nous faudrait-il pour nous accoutumer et échanger en toute liberté, un jour, dix, deux semaines, un mois... des années ? Le vertige me prend !...
Oui ton rapprochement sur l'insensible ressenti face à la matière humaine sans vie me parle beaucoup, il me fait un peu de froid aussi... :))

Merci Cat - Au plaisir de te croiser


@Robot
Ah ton pseudo qui prend chair pour moi, "chair virtuelle" si je puis dire, et sympathique en plus...:)
(tiens un bon sujet de poème )

Oui, concernant le mien, je n'ai pas retrouvé non plus ce qu'à mon souvenir j'avais écrit en salon d'accueil avec un temps de décalage après mon arrivée en 2016.

Il vient d'une façon affectueuse avec laquelle mon père m'appelait dans des moments privilégiés. Il en avait eu cette inspiration improbable, qui avec la prononciation à l'italienne (pas italien pour un sou mais il aimait la musique de cette langue) signifiait bien toute la chaleur qu'il souhaitait m'adresser. Du coup, tous mes oncles et cousins (pas les dames ?!...) m'appelèrent ainsi pendant des années.
Ce qui est amusant aussi, c'est que tout que le pan paternel de la famille de mon épouse est d'origine italienne. Italie quand tu me tiens...!

Au plaisir aussi de te recroiser


Vincente

Contribution du : 27/05 11:08:09
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